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 Tahar Ben Jelloun [Maroc]

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Bachy Pierre
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MessageSujet: Tahar Ben Jelloun [Maroc]   Jeu 22 Juin 2006, 09:47


Tahar Ben Jelloun situe la trame de son roman Partir à Tanger dans les années 1990. La ville est gangrenée par le chômage, la prostitution, la corruption et les trafics en tout genre. Le lieu est un parfait observatoire des rêves d'une Espagne située à 14 petits kilomètres.

Au café Hafa, Azel – Azz El Arab -, diplômé en droit sans emploi, tue le temps, obsédé par l'ailleurs. Quitter le pays. C’est une obsession, une sorte de folie qui le travaille jour et nuit. Comment s’en sortir, comment en finir avec l’humiliation? Partir, quitter cette terre qui ne veut plus de ses enfants, tourner le dos à un pays si beau et revenir un jour, fier et peut-être riche, partir pour sauver sa peau, même en risquant de la perdre... Il y pense et ne comprend pas comment on en est arrivé là; cette obsession devient vite une malédiction. Il se sent persécuté, maudit et voué à sur¬vivre, sortant d’un tunnel pour déboucher dans une impasse.

Sortant d’un pub, Azel se fait tabasser par deux hommes à la solde de l’homme le plus puissant de Tanger. Le voyant en mauvais état, Miguel le ramasse et l’emmène dans sa voiture. Miguel est un mondain dans l’âme. Il adore les soirées où l’on fréquente des célébrités. Cela l’amuse et il en tire une certaine fierté. Il comprend qu’une aventure ou même une histoire sérieuse est possible. Il l’emmène chez lui à Barcelone avec un visa en bonne et due forme. Il aime la peau mate des Marocains, leur maladresse, mot qu’il utilise pour parler de leur ambiguïté sexuelle. Il aime leur disponibilité, qui marque l’inégalité dans laquelle les liens se tissent.

Ainsi, tantôt domestique le jour, tantôt amant la nuit. Habillé d’une façon quelconque pour faire le marché la journée, vêtu avec des habits de choix le soir pour le désir et l’acte sexuel. Nanti parmi les Moros sans papiers qui peuplent les bas quartiers de la cité catalane, voilà Azel, de jour comme de nuit, au service de Miguel. Bientôt, sa sœur Kenza vient le rejoindre. Miguel conclura avec elle un mariage blanc pour qu’elle reçoive également son visa. Pour ce faire, il se convertira à l’islam, ce qui facilitera également l’adoption de ses deux fils Halim et Halima. Mais, si cette dernière croque sa nouvelle vie avec voracité, le protégé de Miguel s'enfonce dans la désespérance. Il vole des objets de valeur à Miguel qui le chasse de chez lui. Azel prend conscience de sa condition de Moros et se tire.

Il devient alors indicateur de la police terroriste et meurt égorgé par les Frères musulmans comme un mouton à l’Aïd-el-Kébir.

Au cours du réc it pointent les grandes interrogations de ce siècle sur l'identité des peuples, les affres de l'exil, les relations entre le Nord et le Sud, les hommes et les femmes, l’islam.

Finalement, les exilés sont emportés par le vent du retour. Ils vont sans se poser de question, sans se demander ce qu’il leur arrive. Ils croient que le destin est là, les tirant vers la terre des origines, les ramenant vers le pays des racines, le destin qui s’est présenté à eux comme une sorte d’impératif, une parole non discutable, un temps hors du temps, une ascension vers le sommet d’une montagne, une belle promesse, un rêve scintillant, brûlant les étapes et dépassant l’horizon. Ils prennent la route et ont déjà oublié pourquoi ils ont émigré. Ils se dirigent vers le port. Là, une voix intérieure, une voix familière leur demande de monter dans un bateau baptisé Toutia, un bateau modeste où le capitaine a planté un arbre, en fleur et qui sent bon, un oranger ou un citronnier…

http://users.skynet.be/pierre.bachy/tahar_ben_jelloun_partir.html

[NB j'ai renommé le sujet "Tahar Ben Jelloun" (pour qu'on puisse parler d'autres livres de cet auteur et actualisé l'image qui n'apparaissait pas. Seb]
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rotko
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MessageSujet: Re: Tahar Ben Jelloun [Maroc]   Lun 05 Mar 2007, 11:51

Partir de Tahar Ben Jelloun, Gallimard

Le rêve des différents protagonistes de ce récit : trouver la belle vie en Europe, ou tout au moins fuir le Maroc où, même diplômés, ils n’ont aucun avenir professionnel, nul épanouissement amoureux possible.

Le départ n’est pourtant pas facile, et de mauvais présages laissent entendre les risques encourus : le naufrage à court terme sur les bateaux surchargés affrétés par des passeurs, mais c’est un pari qu’ils tentent, à moins de trouver une autre filière, plus légale mais aussi aléatoire, pour rejoindre l’Espagne.

Le début de ce roman m’a bien plu, mais au fur et à mesure de la lecture, je me disais que si un roman n’est pas un essai, il propose quand même un vision de l’auteur sur l’actualité.

Tahar Ben Jelloun fait certes intervenir des personnages de fiction, mais ceux-ci ou renvoient à des personnages réels et/ou à des personnages de ses récits comme Moha le fou, Moha le sage. Ce qui conduit à regarder de près la position de l’écrivain sur l’immigration.
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rotko
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MessageSujet: Re: Tahar Ben Jelloun [Maroc]   Lun 05 Mar 2007, 12:16

Partir de Tahar Ben Jelloun.

La critique du régime marocain est faite par les aspirants au départ : corruption à tous les niveaux, horizons bouchés, exploitation des faibles. Pourtant le volet social n’est guère développé, si on excepte le cas rapidement évoqué d’une décortiqueuse de crevettes. Ici les personnages ont fait des études et seraient susceptibles d‘exercer une profession convenable.

D’autre part, Tahar ben Jelloun fait la part belle à une sexualité proche de la prostitution, comme moyen de quitter le pays, voire de s’établir en Europe.

La désillusion des immigrés commence avec le racisme dont sont crédités les Espagnols.

J’ai trouvé que l’auteur ne prenait pas de risques dans son analyse, socialement peu approfondie. Certes il a critiqué le gouvernement marocain, par le truchement de ses personnages, mais le retour de ces derniers, qui coïncide avec la mort du Roi et l’avènement de son fils, n’autorise-t-elle pas de nouveaux espoirs ? - alors que les naufrages individuels des immigrés démontrent la vanité des illusions….

Bref, l’expédition elle-même du départ sur des coquilles de noix est banalisée : les Espagnols eux-mêmes, nous apprend un personnage, ont eu leur « patera » vers le Maroc sous Franco.

A la fin du livre j’ai l’impression que l’auteur a ménagé la chèvre et le chou en laissant le lecteur sur sa faim.
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Utopie
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MessageSujet: Re: Tahar Ben Jelloun [Maroc]   Lun 05 Mar 2007, 12:45

Il est facile de trouver son site mais je vous le donne quand même Tahar Ben Jelloun, on y trouve des chroniques intéressantes sur divers sujets dont certains ont été abordés sur le forum.
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rotko
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MessageSujet: Re: Tahar Ben Jelloun [Maroc]   Lun 05 Mar 2007, 16:34

je l'avais donné sur le fil que lisez-vous en mars, mais tu fais bien de redonner ici le site de tahar ben Jelloun.

je n'apprécie pas trop cette vision qui me semble opportune pour un changement de règne. Un courtisan n'agirait pas autrement.

Un récit sur l'immigration clandestine et les tribulations des déracinés reste à ecrire. Laurent Gaudé s'y est essayé avec Eldorado, mais ce n'est pas, selon mes sources, son meilleur livre. Il en convient dans un entretien où j'isole trois arguments

1)
Citation :
J’ai été un peu rattrapé par cette réalité-là parce que j’ai commencé à écrire le livre à la fin du mois d’août dernier. C’est à l’automne qu’on a commencé à réellement découvrir les images de l’assaut des barbelés des enclaves espagnoles au Maroc. C’était très présent au moment où j’ai commencé à écrire, donc j’ai eu envie d’intégrer aussi cet épisode-là au livre. C’est venu sur le tard

2 )
Citation :
[j'ai ]confronté pour la première fois mon écriture romanesque au monde contemporain.
Comment ces événements extérieurs nourrissent également un cheminement intérieur qui, même s’il est douloureux, est tout de même un enrichissement ?

3)
Citation :
Dans ‘Eldorado’, c’est ce sur quoi j’ai voulu travailler avec le personnage de Soleiman. Même si ce qu’il vit est très dur, on peut imaginer qu’il en ressortira un peu plus armé, un peu plus homme

Il faudrait lire ce roman, mais on voit déja des failles possibles dans lla construction et l'unité du projet (1), la volonté d'y voir une experience enrichissante (2), un optimisme de commande (3). Ce qui, sous réserve d'une lecture personnelle attentive, corrobore les impressions de plusieurs lecteurs. Mais chacun pourra juger sur pièces.
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rotko
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MessageSujet: Re: Tahar Ben Jelloun [Maroc]   Lun 05 Mar 2007, 19:44

Citation :
Ah ! si tu voyais, ma sœur, ce qui se passe dans les bas-fonds de cette ville, dans l’arrière-pays de ce pays,, tu n’en croirais pas tes yeux ! Si tu voyais comment on traite las espaldas mojadas, c’est comme ça qu’on nous appelle, nous qui avons réussi à passer entre les mailles du filet, ils ont raison, ça se voit qu’on a des épaules mouillées, nous sortons à peine de l’eau, l’eau de la mer ne s’en va pas, elle ne sèche pas, elle reste sur nos habits, sur notre peau ; las espaldas mojadas, voilà ce que nous sommes, avant, bien avant, on traitait les Italiens de ritals, les Espagnols d’espingouins ou de youpins, je ne sais plus, et nous ça n’a pas changé, nous sommes los Moros, les Zarabes, des Zarabes aux épaules mouillées, nous surgissons de la mer comme des monstres ou des fantômes !
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hoditta100
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MessageSujet: Partir de TAHAR BEN JELLOUN   Jeu 24 Jan 2008, 16:17

salut !! je prépare ma licence en littérature française !! j'ai choisi le dernier roman de tahar ben jelloun intitulé Partir !! vous pouvez m'aider ??
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Utopie
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MessageSujet: Re: Tahar Ben Jelloun [Maroc]   Jeu 24 Jan 2008, 16:27

Bonjour en faisant une recherche, il y a déjà un fil auquel ton message sera rattaché, personnellement je ne peux pas t'aider.

chapeau
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Nestor
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MessageSujet: Re: Tahar Ben Jelloun [Maroc]   Jeu 24 Jan 2008, 16:53

Tu as les deux comptes rendus au dessus.

bizarre que le fil porte le nom de hoddita alors que c'est pierre bachy qui l'a ouvert !

Pour le moment je n'ai pas réussi à ce que ce soit P.Bachy l'initiateur, c'est Nestor col
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Amadak
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MessageSujet: pour rotko et les grains de sel   Ven 25 Jan 2008, 21:26

je ne suis pas assez cultivée pour répondre sur tous les sujets dont vous parlez mes connaisances à vos còtés sont faibles,mais sachez que je lis tout ce que vous écrivez et c'est un plaisir énorme de pouvoir me contacter à la distance avec vous et apprendre toujours apprendre
. merci pour ètre là
Amadak
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rotko
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MessageSujet: Re: Tahar Ben Jelloun [Maroc]   Sam 26 Jan 2008, 06:42

je crois que tu as lu l'enfant des sables ?
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traversine
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MessageSujet: Re: Tahar Ben Jelloun [Maroc]   Sam 26 Jan 2008, 15:58

Je n'ai pas (encore) lu Partir, mais quelques autres. L'enfant des sables, La nuit sacrée... Et s'il en est un à recommander, pour moi, c'est Cette aveuglante absence de lumière, dont le titre, déjà, mérite une thèse de philosophie. Un livre remarquable sur les "années de plomb" au Maroc. L'histoire est basée sur des faits réels, ce qui laisse pantois. Cela raconte le quotidien d'hommes prisonniers dans des geoles souterraines, en plein désert... C'est fort. C'est profondément humain, dans la plus épouvantable et la plus merveilleuse acception du terme. L'Homme qui se révèle face à l'inimaginable...
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Amadak
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MessageSujet: amadak sur Tahar ben jelloun   Dim 27 Jan 2008, 17:05

Rotko tu as une bonne mémoire c'est vrai j'ai lu "l'enfant de sable" et "la nuit sacrée" ces deux livres m'ont fait connaìtre l'auteur qui m'a plu ,qui m'a fait voir un monde que je connaisais pas et celui dont j'ai vu le résumé est bien actuel et nous montre le deséspoir et l'angoisse de ceux qui cherchent un espoir ailleurs."partir" c'est un livre que je lirai .Une personne qui a fait un voyage à Paris m'a promis acheter "les disparus" de mendelshon"j'attendrais parcequ'ci c'est très cher
merci mes amitiés pour tous
Amadak
Louba
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Amadak
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MessageSujet: pour rotko et tous les grains qui analysent si bien le livre   Lun 04 Fév 2008, 00:14

amadak ,je suis de nouveau à lire et je m'etonne toujours de la qualité de vos réponses je passe des heures á lire et je ne m'ennuie jamais J' ai un article intéressant de Ernesto Sábato il se prète pou un débat ¿comment je dois faire pour l'envoyer?
bon soir merci à tous
amadak
Louba
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rotko
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MessageSujet: Re: Tahar Ben Jelloun [Maroc]   Lun 04 Fév 2008, 05:08

tu fais un copié collé sur ce fil. Si l'article est trop long, tu élimines ce qui est inutile ou secondaire, ou tu fais plusieurs messages. On verra bien, ne t'inquiète pas Wink
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Amadak
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MessageSujet: amadak réponse sur Tahar ben jelloun   Sam 09 Fév 2008, 18:30

VIVRE ENSEMBLE
AVEC NOS DIFFERENCES

Chaque visage est un miracle

Un enfant noir, à la peau noire, aux yeux noirs, aux cheveux crépus ou frisés, est un enfant.
Un enfant blanc, à la peau rose, aux yeux bleus ou verts, aux cheveux blonds et raides, est un enfant.
L’un et l’autre, le noir et le blanc, ont le même sourire quand une main leur caresse le visage, quand on les regarde avec amour et leur parte avec tendresse. Ils verseront les mêmes larmes si on les contrarie, si on leur fait mal.
L’enfance est ainsi ; elle est encore innocente. Elle garde en elle la vérité des choses. C’est une lumière. Il faut savoir la préserver, la protéger et la maintenir dans cette vérité que ne souillent ni mensonges ni trahison.
Ces deux enfants ont des couleurs de peau différentes, mais le même sang coule dans leurs veines.
Lorsque le Professeur Barnhart eut besoin d’un coeur à transplanter, ce fut un homme noir qui offrit le sien pour sauver la vie d’un blanc.
Peut-être que le cœur d’un voisin blanc n’aurait pas convenu. Seules les apparences physiques diffèrent. Dans chaque cage thoracique, un cœur bat ; il est irrigué par le sang ; le sang peur être diffèrent, peut être d’un autre groupe ; et pourtant il a la même couleur.
Un enfant ne naît pas raciste.
L’enfance est disponible aussi bien au rejet qu’à l’amour et l’amitié. L’enfant est incapable de violence et de méchanceté. Il suffit pour cela qu’on lui inculque des non-vérité comme par exemple: le Noir est inférieur au Blanc. L’Arabe est sale ; Le Juif est méchant.
Même étonné, l’enfant ne cherchera pas á rétablir la vérité. Il faut pour cela une contre-éducation. Lutter contre le racisme c’est commencer par démolir les préjugés, les jugements subjectifs sans fondement. Comment ? en montrant qu’ils ne tiennent pas, qu’ils sont stupides, irrationnels et dangereux. Ils peuvent: se retourner contre celui qui les utilise.
Tout se joue à l’école et aussi au foyer familial.
La nature ne peut créer des êtres identiques. Elle crée des différences ; la société transforme ces différences en inégalités qu’elle essaie de justifier par des lois et des règles qui ont l’apparence de la science.
Juste l’apparence. Rien d’autre.
Il n’existe pas deux visages absolument identiques. Chaque visage est un miracle. Parce qu’il est unique. Deux visages peuvent se ressembler ; ils ne seront jamais tout à fait les mêmes. La vie est justement ce miracle, ce mouvement permanent et changeant et qui ne reproduit jamais le même visage.
La race pure est impossible.
La vie vient du mélange des êtres et des couleurs. Si on veut garder une race totalement pure, l’humanité deviendra folle: elle me pourra plus se reproduire. Hitler a déjà tenté cette absurdité. Pour cela il a tué six millions de Juifs, de Gitans et s’il n’avait pas perdu la guerre, il aurait continué à exterminer tous les êtres qui n’appartiennent pas à cette race pure : les Arabes, les Noirs, les bruns, etc.
Son projet signifie l’élimination de l’humanité entière moins quelques très rares individus.
Le racisme peut mener à la folie la plus meurtrière. Absurde et bête. Ceux qui sont intelligents et racistes, en même temps sont dangereux car ils savant que leur attitude est basée sur quelque chose de faux.
La haine de celui qui est différent rabaisse celui qui l’exprime. Il croit que mépriser l’Autre est une victoire. C’est une bassesse.
Humilier celui qui ne peut se défendre est une lâcheté. Le racisme est une forme meurtrière de lâcheté.
N’oublions jamais qu’un visage est un miracle.
A chaque fois que nous sommes émus par un visage, c’est de l’amour qui nous est donné.
Vivre ensemble est une aventure ou l’amour. L’amitié est une belle rencontre avec ce qui n’est pas moi, avec ce qui est toujours différent de moi et qui m’enrichit.

Tahar ben Jelloun
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Seb
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MessageSujet: Re: Tahar Ben Jelloun [Maroc]   Lun 24 Mar 2008, 13:13

Sur ma mère


Tout d'abord, je dois dire que je ne suis d'habitude pas très sensible aux livres de Tahar Ben Jelloun, surtout ceux qui me semblent par trop exotiques comme La nuit sacrée, L'enfant de sable, etc. J'avais même arrêté de lire ses livres. Cependant, comme le thème de celui-ci m'intéressait, je me suis résolu à le lire.

Comme l'indique le titre, c'est un livre consacré à sa mère, qui est atteinte de cette maladie de la mémoire dont j'aimerais oublier le nom rhaa .

C'est un sujet qui a déjà été traité bien sûr, notamment par Annie Ernaux dans Une femme, mais l'approche de Ben Jelloun est beaucoup plus sentimentale il me semble. Là où Annie Ernaux tentait froidement de décortiquer les symptômes visibles sur sa mère, Ben Jelloun donne la parole à la sienne, il nous livre sa parole brute (avec son lot d'oublis, d'incohérences, de paranoïa, etc.) C'est une parole qui frise quelquefois la folie et pourtant, cette femme est terriblement attachante, dans ses excès mêmes. Bien que sans instruction, elle s'est bâtie un ensemble de valeurs, de croyances, tout un univers inspiré par la religion et la magie.

L'auteur analyse au passage le lien qui le relie à elle (et plus généralement tout fils à sa mère dans la société marocaine/arabe), un lien fait d'abnégation réciproque
Citation :
Au Maroc, on nous apprend, en même temps que l'amour de Dieu, le respect quasi religieux des parents. La pire des choses qui puisse arriver à un être est qu'il soit renié par ses parents [...] Nous devons à nos parents cette soumission qui peut paraître ridicule et inadmissible psychologiquement en Ocident.[...] C'est une éducation, une façon d'être avec ceux qui nous aiment. Cela n'empêche pas les conflits et les problèmes, mais avant tout, c'est l'amour qu'on cultive. De leur part, cet amour peut être excessif et possessif. Il peut être énervant et étouffant. Mais cela n'autorise pas le manque élémentaire de respect qui veut dire de l'affection et une sorte de soumission irrationnelle. Cela s'appelle l'amour filial.
mais aussi de pudeur...
Or du fait de cette pudeur, il y a tout un pan de la vie de sa mère qu'il ignorait, dont elle ne lui avait jamais parlé, et que les perturbations de la mémoire font resurgir à la surface. Le romancier extrait ces bribes pour tenter de reconstituer ce que fut la vie de sa mère. En ce sens et comme l'indique l'auteur sur le petit texte qu'il a écrit pour la 4ème de couv, ce livre est vraiment un roman.
A signaler également un parallèle intéressant avec la mère âgée d'un de ses amis occidentaux. Ben Jelloun ne juge pas, mais met en relief les différences entre les cultures.

Seb
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elsa12
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MessageSujet: Re: Tahar Ben Jelloun [Maroc]   Mar 06 Mai 2008, 07:32

Je viens de finir « La nuit sacrée », et j’ai trouvé un auteur différent, c’était la première fois, que je lisais un écrivain du Maroc, et j’ai imaginais le Maroc dans chaque ligne. La première part du livre, j’ai pu reconnaître les gens, les rues, les mœurs des pays arabes, cette manière de jouir de la vie, doucement, en calme. J’ai reconnu ce monde, de petites rues, en blanc et bleu ciel, un monde très loin du notre. Ça a était un voyage vers une autre culture, sur une autre façon de voir le monde, de vivre la vie. Le thé, les cafés, les hammans toutes ces choses si importantes dans la vie du nord de l’Afrique, et surtout le mélange des vies des uns avec les autres.

Par contre j’ai trouvé, la deuxième partie trop dure, noire, violente, cruelle envers les femmes. L’auteur montre un monde, ou les femmes ne sont rien, dont son destin appartient aux hommes. Un monde plein de restrictions pour les femmes, un monde d’hommes, ou les femmes finissent par se haïr unes aux autres.
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katie
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MessageSujet: Re: Tahar Ben Jelloun [Maroc]   Ven 09 Mai 2008, 18:22

Tahar Ben Jelloun a été élu nouveau juré Goncourt ainsi que Patrick Rambaud, en remplacement de François Nourissier et de Daniel Boulanger qui ont démissionné en début d'année.
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rotko
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MessageSujet: Re: Tahar Ben Jelloun [Maroc]   Dim 18 Mai 2008, 05:44

Le premier amour est toujours le dernier, de Tahar Ben Jelloun, au Seuil.
recueil de nouvelles



La nouvelle que j'ai entendue (un fait divers et d'amour) est l'histoire d'un chauffeur de taxi protecteur des faibles et laudateur de la sainte famille, qui n'est pas de taille face à la "perfidie" féminine : c'est moins sa naïveté qui est moquée que ses affectations de bien pensant et son goût pour se jucher sur un piedestal.

L'histoire est bien menée avec retournements de situation et chute en forme de gag final.
Cette nouvelle se prête bien à une lecture orale, on pourrait aussi en faire un scénario de sketch.
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MessageSujet: Re: Tahar Ben Jelloun [Maroc]   Jeu 25 Juin 2009, 19:49

rotko a écrit:
Le premier amour est toujours le dernier, de Tahar Ben Jelloun, au Seuil.
recueil de nouvelles

J'ai lu et relu pas mal de livres de cet auteur, c'est mon auteur marocain preferé, parmi ceux que j'ai vraiment aimé, il y a
Partir
La nuit de l'erreur
L'enfant du sable
Reclusion solitaire
Jour de silence à Tanger
L'homme rompu
Eloge de l'amitié
Les yeux baissés
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Seb
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MessageSujet: Re: Tahar Ben Jelloun [Maroc]   Jeu 25 Juin 2009, 21:07

Neblina a écrit:
J'ai lu et relu pas mal de livres de cet auteur, c'est mon auteur marocain preferé, parmi ceux que j'ai vraiment aimé, il y a
Partir
....

Merci Neblina, voudrais-tu nous parler un peu de "Partir" (ou d'un autre parmi ceux que tu as aimés) ?

_________________
"Les écrivains brefs – phrases courtes, livres minces – ont aujourd’hui les faveurs du public qui, à n'en pas douter, les aimerait davantage encore s’ils n’écrivaient vraiment rien." (Eric Chevillard)
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Harelde
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MessageSujet: Re: Tahar Ben Jelloun [Maroc]   Ven 26 Juin 2009, 07:06

Seb a écrit:
Neblina a écrit:
J'ai lu et relu pas mal de livres de cet auteur, c'est mon auteur marocain preferé, parmi ceux que j'ai vraiment aimé, il y a
Partir
....

Merci Neblina, voudrais-tu nous parler un peu de "Partir" (ou d'un autre parmi ceux que tu as aimés) ?
C'est à Partir que les premiers messages de ce fil sont consacrés. En détail !
Auteur que j'aimerai découvrir à l'occasion d'une lecture commune ou accompagnée...
Cool
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Seb
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MessageSujet: Re: Tahar Ben Jelloun [Maroc]   Sam 27 Juin 2009, 06:35

Harelde78 a écrit:
Seb a écrit:
Merci Neblina, voudrais-tu nous parler un peu de "Partir" (ou d'un autre parmi ceux que tu as aimés) ?
C'est à Partir que les premiers messages de ce fil sont consacrés. En détail !

c'est vrai, je ne m'en souvenais plus! Embarassed
d'un autre côté, vu que Neblina a inscrit ce livre parmi ses préférés, ce serait intéressant d'avoir son point de vue

_________________
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Neblina
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MessageSujet: Re: Tahar Ben Jelloun [Maroc]   Dim 28 Juin 2009, 14:16

Seb a écrit:
Harelde78 a écrit:
Seb a écrit:
Merci Neblina, voudrais-tu nous parler un peu de "Partir" (ou d'un autre parmi ceux que tu as aimés) ?
C'est à Partir que les premiers messages de ce fil sont consacrés. En détail !

c'est vrai, je ne m'en souvenais plus! Embarassed
d'un autre côté, vu que Neblina a inscrit ce livre parmi ses préférés, ce serait intéressant d'avoir son point de vue

Salut,
Oui effectivement, dans son roman "partir" Tahar nous parle du desespoir des jeunes de Tanger qui passent leur temps face à la mer admirant l'autre côté et rêvant d'y aller pour sortir de la misére et de cette société hypocrite, le principal personnage se vera humilié et aprés, résigné à une relation loin d'être approuvée par la religion ou par les tarditions juste pour avoir sa carte de résidence, comment ce changement lui ménera à sa persition, et commaent les arabes et les marocains survivent dasn un occident se niant à les acueillir et refusant leur différence culturelle
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MessageSujet: Re: Tahar Ben Jelloun [Maroc]   

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Tahar Ben Jelloun [Maroc]
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