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 camus

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nicyrle
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MessageSujet: Re: camus   Jeu 03 Déc 2009, 10:02

Toujours à propos d’O. Todd, je relève qu’à propos de la fameuse phrase de Camus « Je crois à la justice mais je défendrai ma mère avant la justice », il précise qu’elle est citée hors de son contexte (quel dommage qu'il ne le donne pas !) mais utilise lui-même les mots « dérapage » et « phrase maladroite ». Je ne crois pas qu’il y ait quoi que ce soit de cette sorte. Rappelons d’abord que cette réflexion de Camus ne fait pas partie de son discours officiel à Stockolm (discours prophétique qui ne cesse de m’éblouir par sa profondeur, son humanité et sa probité intellectuelle) mais d’une réponse lors de la conférence de presse qui eut lieu 4 jours plus tard et dont on trouve le compte-rendu dans un article du Monde du 14 décembre 1957 :

«
Citation :
Interrogé sur un ton véhément par un jeune Algérien présent, il [Albert Camus] aurait alors répondu : « Je n’ai jamais parlé à un Arabe ou à l’un de vos militants comme vous venez de me parler publiquement... Vous êtes pour la démocratie en Algérie, soyez donc démocrate tout de suite et laissez-moi parler... Laissez-moi finir mes phrases, car souvent les phrases ne prennent tout leur sens qu’avec leur fin... » Constamment interrompu par le même personnage, il aurait conclu : « Je me suis tu depuis un an et huit mois, ce qui ne signifie pas que j’aie cessé d’agir. J’ai été et suis toujours partisan d’une Algérie juste, où les deux populations doivent vivre en paix et dans l’égalité. J’ai dit et répété qu’il fallait faire justice au peuple algérien et lui accorder un régime pleinement démocratique, jusqu’à ce que la haine de part et d’autre soit devenue telle qu’il n’appartenait plus à un intellectuel d’intervenir, ses déclarations risquant d’aggraver la terreur. Il m’a semblé que mieux vaut attendre jusqu’au moment propice d’unir au lieu de diviser. Je puis vous assurer cependant que vous avez des camarades en vie aujourd’hui grâce à des actions que vous ne connaissez pas. C’est avec une certaine répugnance que je donne ainsi mes raisons en public. J’ai toujours condamné la terreur. Je dois condamner aussi un terrorisme qui s’exerce aveuglément, dans les rues d’Alger par exemple, et qui un jour peut frapper ma mère ou ma famille. Je crois à la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice. »
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rotko
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MessageSujet: Re: camus   Jeu 17 Déc 2009, 06:13

France-culture, du lundi 4 au vendredi 15 janvier,

Tous les soirs à 20h30, le Feuilleton fera la part belle à L'étranger, adapté en dix épisodes.
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bencherif
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MessageSujet: Re: camus   Mer 30 Déc 2009, 08:09

c'est toujours cette question non tranchée qui poursuit Camus dans sa propre tombe. A la veille de sa consécration au Nobel en 1957, il clame etre pour sa mère et non pour la justice, soit l'Algérie française.Bernard Jokobiak le qualifie un colonisateur sublimé et dit :
" Car Albert Camus pur produit de l’Université Ultra-Française d’Alger croit dire vrai, croit découvrir, alors qu’il répète la leçon apprise, alors qu’il ment ! Il n’écrit pas, il est écrit. Aveuglément il entre docilement dans le système baptisé par d’autres : Vérité. Il croit ainsi se sauver : illusion à perpétuité. Elle s’amplifiera au contraire, deviendra une philosophie l’Absurde...
Le choix de Camus écrivant "la Peste" est le même. Mais il oublie de nous avouer que s’il accepte ce mutisme, que si lui, épris de justice, refuse de dévoiler le scandale de la colonisation et du monde colonial, c’est qu’il ne veut pas en être exclu, c’est qu’il en fait partie, c’est que là est son véritable pays, c’est qu’il est un colonisateur ennemi de certaines injustices sans doute, mais allié en réalité d’un système qu’il ne veut pas remettre en cause. Aussi tout l’effort du livre consistera-t-il à se prouver qu’on parvient ainsi quand même à une humanité lavée de toute tare particulière donc du colonialisme. Mais il faudra encore beaucoup se leurrer et tromper le lecteur. »
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MessageSujet: Re: camus   Mer 30 Déc 2009, 10:14

bencherif a écrit:
c'est toujours cette question non tranchée qui poursuit Camus dans sa propre tombe. A la veille de sa consécration au Nobel en 1957, il clame etre pour sa mère et non pour la justice, soit l'Algérie française.Bernard Jokobiak le qualifie un colonisateur sublimé et dit :
" Car Albert Camus pur produit de l’Université Ultra-Française d’Alger croit dire vrai, croit découvrir, alors qu’il répète la leçon apprise, alors qu’il ment ! Il n’écrit pas, il est écrit. Aveuglément il entre docilement dans le système baptisé par d’autres : Vérité. Il croit ainsi se sauver : illusion à perpétuité. Elle s’amplifiera au contraire, deviendra une philosophie l’Absurde...
Le choix de Camus écrivant "la Peste" est le même. Mais il oublie de nous avouer que s’il accepte ce mutisme, que si lui, épris de justice, refuse de dévoiler le scandale de la colonisation et du monde colonial, c’est qu’il ne veut pas en être exclu, c’est qu’il en fait partie, c’est que là est son véritable pays, c’est qu’il est un colonisateur ennemi de certaines injustices sans doute, mais allié en réalité d’un système qu’il ne veut pas remettre en cause. Aussi tout l’effort du livre consistera-t-il à se prouver qu’on parvient ainsi quand même à une humanité lavée de toute tare particulière donc du colonialisme. Mais il faudra encore beaucoup se leurrer et tromper le lecteur. »

Je n'ai pas le temps de développer mais je suis scandalisée par cette façon de déformer, de schématiser la position de Camus qui est beaucoup plus subtile. Je l'ai déjà dit et le redis : il faut relire tous ses écrits et en particulier les Chroniques algériennes. Certaines de ces analyses étaient même particulièrement clairvoyantes et en avance sur son temps, voire le nôtre apparemment ! Je crois que la postérité lui rendra justice.
A plus tard. bye
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MessageSujet: Re: camus   Mer 30 Déc 2009, 11:01

Je n'ai certainement pas la connaissance qui est la tienne ni des chroniques algériennes que je n'ai pas lues, ni du contexte politique.

Mais comme je le disais à propos de l'hôte, in l'exil et le royaume, le narrateur se trouve incompris - et pris à partie, par les deux clans, européen et arabe.

A mon avis de lecteur naïf (au sens de non averti), cette nouvelle ne clarifie pas sa position, puisque, selon ta formulation je crois, il "choisit de ne pas choisir", ce qui est incommode pour tout le monde, y compris pour le lecteur, prompt au soupçon.

Quant à lire maintenant les chroniques algériennes, je doute que les lecteurs ordinaires le fassent. Je reste dans mes incertitudes exprimées à la page 1 du fil Camus sur Rambert, dans la Peste, Meursault dans l'Etranger et les commentaires de Camus sur Romeo et juliette; Je me suis aperçu aussi que les justes donnaient lieu à des mises en scène inattendues.
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MessageSujet: Re: camus   Mer 30 Déc 2009, 12:06

Passé le repas, je me dis qu'Olivier Todd a raison et que voir un politique ou un philosophe dans Camus est une méprise.

C'est un écrivain qui appartient à ses lecteurs :

Citation :
" Il existe d'un texte autant de lectures que de lecteurs ; cette multiplicité de lectures, Erigène la comparaît aux nuances de la queue d'un paon".

Alberto Manguel, chez Borges.
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MessageSujet: Re: camus   Mer 30 Déc 2009, 12:49

rotko a écrit:
Passé le repas, je me dis qu'Olivier Todd a raison et que voir un politique ou un philosophe dans Camus est une méprise.

C'est un écrivain qui appartient à ses lecteurs :

Citation :
" Il existe d'un texte autant de lectures que de lecteurs ; cette multiplicité de lectures, Erigène la comparaît aux nuances de la queue d'un paon".

Alberto Manguel, chez Borges.

Complètement d'accord en ce qui concerne Camus qui est tout sauf un dogmatique et c'est certainement valable pour bien d'autres.
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MessageSujet: Re: camus   Mer 30 Déc 2009, 15:47

oui, et lire un écrivain en faisant son procès n'est pas une bonne attitude de lecteur. On pourrait l'éviter et lire d'autres auteurs.

Mais il est vrai aussi qu'un écrivain nous interroge et nous met parfois mal à l'aise. Le tout est de savoir jusqu'à quel point on le supporte. Il aide peut-être à mettre nos idées au clair ou à les destabiliser. Choix de chacun.
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MessageSujet: Re: camus   Mer 30 Déc 2009, 17:42

A propos d'O. Todd, j'ai lu il y a deux jours une interview de lui (dans L'Indépendant) ; à la question : "Que doit-on retenir,
Camus l'écrivain ou le philosophe ?" il répond :
Citation :
Camus n'est pas un philosophe au sens classique et français. Ca ne veut pas dire que ce n'est pas un penseur politique important. Politiquement, il ne s'est pas beaucoup trompé dans les 15, 20 dernières années de sa vie. Et il a dit que la fin ne justifie pas tous les moyens. Camus, comme Sartre, sont d'abord des écrivains. Il n'y en a qu'un auquel on peut le comparer, c'est Georges Orwell. Des gens essaient de faire de Camus une sorte de centriste mou, mais c'est totalement faux. Il a toujours réagi quand il y avait la répression, il a dit des choses simples sur la violence ou le terrorisme. C'est quand même un écrivain dangereux, il nous oblige à remettre en question beaucoup de nos convictions.

Camus ne jouait pas le jeu d'un politique mais c'était en effet "un penseur politique" d'envergure. Fut-il un philosophe ? Oui, si on considère qu’un vrai philosophe s’interroge sur les grandes questions de la vie et propose des réponses, une éthique…
Quand on se rappelle que Camus est mort à 46 ans, Todd dit donc qu'avant 30 ans il savait ne pas se tromper de beaucoup !

Certes les positions que l'écrivain a adoptées étaient "incommodes" comme dit rotko,d'abord pour lui, ensuite pour ses lecteurs. Elles n'en étaient que plus courageuses et cela vaut la peine d' essayer de les comprendre, en se souvenant aussi au passage qu'il venait du prolétariat, qu'il avait connu la pauvreté et qu’en aucun cas, on ne peut voir en lui un colonialiste attaché à ses privilèges. Algérois de souche européenne, il a d’abord joué avec les petits arabes de son quartier avant de côtoyer les enfants de colons à l’école et les premiers sont restés chers à son cœur.
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MessageSujet: Re: camus   Dim 03 Jan 2010, 06:45

A noter la parution récente d'un ouvrage sur Camus

Jean-Luc Moreau, Camus, l’intouchable, Ecriture

Citation :
Traitant de la révolte, entrant ainsi en confrontation avec la notion de révolution alors fort à la mode, Camus est vite perçu comme prenant une posture morale. Alors, Jean-Luc Moreau pose les bonnes questions dès le début de son essai, en
« perspective » :

« Camus a-t-il toujours su faire preuve de cette rigueur morale sur laquelle se fonde en grande partie sa réputation ? S’est-il toujours gardé de recourir au jugement d’autorité que sa stature lui permettait, en veillant à ce que son opposant ne se sente pas d’emblée mis dans une position d’infériorité ou superbement ignoré ? A-t-il réellement pris en compte les critiques formulées à son encontre, jusqu’à en suivre l’argumentation, ou n’y a-t-il vu que l’occasion ou la nécessité de réaffirmer ses thèses – incomprises, puisque soumises au doute ?
».

tout l'article.

un site sur la vie d'Albert Camus avec quelques photos.
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MessageSujet: Re: camus   Dim 03 Jan 2010, 10:41

L'article que tu cites, rotko, donne envie de lire l'essai présenté mais j'aime bien aussi ce qu'écrit l'auteur de l'article, Matthieu Baumier, en particulier vers la fin quand il se livre à un élargissement de sa propre réflexion à partir de sa lecture

Citation :
Il ressort de cette étude que Camus, loin d’être l’intouchable que nous voulons aujourd’hui percevoir, était surtout au cœur des débats, de ce que l’on appelait encore le combat des idées. […]
On sort de ce livre avec d’autres interrogations, des questionnements très graves au fond, du genre : que reste-t-il aujourd’hui du combat des idées ? Y a-t-il encore un combat dans les lettres ? Et même, que reste-t-il des idées ? On perçoit en lisant les échanges et la confrontation, de cette époque pourtant proche, à quel point notre monde intellectuel s’est écroulé, bavardant en tout sens pour ne plus dire grand-chose. Pire encore : peut-être disons nous quelque chose mais alors cela n’est plus audible dans l’intense bavardage, se prétendant culture, dans lequel le libéralisme stupide actuellement à l’œuvre nous a enterrés.

Je suis très sensible à ce sentiment qu'un combat des idées digne de ce nom n'existe plus, alors qu'il était, à l'époque, un formidable stimulant, en particulier pour la jeunesse. Je crois qu'hélas cela tient aussi au fait que des hommes de la stature d'un Camus ou d'un Sartre sont absents de notre paysage intellectuel.
Je serais curieuse de savoir si les jeunes d'aujourd'hui ont des "guides" parmi les écrivains et penseurs qui sont leurs contemporains.
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MessageSujet: Re: camus   Dim 03 Jan 2010, 10:55

Qui eut mieux que les propres contemporains d'Albert Camus d'en fournir un jugement de valeur. Pour la justice pour tous, pour la liberté pour tous, ces miltants de cette cause étaient sous le joug colonial.
Ils étaient nombreux ces intellectuels algériens, indigènes comme on les appelait de droit, ces politiques aussi qui avaient trouvé en Camus une lumière, une espérance et pourquoi pas un guide, en raison de sa stature d'écrivain renommée, issu du clan colon.

Toute cette classe politico intellectuelle admirait Camus, l'adulait et beaucoup d'entre eux se reconnaissaient en lui.
Ahmed Taleb ne manquait pas à cette règle,; car Camus avait parlé des misères des exactions des indigènes, de manière concise objective, lamentable, à tel point qu'il encourut la colère des siens, je veux dire les colons.

Encore une fois le choix revient de façon récurrente. Ahmed Taleb, professeur de médecine, se trouvait à la prison de la Santé 1957-1962, pour cause militante pour l'indépendance de l'Algérie. Et en 1959 il écrivit une lettre ouverte à Camus; elle est longue; mais j'en citerai l'essentiel :
" Il est des évènements qui exigent des hommes une réponse prompte et hardie; il y a de leur honneur; sans quoi, il ne resterait plus qu'à en désepérer. Ces réponses, ces sursauts salutaires de l'humanité sont généralement incarnés par ses éminents esprits qui élèvent la voix chaque fois que la liberté est bafouée ou les droits violés. C'est ainsi qu'ont été dénoncés, par des voix libératrices, les crimes ...Crimes dont témoignent des lieux maudits ou martyrs : Guernica, Ausxhwitz, Hiroshima, Budapest, Suez...

Aujourd'hui, le défi lancé à la conscience universelle est représenté par le problème colonial avec ses horribles conséquences. Et il est incontestable que la guerre d'Algérie en constitue l'épisode le plus sanglant et le plus douloureux...
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MessageSujet: Re: camus   Dim 03 Jan 2010, 19:59

nicyrle a écrit:

Je suis très sensible à ce sentiment qu'un combat des idées digne de ce nom n'existe plus, alors qu'il était, à l'époque, un formidable stimulant, en particulier pour la jeunesse.

Je crois qu'hélas cela tient aussi au fait que des hommes de la stature d'un Camus ou d'un Sartre sont absents de notre paysage intellectuel.
Je serais curieuse de savoir si les jeunes d'aujourd'hui ont des "guides" parmi les écrivains et penseurs qui sont leurs contemporains.

En fait, et cela n'engage que moi, l'époque vit la fin des utopies, et la cause à embrasser n'existe pas aussi clairement qu'en temps de guerre, et à l'heure de choix, pour parler comme bencherif.

La réaction et le repli sur soi sont en vogue, et il suffit de voir

- quels auteurs non engagés, ou désabusés, pour les écrivains reconnus,

- ou médiatiques et semi-mondains pour les meilleures ventes

pour comprendre que la droite au pouvoir (précédée par une gauche molle et sans ideal) a engendré un climat où on courbe le dos, en attendant de nouveaux coups.
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MessageSujet: Re: camus   Lun 04 Jan 2010, 05:43

Un article avec les livres récents sur Camus , sur bibliobs.

Citation :
Parmi les nombreuses rééditions proposées chez Gallimard se distingue celle du vrai premier roman connu de Camus, « la Mort heureuse » : un texte, où selon Roger Grenier, « l'auteur entasse toute son expérience, comme s'il n'écrirait jamais d'autre livre ». Mais les inconditionnels peuvent également découvrir un Camus poète dans un « livre sur le Vaucluse » imaginé avec René Char, qui en signe la postface, et illustré de photographies d'Henriette Grindat : c'est « la Postérité du soleil » (Gallimard, 80 p.,)

Bencherif, jette un coup d'oeil sur Rabah Belamri, un fil que je vais completer.
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MessageSujet: Re: camus   Lun 04 Jan 2010, 11:57

Une émission interessante qu'on peut podcaster sur le site de france-culture

Spéciale Albert Camus : Arnaud Laporte reçoit Joël Calmettes pour le DVD Albert Camus, la tragédie du bonheur (Chiloé Productions) et Jacques Ferrandez pour L’Hôte d’après Albert Camus (Gallimard-Fétiche).

Arnaud Laporte reçoit l'écrivain Roger Grenier, auteur notamment de Camus, soleil et ombre (Gallimard) et Olivier Todd, écrivain, auteur notamment de Albert Camus, une vie (Gallimard) et de Un fils rebelle (Grasset).

Jacques Ferrandez y parle de son film L’hôte, d’après la nouvelle d' Albert Camus, (Gallimard)

L'analyse de l'Hôte est ici et se poursuit page suivante.
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MessageSujet: Re: camus   Lun 04 Jan 2010, 18:35

revue de la presse algérienne
Elle reflète le malaise, voire le rejet, suscité par l'auteur de L'Etranger auprès des Algériens.

la charge est parfois rude :

Citation :
Le journaliste Bélaïde Abane, lui, signe un virulent pamphlet contre l'écrivain, "Camus : Entre la mère et la justice". En matière d'introduction, il cite l'écrivain algérien Kateb Yacine :

"Je préfère un écrivain comme Faulkner qui est parfois raciste mais dont l'un des héros est un Noir, à un Camus qui affiche des opinions anticolonialistes (sic) alors que les Algériens sont absents de son oeuvre et que pour lui l'Algérie c'est Tipaza, un paysage... "

Selon lui, l'écrivain pied-noir ne s'est "jamais débarrassé de ses réflexes primaires bien enracinés dans son inconscient colonial."

Il rappelle que Raymond Aron disait de lui que c'était un "colonialiste de bonne volonté".
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MessageSujet: Re: camus   Lun 04 Jan 2010, 19:29

Bonsoir à vous tous,
ceux qui sont intéressés par des communications sur Camus peuvent se rendre au centre culturel algérien paris;

Hommage à CAMUS

Centre Culturel Algérien

171, Rue de la Croix Nivert 75015-Paris

01 45 54 95 31

PROGRAMME CENTRE CULTUREL ALGERIEN à PARIS

Jeudi 14 Janvier 2010 à 19 H

Conférence de presse

Samedi 23 Janvier 2010

A 15 H
Signature du livre de Stéphane BABEY (2009 /Ed : KOUTOUBIA) « CAMUS UNE PASSION ALGERIENNE »

A 16 H

Projection documentaire « LA TRAGEDIE DU BONHEUR » de Jean DANIEL et Joël CALMETTE

A 18 H

Lecture textes choisis d’Albert CAMUS par Frédérique BRUYAS et Sid Hamed AGOUMI

2010, année hommage à Albert CAMUS
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MessageSujet: Re: camus   Mer 06 Jan 2010, 05:55

France 2 propose le 6 (20 h 35) Camus, un téléfilm de Laurent Jaoui.

Le 7, France 5 prend le relais et lui consacre sa soirée avec “La grande librairie” (20 h 35), suivie d’un documentaire inédit de Joël Calmettes, Albert Camus, le journalisme engagé.

Sur France 2, Philippe Lefait lui rendra hommage dans l’une de ses émissions “Des mots de minuit” du mois de janvier.

Sur France 3, outre Frédéric Taddeï qui faisait sa rentrée dans “Ce soir ou jamais !” avec Albert Camus le 3 janvier, Olivier Barrot présentera L’étranger le 23 janvier à 17h15.
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MessageSujet: Re: camus   Mer 06 Jan 2010, 20:27

Citation :
France 2 propose le 6 (20 h 35) Camus, un téléfilm de Laurent Jaoui


Le réalisateur, Laurent Jaoui, semble s’être inspiré du Premier Homme, œuvre posthume de Camus, dédiée à sa mère. De ses origines modestes en Algérie française, le téléfilm retrace le destin de l’écrivain, lui-même romanesque. Les reconstitutions des moments historiques – ses conversations avec Sartre, la remise de son prix Nobel… – ne sont que des prétextes pour relier des scènes plus mélodramatiques avec les femmes de sa vie. Malgré le manque de ressemblance physique, Stéphane Freiss incarne un Camus saisissant de vérité.

je regarde en diagonale ce telefilm que je trouve peu convaincant. Qu'en pensez-vous ?
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MessageSujet: Re: camus   Mer 06 Jan 2010, 22:15

rotko a écrit:
Citation :
France 2 propose le 6 (20 h 35) Camus, un téléfilm de Laurent Jaoui


Le réalisateur, Laurent Jaoui, semble s’être inspiré du Premier Homme, œuvre posthume de Camus, dédiée à sa mère. De ses origines modestes en Algérie française, le téléfilm retrace le destin de l’écrivain, lui-même romanesque. Les reconstitutions des moments historiques – ses conversations avec Sartre, la remise de son prix Nobel… – ne sont que des prétextes pour relier des scènes plus mélodramatiques avec les femmes de sa vie. Malgré le manque de ressemblance physique, Stéphane Freiss incarne un Camus saisissant de vérité.

je regarde en diagonale ce telefilm que je trouve peu convaincant. Qu'en pensez-vous ?

Pas aimé du tout ! J'ai abandonné en cours de route. Il vaut mieux
lire ou relire Le premier homme.
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MessageSujet: Re: camus   Mer 06 Jan 2010, 22:35

Une mise au point intéressante à propos de la fameuse phrase : "Je crois à la Justice, mais je défendrai ma mère avant la Justice." Elle n'a jamais été prononcée ! Quant à celle que Le Monde a rapportée dans son compte-rendu de la rencontre de l'écrivain avec des étudiants après la remise du Prix Nobel : "Si c'est cela la justice, je préfère ma mère." elle est dénaturée car elle est coupée de celle qui la précède et l'éclaire.
En fait, à l'étudiant arabe qui lui reprochait son silence sur ce qui se passait alors en Algérie, il a répondu : "En ce moment, on lance des bombes dans les tramways d'Alger. Ma mère peut se trouver dans un de ces tramways. Si c'est cela la justice, je préfère ma mère."
Camus a toujours dénoncé le terrorisme qui tue des femmes, des enfants, de simples passants. S'il préfère la révolte à la révolution, c'est bien parce que justement, il estime qu'aucune cause ne justifie la violence de la terreur.
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MessageSujet: Re: camus   Jeu 07 Jan 2010, 09:57

Oui, un très mauvais téléfilm. C'est plus une accumulation d'histoires de cul qu'un hommage à l'homme Rolling Eyes

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"Aujourd'hui, la réalité est absurde, aussi horrible, aussi impénétrable que nos rêves. Et face à elle, nous sommes sans défense, comme dans nos cauchemars...". Ingmar Bergman
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MessageSujet: Re: camus   Jeu 07 Jan 2010, 11:39

Quand Camus dit préférer sa mère à la justice, c'est pour soutenir l'Algérie française et condamner la révolution libératrice. Il a prononcé cette phrase sentence la veille de la remise du prix Nobel. C'est prouvé.

Un écrivain nobélisé l'est parce qu'il a cette vision universaliste qui le coupe de sa terre natale pour s"approprier une terre universelle et srvir la justice, l'égalité, la fraternité.

Nous ne cherchons nullement à charger Camus, mais il nous est judicieux de le comprendre. Car sa pensée est contradictoire; Il se dit plus ou moins partisan de la non violence, comme l'a fait Gandhi. Mais il refuse meme ce droit de la non violence au peuple algérien qui luttait pour son indépendance.

Toute révolution fait des victimes, coupables ou innocentes et toute contre révolution en fait autant, c'est à dire les forces colonisatrices. Si on devait retacer les dérives de la puissance de colonisation, on en finirait pas ; mais je peux vous dire qu'elles sont horribles.

Comment le colon gouvernait-il l'Algérie française et comment voulait-il la pérénniser en tant que telle? De façon anti-démocratique, c'est à dire la minorité qui gouverne et tient la majorité sous le joug et l'oppression, l'inégalité aux soins, à la représentation politique, à l'accès aux emplois publics.

Nous avons la vocation littéraire et ceci nous hisse à voir les choses de façon universelle ce à quoi tend ce formidable forum où l'on voit des écrivains des quatre coins du globe nous dire leur pensée qui ne fait pas souvent l'unanimité.
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MessageSujet: Re: camus   Jeu 07 Jan 2010, 12:28

Dans le message ci-dessus, Nicyrle cite les paroles exactes de Camus au moment du prix Nobel.

Ce que désapprouvait Camus, c'était la violence terroriste, comme il le dit ailleurs, dans les Justes par exemple.

Ceci dit, je comprends bien que son silence et les termes employés dans le contexte n'aient pas été acceptés, et sur le moment par beaucoup de Français anticolonialistes, et encore maintenant par les Algériens et des Français qui lui en tiennent rigueur.

Sartre et Jeanson étaient plus nets dans leurs choix pratiques. Camus optait pour des "mains pures", mais il n'avait pas de mains, comme le disait Sartre (auteur des mains sales).
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MessageSujet: Re: camus   Jeu 07 Jan 2010, 15:40

rotko a écrit:
Sartre et Jeanson étaient plus nets dans leurs choix pratiques. Camus optait pour des "mains pures", mais il n'avait pas de mains, comme le disait Sartre (auteur des mains sales).
"Moi, j'ai les mains sales. Je les ai plongées dans la merde et dans le sang." Pour Sartre, au contraire de Camus, l'engagement politique visait à renverser l'ordre bourgeois, quitte à tuer, comme le dit bien Hoederer. Au contraire, Camus voulait la paix et la justice, la cohabitation pacifique.

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