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 Daniel Pennac

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Amadak
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MessageSujet: sur la lecture   Jeu 04 Déc 2008, 20:26

Sur la lecture
Je n’avais pas l’idée de reprendre ce sujet, faute de compétence, mais aujourd’hui dans le quotidien « la Nacion » j’ai lu un article sur le dernier livre de Daniel Pennac « Mal de Collège », signé par une importante journaliste Silvia Hopenhayn, elle dit que Pennac a mis un brin de gaieté sur l’éducation. Je n’ai pas lu cet auteur, éducateur, mais j’ai des références. Il avoue qu’il a été un mauvais élève, ce qui ne l’a pas poussé à la délinquance, grâce à ses parents qui prenaient ses échecs avec amour et humour. Educateur aussi bien qu’écrivain, il remet en cause toute l’éducation actuelle. Il parle de la société de la satiété, tout écrit avec une merveilleuse franchise, voyant le monde amusant et insoumis et il se demande, en comparant les émotions des ados sans avenir avec les professionnels sans emploi : où aboutissent ceux qui sont arrivés ?
Il faudrait le lire pour voir où se trouve l’hilarité dont parle la journaliste.
Ce que je vois dans mon pays, c’est une crise totale de l’éducation ; non seulement le refus des élèves à lire, c’est difficile à faire lire celui qui n’a jamais vu un livre à la maison, mais en plus les enseignants sont mal payés et ils sont souvent agressés par les étudiants.
Les médias, les mauvaises émissions de télévision ont remplacé la lecture. Ici les mauvais élèves ,quittent l’école, tombent dans la délinquance, dans la drogue il n’y a rien d’amusant dans ce problème auquel on ne voit pas d’issue .
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AnneEliott
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MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Dim 04 Oct 2009, 22:07

Une prof remplaçante nous avait conseillé de lire "Au bonheur des ogres" quand j'étais en première. C'est comme ça que je suis tombée sous le charme de la série des Malaussène. J'ai dévoré ces livres en un rien de temps. Le style d'écriture de Daniel Pennac m'a conquis dès les premières pages.

Une fois les Malaussène terminés, j'ai voulu découvrir d'autres œuvres de l'auteur, j'ai donc lu "Messieurs les enfants" que j'ai trouvé également très bon, sans toute fois égaler les précédents (peut être parce que les premiers laissent toujours une meilleure impression).

Là où j'ai commencé à être déçue, c'est quand j'ai lu « Le dictateur et le hamac ». J’ai trouvé ce livre profondément ennuyant. Je n’ai pas du tout accroché à l’histoire que je trouvais plate, et au style d’écriture utilisé.

Mais ceci n’était rien en comparaison de la déception que j’ai eu en lisant « Chagrin d’école ». Daniel Pennac entend porter une critique sur l’enseignement à travers sa propre expérience en tant qu’élève dans un premier temps puis en tant que professeur dans un second. Le problème est que tout au long du livre on sent l’enfant puis l’ado blessé par ses années de scolarité qui veut se venger. Le livre n’est qu’une longue plainte du système éducatif auquel Pennac ne trouve rien de bon. Sa réponse à lui est l’amour. L’amour ! Je veux bien, mais soyons réaliste un enseignant ne peut fournir la dose d’attention que réclame Danniel Pennac à chacun de ses élèves. Au final ce livre m’est apparu comme une sorte de thérapie pour l’auteur qui y a déversé toutes ses frustrations d’élève et on obtient une critique pas très objective, qui de ce fait perd, de sa crédibilité. Dommage car tous ce qu’il dit n’est pas mauvais, je lui reprocherai juste son « extrémisme » sans doute dû à un sujet qui le touche de trop près pour avoir le recul nécessaire à une telle critique.
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Harelde
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MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Lun 05 Oct 2009, 07:18

AnneEliott a écrit:
Mais ceci n’était rien en comparaison de la déception que j’ai eu en lisant « Chagrin d’école ».
Idem.
Amoureux de Pennac, j'ai trouvé le temps long en lisant Chagrin d'Ecole... bof
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rotko
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MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Lun 05 Oct 2009, 10:12

N'y a-t-il pas un peu de démagogie chez Pennac, endossant avec coquetterie le costume du cancre, puis celui du professeur (arrivé à obtenir ses diplômes quand même), tout cela en transparence derrière l'auteur à succès que tout le monde aime ?

et il devoile à ses familiers, les coulisses de la célébrité :

"vous savez, je ne suis pas celui que vous croyez, j'ai souffert, je souffre encore, mais je maintiens le cap et le lien avec vous !".
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AnneEliott
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MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Lun 05 Oct 2009, 10:49

C’est assez marrant que tu parles, Rotko, de démagogie. Je discutais récemment de ce livre avec une amie et elle me disait que bien qu’elle ait apprécié le livre, elle reprochait à Daniel Pennac d’apparaître comme le sauveur de l’éducation, seule personne à avoir compris le problème d’un système en pleine crise pour l’avoir subi.

Cependant je pense sincèrement, mais je peux être influencé par la sympathie que j’ai pour l’auteur, que si démagogie il y a, ce fut de manière inconsciente.
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Amadak
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MessageSujet: sujet Daniel Pennac   Lun 05 Oct 2009, 20:48

Daniel Pennac
Beaucoup de gens n’aiment pas lire, pour la simple raison de manque d’habitude, de temps ; d’autres intérêts les passionnent.
Moi je privilège la lecture, mais je crois que j’ai le droit de faire mon choix.
Borges a dit ;la lecture est une forme de bonheur,on ne peut pas obliger personne à être heureux.

Et comme aide mémoire j’ajoute

Les droits imprescriptibles de pennac
du lecteur
Le droit de ne pas lire.
Le droit de sauter des pages.
Le droit de ne pas finir un livre.
Le droit de relire.
Le droit de lire n'importe quoi.
Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible)
Le droit de lire n'importe où.
Le droit de grappiller.
Le droit de lire à haute voix.
Le droit de nous taire.
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Kervinia
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MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Lun 28 Juin 2010, 11:07

Et me voilà relançant un vieux vieux vieux sujet. down

Je voudrais commencer par répondre à certains propos :

Utopie a écrit:
Je ne sais pour vous, mais dans les années 70, il ne faisait pas bon être un bon élève au collège. Enfin moi je l'ai vécu comme ça, de tracasserie en tracasserie, avec une pression énorme chez moi et une aussi importante à l'école, j'étais première tout le temps sur l'ensemble et en musique, cela semblait trop pour être accepté.

J'ai "choisi" de ne pas en avoir à l'école. J'ai eu ainsi des copains. Je suis passée des prix en musique aux prix de camaraderie (pas officiellement, ça ne se faisait plus au collège).
Ceux qui ont réussi à concilier copains et école, avaient, il est vrai, des parents souples et cools disait-on.
Malheureusement, devenir moyenne puis tout juste mauvaise élève m'apportait joie et liberté.

C'est toujours vrai, du moins dans bien des collèges. J'en ai fait les frais, surtout auprès des mecs. J'ai trouvé les filles plus cool à ce niveau-là. Aucune ne me "boycottait". Après, je n'étais pas non plus la "1ère de la classe" ; j'avais des copines encore meilleures que moi. Y en avait même une qui, pour le coup, était extrêmement populaire, alors bon, ça prouve bien que tout est relatif. x) Mais bon, je n'ai pas souffert de mon manque de popularité, d'autant plus que je n'étais pas la moins bien lotie. Je me disais juste que toute personne normale ne peut être appréciée de tout le monde.

joce22 a écrit:
Je trouve que l'école ne met pas assez en avant la notion de plaisir que procure la lecture. Le décorticage des textes, la chasse aux figures de style, les frontières posées entre langues soutenue, familière, argotique, ne favorisent guère l'envie de jouer avec les mots. Et donc de les apprécier.
J'ai le souvenir de profs qui réussissaient à rendre imbuvable Colette, Molière, Camus et bien d'autres. Il fallait bien de l'audace pour ouvrir un ouvrage de ces auteurs après de tels cours. Les choses ont peut-être changé...

C'est clair... En tout cas, je dois dire que ce n'est pas vraiment grâce à l'école que j'ai aimé lire, à un exception près : les projets de ma prof de 5e. Défis lecture, visite du salon du livre jeunesse, etc. Franchement, ça, ajouté au fait que ma meilleure amie aimait lire, ça m'a beaucoup motivée ! Je me suis surtout mise à lire à partir de là.

Cependant, ma mère trouvait que je n'allais pas assez vite...

fontelle a écrit:
Le Pb des éducateurs et des parents , c'est de vouloir leur faire brûler les étapes et lire des oeuvres trop difficiles (AH! "l'élitisme" de l'Education Nationale !)

Elle trouvait que les livres jeunesse était une perte de temps, qu'il fallait maintenant que je me mette aux classiques. Elle a notamment décidé d'agir alors que j'avais 14 ans et que je venais d'avoir mon brevet. Elle est arrivée dans ma chambre avec des grosses piles de bouquins. Elle m'a fait : "Voilà, maintenant choisis et lis." Elle aurait fait ça à ma sœur, celle-ci l'aurait envoyée promenée, mais que voulez-vous, j'étais une fille sage. u_u Alors j'ai regardé les livres... Et franchement, même les couvertures ne faisaient rien pour me donner envie. XD J'ai fini par opter pour :
- L'Etranger de Camus
- Le Père Goriot de Balzac
- Mme Bovary de Flaubert (la seule jolie couverture)
Résultat : é-coeu-rée. Mais vraiment, après la lecture du 3e bouquin, à savoir Madame Bovary, je me sentais mal, mais mal ! Comme si j'étais sur le point de faire une indigestion. Et par dessus tout, je ne voulais surtout plus entendre parler de ces trois auteurs. x)
En plus, franchement, elle aurait pu me parler plus précisément des bouquins pour que j'arrive mieux à choisir... L'Etranger, à 14 ans, quelle blague !

Et le paradoxe de l'histoire...

fontelle a écrit:
Combien de fois ai-je entendu :
"Mais il fait beau, va jouer dehors"
"Tu n'as pas autre chose à faire que lire?"
"Fais du sport, fais autre chose..."

Elle me disait pas ça, mais disons que voilà, elle voulait que je lise, elle aurait dû être contente qu'à mes annifs et nowel, je demande des livres. Bah non ! "Encore des livres ! T'as rien d'autre à demander ?" Suspect

katie a écrit:
Moi je retenais jusqu'à l'interrogation écrite ou orale, et après, par je ne sais quel fait, pssst tout s'envolait.

Je suis exactement pareil... Heureusement, j'apprends plutôt vite.

katie a écrit:
Faut-il avoir été un cancre pour pouvoir se mettre à la portée des élèves ? Sans doute non, mais forcément ça aide quelque part.

Pas forcément, mais il ne faut surtout pas, en tout cas, être atteint de ce que j'appellerais "le syndrome 1er de la classe". Quand on est atteint de ce syndrome, on devient comme ma prof de littérature, en khâgne, on n'arrive pas à comprendre comment un élève peut ressentir des difficultés. En khâgne ! mais vous vous imaginez si, d'un coup, elle se retrouvait au collège ? Elle serait larguée, la pauvre !

AnneEliott a écrit:
Le livre n’est qu’une longue plainte du système éducatif auquel Pennac ne trouve rien de bon. Sa réponse à lui est l’amour. L’amour ! Je veux bien, mais soyons réaliste un enseignant ne peut fournir la dose d’attention que réclame Danniel Pennac à chacun de ses élèves.

Oh, y en a qui y arrivent. ^^ Ou du moins qui en donnent le sentiment, et c'est ça qui importe. En tout cas, il faut éviter l'attitude que certains adoptent, à savoir : "Bon, bah, s'ils veulent pas suivre mon cours, tant pis pour eux, je les laisse dans leur coin, na !" ^^'


Bon, ma contribution à Pennac lui-même dans un prochain message ! ciel
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Harelde
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MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Lun 28 Juin 2010, 11:28

Tu as lu Chagrin d'Ecole ?
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MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Lun 28 Juin 2010, 12:52

Non, de Pennac, je n'ai lu que :







Les deux premiers quand j'étais au collège - mais j'ai mis du temps avant de me lancer dans le deuxième, que ma mère m'avait acheté, parce que la couverture me faisait peur Laughing en plus y avait le mot "cimetière" dessus, et à cette époque, tout ce qui me faisait penser de près ou de loin à la mort était banni - et le deuxième récemment, bien qu'on me l'ait offert il y a quelques années. x) [j'ai toujours dix trains de retard, moi... c'est une maladie incurable]
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Harelde
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MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Lun 28 Juin 2010, 12:57

Faut que tu lises les Malaucènes.
C'est très sympa !
Wink
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Kervinia
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MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Lun 28 Juin 2010, 13:25

Je me pencherai dessus cet été, si je peux. ^^
Mon commentaire du bouquin Le Dictateur et le hamac attendra ce soir ou demain ; là je me suis occupée d'un dossier sur le vocabulaire en 6e (passionnant ... faites que je tombe pas sur un sujet de ce type, pitié >__> [oui oui, y a toujours pire, mais bon, y a aussi beaucoup mieux]) - faut d'ailleurs que je finisse - et maintenant faut que j'aille faire quelques courses...
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Amadak
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MessageSujet: daniel pennac   Lun 28 Juin 2010, 16:31

bonjour, j'avais déjà parlé sur ce sujet, malheureusement je n'ai rien de nouveau à ajouter, pour le moment.
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Kervinia
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MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Mar 06 Juil 2010, 10:58

J'ai acheté Au bonheur des ogres ^^

Sinon, je n'ai toujours pas parlé du Dictateur et le Hamac Embarassed

Les seuls propos que j'ai lus ici au sujet de ce livre sont les suivants :

AnneEliott a écrit:
Là où j'ai commencé à être déçue, c'est quand j'ai lu « Le dictateur et le hamac ». J’ai trouvé ce livre profondément ennuyant. Je n’ai pas du tout accroché à l’histoire que je trouvais plate, et au style d’écriture utilisé.

Bon, déjà, l'intérêt du bouquin ne réside pas dans l'histoire racontée, d'autant plus qu'elle ne fait même pas l'objet de tout le bouquin. Je trouve que le tout mini résumé en 4e de couverture des éditions Gallimard (coll. nrf) est vraiment révélateur :

Citation :
Ce serait l'histoire d'un dictateur agoraphobe qui se ferait remplacer par un sosie.
Ce serait l'histoire de ce sosie qui se ferait à son tour remplacer par un sosie.
Mais c'est surtout l'histoire de l'auteur rpevant à cela dans son hamac.
Et c'est l'éloge du hamac : ce rectangle de temps suspendu dans le ciel.

Si l'intérêt du bouquin était l'histoire du dictateur, l'auteur aurait pu s'arrêter à la fin de sa première partie. N'est-elle pas constituée, comme il se doit, d'une situation initiale, d'un élément perturbateur, de péripéties et d'un dénouement ? On peut d'ailleurs voir dans cette histoire une sorte de parodie de tragédie : un dictateur qui veut échapper à son destin et qui finit exactement comme la prophétie le voulait, c'est-à-dire lynché par la foule, en dépit de sa "précaution inutile", celle de se faire remplacer par un sosie. Parodie, car on n'éprouve aucune pitié : cette histoire donne plutôt envie de rire, ou du moins de sourire.

Et voilà qu'arrive la seconde partie. Le dictateur n'est plus là ; reste l'auteur dans son hamac, qui se laisse aller à la rêverie. Son esprit vagabonde sur le thème du Brésil, le pays où il a posé son dictateur. La rêverie de cette seconde partie s'achève sur une vision : il nous dit alors que c'est à partir de cette vision qu'il a imaginé son histoire, et hop ! dans la troisième partie, nous voilà rembarqués dans l'histoire du dictateur, mais cette fois-ci, l'auteur se focalise sur un sosie de celui-ci.

Ce qui est au centre de ce roman, donc, c'est la rêverie du romancier. Il écrit, comme au gré de sa fantaisie, quitte à agacer le lecteur, incarné par Sonia, qui vers la fin du bouquin, dit à l'auteur :

Citation :
- Et vous, comment se termine-t-elle, votre histoire ?
- Mon histoire ?
- Votre histoire de sosies ! Comment termine-t-on un roman pareil ? Je veux le savoir, ça ! Vous n'avez tout de même pas l'intention de nous laisser en plan après la mort du premier sosie ? Et le deuxième ? Quid du deuxième ? Et les autres ? Combien étaient-ils, d'ailleurs ?
[...]
- Eh bien..., commençais-je.
- Non, non, coupa Sonia, on ne veut pas que vous nous racontiez, on veut lire !
Puis elle se lança dans une série de revendications :
- Mais, s'il vous plaît, n'oubliez pas mon âge. Si votre femme et d'une génération où on peut lire n'importe quoi, moi, il faut me traiter en centenaire, quasi une survivante du XIXe siècle ! Je veux du classique : imparfait, passé simple, du bien écrit et du bien construit. Et de la fiction s'il vous plaît, fichez-moi la paix avec votre mélange d'imaginaire et de vécu, finiriez presque par me faire douter de ma propre existence ! Une écriture concise au service d'une histoire linéaire et concentrée, voilà ce qu'il me faut. Vous m'entendez : Con-cen-trée l'histoire ! Épargnez-moi les digressions, je n'ai plus la vie devant moi, figurez-vous !
Elle était un peu essoufflée quand elle conclut :
- Et quand vous aurez fini, écrivez donc le mot "fin", comme dans le temps. C'était pratique, ça refermait le volume à double tour avant qu'il ne trouve sa place dans la bibliothèque.
Et enfin, par-dessus la rampe, comme nous descendions son escalier :
- Ah ! et puis commencez donc par un joli portrait de femme, aussi. C'est vrai que ça manque de femmes, votre affaire !

J'aime beaucoup ce passage. Laughing
Surtout que c'est effectivement ce qu'un lecteur lambda pourrait lui sortir. Et pis, par amusement, Pennac se plie à ces règles jusqu'à la fin de son histoire : portrait de femme - histoire concise qui va droit à l'essentiel - mot "fin" lol Enfin, la phrase : "Et de la fiction s'il vous plaît, fichez-moi la paix avec votre mélange d'imaginaire et de vécu, finiriez presque par me faire douter de ma propre existence !" est particulièrement malicieuse. En effet, en tant que lecteur, on finit par se demander : "Qu'est-ce qui est imaginé ?", "Qu'est-ce qui est vécu ?" On se demande même si Sonia n'aurait pas vraiment existé, c'est pour dire... Jusqu'à la partie des remerciements, que l'auteur commence par ces mots :

Citation :
Je n'aime pas le mot fin ; il oblige. A redescendre sur terre, par exemple. A s'y rappeler que vous n'êtes pas de chair et d'os, ma chère Sonia, mais un personnage : rien que des mots...

J'ai vraiment beaucoup apprécié cette lecture, et à l'instar de joce22, j'ai envie de dire que :

Citation :
Ses phrases coulent toute seules, j'ai le sentiment qu'il me parle, oui à moi, directement...
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Amadak
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MessageSujet: daniel pennac   Mar 06 Juil 2010, 13:50

je connais seulement "chagrin d'école" mais sa biographie je l'ai lue et elle est remarquable, ses livres m'attendent, je les lirais avec plaisir.
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fontelle
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MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Mar 06 Juil 2010, 22:08

Pennac!!!
Un de mes écrivains préféré drunken

Je l'ai découvert avec "Au bonheur des ogres"
Puis j'ai embrayé sur
"La fée carabine"

Pus toute la suite des "Malaussène"

Puis sur le reste de ses publications.
Jamais je n'ai été déçue.
Enfin quelqu'un qui prend la lecture au sérieux, sans être pédant , ni réac![b]
UN OVNI ?
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Harelde
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MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Mer 07 Juil 2010, 07:14

Je n'ai pas accroché à Chagrin d'école.
col
Je crois que je m'attendais (pas à un roman, non), mais à un livre plus... fluide. Il m'a beaucoup surpris et j'ai peiné à le terminer.
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Albert
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MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Mer 07 Juil 2010, 07:34

Chagrin d'école est différent des romans de Pennac. il y a beaucoup de souffrance dans ce livre, beaucoup de militantisme également pour un type de relation que Pennac privilégie dans la relation enseignants élève.
Un livre, certainement une sorte de" testament" pour pennac, mais à qui il manque la distance de la narration.
Donc, si on ne partage pas ses convictions, c'est un livre qui peut manquer d'attraits.
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MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Jeu 08 Juil 2010, 22:11

De Pennac j'aime bien Comme un roman et Chagrin d'école, mais je vous conseille chaudement Messieurs les enfants, ça sort un peu des Malaussène et c'est passionnant à lire.
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MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Ven 09 Juil 2010, 05:38


Chagrin d'école

Citation :
si on ne partage pas ses convictions, c'est un livre qui peut manquer d'attraits

D'après ce que j'ai entendu dire, il s'agit moins de "convictions" que de bons sentiments, et les bons sentiments sont l'apanage de tous, du moins le croit-on. Les simples réserves que j'ai entendues laissaient entendre qu'il enfonçait des portes ouvertes.

Pennac est bien sympa, tout le monde est d'accord là-dessus, et c'est l'impression que j'ai tirée de comme un roman et de ses développements convenus.

Les textes de Butor rassemblés dans Essais sur le roman chez tel Gallimard, moins de 200 pages, sont d'une autre envergure. On y trouve des développements sur "le monologue intérieur" et "l'usage des pronoms personnels dans le roman" (comprendre par exemple le TU dans la modification ou dans Un moment d'oubli d' Abdelkader Jemaï) qui enrichissent la lecture.
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Albert
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MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Ven 09 Juil 2010, 05:59

Je ne voulais pas être trop sévère avec un enseignant qui milite pour une relation "présente"avec ses élèves. Même si on classe ses convictions dans les "bons sentiments", c'est mieux que l'indifférence ou le mépris.

Maintenant, il est vrai qu'on peut trouver ce qu'il propose un peu trop dans l'affectif, mais je crois que les élèves (et leurs parents!) préfèrent un enseignant qui a de bons sentiments et enthousiaste, à un enseignant fatigué et indifférent.

Ce qui est réellement intéressant, ce sont les racines de ces convictions là, qui plongent dans l'échec scolaire, et d'après moi, dans une connaissance/méconnaissance d'un secret de famille.
Comme dit Tisseron, les secrets, "ça transpire toujours".

Il y a dans l'épisode des langues clouées sur la porte, et des poules, matière à élaborer quelques hypothèses sur l'interdit de dire.
Mais ça, ce sont peut être mes élucubrations personnelles....


Smile
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rotko
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MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Ven 09 Juil 2010, 19:58

Albert a écrit:
. Même si on classe ses convictions dans les "bons sentiments", c'est mieux que l'indifférence ou le mépris. Smile

bien sûr, c'est le minimum ! et un Pennac vaut cent aigris Smile
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MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Sam 11 Fév 2012, 06:46

Journal d'un corpspar Daniel Pennac, chez Gallimard.

Extrait de bibliobs

«  Le journal démarre dans sa treizième année par le saut dans un tas de blé avec les enfants de son âge,

«un saut de trois mètres, la remontée des boyaux dans la gorge, le trou crissant que fait ton corps dans le grain, la chaleur du blé fraîchement battu sur ta peau nue, cette caresse tellement vivante».

Pendant cinquante ans, l'auteur décrit les diverses surprises ou lourdeurs de l'organisme. La difficulté de danser («Mon corps n'est qu'un poids dans les bras de ma partenaire»), la douleur électrique de la carie dentaire, l'échec amoureux quand les phéromones ne relaient pas l'entente cordiale »

Simone et moi avons tout ce qu'il faut pour nous entendre, seulement nos corps ne se disent rien»), l'odeur de latrines des sinus infectés, «pourriture organique dont jouit pleinement notre appareil olfactif pour peu que dérape la roulette d'un dentiste», tout en poussant bien loin l'art de la contemplation:

Citation :
Ce soir, merde molle et collante. Deux chasses d'eau ne suffisent pas à décoller les chiures sur la céramique ni à effacer les traces brunes au fond de la cuvette.

Suis pas sûr de le lire.

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Albert
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MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Sam 11 Fév 2012, 08:05

Ca me rappelle le livre de Roth que je viens de lire Exit et ses problèmes d'incontinence, ou le dernier livre de David Lodge sur sa surdité envahissante.
Les auteurs vieillissants se complaisent à décrire la déchéance de leur corps: début du gâtisme et de la sénilité? retour aux intérêts du premier âge?
Pas réjouissant
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Kervinia
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MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Sam 21 Avr 2012, 07:59

rotko a écrit:
tout en poussant bien loin l'art de la contemplation:
Citation :

Ce soir, merde molle et collante. Deux chasses d'eau ne suffisent pas à décoller les chiures sur la céramique ni à effacer les traces brunes au fond de la cuvette.

C'est élégant ! lol!

Pour ma part, j'ai tout récemment lu Merci.



Quatrième de couverture

Nous sommes au théâtre, lui sur la scène, nous dans la salle. On vient de le primer pour "l'ensemble de son œuvre". Il remercie son monde. Enfin, il essaye...


Mon avis
J'ai dévoré ce petit livre, qui est vraiment génial et qui se lit très vite. C'est frais et drôle. Du pur Pennac, quoi. ^^ Ce bouquin n'est pas sans rappeler les Exercices de style de Queneau, également, car c'est un exercice de style, teinté de beaucoup d'humour. Ça doit être génial, de le voir sur scène. Je sais que Pennac lui-même l'a joué. J'ai vu également qu'il existe en CD, dans la collection "Écouter, lire" ; je suis tentée de l'acheter, ou de me le faire offrir à mon anniversaire... Dommage que ce ne soit pas Pennac lui-même qui le lise, sur le CD. Quant à la fin du livre, encore une fois, au fond, c'est du pur Pennac, mais je l'ai trouvé plutôt inattendue. ^^


Extrait n° 1
- Prenez Hitler...
Il attend qu'on ait "pris" Hitler.
- Peintre médiocre, néanmoins convaincu de son génie pictural, architecte tout juste bon à entasser les trois cubes de son enfance, mais hautement conscient de ses mérites en ce domaine... Il fallait le primer ! Tout de suite ! Dès ses premières tâches d'aquarelles, pour l'ensemble de son œuvre ! Peinture, architecture, tout ! Et que ça se sache ! Une récompense planétaire ! Le podium universel, la mise sur orbite ! Ça nous aurait épargné... 42 millions de morts ! Ce n'est pas tout à fait... négligeable... comme économie.

Extrait n°2
- Merci ! Simple question de civilité : l'un tient la porte, l'autre remercie. Celui qui passe exprime sa gratitude à celui qui a la courtoisie de tenir la... Même si l'autre la tient pour le pur plaisir d'être remercié. Ça arrive. C'est fréquent, même. Les matins d'hiver, surtout à la sortie des stations de métro, dans ces courants d'air si déprimants, ils vous tiennent obligeamment la porte, vous êtes encore très loin d'eux, ils vous obligent à courir, on arrive : "Merci. - C'est rien ! - Si, si, merci, c'est gentil à vous, merci"... On est complètement essoufflé, on remercie quand même, on les remercie, ça leur fait chaud au cœur et on s'est réchauffé en courant, c'est un échange de bons procédés.

4/5
Un bon moment de lecture
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rotko
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MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Sam 21 Avr 2012, 09:39

j'ai entendu des échos bienveillants sur journal d'un corps.

On devra donc voir sur le terrain ce que donne cette entreprise originale dont les extraits ci-dessus ne seraient pas révélateurs.
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