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 James Lee Burke

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rotko
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MessageSujet: James Lee Burke   Sam 14 Jan 2006, 13:19

Sur fr.rec.arts.polar plusieurs contributeurs éclairés vantent lesmerites de James Lee Burke

je leur emboite le pas avec un grand plaisir. Accrochez-vous !
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MessageSujet: Re: James Lee Burke   Sam 14 Jan 2006, 13:20

James Lee Burke, Une saison pour la peur, Rivages thriller.
2869306040.
Le "meilleur ennemi" de l'homme ? lui-même.

Dave Robicheau aurait une existence plus tranquille s'il avait l'âme moins agitée. Chargé d'accompagner deux détenus, il ne peut s'opposer à leur évasion et se retrouve éclopé et traumatisé à l'hopital, avec des cauchemars qui lui rappellent le Vietnam.

L'un de ses amis lui propose une mission pour qu'il échappe à son vague à l'âme : infiltrer un réseau de trafiquants de drogue pour mettre fin à leurs activités. Robicheau accepte d'être "un judas de profession", auprès du caïd Tony Cardo, personnage plus complexe qu'il n'y paraît, et qui curieusement lui ressemble. "Nous avons tous notre petit panier de serpents personnel", dit ce "caïd", drogué au amphètes.

La violence chez Burke n'est plus le monopole des méchants, elle est dans l'histoire du pays, et dans les obsessions des personnages. L'adversaire est moins l'ennemi que soi-même. Pas lieu d'être fier de soi : on fut peureux, alccolique, infidèle, on ne sait même plus sur quelle rive est la loyauté.

Burke dépasse donc le cadre du thriller traditionnel, et son écriture témoigne de l'influence d'Hemingway, ici avouée, et encore plus visible dans "Vers une aube radieuse".
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MessageSujet: Re: James Lee Burke   Sam 14 Jan 2006, 13:22

Un de mes chouchous. je me plonge toujours avec délices dans un roman de Burke !
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rotko
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MessageSujet: Re: James Lee Burke   Sam 14 Jan 2006, 13:22

James Lee Burke, Vers une aube radieuse, Rivages/ecrits noirs.
2743601604
L'apprentissage d'un rebelle.

Trois hommes et un garcon s'affairent avec des boites de dynamite : c'est la methode choisie pour lutter contre les exploitants de mines de charbon du Cumberland dans les Appalaches, là où sont indésirables les syndiqués.

A la suite de l'explosion, le jeune Perry doit quitter la region, et pour se former, il integre les Job Corps, dans les Smoky Mountains, en Caroline du nord. L'apprentissage de la discipline est difficile pour cette tête de bois, mais il révèle des qualités capables de faire de lui un chef de travaux. Un jour pourtant il apprend que son père, trop revendicatif, a été tué par des malfrats de la compagnie minière.

Il revient donc au pays defendre la cause des siens. "Aucun James ou Hartfield de la famille n'avait jamais craint les exploitants de mines, les gros bras de la compagnie, les briseurs de grèves armés de leur manche de hache, ou même la Garde Nationale".

Dans cet univers d'exploités, la violence permanente engendre le comportement rebelle de Perry. Il ne sera pas un heros de Gorki, mais plus proche de Sillitoe, un homme qui défend sa peau par tous les moyens.

Burke, qui ne cède pas à la dénonciation militante, peint un milieu âpre où chacun, jaune ou syndiqué, apprend à tirer son epingle du jeu. Il s'agit de survivre ou de quitter des regions desheritées.

Une écriture rapide retrace une histoire haletante, où les hommes s'affrontent, dans un milieu naturel présent comme chez Hemingway. C'est dire que le roman est une réussite.
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MessageSujet: Re: James Lee Burke   Sam 14 Jan 2006, 13:23

James lee Burke, Cadillac juke-box, Rivages/ecrits noirs.
2743601604

La Louisiane des bayous et des marais a un lourd héritage : la guerre de Sécession, les vieilles familles qui ont subi ou pratiqué ségrégation et lynchages, les conflits d'intérêt pétrolier, l'exploitation des Mexicains aux "dos mouillés". Voilà qui pèse sur les individus, et quand ceux-ci ont fait la guerre du Vietnam, leurs rancunes deviennent meurtrières...

Tout va bien dans la famille Larose : Buford, héritier d'une vieille famille, a les épaules solides et les dents longues. Il veut se faire élire gouverneur, ce qui ne déplait pas à sa femme, Karyn, dont l'absence de scrupules et les appétits de pouvoir notamment, sont bien connus.

Robicheaux, avec une boutique d'appâts et ses charges de police, vit depuis toujours dans le Sud profond. Il aime la musique du Sud, qu'il écoute dans un juke-box, cadeau d'un ami douteux. Pourtant les turbulences ne tardent pas, sous la forme de la proclamation d'innocence d'un "bouseux" (Redneck), emprisonné depuis trente ans pour avoir tué un leader noir des droits civils.

Voilà qui pourrait compromettre les ambitions politiques de Buford Larose, et mettre fin à la complicité des anciens affidés du KKK. Un tueur de Miami vient pour éliminer les gêneurs, tandis que s'évade le "bouseux" , bien décidé à régler ses comptes avec ses anciens amis et ennemis, d'autant plus redoutable qu'il connaît les marais comme sa poche.

Parfois Le lecteur perd un peu pied : dialogues allusifs, éllipses frequentes, personnages nombreux... Pourtant on ne décroche pas de

cette fresque violente et bariolée qui emmene loin de "Autant en emporte le vent" et de "Louisiane". Rancunes et rancoeurs, méthodes expéditives, et appétits sexuels hors de la condition, ébranlent la donne initiale.

La vie devient un cauchemar où chacun se demande quel est le jeu de l'autre. La justice essaie de passer, souvent devancée par des passions meurtrières, exacerbées par l'alcool et les amphètes....
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MessageSujet: Re: James Lee Burke   Jeu 26 Oct 2006, 19:06

Sunset limited
Encore une aventure de Dave Robicheaux. Toujours hanté par ce qu'il a vécu au Vietnam, il va se trouver plongé dans une sanglante histoire de vengeance. La Louisianne qui sert encore une fois de décor renferme de terribles secrets, le monde où vit Robicheaux est humain, malgré la violence et le cynisme omniprésents.

Black Cherry Blues
Dave Robicheaux encore, traumatisé par l'assassinat de sa femme, à nouveau pris dans un tourbillon de violence. Où l'on voit une compagnie de forage convoiter les terres d'une réserve indienne. Des meurtres en série, mais Robicheaux retrouvera un semblant de paix intérieure dans ses marais.
(Grand Prix de la littérature policière 1992, Prix Mystère de la critique)

La Rose du Cimarron
Une nouvelle série, avec pour héros l'avocat Billy Bob Holand.
Il ressemble comme un frère à Robicheaux, hanté lui aussi par plusieurs démons. Il va devoir défendre son fils illégitime accusé de viol et de meurtre, dans un ville où règne la violence et corruption.


J'aime ces héros humains et humanistes, un peu déglingués, ces histoires violentes mais bien ficelées, la nature partout présente tantôt inquiétante tantôt apaisante.

Pour les anglophones, son site :
http://jamesleeburke.com/index.html
A voir : la page Robicheaux Gear : casque et Tshirt à l'effigie de Dave Robicheaux Laughing
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rotko
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MessageSujet: Re: James Lee Burke   Mer 09 Mai 2007, 05:19

Prochainement un film In the electric mist fondé sur l’ouvrage de James Lee Burke Dans la brume électrique avec les morts confédérés paru en en 1993 , aux éditions Rivages noir.

l'auteur : Bertrand Tavernier avec Tommy Lee Jones.

Le détective Dave Robicheaux, Tommy Lee Jones, est à la poursuite d’un tueur en série de jeunes femmes. La decouverte d'un nouveau cadavre le fait remonter dans le passé, et c'est son univers quotidien actuel qui est alors remis en cause.


Dernière édition par le Mer 09 Mai 2007, 09:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: James Lee Burke   Mer 09 Mai 2007, 08:18

Tavernier + Tommy Lee Jones + Burke ????? cheers çà promet Happy
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rotko
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MessageSujet: Re: James Lee Burke   Mer 02 Jan 2008, 18:33

la sortie du film de tavernier est prévue pour mars 2008 comme le dit son site
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MessageSujet: Re: James Lee Burke   Jeu 03 Jan 2008, 13:15

ça n'a bien sûr rien à voir, mais comme on vient de me dire que j'avais mauvais genre, j'en profite pour vous faire la bise à tous ...

à bientôt
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MessageSujet: Re: James Lee Burke   Lun 31 Mar 2008, 08:22

Bitterroot, chez Rivages thrillers.

Dans le Montana ce serait un plaisir de pêcher le truite et de vagabonder dans les bois si des motards arrogants et brutaux ne veanient commettre les pires délits, et si les industriels de la mine d'or ne polluaient les belles rivières.

Deux amis, personnages taraudés par d'anciennes hontes, se retrouvent victimes au coeur de la tourmente, avec pour adversaires des sherifs qui n'accorent pas crédit à leurs propos.

L'action ne faiblit pas : dialogues vigoureux et remarques laconiques entretiennent un climat d'incertitude et l'attente d'imminents périls.

Les femmes tiennent aussi des rôles ambigus dans ce roman mi-policier mi- western, où sans quitter son Stetson, on danse sur des airs de country et des ...aires de rodeo
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MessageSujet: Re: James Lee Burke   Ven 18 Avr 2008, 07:08

Si quelqu'un (moi ou un mouton sauvage, par exemple) souhaite découvrir James Lee Burke, par quels romans devrait-il commencer ? Et pour quelles raisons (atmosphère, suspens, histoires...) ?

J'ai vu que ses romans tournaient souvent autour du détective Dave Robicheaux ? Y'a t'il un ordre préconisé pour cerner au mieux sa personnalité, pour suivre l'évolution des personnages dans l'ordre adéquate ?
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MessageSujet: Re: James Lee Burke   Ven 18 Avr 2008, 07:57

voici la réponse pour les Robicheaux :

The Neon Rain (1986)
Heaven's Prisoners (1988)
Black Cherry Blues (1989)
A Morning for Flamingos (1990)
A Stained White Radiance (1992)
In the Electric Mist with the Confederate Dead (1993)
Dixie City Jam (1994)
Burning Angel (1995)
Cadillac Jukebox (1996)
Sunset Limited (1998)
Purple Cane Road (2000)

j'ai commencé par vers une aube radieuse, chroniquée au-dessus. C'était pour moi un bon début.

Dans Bitteroot une nouvelle référence à Hemingway. J'aime bien cette ecriture qui se réclame de "pourqui sonne le glas".
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MessageSujet: Re: James Lee Burke   Sam 11 Avr 2009, 06:25

Citation :
Dans la brume électrique a pour héros principal Dave Robicheaux (Tommy Lee Jones), inspecteur à New Ibéria en Lousiane. Il enquête sur un tueur en série qui s’en prend à de jeunes femmes.
Lors de son enquête, Dave rencontre la star hollywoodienne Elrod Sykes (Peter Sarsgaard) ainsi qu’une figure de la mafia locale, Julius Balboni (John Goodman).

le film de Tavernier est sorti. Le figaro le trouve excellent, ce site (1) regrette que les personnages soient sacrifiés à l'intrigue.

il y a quelques photos et une video.
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MessageSujet: Re: James Lee Burke   Sam 29 Aoû 2009, 14:30

James Lee Burke, le bagnard, Rivages, écrits noirs.

Le film de Tavernier (Dans la brume électrique ... )aura renforcé la place de Burke sur la scène littéraire et c’est tant mieux. Il est temps que cet écrivain - qui a toujours eu des fidèles, ait une plus grande palette de lecteurs français.

Le bagnard est un recueil de nouvelles, dont l’une a donné le titre du recueil.

Un jeune garçon de New-Iberia en Louisiane rend bien compte que son père ne cache pas sa désapprobation des idées sudistes en cours. Il l’approuve tout en craignant pour lui. Comme partout ces idées racistes reposent sur la peur, et quand on apprend que deux prisonniers se sont évadés, un noir et un blanc, on sait déjà qui sera le plus dangereux.

Le père n’a pas froid aux yeux, et planté devant un cas de conscience, il n’écoute que ses propres valeurs.

Tout est vu par le regard extérieur de l’enfant, sur les risques, les désaccords du couple sur la position à adopter, sa crainte et son admiration pour le père, « ce héros etc. ».

En arrière-plan, la Louisiane, ses bayous, comme une musique dont on s’imprègne sans se lasser.

Une phrase suffit pour évoquer le lieu :

Citation :
« J’entendis le tonnerre de chaleur rouler encore une fois, comme un pomme dure qui serait venue cogner le fond d’un tonneau, avant de mourir quelque part au loin sur le golfe ».
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MessageSujet: Re: James Lee Burke   Mer 11 Nov 2009, 18:49

rotko a écrit:
voici la réponse pour les Robicheaux :

The Neon Rain (1986)
Heaven's Prisoners (1988)
Black Cherry Blues (1989)
A Morning for Flamingos (1990)
A Stained White Radiance (1992)
In the Electric Mist with the Confederate Dead (1993)
Dixie City Jam (1994)
Burning Angel (1995)
Cadillac Jukebox (1996)
Sunset Limited (1998)
Purple Cane Road (2000)

j'ai commencé par vers une aube radieuse, chroniquée au-dessus. C'était pour moi un bon début.

Dans Bitteroot une nouvelle référence à Hemingway. J'aime bien cette ecriture qui se réclame de "pourqui sonne le glas".

La suite:

The Jolie Blon's Bounce (2002)
Last Car to Elysian Fields (2003)
Crusader's Cross (2005)
Pegasus Descending (2006)
The Tin Roof Bowdown (2007)
Swan Peak (2008)

Sa fille Alafair Burke (même prénom que la fille adoptive de Robicheaux) écrit aussi des polars.
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Aède
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MessageSujet: Re: James Lee Burke   Sam 14 Nov 2009, 10:04

Un de mes auteurs de polars favoris, un style, une ambiance (celle de la Louisiane, du bayou), des personnages charismatiques, des intrigues bien ficelées, bref un grand de la littérature américaine.

En revanche je n'ai pas aimé l'adaptation de "dans la brume électrique avec les morts confédérés" de Tavernier !
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MessageSujet: Re: James Lee Burke   Mer 02 Juin 2010, 05:23

James Lee burke publie un recueil de nouvelles chez rivages


et donne un entretien à Rue 89 : il y parle des desastres de Louisiane, depuis Katrina jusqu'à la marée noire BP !
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Alessandro
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MessageSujet: James Lee Burke - Dans la brume électrique   Sam 09 Oct 2010, 14:26



Présentation de l'éditeur :

Une équipe de cinéma s'est installée à New Iberia pour y tourner un film épique sur la guerre de sécession, avec la star hollywoodienne Elrod Sykes. Arrêté par Dave Robicheaux pour conduite en état d'ivresse, l'acteur affirme qu'il a vu, pendant le tournage d'une scène dans un marais, le corps momifié d'un noir enchaîné. Dave est tenté de croire à ce récit invraisemblable car, trente-cinq ans plus tôt, il a été le témoin impuissant de l'assassinat d'un homme de couleur par deux blancs. Le corps n'avait jamais été retrouvé. Le shérif se moque bien d'un crime vieux de trente-cinq ans, mais lorsque Dave est face au squelette de la victime, il comprend que le souvenir de ce meurtre n'a cessé de le hanter... En fait, il comprend que la guerre de sécession ne s'est jamais arrêtée et que la bataille de New Iberia continue.

Mon avis :

On ne dira jamais assez combien James Lee Burke a une écriture superbe, inégalable et qu’il place très haut la barre du roman policier. La Louisiane et ses habitants sont merveilleusement décrits (on sentirait presque l’odeur de l'humus humide et des jasmins de nuit), le personnage de Dave Robicheaux a une épaisseur humaine impressionnante et ne s’oublie pas de si tôt, enfin l’histoire est captivante de bout en bout.
C’est tout simplement du grand art et Bertrand Tavernier ne s’y est pas trompé en le portant avec beaucoup de justesse au cinéma, d'où la jolie couverture de la réédition.

Une idée du style :
Citation :
" Derrière le comptoir s'alignaient les bouteilles par rangées entières, vert sombre et col élancé, fermées de bouchons mouillés ; ou noir d'obsidienne, encapuchonnées de cire d'un rouge de sang artériel ; ou blanc givré, comme un bloc de glace découpé à la scie dans un lac gelé ou encore d'un ocre de whiskey, chantant de chaleur et de lumière".
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rotko
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MessageSujet: Re: James Lee Burke   Sam 09 Oct 2010, 14:33


Oui, Alessandro, je vais mettre ton passage en "citer" (surbrillance + icône des deux rectangles au dessus des A/A)

Ce passage me paraît d'autant mieux venu que Dave Robicheaux a toujours la tentation de retomber dans l'alcool. Ce passage serait la transciption visuelle, esthétique, d'un désir d'alcool, je crois.
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MessageSujet: Re: James Lee Burke   Mar 02 Aoû 2011, 05:33



James Lee Burke La Nuit la plus longue Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Christophe Mercier. Rivages/Thriller, 480 p.

on y retrouve tous les ingrédients chers à Burke : les fantômes d’un temps révolu, l’indignation d’un homme qui assiste, impuissant, à l’inéluctable effondrement d’une Amérique en laquelle il croyait, la férocité d’un monde qui va trop vite et trop fort pour lui et, néanmoins, l’incapacité à se résigner, le héros portant malgré lui sa colère dévastatrice au cœur du mal.

Dans la Nuit la plus longue, Burke réalise aussi un portrait extraordinaire d’un jeune Noir, violeur, escroc, pourri jusqu’à la moelle, sur la voie d’une impossible rédemption. Toute la digne amertume de Burke est à l’œuvre dans ce portrait et dans celui de Robicheaux qui, comme le reste du monde, n’a aucune réponse cohérente à apporter à ce destin écrit d’avance.


libé.
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MessageSujet: Re: James Lee Burke   Lun 02 Jan 2012, 23:27

James Lee Burke est considéré par certains de ses pairs américains comme le plus importants des auteurs de romans noirs de ces 20 dernières années.
Comparé à Faulkner, il n'a pas l'aura médiatique de certains mais au moins son honnêteté intellectuelle plaide pour lui.
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MessageSujet: Re: James Lee Burke   Mar 03 Jan 2012, 05:45

je crois que certains titres sont meilleurs que d'autres.

C'est un bon auteur, on devrait l'envisager pour une lecture commune de polar;
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MessageSujet: Re: James Lee Burke   Mar 03 Jan 2012, 18:04

Voici une série de critiques que j'avais écrites pour d'autres forums

La pluie de néon JL Burke Rivages/noir

Qu'est-ce qui fait qu'un auteur soit reconnu par le public et qu'un autre ne le soit pas? Souvent se sont des critiques plus ou moins bien intentionnées, un roman adapté par un cinéaste à succès ou alors un ton trop décalé qui se perd dans le silence.
JL Burke a ramé à contre courant pour s'imposer. Tour à tour professeur, ouvrier et foreur de puits de pétrole, l'écrivain originaire de Houston c'est lentement imposé comme un des auteurs majeurs de sa génération pour devenir selon certain et non des moindres (Michael Connolly en personne) le plus important auteur de polar des 20 dernières années. L'hommage appuyé cache mal le temps qu'il a fallu à cet écrivain pour être reconnu par ses pairs.
Il n'est pas homme a se complaire dans la description de crimes odieux comme certains, il ne veut pas donner de leçon sur une Amérique puritaine... Il ne fait que décrire un Sud profond avec ses blancs et ses noirs, ses discriminations et ses haines, son histoire et ses souffrances.
Avec un style aiguisé qui cisèle des fleurs à chaque page, Burke nous emmène dans la Louisiane d'avant Katrina et d'avant les petits intellos européens qui s'ouvrirent sur le monde en étant étonné de voir un monde pauvre au pays de l'oncle Sam. Bien avant tous ces flashs médiatiques, Burke nous parle d'une ville violente (la plus violente des USA) et de l'état le plus pauvre du grand pays. Il nous en parle avec bonté, avec tendresse mais jamais avec complaisance...
Un tout grand roman

Prisonniers du ciel JL Burke rivages/noir
Dans ce second volume nous retrouvons Dave Robicheaux, l'ancien lieutenant de police de la Nouvelle-Orléans qui a rendu son insigne. Vivant dans un coin du bayou près de la ville de New-Iberia, Robichaux s'est marié et coule des jours heureux entre son affaire de location de bateaux de pêche et la maison que son père a construite de ses mains. Mais, alors qu'il pêche avec sa femme au large du golfe, un avion s'écrase dans la mer non loin. L'ancien flic sauvera un seul passager: une petite fille salvadorienne. Il ne le sait pas encore mais cette rencontre va faire basculer sa vie dans l'horreur et la mort et lui faire croiser la route d'un ancien tonton-macoute et de macs trempant dans le trafic de cam...
Un des meilleurs Burke, une plongée en hapnée dans l'enfer et surtout un bouleversement dans la vie de Robicheaux.



"Black cherry blues" JL Burke Rivages/noir
Il est des auteurs qui vous colle à la peau, de ces auteurs que vous relisez avec le même plaisir que lorsque vous revoyez un film pour la nième fois. Burke est de ceux-là. Et j'ai décidé de le relire.
C'est étonnant comme on peut voir une même histoire, un même livre avec des yeux différents, comme lorsque vous passez tous les jours devant le même paysage et qu'il change à chaque fois.
Robichaux retrouve, dans ce titre, un ami de fac qui est devenu alcoolique (Dixie Lee) et démarcheur auprès d'une compagnie pétrolière. Il ne le sait pas mais il va falloir, en plus de se dépêtrer d'une accusation de meurtre, devoir affronter les souvenirs des morts de son père et de sa femme Annie. Salué par la critique a sa sortir comme un chef d'oeuvre, ce roman noir est un bijou.



"Un saison pour la peur" JL Burke Rivages/noir
Dave Robicheaux est grièvement blessé pendant qu'il convoie deux détenus condamnés à la chaise électrique. Choqué par cette expérience il accepte la mission du SRS qui consiste à infiltrer un groupe mafieux et d'amasser des preuves contre Tony Cardo, le boss. Dave espère également retrouver la trace d'un des deux prisonniers échappés. Un dangereux psychopathe.
Ce quatrième opus est aussi celui où les règles de morale que s'imposent Dave vont être le plus misent à mal. En effet, en infiltrant la bande mafieuse avec son ami Clete Purcell, le policier détaché des services du shérif de New Iberia, va apprendre que rien n'est jamais noir ou blanc, mais que les teintes sont multiples et bigarrées, que les hommes sont tous les proies de leur conscience et qui si certains de leurs côtés prêtent au flanc d'autres se révèlent être sans aspérité. Un roman qui se déroule en entier entre la pluie et le soleil et où l'odeur de l'humidité qui sourdre de la nature empreigne tout.


La rose du Cimarron JL Burke. Rivages/noir
Burke aime a prendre son temps pour nous raconter ses histoires.
Il place les personnages et les fait lentement évoluer. Il nous offre toujours mille facettes de ceux-ci, les juge durement mais leur offre toujours une porte de sortie. Un coin de ciel pour respirer. Il n'en va pas autrement avec ce premier opus d'une nouvelle série centrée autour du personnge de Billy Bob Holland, avocat dans la petite ville de Deaf Smith au Texas.
Il doit défendre l'innocence d'un jeune homme qui n'est d'autre que son fils mais qu'il n'a jamais reconnu à la naissance. Une belle histoire et une belle plongée dans les affres de l'âme humaine toujours torturée par le passé.
Un des meilleurs Burke


Un tache sur l’éternité JL Burke. Rivages/noir

Dave Robicheaux connaît la famille Sonnier depuis toujours. Il est allé à l’école avec Weldon, a servi au Viêt-Nam avec Lyle et a même été l’amant de Drew. Aujourd’hui Weldon est marié et vit de ses puits de pétrole, Lyle est devenu prédicateur. Quant à Drew, elle a fondé une section d’Amnesty International et trompe sa solitude avec des amants de passage.
Un jour, la maison de Weldon est mise à sac par trois tueurs de la Mafia de La Nouvelle-Orléans et on retrouve Drew clouée par une main dans son arrière-cour. Dave a le sentiment que les Sonnier sont marqués par un passé maudit, mais il est déterminé à l’exorciser avant qu’il ne prenne l’avenir en otage.

Les romans de James Lee Burke ont une constance, c’est toujours une plongée dans le passé. C’est la mise en lumière que l’image que l’on garde de celui-ci est souvent fausse et tronquée par une mémoire qui gomme les angles, les couacs, où les blessures apparaissent comme des victoires. Robicheaux, son personnage principal, n’est pas uniquement un ancien alcoolique (comme l’auteur) c’est, surtout, un de ses hommes qui aiment à travestir sa mémoire. Et même s’il a souvent des bitures blanches, il veut en permanence retrouver une partie de ce temps, d’avant qu’il ne détruise son existence dans des bars louches. Hélas pour lui tout cela n’existe plus et le présent vient le lui rappeler à chaque nouveaux tournants. Très souvent aussi, le passé resurgit une grimace à la bouche, avec un odeur de fiente et de pourriture car le passé du Sud des USA est un passé marqué par l’infamie et le mensonge. Il ne reste souvent à Robicheaux que son épouse et sa petite fille et une nature en pleine déliquescence, engloutie par la main de l’homme mais qui garde à tout jamais ses effluves sereines. Ce roman est un roman de la vérité, celle qui se cache même dans les pires tourments. C’est aussi un cri de pardon qui souvent résonne contre les falaises d’une carrière laissée à l’abandon. Un grand roman humain.


Dans la brume électrique avec les morts confédérés JL Burke Rivages/noir

Une équipe de cinéma s’est installée à New Iberia pour y tourner un film épique sur la guerre de Sécession, avec la star hollywoodienne Elrod Sykes. Arrêté par Dave Robcheaux pour conduite en état d’ivresse, l’acteur affirme au policier qu’il a vu, pendant le tournage d’une scène dans un marais, le corps momifié d’un noir enchaîné. Dave est tenté de croire à ce récit invraisemblable car trente-cinq ans plus tôt, il a été le témoin impuissant de l’assassinat d’un homme de couleur par deux blancs. Le corps n’avait jamais été retrouvé. Le shérif se moque bien d’un crime vieux de trente-cinq ans, mais lorsque Dave se retrouve devant le squelette de la victime, il comprend que le souvenir de ce meurtre n’a cessé de le hanter… En fait il comprend peu à peu que la guerre de Sécession ne s’est jamais arrêtée et que la bataille de New Iberia continue, avec une rare violence.
Burke est un des ces grands auteurs américains qui n’a pas peur de questionner le passé trouble de sa nation et de retourner le couteau dans la plaie. C’est un de ces grands hommes de lettres qui, sans tambour ni trompette, œuvre afin que la conscience blanche ne sombre pas dans une paralysée de la mémoire. Jamais pour lui on ne pourra oublier que le blanc c’est toujours comporté comme une brute par rapport au gens de couleurs, que l’esclavage était une mauvaise cause a défendre et qu’elle le fut le plus généralement par des hommes épris de justice et d’honneur. Il site JB Hood, R Lee, Stonewall Jackson… James Lee Burke est un auteur sudiste qui parle de ce qu’il connaît le mieux, la difficulté de vivre avec un passé lourd tout en construisant le futur en espérant qu’un jour le fossé ne sera plus aussi profond. Il aimerait que jamais il n’y eut de parois en bois qui séparaient les blancs des noirs dans les juke joint (les bars où se produisaient les bluesmen noirs) qu’il fréquentait quand il était jeune et qui empêchaient le blanc qu’il était de voir un groupe de blues ou de jazz jouer sur scène parce qu’il y avait la ségrégation… C’est de cela dont Burke parle et est le témoin : la culpabilité des blancs qui arrivent mal à offrir plus que des mots…


Dixie city de James Lee Burke Rivages/noir

Les trafiquants de drogue de La Nouvelle-Orléans sont devenus la cible d’un tueur fou, et Batist, l’employé de Robicheaux, est accusé du dernier meurtre commis. Afin de payer sa caution, Dave, accepte de retrouver l’épave d’un sous-marin allemand coulé au large de New-Iberia dont il est shérif adjoint. La recherche de cette épave va faire renaître des haines anciennes, enfouies depuis un demi-siècle. Racisme, sadisme, antisémitisme, perversité, corruption politique et policière sont les contrepoints d’une quête-enquête complexe, brutale et rapide. Burke, que le LA Times salue comme « notre meilleur styliste contemporain », nous fait plonger au cœur des ténèbres humaines, à l’image de Dave acharné à explorer les profondeurs de la « Grande salé » pour sauver son ami.
J’ai lu que cette enquête de Dave Robicheaux était une enième enquête mettant en scène des nazis. Je pense que le lecteur qui a dit cela et moi n’avons pas lu le même roman. Ou plutôt que ce lecteur s’est focalisé sur l’enquête alors que le livre est bien plus de chose. Encore une fois, quand il s’agit de James Lee Burke nous avons à faire à un roman écrit comme une peinture japonaise, ou mieux comme une estampe de Hokusaï. Couleurs variées, composition parfaite, ambiance, atmosphère des paysages, détail de la peinture. Ce roman ne départ pas dans la série mais là où même dans une titre comme « Une tâche sur l’éternité » le soleil et la chaleur irradiait et emportait tout, ici c’est la pluie qui cherche à laver les pavés de Dixie city. Ce roman est un roman brutal, un conte funèbre et crépusculaire sur le mal absolu, celui qui peut tout corrompre si on n’y prend pas garde. Pas seulement le mal qui vient de dehors mais celui qui sommeille comme une hydre et qui si il est réveillé, si on lui laisse la possibilité de se nourrir de sa propre fureur, emporte toute humanité sur son passage. Et si au final les barracudas se mangent entre-eux, Robicheaux est confronté à une enquête qui mettra à mal ses propres fondements moraux. Sans aucun doute, «  Dixie City » est le roman le plus dur du grand styliste américain.


« Le brasier de l’ange » de James Lee Burke. Rivages/noir

« Les Fontenot ont été métayers de la famille Bertrand pendant plusieurs générations, mais Moleen, l’actuel propriétaire, veut les expulser. Alors que la plantation Bertrand est déjà envahie par les bulldozers, la vieille Bertie Fontenot soutient qu’elle possède un titre de propriété sur ces terres où, selon la légende, Jacques Lafitte aurait enterré de l’or. Au même moment, Sonny Boy Marsallus, un chien fou dont les exploits au Salvador et au Guatemala lui ont valu une réputation de « survivant indestructible », confie à Dave Robicheaux son journal intime en lui demandant de le garder au cas où il lui arriverait malheur. Or c’est Della, la petite amie de Marsallus, qui est victime de tueurs particulièrement barbares. Dave mène l’enquête aux côtés de sa collègue Helen Soileau et de son vieux complice Celte Purcel, et plus il s’efforce d’atteindre la vérité, plus elle lui échappe et plus la menace se précise contre lui et sa famille. »
Qu’est-ce qui fait qu’un auteur vous prenne autant que peut me prendre James Lee Burke ? C’est autant un style personnel limpide « comme une chaînette de plaque d’identité que l’on glisse dans son trou », ce sont autant des références qui vous parle de jazz et de blues, c’est un héros qui doute, qui louvoie entre ses certitudes, parfois abruptes, et ses inquiétudes qui mettent jusqu’à ses amis mal à l’aise. C’est aussi, plus que les enquêtes, ces fouilles de l’âme sudiste, les fouilles répétées de son histoire. Il faut se reconnaître dans les romans de Burke, c’est comme ces dédales de la Nouvelle-Orléans, vous passez de Decatur, à St Charles, vous vous retrouvez dans le Garden District où dans le Park Audubon a admirer la faune de l’Etat. Tout est dans la subtilité, dans la couleur du crépis et dans ses briques qui apparaissent sous le plâtre qui tombent. Comme la nature, il faut savoir saisir au vol l’âme de ces personnages. Ce roman-ci est un chant coupable sur la Louisiane, c’est le roman qui parle le plus des stigmates du racisme sudiste. Burke y montre sans pudeur l’hypocrisie des blancs incapables d’aller vers les gens de couleurs autrement que masqués, incapables d’avoir des rapports sains et honnêtes. Il montre le cynisme qui détruit une terre riche qu’il aime tant. Il ne reste au final que les anges pour protéger les vivants…


« Cadillac juke-box » de James Lee Brurke. Rivages/thriller

« Les marais de Louisiane dégagent parfois des relents de haine, dont on voudrait bien se débarrasser définitivement, quitte à trouver un bouc émissaire sur lequel faire porter la responsabilité de toute la communauté. C’est ce rôle que l’on a confié à Aaron Crown en l’accusant du meurtre d’un militant des droits civiques dans les années soixante. De la prison d’Angola où il purge sa peine, Aaron Crown demande à Dave Robicheaux de l’aider à retrouver la liberté. Mais dans le climat électrique qui enveloppe l’élection du prochain gouverneur, la résurgence de sombres affaires peut coûter à Buford LaRose sa candidature et Dave Robicheaux va jouer le trouble-fête en prenant la défense d’un homme que tout accable. Parce qu’il refuse de se fier aux apparences polies d’un pays qui camoufle les cadavres sous le gazon des belles propriétés sudistes, dave veut découvrir ce qui s’est passé cette nuit-là, il y a trente ans. Ais il va également devoir affronter les souvenirs d’une époque où les vapeurs d’alcool brouillaient sa mémoire. »
Il y a beaucoup de mélancolie chez Burke, c’est sans doute la raison pour laquelle je suis si attaché à cet auteur. C’est vrai que je n’ai été que moyennement pris par ce roman-ci, cela est peut-être dû au fait que c’était une relecture et que je me souvenais très bien de l’histoire. Cependant Burke est toujours aussi dur avec la société dans laquelle il vit et ne semble pas faire grand cas des pseudo-gourous et des libéraux qui cachent mal leur turpitude. Il y a une grande désillusion derrière ce grand ciseleur de mots. Un fait remarquable dans ce texte c’est que la pluie est omniprésente, je ne suis pas certain qu’on puisse la comparer à celle d’Eastwood, un pluie qui lave la crasse (voir la superbe scène finale d’Unforgiven), je trouve que la pluie chez Burke noie plus qu’elle nettoie… C’est une pluie que l’on devine chaude, peu chargée en air, qui asphyxie. Dans un monde d’eau c’est une charge supplémentaire qui ne fait qu’ajouter à l’élément déjà dominant. Un autre fait remarquable chez Burke c’est que son personnage est quelqu’un d’ancré dans ses certitudes, d’assez carré et qui à chaque « aventure » doit confronter sa « vision » du monde et la réalité qui le déstabilise. Les apparences sont très trompeuses Dave… Très !

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MessageSujet: Re: James Lee Burke   Mer 18 Jan 2012, 07:18


474 p. chez Rivages.

Eté 2005, la Louisiane est frappée par un ouragan d’une violence dévastatrice. La Nouvelle-Orléans se prépare alors à subir le choc dans le plus grand chaos et les plus pauvres sont les derniers à être évacués. La police est rapidement débordée et est obligée de faire appel à des renforts venus de tout l’Etat : Robicheaux et sa collègue Hélène Soileaux sont ainsi amenés à intervenir dans la métropole orléanaise

un livre mineur pour boojum, mais un Burke tout de même !
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