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 Yasujiro Ozu

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rotko
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MessageSujet: Yasujiro Ozu   Mar 17 Oct 2006, 09:34

Voyage à Tokyo de Yasujiro Ozu film de 1953.

Avec Chishu Ryu (Shukichi Hirayama), So Yamamura (Tomi Hirayama), So Yamamura (Koichi Hirayama), Setsuko Hara (Noriko Hirayama). 2 H 15.

Ce film en noir et blanc raconte le voyage de deux personnes âgées qui vont voir leurs enfants dans la capitale. Leurs attentes ne seront pas comblées.

La vision panoramique des toits et des paysages industriels explique-t-elle le relâchement des liens familiaux, une mutation de la société où les générations ne se comprennent plus, voire n’arrivent plus à communiquer et à s’entraider ?

Les conversations stéréotypées, les gestes traditionnels, les mimiques rituelles n’arrivent plus à cacher l’égoïsme des jeunes générations, et la déception de leurs aînés tant sur le plan affectif que sur les espoir professionnels et sociaux.
Le film est d’une lenteur qui peut être exaspérante. Certaines scènes s’étirent pour que l’hypocrisie des masques soit bien perçue. C’est pour Ozu la volonté de ne pas noircir le trait mais de laisser juge le spectateur.

La bienveillance du couple âgé ne serait-elle pas celle du cinéaste mais avec une analyse lucide qui sert de cri d’alarme ?


Dernière édition par le Dim 31 Déc 2006, 08:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Sam 11 Nov 2006, 11:04

Voir un film d'OZU au cinéma est toujours une expérience remarquable qu'il ne faut pas manquer !!
Par contre à la télé, c'est soporifique Sleep
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rotko
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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Sam 11 Nov 2006, 11:16

J'ai bien precisé aussi que le film, au cinema, pouvait être long et lent... de plus voir actuellement un film de 1953 suppose qu'on soit bienveillant sur des défauts d'époque. La scene de cimetière ne nous est pas épargnée : on ne manque rien de la cérémonie et des conversations familiales qui suivent... Wink
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rotko
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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Dim 31 Déc 2006, 08:46

Le goût du saké 1963 de Yasujiro Ozu




Comme dans voyage à Tokyo il s’agit d’une chronique familiale un peu désabusée sur la transformation du japon traditionnel.

Les premières images montrent un paysage industriel, puis des immeubles avec des appartements tous identiques : les Japonais se trouvent cloisonnés dans une vie régulière monotone, travail de bureau dans la journée et retrouvailles le soir dans des bars et cafés où on joue les airs de la mélancolie passive : regret de l’école et des vieux professeurs, des heures héroïques avant la défaite du Japon.

Les liens familiaux sont distendus, et les pères tentés de garder leur fille à domicile doivent se résoudre à assurer leur mariage, quittes à connaître la solitude complète. Les jeunes ont leurs problèmes, à vivre à crédit.

Les plans sont lents et récurrents , en forme de couloirs par lesquels doivent passer les humains, sorte d’impasses ménagées par une société laissant peu d’initiatives : à chemin est tracé, on ne peut que suivre les lignes directrices.

J’ignore comment le film fut reçu à sa création, mais actuellement on est frappé par l’étroitesse du rôle dévolu aux femmes et par l’égoïsme des hommes.

Reste la poésie d’Ozu : une lenteur qui correspond à la passivité des personnages, peut-être la seule réponse à une évolution inéluctable. Le titre est bien choisi, car le saké y tient un grand rôle, il n’a pourtant pas toujours bon goût pour ceux qui s’y adonnent.


Des images bien choisies
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sousmarin
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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Dim 31 Déc 2006, 10:24

Yasujiro Ozu est un cinéaste intéressant. Le fatalisme des personnages est en forme de trompe l’œil, on sent qu’ils ont en eux la capacité à le briser mais qu’ils restent, par facilité ou par peur, dans la soumission des convenances…
Un geste par ci par là ou une parole lâchée, mine de rien, nous fait espérer…et puis non…

Yasujiro Ozu nous montre comment une société évolue, inéluctablement malgré la résistance plus ou moins consentie de certains de ses membres. Il situe souvent ses films juste avant la rupture, dans l’œil du cyclone pourrait-on dire et je trouve ce moment, qui est propice à toutes formes d’interrogations, particulièrement fascinant.

La société japonaise est encore très codifiée mais à l’époque c’était pire et les films d’Yasujiro Ozu retransmettent exactement les rapports hommes/femmes de l’époque.

La lenteur des plans n’est là que pour nous permettre de saisir les émotions des personnages…qui ne sont pas théâtrales mais discrets (très japonais la discrétion des émotions)…des yeux qui s’humidifient ou qui se baissent, un visage qui se détourne, un éclair de colère qui passe fugitivement…
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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Dim 31 Déc 2006, 10:46

tu as raison, notamment sur les gestes tres codifiés. Je vaism'entraîner à me mettre à genoux et à me redresser avec le même maintien que les femmes du film.

En revanche on voit les hommes plus balourds, et la maladresse croissante d' Hirayama (Chishu Ryu) devient un signe de dégradation et de vieillissement pour le personnage.

Visage très expressif dont on sent la douleur dans le sourire de façade.



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sousmarin
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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Dim 31 Déc 2006, 11:17

rotko a écrit:
En revanche on voit les hommes plus balourds, et la maladresse croissante d' Hirayama (Chishu Ryu) devient un signe de dégradation et de vieillissement pour le personnage.
Je crois qu’il faut y voir une remise en cause de ses certitudes, un aveu de ses erreurs et une acceptation tacite de ce qu’il refuse par la parole…
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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Ven 16 Fév 2007, 06:07

La Maison de la culture du Japon à Paris fête son dixième anniversaire avec Yasujiro Ozu, dont l'intégralité de l'oeuvre est présentée.

et nous ? et nous ? on fait quoi ? Sad

De temps en temps un festival montre une oeuvre d'Ozu,

Sinon reste le DVD.

Citation :
Après avoir édité sept films du maître japonais l'été dernier ( Ecrans du 1er juillet 2006), Carlotta Films publie aujourd'hui son titre le plus célèbre, Voyage à Tokyo (1953), en DVD unitaire et, surtout, un coffret de cinq longs métrages en noir et blanc. Du muet Choeur de Tokyo (1931), chronique sociale proche du documentaire, à Printemps précoce (1956),
libé
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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Dim 09 Déc 2007, 18:36

Bonjour de Yasujiro Ozu

Voilà une comédie allègre et bien menée, intéressante à plus d’un titre. Les jeunes s’amusent comme bon leur semble, entre petits riens et volontés d’enfants gâtés.

Les adultes communiquent par formules stéréotypées et creuses, ou s’appesantissent (surtout les femmes !) sur des ragots sans fondement.
Pour les plus âgés, des inquiétudes sur l’avenir matériel se traduit par la recherche de petit boulots, le chômage frappant pourtant à tous les âges.
Entre les générations, centrées sur leurs propres centres d’intérêt, peu de contacts, faute d’un peu de bonne volonté de part et d’autre.
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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Dim 09 Déc 2007, 18:38

Une musique guillerette, qui sait aussi devenir plus grave, rapproche Ozu de Jacques Tati, dans le traitement malicieux des farces enfantines, mais aussi dans le scepticisme sur les articles du progrès.

On voit des enfants désireux d’avoir la télé mais aussi heureux de pique-niquer sommairement dans la nature.


Ozu nous fait rentrer dans les intérieurs japonais : témoin de son temps et fin psychologue, il signe dans ce film de 1959 une œuvre gaie et humaniste.

On retrouve avec plaisir des interprètes connus d’Ozu, et il faut aussi mentionner le talentueux petit Isamu, ci-dessous, la perle de ce film.


clic !
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MessageSujet: Yasujiro Ozu   Jeu 07 Fév 2008, 18:44

Il était un père de Yasujiro Ozu



Grandeur et souffrances d'une relation père-fils sur plusieurs décennies. Une chronique sur la transmission des valeurs et la fuite du temps, où s'affirme le style du maître du cinéma japonais.
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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Jeu 07 Fév 2008, 18:46

L'occasion de parler de ce réalisateur, la diffusion sur Arte du film
Il était un père de Yasujiro Ozu
6 février 2008 à 22:45
Rediffusions :
07.02.2008 à 14:55
11.02.2008 à 14:55
21.02.2008 à 14:55


ARTE F
Ils sont deux, étroitement et tendrement liés : le petit Ryohei et son père, le professeur Horikawa, qui l'élève seul depuis la mort de sa femme. Ponctuée par les petites joies du quotidien, leur existence s'écoule paisiblement.

Mais un drame vient bouleverser leurs vies : échappant à la surveillance de Horiwaka lors d'un voyage scolaire, l'un de ses élèves se noie.

L'instituteur, qui se juge coupable de n'avoir pas su prévenir la tragédie, donne sa démission. Mais il est déterminé à inculquer à son fils le sens du devoir, qui, selon lui, lui a fait défaut. Afin de lui imposer un sévère cadre d'étude, il décide de l'envoyer en pension. Pour Ioyeishi, l'heure de la séparation a sonné...
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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Jeu 07 Fév 2008, 19:05

A propos : Il était un père
Citation :
(...) on est face à quelque chose que le cinéma, en 1943, n'avait pas encore filmé : un père et un fils qui se parlent, d'égal à égal (...) Leurs obsessions ne tiennent qu'à un fil (le temps qui passe). Mais la façon dont Ozu les regarde tous les deux échanger ce lien essentiel n'a pas d'égal. Libération

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rotko
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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Mer 19 Juin 2013, 05:02

Le Fils unique, inédit restauré datant de 1936, peut enfin être découvert sur grand écran.

À Shinshu, petit village de montagne au centre du Japon, une fileuse de soie élève seule son fils Ryosuke. Bon élève, celui-ci est en âge d’aller au lycée mais la mère s’y oppose car les études sont trop coûteuses. Elle finit néanmoins par accepter, faisant le choix de tout sacrifier pour l’éducation de son fils. Treize années plus tard, Ryosuke s’est installé à Tokyo et sa mère lui rend visite pour la première fois. Malgré les efforts de son fils pour l’accueillir, celle-ci découvre qu’il vit dans une situation précaire, déçu par les promesses de la grande ville.

pour la Croix
Magie du cinéma : au-delà de son propos, intemporel, ce long métrage japonais de 77 ans d’âge résonne étrangement dans nos sociétés contemporaines, entre exodes forcément brutaux vers les mégalopoles et entraves à l’ascension sociale par la connaissance et le diplôme.

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Arundathi
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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Mer 26 Juin 2013, 11:17

Hier au soir j'ai pu visionner un des films de Yasujiro Ozu  dont je suis très friande ! il s'agit de "Fleurs d'équinoxe"! comme toujours je me suis laissée bercer dans son style très particulier, poétique,  souvent très dépouillé, parfois rigoureux à l'extrême  ! j'apprécie réellement, je ne me lasse pas des films de ce grand metteur en scène ... de plus les versions originales sont vraiment bien rendues ! Smile

"Fleurs d'équinoxe" est le premier film en couleurs d'Ozu. Comme dans "Fin d'automne", "Printemps tardif", "Herbes flottantes", "Dernier caprice",  Ozu s'intéresse aux conflits entre les générations, au problème de l'obéissance et du respect dus aux parents dans une société en profonde mutation. Mais ses démonstrations ne sont jamais pesantes : Ozu préfère parfois jouer la carte de l'humour, de l'ironie ou la poésie reste malgré tout présente. Progressivement, ce style particulier, de plus en plus dépouillé, habitera d'ailleurs tous ses films à venir.

Synopsis

"Wataru Hirayama est cadre supérieur dans une entreprise. C'est un homme vieillissant qui reste profondément attaché à une organisation traditionnelle de la famille et de la société. Il se montre très réticent lorsqu'il apprend que sa fille Setsuko ne veut plus de son mariage arrangé et souhaite épouser un certain Masahiko Taniguchi, pour des raisons purement sentimentales et personnelles.
Pourtant, Setsuko soutenue par sa mère Kiyoko tient tête à son père. Elle part même s'installer avec Masahiko.
Wataru Hirayamaqui se veut " moderne " dans sa vie professionnelle, est influencé par ses amis. Il finit par céder après un banquet organisé par ses anciens camarades d'université et de régiment. Il assiste aux noces de sa fille, et va même jusqu'à rendre visite aux jeunes époux, tirant un trait sur son entêtement traditionaliste."


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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Mer 10 Juil 2013, 18:55

j'ai emprunté à nouveau le voyage à Tokyo et le goût du sake, je les regarderai quand Arun sera prête ou les jours suivants.
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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Mer 10 Juil 2013, 20:21

J'ai lancé une recherche rotko, je les aurai bientôt.  Merci, je te tiens au courant ! ce sera probablement un plaisir de les visionner ! Smile
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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Dim 14 Juil 2013, 15:59

Je viens de visionner "Le goût du saké". Excellent film bien sûr ! toujours dans la lignée des Ozu (années 60), on en retrouve tous les éléments. J’aime le fait de rentrer directement dans l'intimité de ce peuple, d'en savourer les lieux, les traditions ! Par ailleurs, le film traite bien une fois encore les difficultés de la séparation des générations, avec en fond, toujours le problème de l'alcool lié à la solitude.

J'ignore si j'ai bien fait de donner de suite mon avis concernant ce film rotko, peut-être aurait-il fallu attendre que tu l'aies vu ? Je n'ai pas encore vu "Le voyage à Tokyo", Smile
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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Jeu 18 Juil 2013, 05:17

Le goût du saké Yasujiro Ozu

(Samma no Aji / Le Goût du Poisson d'Automne). Avec : Chishû Ryû (Shuhei Hirayama), Shima Iwashita (Michiko Hirayama), Keiji Sada (Koichi Hirayama) Mariko Okada (Akiko, sa femme), Nobuo Nakamura (Shuzo Kawai),

Derrière des visages souriants, comme des attitudes policées, on aperçoit la nostalgie du passé et la solitude qui devient préoccupante.

Peu de scènes extérieures dans le Japon qui connaît l'ère industrielle, mais aussi les immeubles dont certains, brièvement aperçus,témoignent d'une misère discrète, cachée comme dans le bistrot du vieux professeur.

Les nouvelles générations s'endettent pour une société de consommation et d'apparences qui devient la règle du jeu. Dans les univers domestiques, les femmes conservent le sens des réalités du budget, et de la gestion quotidienne. En gros elles râlent un peu contre le sort qui leur est réservé, mais s'acquittent de leurs tâches, pendant que les hommes se retrouvent le soir - ici essentiellement des proches de la retraite, qui ont connu la guerre, pour ressasser des souvenirs ou boire ensemble, sans joie débordante.

Les mêmes vues des différents lieux scandent le film ( appartement du personnage principal, bistrot pauvre, bars fréquentés quotidiennement et devenus familiers) : on les reconnaît par les salles présentées de façon identique, et les cloisons qui y introduisent).

Discrétion dans la touche, détresse masquée, égoïsme ressenti et avoué, Ozu présente un Japon désenchanté, d'après la guerre. Je me demande si les chansons fredonnées par le personnage principal ne se rapportent pas à la période maritime -et militaire !

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MessageSujet: Re: Yasujiro Ozu   Mer 24 Juil 2013, 05:08

j'ai revu le voyage à Tokyo, toujours aussi prenant, bien qu'un peu long sur la fin.
 
C'est dans la scène centrale, où trois anciens amis boivent jusqu'à l'ivresse, que le père dit enfin la vérité sur ses enfants : on les pleure quand ils sont morts, mais leur indifférence actuelle, en dehors de toute réussite matérielle, devient une vraie souffrance.
 
Pendant  les séquences précédentes, on ne voyait que des attitudes adoptées, celles des parents se contentant de l'hospitalité  et des attentions, toutes de façades, de leurs enfants.
 
Le vrai dialogue serait aussi entre la mère et son ex-belle-fille qui passent une soirée  ensemble.
 
Sinon tout est plus suggéré que dit, la gêne de l'accueil des parents à Tokyo par des enfants pris dans des activités professionnelles, et un égoïsme qu' Ozu semble dénoncer de film en film.
 
La fin est cruelle, les vrais comportements se dévoilent, avec la cupidité sur les biens.
 
En contrepoint de la solitude du père, les rapports affectifs entre la plus jeune fille et l'ex-belle-fille, celle-ci demeurant la personnalité la plus attachante de cette deuxième génération, en dépit d'un mariage malheureux.

Il ne s'agit pas dans ce film du cas isolé d'une famille, mais d'un malaise générationnel qui touche (touchait ?) tout le Japon.
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