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 James Meek [Ecosse]

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Bachy Pierre
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MessageSujet: James Meek [Ecosse]   Mer 19 Sep 2007, 15:03

Un acte d’amour

Dans une bourgade du bout du monde de la Sibérie de 1919, Jazyk, entre Omsk et Krasnoyarsk, la locomotive du Transsibérien est le seul espoir de fuite.

Des hommes et une femme s’interrogent sur l’amour, humain ou divin, justifiant le titre du roman. Ce bourg perdu est occupé par des militaires tchèques égarés après avoir combattu pour l'Empire austro-hongrois puis le tsar. Ils se sont emparés de la ligne du Transsibérien, sur toute sa longueur. Loin de leur tout nouvel Etat, ils aimeraient bien partir. Mais leur jeune commandant, l'autoritaire Matula, ne l'entend pas ainsi. Il se plaît à régner, au bout du monde, sur un empire déliquescent à sa dévotion. Seul le lieutenant Mutz, Juif allemand à qui il doit la vie, se permet de lui tenir tête à ses risques et périls. Il est intelligent. Il est un soldat juif en Russie comme un pingouin dans le désert. Il n’est pas croyant. S’il est un étranger parmi les Tchèques, c’est parce qu’à leurs yeux il est allemand, bien plus que juif. Et peu leur importe qu’il parle bien mieux le tchèque que la plupart d’entre eux. Ils se le représentent comme un Allemand. Et, d’un certain point de vue, ils ont peut-être raison. Il continue de vivre dans un endroit qui n’existe plus, un empire où cohabitaient des langues, des nationalités de toutes sortes, mais dont les lois étaient écrites en allemand. On y parlait l’allemand dans les administrations, même les trains roulaient en allemand. A Prague, il travaillait comme graveur dans une maison qui imprimait des titres d’actions circulant à travers l’empire. En allemand, exclusivement.

Une secte de castrats est dirigée par le gourou Balashov, époux d’une photographe, Anna Petrovna. Débarque un jour un certain Samarin qui marche depuis des mois et semble tout ignorer de la situation du pays. L'homme prétend s'être évadé du bagne du Jardin blanc avec un compagnon, Mohican, aux pulsions cannibales qui l'a poursuivi dans la forêt. Il y eut en effet des actes de cannibalisme en Sibérie. En hiver, il n'y avait pas de gibier dans la taïga. Le seul moyen d'y survivre était d'emmener un compagnon, au cas où... Méfiant, Matula fait ériger un tribunal pour le juger. On le soupçonne en effet d'être l'auteur de l'assassinat d'un chaman, crime qui a plongé la ville dans la terreur. Samarin est finalement libéré grâce à Anna Petrovna, qui s'est entichée de lui. En fait, la réalité est tout autre…Il ne s’était pas évadé. Criminel récidiviste, il voyageait au contraire en direction du Jardin blanc. C’était le camp de base de l’expédition dirigée par un aristocrate, le prince Apraksin Aprakov, un géologue amateur persuadé que les premiers contreforts des monts Poutorana, près des sources de la Iénisseï, recelaient des gisements de métaux précieux et de nickel.

Les Rouges sont proches de Jazyk et Mutz réussit à négocier un sauf-conduit pour lui et ses hommes à la condition que le commandant Matula soit éliminé…Il sera décapité par le sabre de Balashov sur son cheval ! Les Rouges respecteront leur parole.

On peut lire ce roman comme un excellent suspense mais aussi une belle réflexion sur ces formes d'amour, de Dieu, des autres, de sa patrie, qui conduisent au sacrifice. Il consigne dans ces très belles pages, subtilement équili¬brées, la vie en Sibérie, des deux côtés de la guerre. Celle que lui, ve¬nu de l’étranger, découvre et observe. Avec ses certitudes, mais surtout, ses incertitudes, ses doutes, ses questions. Notamment sur l’issue dd la victoire des Rouges. L’auteur ne milite ni pour une cause, ni pour une autre, mais tente de comprendre. Il fait revivre des personnalités et des anonymes, les écoute, les fait parler d’eux et de l’avenir, relatant tout cela avec tact ou humour. D’une plume vive et at¬tentive, il passe du quotidien aux grandes questions, et inversement. Son livre, un reportage littéraire usant de divers tons, touchant, passionnant, est remarquable de nuan¬ces par rapport à une situation proche du chaos.

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rotko
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MessageSujet: Re: James Meek [Ecosse]   Mer 19 Sep 2007, 15:37


clic !


James Meek, Un acte d'amour, chez Métailié, Bibliothèque écossaise

Une excellente revue de presse fait que ce livre traduit en 27 langues, et présenté comme un western russe a été préempté pour le cinéma par Johnny Depp.
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maïa
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MessageSujet: Re: James Meek [Ecosse]   Lun 19 Nov 2007, 16:18

Je n'avais pas vu ce fil, et je ne sais pas pourquoi je n'avais d'ailleurs pas fait moi-même l'éloge de ce livre sur GDS*

C'est l'un de mes gros coups de coeur de cette année. Cet Ecossais a un talent fou : l'Histoire se mêle ici aux histoires des humains, et l'auteur nous offre, en plus du récit de destinées assez exceptionnelles, une galerie de portraits extraordinaire. C'est un roman passionnant qui mérite vraiment d'être lu.

( et merci à Pierre qui m'évite d'avoir à faire un résumé, ce que je déteste merci )
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rotko
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MessageSujet: Re: James Meek [Ecosse]   Mar 08 Jan 2008, 19:49

Je vais lire ce roman sur votre recommandation. Je suis quand même étonné de certaines phrases :

Citation :
Bai et blanc s’envolèrent, figés dans leur chute, sans la grâce de pégase, avant d’embrasser dans un bruit de tonnerre la peau de la rivière, au-dessus des galets
p.26

La peau de la rivière ? scratch

Je trouve aussi le mot pagaie au sens de désordre, mais le dictionnaire donne le choix entre pagaille, pagaïe et pagaye. Je ne connaissais pas ces graphies

J’ai un peu de mal avec le début où tout ne me semble pas clair,

notamment pour expliquer la "trousse chirurgicale" du barbier. Cool
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rotko
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MessageSujet: Re: James Meek [Ecosse]   Mar 15 Jan 2008, 19:56

James Meek, un acte d'amour

Il m’a fallu environ 90 pages pour entrer dans l’histoire et en bien saisir les fils. Je crois aussi que des obscurités subsistent dans mon esprit.

Par la suite la lecture réserve bien du plaisir et des surprises. On trouve de belles scènes décrites par l’auteur, comme une manifestation ouvrière, ou dans les récits de personnages : l’un avec son périple à travers la taïga, l’autre, avec ses aventures et mésaventures militaires chez les hussards.

Le lecteur est comblé.

Car James Meek est un virtuose du récit qui alterne les modes de narration. Il sait manier des situations parallèles avec menaces de morts imminentes pour les deux adversaires tchèques, Mutula et Mutz, tout en faisant la navette entre les Russes et les Tchèques.

Souvent il prend à contre-pied son lecteur, comme une crêpe qu’il retourne à volonté. Ce qu’on croyait s’avère mensonger, et le stable devient mouvant.

Quant au suspens, il est constant, parce que les êtres humains sont imprévisibles, surtout les femmes ! col

Un bon livre donc, mais j’aurais aimé plus de clarté et moins de pirouettes dans le récit.
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Nymphéa
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MessageSujet: Re: James Meek [Ecosse]   Lun 02 Fév 2009, 11:05

Je reprends donc sur le fil que j’ai trouvé : Un acte d’amour.

Le début du livre m’a laissée perplexe, j’avoue que je n’y comprenais pas grand chose. Mais l’auteur prend le temps d’installer ses personnages et son cadre, distillant peu à peu les éléments ; le récit s’emboite comme un puzzle et la trame se révèle petit à petit jusqu’au dénouement.
L’ambiance m’a paru surréaliste. Pourtant tous les faits sont historiquement avérés et l’auteur donne ses sources à la fin de l’ouvrage. A noter que James Meek, journaliste et reporter de 1995 à 2005, a vécu dix ans en Russie.
C’est un livre dense et qui aborde diverses questions : la guerre, la révolution, leurs idéaux et idéologies, la politique, le terrorisme, le fanatisme. Mais surtout l’amour : amour idéalisé pour une femme, amour charnel, amour de la patrie, amour de la révolution, amour de Dieu, amour de soi. Chacun est mu par plus ou moins d’amour, même si ses différentes conceptions divergent, se télescopent, s’entredéchirent.
Citation :
« elle comprit que rien n’était plus convaincant qu’un homme capable de sentir toute la richesse du monde-ce qu’il avait de pire, si cela était concevable, mais également ce qu’il avait de meilleur- sans vendre son âme à aucune des parties de ce monde ni s’y attacher à tout jamais .Elle pensait sans doute à la capacité qu’il avait de se faire aimer. »
Le livre est un peu ardu de par la réalité dure et sans pitié qu’il décrit ; s’en dégagent une tension latente, une impression d’étouffement et une angoisse diffuse. C’est du moins ainsi que je l’ai ressenti.
Citation :
« Mais quand la fatigue, le froid et la faim relâchent leur étreinte, on se remet à penser. On a le temps de rêver, et les rêves deviennent une torture. Les passions les plus vaines inondent de nouveau votre cœur, insidieuses, la peur de mourir, la haine des autorités qui vous ont jeté là, la solitude et même l’orgueil. »
La prose est souvent imagée.
Citation :
« Elles entendirent le son des canons rouer de coups le monde. »
Cependant on finit par se laisser emporter par l’histoire et James Meek est un bon conteur.
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rotko
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MessageSujet: Re: James Meek [Ecosse]   Lun 02 Fév 2009, 12:29

donc mission réussie Wink
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LeVoyageur
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MessageSujet: Re: James Meek [Ecosse]   Ven 31 Juil 2009, 18:42

"Un acte d'amour", voilà un livre qui m'a emporté très loin dans un hiver sibérien et morbide, j'en conserve un excellent souvenir de lecture et je m'apprête à faire l'acquisition de l’ouvrage suivant du même auteur: "Nous commençons notre descente" dès qu'il paraitra en format poche. Quelqu'un parmi vous l'aurait-il déjà lu par hasard ? Il y est question, semble-t-il de la guerre en Afghanistan...

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