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 quilleverée, Suzanne

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rotko
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MessageSujet: quilleverée, Suzanne   Mer 18 Déc 2013, 06:51

“Suzanne”, de Katell Quillévéré, avec Sara Forestier

appréciations diverses sur ce film, en voici un,  méchant

le film de Katell Quillévéré travaille le cliché, au propre comme au figuré : au propre, parce qu’il cueille les moments comme des photographies, entrecoupées de longues ellipses, au sein d’une vingtaine d’années dans la vie d’un triangle familial (le père, la fille forte, la fille fragile) ; au figuré, parce qu’aucun poncif de représentation n’échappe à l’écriture ultra-paresseuse de Katell Quillévéré : on boit du rouge quand on est prolétaire, on court toute seule dans la rue quand on est en colère, on se laisse pousser la moustache quand on est vieux.

tout l'article

Katell Quillévéré réussit un magnifique récit de vie, tout en mouvements.

telerama est favorable
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MessageSujet: Re: quilleverée, Suzanne   Dim 19 Jan 2014, 16:32

Suzanne

Il ya certainement plusieurs façons de voir et de ressentir le film, comme les personnages.

J'ai mis un certain temps à m'intéresser à l'histoire, un peu rebuté par des visages d'enfants, des sourires et des câlins à profusion, ce qui me laissait présager des clichés, propres à m'attendrir. C'est au moment de l'adolescence des deux  soeurs que pour moi le film a débuté. Suzanne fait des bêtises, elle n'a pas "la tête sur les épaules", et on sent qu'elle est faible et capable de dérives, alors que sa soeur Maria, une personnalité plus affirmée, paraît plus apte à conduire sa vie.

Le film a des maladresses, une musique banale, des coupures au noir, mais il excelle à montrer la difficulté des gens à s'exprimer, et à communiquer avec autrui, y compris quand ce sont des proches.

Dans ce milieu populaire, qui comprendra Suzanne ? elle semblait avoir l'affection nécessaire, qu'a-t-elle besoin de succomber au charme de ce  gars venu du Nord, dont on sait qu'il est "interdit de séjour" dans sa ville. La suite confirmera sa délinquance, et sa mauvaise influence  sur Suzanne.

Là est sans doute le mérite du film : ne pas entrer dans les détails, qui impliqueraient un jugement de notre part, mais faire assister le spectateur à la dérive. Suzanne est hors de portée, elle fera bien ce qu'elle voudra, sans maîtriser son itinéraire.

A la fin du film, jamais elle n'a été aussi radieuse ; serait-ce la fin de l'irresponsabilité ?

Visages expressifs, silences des rencontres, au spectateur de comprendre de l'intérieur ce qui échappe à sa logique.

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MessageSujet: Re: quilleverée, Suzanne   Dim 02 Mar 2014, 15:47

Un poison violent

de Katell Quillévéré
Avec : Lio, Clara Augarde, Michel Galabru

Anna, une adolescente de 14 ans, quitte l’internat et rejoint son village. Elle doit profiter des vacances pour faire sa confirmation, dernière étape dans son engagement catholique. A son arrivée, elle découvre que son père vient de quitter la maison. Sa mère, effondrée par cet abandon, trouve refuge auprès d’un prêtre et ami d’enfance. Anna se raccroche à son grand père, qu’elle adore. Elle se rapproche aussi de Pierre, un adolescent libre et solaire, qui se soucie peu de Dieu.

bien aimé ce film sobre où les personnages sont à deviner, où le catholicisme breton imprègne toute la vie sociale, où les désirs sont suggérés et présents, sans lourdeur.

La réalisatrice sait filmer les personnages et diriger ses acteurs, choisir les bons décors (la maison familiale avec les escaliers successifs).
c'est le deuxième film que je vois de cette réalisatrice, il faudra compter avec elle, et son tact pour saisir les ambiances et les personnages.


belle musique irlandaise  cheers 
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MessageSujet: Re: quilleverée, Suzanne   Dim 02 Mar 2014, 18:44


Citation :
pas aimé car très lent et alors trop catholique..
Lio qui veut se confesser pour un oui ou non..le prêtre qui est amoureux..Lio qui aime le prêtre..

lettre de Paul aux Galates.(5, 18-25)

Frères, en vous laissant conduire par l’Esprit, vous n’êtes plus sujets de la Loi. On sait bien à quelles actions mène la chair: débauche, impureté, obscénité, idolâtrie, sorcellerie, haines, querelles, jalousie, colère, envie, divisions, sectarisme, rivalités, beuveries, gloutonnerie et autres choses du même genre. Je vous préviens, comme je l’ai déjà fait: ceux qui agissent de cette manière ne recevront pas en héritage le royaume de Dieu. Mais voici ce que produit l’Esprit: amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi. Face à tout cela, il n’y a plus de loi qui tienne.
Ceux qui sont au Christ Jésus ont crucifié en eux la chair, avec ses passions et ses tendances égoïstes. Puisque l’Esprit nous fait vivre, laissons-nous conduire par l’Esprit.


je ne crois pas que la lecture par l'évêque de cette épitre de Paul aux confirmants soit pertinente pour des adolescents. La réalisatrice ne fait pas une charge contre le catholicisme, mais elle est loin d'en faire l'éloge.

On voit à quel point dans cette famille il y a un malaise face aux interdits véhiculés par la religion, omniprésente dans le village, la famille (sauf le grand père), et le pensionnat. La mère et le prêtre sont attirés l'un par l'autre, avec beaucoup de gestes ambigus, mais sans forcer la note.
le titre "poison violent" vise selon moi cette ambiance religieuse castratrice.
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MessageSujet: Re: quilleverée, Suzanne   Lun 03 Mar 2014, 07:15



Poison violent

les caractères sont très fouillés et les relations entre les personnages reposent sur désir, envie et jalousie, ce qui m'a fait croire un moment que le film avait été tiré d'un roman.

Galabru, en mécréant jouisseur, est aussi inattendu que le texte libertin qu'il demande à sa petite fille de lire à son enterrement.

film de culte est réservé

poison violent peine à s'extirper de l'anecdote et du quelconque. Le film brasse plusieurs thèmes tous liés aux préoccupations de sa jeune héroïne chamboulée, mais n’en approfondit aucun (une crise de foi en deux évanouissements). Entre deux ritournelles folk mécaniquement lancées, il reste bien quelques éclats: la tension brute entre la mère (Lio) et la fille, où la complexité de la relation prend corps, ou encore cet hommage funèbre inédit – le film, porté par une solide interprétation, semble d'ailleurs plus à l’aise dans ses ruptures de ton, quand le poison violent s'invite dans les veines, que dans son train-train à la mise en scène trop timorée.

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MessageSujet: Re: quilleverée, Suzanne   Lun 03 Mar 2014, 07:23

l'avis du Monde :

Manifestement autobiographique, Un poison violent règle des comptes avec une éducation culpabilisante et un environnement étouffant, symbolisé par la pluie bretonne. Mais Katell Quillévéré, qui aime les promenades sur la lande, les folks religieux et les chansons romantiques, dépeint moins la révolte d'une adolescente qui rejetterait tout ce qui l'a constituée jusque-là que sa découverte du libre arbitre.

Anna décide, un beau jour, de se forger elle-même une manière de vivre sa foi qui englobe ses pulsions et ses contradictions. Et de la dévotion (serrer la photo de Jésus contre son sein), de la mortification (soumettre au flux du robinet d'eau froide la chevelure rousse caressée par le petit voisin), elle passe à des émotions assumées, une vision subjective du don.

Sa résistance à ce que l'évêque nomme "l'Esprit" se manifeste de façon physique. Après son refus de communier (avec coup d'oeil vers l'enfant de choeur), Anna s'oppose par deux fois aux prosternations mortifères par un évanouissement. On enterre un villageois, sa mère pleure et confie son souhait de ne plus se réveiller, le prêtre sanglote et prie Dieu de l'aider à résister à la tentation, ils sont tous couchés sur leur lit, gisants, morts vivants. Seul le grand-père, grabataire grivois et mécréant, accueillant l'homme d'Eglise par une chanson paillarde ou écoutant en boucle sur son électrophone des rumbas coquines ("Toi mon démon, tu me tortures..."), arbore avec insolence un feu sacré qui n'a rien de mystique.

C'est ce démon de la vie, choquant, presque impudique, qui l'effraye parfois, qu'Anna choisira de faire sien. L'amour, elle l'a compris, est un poison violent, mais il peut être généreux, sacré, innocence, offrande à la fois du corps et de l'âme. L'aliénation des purgateurs en sacristie n'a plus de prise sur elle, qui va manifester son émancipation par deux gestes fracassants, l'un secret, l'autre public, en dévotion à son blasphémateur de papy qui souhaitait qu'à ses funérailles elle proclame la souffrance générée par les frustrations.

Prix Jean-Vigo, Un poison violent s'inscrit modestement, sans racolage, dans une certaine tradition française de la chronique de vie de province, sans effet pictural, dans une veine qui se rapprocherait de celle de Maurice Pialat.
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