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 Mohammed Khaïr-Eddine

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LaKahina
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MessageSujet: Mohammed Khaïr-Eddine   Sam 02 Juil 2011, 11:22

enfant terrible de la littérature marocaine
 
De son vivant, ses oeuvres étaient interdites au Maroc. Réédités en 2002, elles sont aujourd'hui objets d'intérêt en particulier de la jeune génération, ainsi que sujets de thèses et d'examens. "Fulgurant poète", engagé et enragé, mythe de la littérature maghrébine de langue française, Mohammed Khaïr-Eddine est né à Tafraout en 1941. Marqué par le séisme de 1960 (voir En 2010, les 50 ans du tremblement de terre d'Agadir qui fit 13'000 morts), il s’installe à Agadir en 1961 et y vit jusqu’en 1963. Il est chargé d’enquêter auprès de la population pour le compte de la Sécurité sociale. En 1967, il publiera un roman sobrement nommé "Agadir" , dans lequel le passé s'invite constamment dans le présent. C'est une violente critique des ancêtres.
 
Le penchant pour la poésie que Mohammed Khaïr-Eddine exprime très tôt lui permet de célébrer avec force la beauté et en même temps la rudesse de son Sud natal. Exilé en France, il y travaille en tant que mineur, puis ouvrier. Il parvient néanmoins à multiplier des collaborations avec des revues spécialisées et à publier la majorité de ses écrits. Il dénonce le marasme qui pénalise le Maroc, "les malfaiteurs qui strient les chairs de notre peuple", les traditions religieuses et les tabous. Anarchisant, amazigh jusqu'au bout des doigts, il proclame d'abord la liberté. En 1979, il rentre au Maroc, d’un coup de tête. Ainsi que le souligne Mahjoub Haguig, neuf ans suffiront pour le dissuader de rester dans son pays d'origine. A Paris, il renoue avec le théâtre. Dans "Il était une fois un vieux couple heureux"  qu'il écrit en 1993, un vieil homme passe ses journées à calligraphier en langue tifinagh un long poème à la gloire d'un saint.
 
L'écrivain s'éteint à Rabat, en 1995, à la suite d'un long cancer. Considéré comme le chef de file de la “guérilla linguistique”, Mohammed Khaïr-Eddine a lancé de nouvelles formes d’expression en leur temps révolutionnaires.
 
Ses livres :
 
* Agadir (1967)
* Corps négatif (1968)
* Histoire d'un Bon Dieu(1968)
* Soleil arachnide (1969)
* Moi l'aigre (1970)
* Le Déterreur (1973)
* Ce Maroc ! (1975)
* Une odeur de mantèque (1976)
* Une vie, un rêve, un peuple, toujours errants (1978)
* Résurrection des fleurs sauvages (Éditions Stouky et Sedki, Rabat, 1981).
* Légende et vie d'Agoun'chich (1984)
* Il était une fois un vieux couple heureux
* Faune détériorée (1997)
* Le Temps des refus, entretiens 1966-1995

 
 
Ma lecture du moment " Légende et vie d'Agoun'chich (1984)"
 
Un livre cru, sans détours qui nait quand l’auteur "chleuh" (berbère) Mohammed Kheïr-Eddine, de retour dans sa terre natale après un exil de quinze ans en France, a été frappé de découvrir une civilisation périclitante.
Il s’est alors souvenu d’une légende locale, en l’occurrence celle du héros Agoun’chich, un personnage légendaire qui n’est pas sans nous faire penser à l’auteur lui-même. Il nous propose donc un « voyage » guidé par le héros légendaire Agoun’chich pour établir le diagnostic d’une culture qui, après avoir survécu à tant d’invasions, est face à un nouveau défi, néocolonialiste celui-là : le modernisme capitaliste occidental.
 
Quelques passages :
 
« … la femme chleuh, qui vit toute l’année dans sa montagne, est d’abord un être doublement coloré : un être extérieurement rouge et noir. Cependant, la modernisation grignote peu à peu la beauté millénaire des choses »
 
"Avec la disparition des vieillards issus du pays et imperméables aux influences corruptrices, se pose le problème de la pérennité culturelle. Cela touche essentiellement les cultures de tradition orale, les langues minoritaires dont la richesse s’estompe faute de pouvoir échapper à l’oubli par simple retranscription. Seuls les vieillards étaient capables de mémoire : avec eux, on avait affaire à des grimoires vivants. En dehors du Sénégal, qui commence à codifier ses quatre langues nationales, les autres pays d’Afrique ont tendance à dédaigner leurs attaches au profit des cultures des autres. Cela affecte tous les niveaux, tous les genres, que ce soit le cinéma, le livre, la télévision prodigieusement pauvre ou les autres moyens de communication de masses"
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soussou
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MessageSujet: Mohammed Khaïr-Eddine[   Sam 27 Juil 2013, 14:22

Mohammed Khaïr-Eddine est né à Tafraout, petite ville de la région Sous-Massa-Drâa (province de Tiznit), au sud du Maroc, à 180 km au sud d'Agadir.
Très marqué par le séisme de 1960, il s'installe à Agadir en 1961 et y vit jusqu’en 1963. Il est chargé par la Sécurité sociale d'enquêter auprès de la population. Jeune écrivain, il fréquente ensuite le cercle des Amitiés littéraires et artistique de Casablanca. En 1964, il fonde, avec Mostafa Nissaboury, le mouvement Poésie toute.
Il s'exile volontairement en France en 1965, et devient, pour subsister, ouvrier dans la banlieue parisienne. À partir de 1966, il publie dans la revue Encres vives et collabore en même temps à la revue Les Lettres nouvelles et à Présence africaine. En 1967, c'est la révélation de son roman Agadir, salué par le prix Enfants terribles, qu'avait fondé Jean Cocteau.
En 1979, il s'installe à nouveau au Maroc. Il meurt à Rabat le 18 novembre 1995, jour de la fête de l'Indépendance du Maroc.

Contre-jour
A l’océan toujours ce qui efface la nuit
d’un sésame à fleur des os : galet d’étoile, rapt de chevaux.

Voyageur agité des strideurs du sang gommé,
pose ton corps écartelé sur l’or ;
oublie le sol, oublie le ciel et vois

à contre-jour l’oryx asséchant le soleil.
Chaque matin s’éclaire de pies
t’empalant au nopal éclaboussé d’orages.

o clartés meurtrières, je suis assis, j’entends
l’hélianthe courbé
geindre dans les rémiges des oiseaux nécrophages.

Tiznit 1979
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Mohammed Khaïr-Eddine
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