Forum littérature, roman, polar, poésie, théâtre, BD, SF, auteurs et livres du monde entier sur le forum littéraire et tous les arts, cinéma, peinture ...

Une table conviviale pour parler des livres, des spectacles, et goûter aux plaisirs des mots.
 
AccueilPortail*FAQIndex auteursS'enregistrerGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Daniel Pennac

Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6
AuteurMessage
Kervinia
pilier
avatar

Nombre de messages : 3822
Age : 30
Localisation : Seine-et-Marne
Date d'inscription : 04/04/2010

MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Sam 21 Avr 2012, 10:55

rotko a écrit:
j'ai entendu des échos bienveillants sur journal d'un corps.

On devra donc voir sur le terrain ce que donne cette entreprise originale dont les extraits ci-dessus ne seraient pas révélateurs.

Il me semble l'avoir vu à la bibliothèque, donc si j'ai l'occasion, je m'y attèlerai. Smile
Revenir en haut Aller en bas
Amadak
pilier
avatar

Nombre de messages : 3859
Localisation : Buenos-Aires
Date d'inscription : 08/12/2007

MessageSujet: daniel pennac   Lun 11 Juin 2012, 22:43

Daniel Pennac à Buenos Aires


Daniel Pencac à Buenos aires.
J’ai eu la chance de voir et d’échanger quelques mots avec lui. Je n’étais pas la seule, et surprise de voir combien il est connu en Argentine ; on le connaît mieux que moi, il y avait des Italiens, des Corses, versés dans son œuvre. Moi d’abord je restais en silence, éhonté de n’avoir lu que « chagrin d’école », mais petit à petit nous y sommes arrivés. J’ai oublié de dire qu’il est très sympa et il fait jeune encore ; il a été très content quand je lui ai
dit, que je parle en nom du forum littéraire « grain de sel » de France, qui lui a consacrées neuf pages. On a parlé comme j’avais dit de « chagrin d’école » et de ses propres expériences de mauvais élève, cancre, ce qui n’a pas empêché qu’il devienne l’enseignant et l’écrivain qu’il est devenu. Et là nous nous sommes arrêtés sur l’influence des parents, leur patience, ne pas humilier l’enfant, laisser agir le temps et cela fut son cas.
Pour compléter le sujet, j’ai parlé de ses « Droits Imprescriptibles du Lecteur », idée qui donne une notion de liberté au lecteur.
Ensuite il a présenté son dernier livre, « Journal d’un Corps »
Histoire d’un enfant qui entreprend d’écrire jour après jour, l’évolution et les changements d’un corps, même la mort !!
Les vêtements, les habitudes changent imperceptiblement, sans que nous nous rendions compte.
Il a lus quelques fragments franchement réjouissants.
L’acte fini il m’a serré la main cordialement pas à moi seule, j’étais assise très près, et nous sommes sortis, comme dans un roman, contents de l’avoir connu et entendu.
Revenir en haut Aller en bas
rotko
pilier
avatar

Nombre de messages : 69282
Date d'inscription : 26/12/2005

MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Mar 12 Juin 2012, 04:25



Ah ! bravo Amadak ! oui l'homme est sympa jusque dans son écriture, et des conversations récentes me font penser que son journal d'un corps vaut mieux que les premiers echos et extraits parus dans la presse. On jugera sur pièces.
Revenir en haut Aller en bas
http://grain-de-sel.cultureforum.net/forum.htm
cleo
pilier
avatar

Nombre de messages : 3890
Age : 35
Localisation : chez Jeanne........
Date d'inscription : 28/03/2009

MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Mar 12 Juin 2012, 04:31

Juste un mot pour dire que cela me donne l'envie de lire du Pennac. cheers

_________________
"La vie est comme tout tableau: pour sembler belle, elle a besoin d'être vue à distance." Gustave Flaubert

« L'étonnement est à l'origine de la connaissance : celui qui cesse de s'étonner pourrait bien cesser de savoir » E.Gombrich
Revenir en haut Aller en bas
Amadak
pilier
avatar

Nombre de messages : 3859
Localisation : Buenos-Aires
Date d'inscription : 08/12/2007

MessageSujet: daniel pennac-page9   Mar 12 Juin 2012, 23:31

j'ajoute

On ne peut se souvenir de tout ce que Pencac a parlé. En réponse à un jeune garçon qui lui a demandé c’est quoi un livre ? Il a répondu ce qu’il disait à ses élèves : Il y a en France une maison d’édition Arlequin, qui publie une littérature pour jeunesse, mauvaise. Les ados aiment ses histoires, il donne un exemple sur un roman où le héros est en guerre, il aime deux femmes et aucune qualité dans l’écriture, ni émotions à retenir .Un simple passe-temps.
Il leur donne à lire un autre où le protagoniste subit les mêmes malheurs, aime deux femmes, mais c’est écrit par Boris Pasternak, « Docteur Zhivago » C’est ainsi qu’il peut dire voilà ce que c’est un livre. Reconnaître par l’expérience et séparer le bon grain de l’ivraie.
Revenir en haut Aller en bas
rotko
pilier
avatar

Nombre de messages : 69282
Date d'inscription : 26/12/2005

MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Mar 07 Aoû 2012, 10:55

Pour le journal d'un corps, je suis passé par deux phases : l'une de réticence, pour avoir lu des extraits, l'autre, d'attente, puisque plusieurs personnes m'en avaient parlé en bien.

J'ai donc emprunté l'ouvrage : c'est vraiment un journal, un legs post mortem qui retrace parfois dans des délais très proches, quasi journaliers par moments, avec dates exactes, les pensées corporelles, familiales et sentimentales de l'auteur : j'ai vite parcouru les pages, sans m'aventurer dans une lecture cursive car j'ai trouvé les propos banals, parfois insignifiants, tels que des phases d'oubli aux alentours de la cinquantaine, ou une rencontre amoureuse aux environs de 17 ans.

Tout cela m'a paru bien long et anodin ; je ne suis pas de ces lecteurs qui attendaient un éventuel déballage sulfureux.

Bref, Pennac est certainement un homme sympathique et un causeur agréable, il écrit facilement (trop facilement), je laisse donc la lecture et le compte-rendu du journal d'un corps à qui y trouvera du plaisir.
Revenir en haut Aller en bas
http://grain-de-sel.cultureforum.net/forum.htm
Amadak
pilier
avatar

Nombre de messages : 3859
Localisation : Buenos-Aires
Date d'inscription : 08/12/2007

MessageSujet: daniel pennac-page9   Mar 07 Aoû 2012, 14:03

Quand j'ai eu la chance de le voir à Buenos Aires, je l'ai trouvé très sympa et excellent causeur, comme le dit Rotko; C'était un vrai plaisir de l'écouter: presque deux heures. Le public, nombreux, le connaissait bien par ses oeuvres. Il a lu quelques exraits de "journal d'un corps", peut-être choisis et réjouissants.
Le peu de temps qu'il avait il a répondu gentiment à toutes mes questions.Et je lui ai parlé de GDS, il a été content.
Revenir en haut Aller en bas
ashjibe
pilier
avatar

Nombre de messages : 79
Age : 36
Localisation : Lyon
Date d'inscription : 01/06/2012

MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Dim 26 Aoû 2012, 06:27

Je viens de terminer le Journal d'un corps de Daniel Pennac. Contrairement à Rotko, pour moi c'est une bonne surprise. En racontant une vie à travers les variations de l'enveloppe charnelle, Pennac aurait facilement pu tomber dans les banalités. Il évite ces écueils avec brio. Il y a beaucoup de sensibilité dans ce roman, de l'humour jusqu'à la dernière ligne. Bien sur, il y a des passages que l'on peut trouver graveleux, situés sous la ceinture, à juste titre car un corps n'est pas dépourvu d'attirail génital, à l'instar de l'écorché de son dictionnaire. Mais je trouve que ces passages servent le propos de l'auteur qui veut rendre sa juste place au corps, à la fois comme partie intimement liée à l'esprit, et comme objet marqué de tabous dont Pennac s'affranchit au moins virtuellement à travers ce récit.
Ne connaissant que les 4 premiers tomes de la tribu Malaussène, j'ai été étonné de trouver un roman de cette qualité. J'avais quitté un auteur qui semblait tourner en rond. Là je l'ai trouvé libéré, à la fois plus léger et plus profond. Du coup ça me donne envie de lire ce que Pennac a sorti entre le dernier tome du cycle Malaussène et ce tout dernier roman.
Revenir en haut Aller en bas
http://unpetitcoindeparadis.over-blog.com/
Coffeee
pilier
avatar

Nombre de messages : 200
Date d'inscription : 26/03/2011

MessageSujet: Journal d'un corps   Lun 03 Sep 2012, 13:03

Pour moi c'est un chef d'oeuvre! Quelle claque!

Peut-être parce que je ne veux pas croire que Pennac ait trouvé le journal d'un homme et l'ait amélioré... je suis persuadée qu'il a écrit le livre de toutes pièces. Un faux journal en quelque sorte et c'st une idée de génie, réalisée avec brio! et tant de travail...
Revenir en haut Aller en bas
Diagonale
pilier
avatar

Nombre de messages : 66
Date d'inscription : 23/08/2012

MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Lun 03 Sep 2012, 19:52

Personnellement j'ai lu La Petite Marchande de prose. Ma prof de français en 5ème me l'avait conseillé (ahah je remonte loin!) et il m'a beaucoup plût. Parce que très simple, dépourvu de toute forme d'orgueil ou de prétention quelconque, comme d'autres écrivains contemporains à lui. Les personnages sont très doux, très touchants, en particulier le personnage (plus ou moins principal), Benjamin Malaussène. Il doit être le porte-visage, en quelque sorte, d'un écrivain auteur de romans à succès, mais qui se trouve en prison. En soi, l'intrigue n'est pas spécialement déplaisante, il est vrai, mais ce qui m'a vraiment interpellée était la façon dont tout était traité. Avec une certaine légère, une sorte de naïveté toute fraîche, toute généreuse et gaie. Même les moments 'moins joyeux' de l'histoires paraissaient tout pétillants. Je n'en garde qu'un souvenir assez approximatif, puisque bon en terminale, les lectures de 5ème, c'est plus ce qu'il y a de plus frais, mais j'en garde quand même un assez bon souvenir assez précis, encore, alors que d'autres livres lus la même année ont été totalement oubliés. Je l'ai trouvé très intelligent, avec une ambiance prenante, qui fait qu'on ne le lache pas du début à la fin.
Bref, un petit livre très charmant et très agréable à lire. Il laisse de bons souvenirs, disons.
Revenir en haut Aller en bas
http://journal-de-diagonale.tumblr.com/
rotko
pilier
avatar

Nombre de messages : 69282
Date d'inscription : 26/12/2005

MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Ven 30 Nov 2012, 07:25


Gérard Lo Monaco, ingénieur papier, marionnettiste, graphiste, décorateur de théâtre, collabore avec Pennac pour les droits du lecteur

Revenir en haut Aller en bas
http://grain-de-sel.cultureforum.net/forum.htm
mona
pilier
avatar

Nombre de messages : 752
Age : 60
Localisation : Morbihan
Date d'inscription : 18/08/2006

MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Sam 01 Déc 2012, 21:59

Journal d'un corps

Le livre de cette année que j'ai lu avec le plus grand plaisir et que j'ai fermé avec regret !

Acheté offert et prêté

cheers Mr Pennac
Revenir en haut Aller en bas
Ysandre
pilier
avatar

Nombre de messages : 18014
Age : 115
Localisation : sud ouest
Date d'inscription : 25/06/2009

MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Dim 16 Déc 2012, 19:51

Messieurs les enfants

Citation :
Crastaing, le vieux prof inoxydable qui a transformé des générations de potaches en statues de sel, a donné, pour mater les rebelles, le sujet de rédaction suivant : " Vous vous réveillez un matin transformé en adulte. Complètement affolé, vous vous précipitez dans la chambre de vos parents. Ils ont été transformés en enfants. " Mais jouer avec l'imagination c'est jouer avec le feu et la réalité pourrait bien dépasser la fiction.
Le seul fait d'écrire cette fichue rédaction provoque le retour des parents et du prof vers l'enfance et le bon en avant des ados qui se retrouvent, eux, dans la peau des adultes qu'ils deviendront plus tard.
j'ai v raiment beaucoup aimé ce livre ! A cause du style de Pennac, fluide, imagé. C'est gréable à lire : de l'humour et même de la franche hilarité suscitée par des situations ou des réflexions.
Le langage des enfants sonne vrai, les caractères sont bien distincts, le prof est ... à peine caricatural (!), les métaphores pleuvent et les scènes drôles abondent.
J'ai aimé, par exemple "une mobylette acharnée à tondre les nerfs de la ville" (la nuit).
le narrateur apparait vers la page 70.C'est le père décédé d'Igor. Celui -ci va lui parler au cimetière et obtient des réponses.
Roman fantastique, roman où affleure l'amour des autres, c'est touchant, triste et drôle à la fois.
j'irai revoir Daniel Pennac.
Revenir en haut Aller en bas
Amadak
pilier
avatar

Nombre de messages : 3859
Localisation : Buenos-Aires
Date d'inscription : 08/12/2007

MessageSujet: daniel pennac-page 10   Lun 17 Déc 2012, 22:29

Ysandre!! combien j'aimerais résumer un livre à ta façon. Dans ces peu de lignes,se trouvent, le rire, le chagrin, le fantastique, tout ce que tu as ressenti en le lisant.Et le plus important est que désormais tu liras du Pennac.
un compte rendu qui donne envie de lire
Le fil est encourageant, on l'aime; On n'est pas déçu. bye
Revenir en haut Aller en bas
Ysandre
pilier
avatar

Nombre de messages : 18014
Age : 115
Localisation : sud ouest
Date d'inscription : 25/06/2009

MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Mar 18 Déc 2012, 07:00

oh merci ! ma Lointaine, tu es si indulgente ! En me relisant, je me disais pourtant que je n'avais pas donné dans ce texte, le reflet du bonheur que j'avais eu à le lire.... mais tu me réconfortes. Vrai, que j'ai rit aux éclats à certains passages et que j'ai été sensible à la tristesse ou au désarroi de certains des personnages. merci
Revenir en haut Aller en bas
Amadak
pilier
avatar

Nombre de messages : 3859
Localisation : Buenos-Aires
Date d'inscription : 08/12/2007

MessageSujet: daniel pennac-page 10   Mar 18 Déc 2012, 14:33

merci de quoi? chère Ysandre? on voit bien que ce livre t'a fait du bien et cela me réjouit. Je sais bien que tu pourrais écrire une page entière; mais le plus efficace est de le dire en peu de mots,
Revenir en haut Aller en bas
rotko
pilier
avatar

Nombre de messages : 69282
Date d'inscription : 26/12/2005

MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Mer 16 Oct 2013, 05:41

Au bonheur des ogres. Comédie de Nicolas Bary, avec Raphaël Personnaz, Bérénice Béjo, Emir Kusturica.
 
Dans la tribu Malaussène, il y a quelque chose de curieux, de louche, d’anormal même diraient certains. Mais à y regarder de près, c’est le bonheur qui règne dans cette famille joyeusement bordélique dont la mère sans cesse en cavale amoureuse a éparpillé les pères de ses enfants. Pour Benjamin Malaussène, bouc émissaire professionnel et frère aîné responsable de cette marmaille, la vie n’est jamais ennuyeuse.

Mais quand les incidents surviennent partout où il passe, attirant les regards soupçonneux de la police et de ses collègues de travail, il devient rapidement vital pour le héros de trouver pourquoi, comment, et surtout qui pourrait bien lui en vouloir à ce point-là ?

 
critiques :
Citation :
à mi-chemin entre une comédie rom-com et un thriller enfantin. Assez bien écrit même si prévisible et linéaire d’un bout à l’autre
Citation :
une farce à peine acceptable
, titre le Temps siffle 
Revenir en haut Aller en bas
http://grain-de-sel.cultureforum.net/forum.htm
Sapho
pilier
avatar

Nombre de messages : 3529
Age : 72
Localisation : Brabant Wallon
Date d'inscription : 03/08/2012

MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Jeu 14 Nov 2013, 13:43

En lisant le fil de Pennac, je vois que beaucoup de grains ont posté leur ressenti à propos de l'essai : COMME UN ROMAN

Plus question d'en écrire le résumé ( il se trouve plus haut dans le fil ), je me contenterai donc d'écrire quelques extraits qui m'ont particulièrement plu.

EXTRAIT :

.........Ce que tu attends, toi, c'est qu'ils te tendent de bonnes fiches de lecture sur les romans que tu leur imposes, qu'ils " interprètent "correctement les poèmes de ton choix, qu'au jour du bac, ils analysent finement les textes de la liste, qu'ils " commentent " judicieusement, ou " résument " intelligemment ce que l'examinateur leur collera sous le nez ce matin-là.....Mais ni l'examinateur, ni toi, ni les parents, ne souhaitent particulièrement que ces enfants lisent. Ils ne souhaitent pas non plus le contraire, note. Ils souhaitent qu'ils réussissent leurs études, un point c'est tout. Pour le reste, ils ont d'autres chats à fouetter. D'ailleurs, Flaubert aussi avait d'autres chats à fouetter! S'il renvoyait Louise à ses bouquins, c'était pour qu'elle lui fiche la paix, qu'elle le laisse travailler tranquille à sa Bovary. " Lisez pour vivre " sous la plume de Flaubert, ça voulait dire en clair : " Lisez pour me laisser vivre ", tu leur as expliqué ça à tes élèves? Non? Pourquoi?......
-Il faut t'y faire, le culte du livre relève de la tradition orale, et tu en es le grand prêtre.
Revenir en haut Aller en bas
Sapho
pilier
avatar

Nombre de messages : 3529
Age : 72
Localisation : Brabant Wallon
Date d'inscription : 03/08/2012

MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Jeu 14 Nov 2013, 13:56

EXTRAIT 2 :

......Le temps de lire, comme le temps d'aimer, dilate le temps de vivre.
Si on devait envisager l'amour du point de vue de notre emploi du temps, qui s'y risquerait? Qui a le temps d'être amoureux? A-t-on jamais vu, pourtant un amoureux ne pas prendre le temps d'aimer?
Je n'ai jamais eu le temps de lire, mais rien, ni personne, n'a pu m'empêcher de finir un roman que j'aimais
La lecture ne relève pas de l'organisation du temps social, elle est, comme l'amour, une manière d'être.
La question est de savoir si j'ai le temps de lire ou pas ( temps que d'ailleurs personne ne me donnera ), mais si je m'offre ou non le bonheur d'être lecteur.

EXTRAIT 3 :

En argot, lire se dit ligoter.
En langage figuré un gros livre est un pavé.
Relâchez ces liens-là, le pavé devient un nuage.
Revenir en haut Aller en bas
Sapho
pilier
avatar

Nombre de messages : 3529
Age : 72
Localisation : Brabant Wallon
Date d'inscription : 03/08/2012

MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Jeu 14 Nov 2013, 14:12

EXTRAIT 4 :

Reste à comprendre que les livres n'ont pas été écrits pour que mon fils ou ma fille, la jeunesse, les commentent, mais pour que , si le coeur leur en dit, ils les lisent.
Notre savoir, notre scolarité, notre carrière, notre vie sociale sont une chose. Notre intimité de lecteur, notre culture en sont une autre.
Il est bel et bon de fabriquer des bacheliers, des licenciés, des agrégés et des énarques, la société en redemande, cela ne se discute pas.....mais combien plus essentiel d'ouvrir à tous les pages de tous les livres.
Tout au long de leur apprentissage, on fait aux écoliers et aux lycéens un devoir de la glose et du commentaire, et les modalités de ce devoir les effrayent jusqu'à priver le plus grand nombre de la compagnie des livres. Notre siècle n'arrange d'ailleurs pas les choses; le commentaire y règne en maître, au point, le plus souvent, de nous ôter l'objet commenté de la vue. Ce bourdonnement aveuglant porte un nom dévoyé : la communication......
Parler d'une oeuvre à des adolescents, et exiger d'eux qu'ils en parlent, cela peut se révéler très utile, mais ce n'est pas une fin en soi. La fin, c'est l'oeuvre. L'oeuvre entre leurs mains. Et le premier de leurs droits, en matière de lecture, est le droit de se taire.
Revenir en haut Aller en bas
rotko
pilier
avatar

Nombre de messages : 69282
Date d'inscription : 26/12/2005

MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Ven 06 Déc 2013, 06:29



2e édition des petits champions de la lecture.

Pennac a écrit:
«Les jeunes enfants sont doués pour la lecture à voix haute. Ils ne savent pas toujours bien s’y prendre, il y a ceux qui cabotinent et se mettent un peu trop en avant, ceux qui restent trop en retraits, trop discrets… Mais on a l’impression qu’ils savent inventer le naturel.»

Daniel Pennac demande aux enfants de profiter de leurs capacités. Il rappelle que sa génération n’avait pas le droit de lire à voix haute en classe. «Ma femme m’a dit qu’enfant, elle restituait à la lecture à voix basse à ses poupées quand elle rentrait le soir de l’école…


Lire un texte à voix haute , c'est se l'approprier dans son corps.
Revenir en haut Aller en bas
http://grain-de-sel.cultureforum.net/forum.htm
Ysandre
pilier
avatar

Nombre de messages : 18014
Age : 115
Localisation : sud ouest
Date d'inscription : 25/06/2009

MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Ven 06 Déc 2013, 06:36

citatiion Rotko a écrit:
Lire un texte à voix haute , c'est se l'approprier dans son corps.
dans son corps, je ne sais pas... mais dans sa tête, dans sa mémoire, dans l'oreille où reste accroché un écho.
Par contre, il est vrai que lire un livre à voix haute fait prendre corps aux mots, ils se mettent à exister dans l'espace, prennent vie.
Revenir en haut Aller en bas
Sapho
pilier
avatar

Nombre de messages : 3529
Age : 72
Localisation : Brabant Wallon
Date d'inscription : 03/08/2012

MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Ven 06 Déc 2013, 10:55

Quand comprendra-t-on enfin que la lecture à haute voix n'est pas de la lecture, mais la communication orale d'une lecture, effectuée antérieurement, qu'elle concerne donc le travail sur l'oral (et pas du tout la lecture !), dont on peut même dire qu'elle en est l'un des aspects les plus difficiles ?
Pas toujours d'accord avec Pennac ( que j'admire ) pour en avoir fait l'expérience en tant qu'enseignante. Ce texte est un peu long à lire mais je pense qu'il faut le lire jusqu'au bout.

Pour la majorité des adultes, la maîtrise de la lecture est médiocre ; mais celle de la lecture à haute voix l'est beaucoup plus encore. Si le lecteur lit le nez dans son livre, on peut dire qu'il ne sait pas vraiment lire à haute voix.
Cela n'a rien d'étonnant : on a passé sa vie scolaire à lire à haute voix, à tout bout de champ — y compris au bout des champs les moins logiques ! — avec des habitudes particulièrement contraires à cette activité. Par exemple demander aux élèves, comme cela se fait tout le temps, de suivre des yeux le texte pendant que quelqu'un fait une lecture orale est, quand on y réfléchit tant soit peu, une chose à la fois absurde (si on a le texte sous les yeux, aucun besoin que quelqu'un le lise pour vous !) mais surtout parfaitement discourtoise : quand quelqu'un vous parle, la courtoisie la plus élémentaire exige qu'on le regarde : voir les auditeurs le nez dans un livre à ce moment-là est particulièrement déplaisant pour celui qui lit.
Et bien rares sont ceux qui ont pu bénéficier des apprentissages spécifiques de cette activité passionnante mais pleine de difficultés, quasiment impossibles à surmonter sans un sérieux entraînement.

Pour y voir un peu clair, posons quelques questions.
Question n°1 : quelles différences séparent l'élève ânonnant cité plus haut et Jean-Pierre Marielle ou Didier Sandre lisant les grands textes de la littérature au Marathon des Mots de Toulouse ?
Impossible de dire qu'ils font les uns et les autres la même activité : il suffit de les observer un peu pour repérer à quel point il s'agit de tout autre chose.
Le premier a le nez rivé sur son texte et les mots qu'il prononce péniblement accompagnent exactement le mouvement de ses yeux : il dit, non sans peine, ce qu'il voit, au fur et à mesure qu'il le voit.
Jean-Pierre Marielle, au contraire regarde le public, ne baissant les yeux sur son texte que par moments, il "parle" son texte, comme si celui-ci venait de lui, et pourtant, il ne le dit pas par cœur.
En fait, il ne dit pas ce qu'il voit, il dit ce qu'il a compris, l'ayant rapidement lu et mémorisé quand il a regardé le texte. Telle est la technique de toute lecture à haute voix. Et c'est loin d'être facile.

Si l'on approfondit encore l'analyse, on se rend compte qu'il s'agit bien d'une communication orale, s'adressant à des auditeurs qui l'ont demandé (on n'impose pas de lire à haute voix... sauf à l'école, où, décidément, on fait facilement n'importe quoi !), par laquelle on communique, non le texte, mais la lecture qu'on vient d'en faire. C'est sa propre interprétation que l'on communique ; ce n'est pas "le texte", toujours porteur de significations plurielles.
Et l'on voit bien aussi que cela n'a rien à voir avec l'absurde formule scolaire : "mettre le ton"... Comme s'il y avait un "ton à mettre" ! Faut-il avoir perdu tout bon sens pour dire aux élèves des bêtises pareilles !

Objection !, envoie ici le blogueur cultivé, que faites-vous du "gueuloir" de Flaubert ?.
Vous savez bien que le gueuloir en question ne servait pas à "lire à haute voix", mais à tester la musicalité de ses phrases, ce qui est tout autre chose : nulle "communication" ici, mais recherche d'effets autres que la signification des mots.

Un constat s'impose alors : si lire à haute voix est une communication de sa propre lecture, elle ne peut apparaître que si la lecture est maîtrisée : il faut savoir lire pour pouvoir lire à haute voix.

Question n°2 : que fait alors le petit de CP quand on lui demande de faire une chose aussi difficile ?
Eh bien, il ne lit pas. Il oralise. Il dit ce qu'il voit.
Et cette activité, loin de l'aider à comprendre, l'en empêche largement, car elle consomme une énergie qui n'est plus disponible pour effectuer les opérations mentales par lesquelles on comprend.
En plus, elle interdit toute anticipation, indispensable à la compréhension du texte, et elle donne la détestable habitude d'avancer dans celui-ci pas à pas, mot à mot, voire syllabe après syllabe, ce qui est à l'opposé de la conduite de lecture efficace.
L'oralisation est le contraire de la lecture à haute voix. Elle est un obstacle à la lecture, elle est aussi un obstacle à la lecture à haute voix.
C'est pourquoi, on est de plus en plus convaincu qu'il faut éviter de faire oraliser les enfants en apprentissage de la lecture.

Question n°3, incontournable : comment savoir alors s'ils ont bien lu ???
Mais voyons ! Il y a plein d'autres moyens, autrement plus intelligents, de le savoir ! Jamais le fait de pouvoir lire à haute voix n'est un indicateur de compréhension de quoi que ce soit...
Deux cas peuvent se produire :
* ou bien on lit en situation, dans le cadre d'un projet où les enfants sont engagés, et où la lecture consiste à trouver des réponses aux questions qu'ils se posent pour réaliser leur projet, et il suffit de voir s'ils ont trouvé les réponses espérées pour savoir tout de suite s'ils ont compris...
Et s'ils n'ont pas compris, l'enseignant est là pour leur donner la clé qui leur manque.
N'oublions pas que le but n'est pas qu'ils trouvent le sens du texte qu'ils lisent, mais qu'ils apprennent surtout comment on fait pour le trouver : l'essentiel sera donc, à partir du sens donné par l'enseignant, de repérer comment on pouvait faire pour le trouver tout seul.
La bonne démarche consiste souvent à donner la réponse et à demander aux enfants de trouver comment on pouvait y arriver : déjà, dans les années 30, mon père scandalisait ses collègues (c'est de famille, comme on voit !), en donnant aux enfants la solution des problèmes d'arithmétique, avec comme consigne de dire comment on pouvait arriver à ce résultat.
Un enseignant n'est pas un enseignant de solutions, ni de contenus ; sa tâche est d'aider les élèves à découvrir des stratégies pour acquérir les contenus et trouver les solutions.

* ou bien on est en travail d'apprentissage où l'on s'entraîne à effectuer les opérations nécessaires à la compréhension, et, dans ce cas, plutôt que de poser des questions sur le sens (comme on fait toujours, alors que c'est le plus mauvais moyen de vérifier la compréhension), l'enseignant (ou le parent à la maison) va s'y prendre autrement : par exemple, il va lui-même lire à haute voix le texte... mais en se trompant volontairement. La règle du jeu, c'est alors que l'enfant signale l'erreur et justifie pourquoi c'en est bien une.
Outre que ce jeu les amuse beaucoup (la relation est en quelque sorte inversée), c'est de loin le meilleur conseil que l'on peut donner aux collègues comme aux parents soucieux de faire cette vérification... rassurante, surtout pour eux.

Et ce n'est qu'à partir du CE1 que devrait commencer, en relation avec un travail approfondi sur la prise de parole orale, notamment en public, l'apprentissage de la lecture à haute voix.
Quand on analyse les conditions qui permettent de vivre une situation de lecture à haute voix, telle que nous l'avons décrite, on découvre qu'elle implique quatre conditions majeures :

1- qu'on ait lu le texte et qu'on l'ait compris
2- qu'on ait pris conscience de cette compréhension
3- qu'on ait transformé cette compréhension en projet de communication : qu'est ce que je veux obtenir de mes auditeurs avec ma prestation : les amuser, les émouvoir, les convaincre, les choquer ?
4- connaître et savoir utiliser les techniques par lesquelles on peut atteindre ce résultat : il ne suffit pas de trouver drôle un texte pour faire rire ceux qui vont m'entendre le lire...

Ces techniques indispensables sont nombreuses. Ce sont celles de toute prise de parole en public : maîtrise de sa voix, de sa respiration, maîtrise du regard (à l'oral, le regard est déterminant), auxquelles s'ajoutent un travail indispensable sur la mémorisation à court terme, sur l'intonation, les accents toniques, le rythme des phrases — qui, contrairement à ce qu'on s'obstine à faire croire, n'a rien à voir avec la ponctuation : celle-ci, comme tout le reste de l'orthographe, est faite pour les yeux, et sert de balises au sens, pas à la prononciation — Le rythme des phrases est entièrement dépendant du style et des mises en relief de mots qu'il implique...
Tout cela est à apprendre, et l'on comprend que ce soit long : les quatre années du primaire sont nécessaires pour obtenir un début de maîtrise indispensable à l'entrée en sixième (on fait beaucoup lire à haute voix au collège) maîtrise qu'il conviendra naturellement de travailler jusqu'à l'entrée au lycée.

Lire, c'est comprendre avec les yeux, c'est-à-dire trouver, dans ce qu'on lit, les réponses dont on a besoin pour faire ce qu'on a à faire. Lire à haute voix, c'est prendre la parole pour agir, par l'intermédiaire d'un texte, sur un ou plusieurs auditeurs... Ces deux situations ne mettent pas en jeu les mêmes compétences. Elles sont indispensables l'une comme l'autre, et sont à apprendre, l'une comme l'autre, mais certainement pas ensemble.

Bien sûr que non, lire à haute voix, ce n'est pas lire.
Revenir en haut Aller en bas
rotko
pilier
avatar

Nombre de messages : 69282
Date d'inscription : 26/12/2005

MessageSujet: Re: Daniel Pennac   Sam 07 Déc 2013, 17:20

Citation :
Et l'on voit bien aussi que cela n'a rien à voir avec l'absurde formule scolaire : "mettre le ton"... Comme s'il y avait un "ton à mettre" ! Faut-il avoir perdu tout bon sens pour dire aux élèves des bêtises pareilles !
je sors d'un lecture publique de Caresse de rouge d' Eric Fottorino texte qui se prête bien (à la première personne) à cette diction.

Mais on a souvent affaire à un numero d'acteur : une pause de silence avant de dire un mot jugé décisif, un sanglot dans la voix pour une confidence, une immobilité pour s'identifier au personnage.

Tout le monde n'est pas Marielle ou Rochefort, qui lisent sobrement un texte, mais avec les inflexions voulues, sans les effets de cabotins connus.

S'ils parlent en regardant le public, c'est un effet de l'art et de l'expérience, comme un musicien qui connaît sa partition. J'ai eu l'occasion d'ecouter Jacques Bonnaffé. Il sait par coeur des textes de Rousseau (lettres à d'Alembert) et de bien d'autres qu'il dit, à la demande et au débotté.

Revenir en haut Aller en bas
http://grain-de-sel.cultureforum.net/forum.htm
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Daniel Pennac   

Revenir en haut Aller en bas
 
Daniel Pennac
Revenir en haut 
Page 6 sur 6Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6
 Sujets similaires
-
» [Le Monde] Daniel Pennac : "J'ai été d'abord et avant tout professeur"
» Elèves difficiles
» les classique en littérature de jeunesse
» inviter un auteur
» Sujet Brevet : chagrin d'école, session 07/09

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Grain de sel - Forum littéraire et culturel :: FICTION :: Auteurs français et d'expression française-
Sauter vers: