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 Le bonheur

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soussou
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MessageSujet: Re: Le bonheur   Sam 26 Oct 2013, 14:22

Le chemin, raconté par Jean-Christophe Rufin, ouvre la voie au bonheur.
"Bonheur, l’arme anti-crise", titre Complément d’enquête . Où il sera notamment question de la joie que procure la marche à de plus en plus de gens. Et c’est Jean-Christophe Rufin qui nous montre le chemin, celui qu’il a parcouru jusqu’à Compostelle. Médecin, ambassadeur de France au Sénégal, membre de l’Académie française, il se raconte dans "Immortelle randonnée" aux éditions Guérin, dont une version illustrée sort chez Gallimard.

Rencontre avec un homme devenu pèlerin, depuis qu’il se sait de passage.

Compostelle vous a soulagé de votre mémoire, de votre désir, de vos ambitions. Il vous a rendu heureux…

Oui, c’est vrai. Mais ce n’est pas le bonheur du confort, dans la plénitude. C’est le bonheur du moins. J’avais besoin de cela. En revenant du Sénégal, j’ai traversé une période de creux. J’avais des fonctions très lourdes et finalement, le chemin m’a aidé à supporter cette perte relative en allant vers encore plus de dénuement. C’est devenu une perte assumée. Ce qui me manque, je n’ai pas de raison d’en souffrir, car je m’en suis moi-même délivré. La perte devient une liberté et donc un bonheur. On est heureux d’être de nouveau libre.

C’est la perte matérielle qui a provoqué cette crise ?

C’est d’un changement de vie. Vous êtes entouré, très reconnu. Ce n’est pas un drame, mais beaucoup de gens supportent ça très mal. Pour certains qui vivent mal la retraite, c’est un peu l’équivalent. Tout à coup, on est en apesanteur, on se retrouve face à soi-même avec un sentiment d’isolement. Mais grâce au chemin, en accentuant la perte, en la réduisant au sac à dos, cela devient une richesse.

Une perte transmuée en richesse ! Comment opère l’alchimie ?

Cette richesse, c’est de savoir où l’on va. Très souvent, on se demande quelle direction prendre, surtout au moment d’un changement. Ce chemin a un sens. On remet sa volonté à quelque chose qui est un peu au-dessus de vous, qui est ce chemin. Cette suspension de la volonté est un soulagement. On marche, on se réduit à ça. C’est une expérience presque monastique, sans clôture, dans la liberté du chemin.

Vous aviez pourtant choisi de renoncer à des privilèges.

J’ai dit ce que je pensais de la politique que menait Nicolas Sarkozy et du discours de Dakar. On m’a dit : "Ferme ta gueule, attend un peu, on va te donner autre chose." J’ai rempli mon mandat de trois ans et j’ai repris ma liberté. Vous avez beau l’avoir choisi, les conditions matérielles influent sur vous. Ce que vous possédez vous possède aussi.

Saint-Jacques, c’est un remède à la crise ?

Si l’on veut ! Au retour, on se rend compte de ses manques, de ses désirs. J’ai eu des propositions sur lesquelles je me serais rué auparavant. J’ai su dire : non, je ne vais pas me mettre ça sur le dos.

Le poids, c’est de la peur…

Peur de l’échec, par rapport à ce qui est le plus important pour moi, l’écriture. Alors, en vous dispersant, vous atténuez la mise en jeu centrale. Mais le chemin vous conduit à peser les choses. Le sac à dos n’est pas extensible. Le chemin s’arrête.

Avez-vous donc admis votre finitude ?

C’est une chose dont j’ai beaucoup manqué, l’appréciation correcte de mes forces. Soit, je les ai jugées insuffisantes, alors que j’aurais pu. En fait, j’ai toujours manqué de confiance… Soit j’ai pensé, à tort, pouvoir tout mener de front. Au retour, j’ai vidé une maison remplie d’affaires de famille. Puis, j’ai trié mes projets.

Compostelle vous aura finalement aidé à traverser la peur du vide.

Le vide est toujours relatif. Je suis passé de l’abondance à une vie privilégiée. Mais tout même, c’est un vide. Le chemin, au lieu de vous faire subir le vide, vous le fait choisir. Même si c’est malgré vous. Je l’ai transcendé dès mon retour par l’écriture du "Grand Cœur" (Prix du Roman historique 2012, NdlR). Chacun peut créer sa vie avec cette espérance de quelque chose qui marque un peu son existence dans le monde, sur un mode actif. C’est une pierre sur le chemin.
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Ysandre
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MessageSujet: Re: Le bonheur   Dim 27 Oct 2013, 05:25

j'aime beaucoup ce qu'il dit, ses choix courageux, sa détermination.
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Le bonheur
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