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 L'amour, la poésie

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rotko
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MessageSujet: L'amour, la poésie   Jeu 23 Fév 2006, 17:31

Sur ce fil, on pourrait regrouper des poèmes d'amour. vous en connaissez au moins ? Wink
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rotko
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MessageSujet: Re: L'amour, la poésie   Jeu 23 Fév 2006, 17:37

Ton ventre doux comme la neige
Tes mains plus douces que tes mains
Toutes les mains renouvelées
Un seul instant entre les tiennes
Belle d'avoir toute beauté
Dans la douleur qui accompagne
Tes pleurs aux nôtres confondus
Ta joie plus forte que nos cris
Calme poitrine que décorent
La racine la flamme nue
Plus désirée d'être conquise
Tu dissimules tes oiseaux
Toi seule aidée de tes caresses
Tu me protèges tu me vêts.


Eugène Guillevic.


Dernière édition par le Jeu 23 Fév 2006, 17:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'amour, la poésie   Jeu 23 Fév 2006, 17:37

La double pêche de tes seins
Dans la coupe de la journée
Voici que ton ventre se lève
Entre les branches du figuier
Que la chambre se met à battre
Comme une tempe délicate
Et qu’un versant du ciel inonde
Etendue la plus belle au monde
sous ta douce main déroulée
Pareille aux crosses des fougères
Pénétrerai-je le mystère
D’une chair a l‘âme gagnée
Comme une eau très fraîche qu’on tire
Avec lenteur du fond du puits
Tu te recouvres d’une buée
Qui dissimule ton sourire
Mes doigts possèdent le secret
De t’éveiller de t’épanouir
De te perdre avant de dormir
Comme une enfant dans la forêt.

R.G Cadou "Hélène ou le règne végétal"
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MessageSujet: Re: L'amour, la poésie   Jeu 23 Fév 2006, 17:56

Je t'aime
Je t'aime pour toutes les femmes que je n'ai pas connues
Je t'aime pour tous les temps où je n'ai pas vécu
Pour l'odeur du grand large et l'odeur du pain chaud
Pour la neige qui fond pour les premières fleurs
Pour les animaux purs que l'homme n'effraie pas
Je t'aime pour aimer
Je t'aime pour toutes les femmes que je n'aime pas

Qui me reflète sinon toi-même je me vois si peu
Sans toi je ne vois rien qu'une étendue déserte
Entre autrefois et aujourd'hui
Il y a eu toutes ces morts que j'ai franchies sur de la paille
Je n'ai pas pu percer le mur de mon miroir
Il m'a fallu apprendre mot par mot la vie
Comme on oublie

Je t'aime pour ta sagesse qui n'est pas la mienne
Pour la santé
Je t'aime contre tout ce qui n'est qu'illusion
Pour ce coeur immortel que je ne détiens pas
Tu crois être le doute et tu n'es que raison
Tu es le grand soleil qui me monte à la tête
Quand je suis sûr de moi.

ELUARD
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MessageSujet: Re: L'amour, la poésie   Jeu 23 Fév 2006, 18:09

Aimons toujours ! Aimons encore !...
Aimons toujours ! Aimons encore !
Quand l'amour s'en va, l'espoir fuit.
L'amour, c'est le cri de l'aurore,
L'amour c'est l'hymne de la nuit.

Ce que le flot dit aux rivages,
Ce que le vent dit aux vieux monts,
Ce que l'astre dit aux nuages,
C'est le mot ineffable : Aimons !

L'amour fait songer, vivre et croire.
Il a pour réchauffer le coeur,
Un rayon de plus que la gloire,
Et ce rayon c'est le bonheur !

Aime ! qu'on les loue ou les blâme,
Toujours les grand coeurs aimeront :
Joins cette jeunesse de l'âme
A la jeunesse de ton front !

Aime, afin de charmer tes heures !
Afin qu'on voie en tes beaux yeux
Des voluptés intérieures
Le sourire mystérieux !

Aimons-nous toujours davantage !
Unissons-nous mieux chaque jour.
Les arbres croissent en feuillage ;
Que notre âme croisse en amour !

Soyons le miroir et l'image !
Soyons la fleur et le parfum !
Les amants, qui, seuls sous l'ombrage,
Se sentent deux et ne sont qu'un !

Les poètes cherchent les belles.
La femme, ange aux chastes faveurs,
Aime à rafraîchir sous ses ailes
Ces grand fronts brûlants et réveurs.

Venez à nous, beautés touchantes !
Viens à moi, toi, mon bien, ma loi !
Ange ! viens à moi quand tu chantes,
Et, quand tu pleures, viens à moi !

Nous seuls comprenons vos extases.
Car notre esprit n'est point moqueur ;
Car les poètes sont les vases
Où les femmes versent leur coeurs.

Moi qui ne cherche dans ce monde
Que la seule réalité,
Moi qui laisse fuir comme l'onde
Tout ce qui n'est que vanité,

Je préfère aux biens dont s'enivre
L'orgueil du soldat ou du roi,
L'ombre que tu fais sur mon livre
Quand ton front se penche sur moi.

Toute ambition allumée
Dans notre esprit, brasier subtil,
Tombe en cendre ou vole en fumée,
Et l'on se dit : " Qu'en reste-t-il ? "

Tout plaisir, fleur à peine éclose
Dans notre avril sombre et terni,
S'effeuille et meurt, lis, myrte ou rose,
Et l'on se dit : " C'est donc fini ! "

L'amour seul reste. O noble femme
Si tu veux dans ce vil séjour,
Garder ta foi, garder ton âme,
Garder ton Dieu, garde l'amour !

Conserve en ton coeur, sans rien craindre,
Dusses-tu pleurer et souffrir,
La flamme qui ne peut s'éteindre
Et la fleur qui ne peut mourir !

VICTOR HUGO
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Provence
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MessageSujet: Re: L'amour, la poésie   Jeu 23 Fév 2006, 20:59

Sarah
Paroles de Georges Moustaki
Chantée par Serge Reggiani

La femme qui est dans mon lit
N'a plus vingt ans depuis longtemps
Les yeux cernés par les années
Par les amours au jour le jour
La bouche usée par les baisers
Trop souvent, mais trop mal donnés
Le teint blafard malgré le fard
Plus pâle qu'une tache de lune

La femme qui est dans mon lit
N'a plus vingt ans depuis longtemps
Les seins si lourds de trop d'amour
Ne portent pas le nom d'appats
Le corps lassé trop caressé
Trop souvent, mais trop mal aimé
Le dos voûté semble porter
Des souvenirs qu'elle a dû fuir

La femme qui est dans mon lit
N'a plus vingt ans depuis longtemps
Ne riez pas, n'y touchez pas
Gardez vos larmes et vos sarcasmes
Lorsque la nuit nous réunit
Son corps, ses mains s'offrent aux miens
Et c'est son cœur couvert de pleurs
Et de blessures.....qui me rassure
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MessageSujet: Re: L'amour, la poésie   Jeu 23 Fév 2006, 23:56

L'original est toujours tellement plus beau...

Cuerpo de mujer, blancas colinas, muslos blancos,
te pareces al mundo en tu actitud de entrega.
Mi cuerpo de labriego salvaje te socava
y hace saltar el hijo del fondo de la tierra.


Fui solo como un túnel. De mí huían los pájaros
y en mí la noche entraba su invasión poderosa.
Para sobrevivirme te forjé como un arma,
como una flecha en mi arco, como una piedra en mi honda.


Pero cae la hora de la venganza, y te amo.
Cuerpo de piel, de musgo, de leche ávida y firme.
Ah los vasos del pecho! Ah los ojos de ausencia!
Ah las rosas del pubis! Ah tu voz lenta y triste!


Cuerpo de mujer mía, persistiré en tu gracia.
Mi sed, mi ansia sin límite, mi camino indeciso!
Oscuros cauces donde la sed eterna sigue,
y la fatiga sigue, y el dolor infinito.

Pablo Neruda

Une traduction:

Corps de femme, blanches collines, cuisses blanches,
l'attitude du don te rend pareil au monde.
Mon corps de laboureur sauvage, de son soc
a fait jaillir le fils du profond de la terre.


je fus comme un tunnel. Déserté des oiseaux,
la nuit m'envahissait de toute sa puissance.
pour survivre j'ai dû te forger comme une arme
et tu es la flèche à mon arc, tu es la pierre dans ma fronde.


Mais passe l'heure de la vengeance, et je t'aime.
Corps de peau et de mousse, de lait avide et ferme.
Ah! le vase des seins! Ah! les yeux de l'absence!
ah! roses du pubis! ah! ta voix lente et triste!


Corps de femme, je persisterai dans ta grâce.
Ô soif, désir illimité, chemin sans but!
Courants obscurs où coule une soif éternelle
et la fatigue y coule, et l'infinie douleur.
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MessageSujet: Re: L'amour, la poésie   Jeu 23 Fév 2006, 23:59

Et la fameuse chanson interprétée par Edith Piaf:

L'hymne à l'amour

Le ciel bleu sur nous peut s'effondrer
Et la terre peut bien s'écrouler
Peu m'importe si tu m'aimes
Je me fous du monde entier.
Tant qu'l'amour inond'ra mes matins
Tant que mon corps frémira sous tes mains
Peu m'importe les problèmes
Mon amour puisque tu m'aimes.

J'irais jusqu'au bout du monde,
Je me ferais teindre en blonde,
Si tu me le demandais.
J'irais décrocher la lune,
J'irais voler la fortune,
Si tu me le demandais .
Je renierais ma patrie,
Je renierais mes amis,
Si tu me le demandais.
On peut bien rire de moi
Je ferais n'importe quoi
Si tu me le demandais.

Si un jour la vie t'arrache à moi,
Si tu meurs que tu sois loin de moi,
Peu m'importe si tu m'aimes,
Car moi je mourrais aussi.
Nous aurons pour nous l'éternité
Dans le bleu de toute l'immensité,
Dans le ciel plus de problèmes
Mon amour crois-tu qu'on s'aime
Dieu réunit ceux qui s'aiment.
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MessageSujet: Re: L'amour, la poésie   Ven 24 Fév 2006, 11:36

Elégie XIX : Going to bed
(je préfère le titre original à sa traduction : Le coucher de sa maîtresse)
John Donne (Elégies ) traduit par J. Fuzier et Y. Denis - Poésie/Galimard

Madame, allons ! la fièvre du labeur m'empoigne,
Et je meurs de besoin si je ne m'embesoigne !
L'ennemi qui souvent aperçoit l'ennemi
Sans jamais l'engager n'est plus tant affermi,
Otez cette ceinture, heureuse galaxie
De l'astre le plus beau de la cosmographie ;
Dégrafez maintenant l'éclatant corselet
Où s'arrête des sots le regard indiscret ;
Délacez-vous : cette musique ensorceleuse
M'annonce du coucher l'heure délicieuse.
Otez ce busc heureux que toujours j'envierai
De demeurer si calme en demeurant si près.
Votre robe enlevée évoque la féérie
De l'ombre abandonnant la campagne fleurie.
Otez ce tortil roide, et que brille à mes yeux
Le diadème seul de vos souples cheveux.
Et maintenant, pieds nus, et d'un pas peu farouche,
Pénétrez dans le temple, en cette molle couche.
C'est dans ce blanc linon que les Anges, jadis,
Aux homme paraissaient. Le divin Paradis
Qui partout t'accompagne est celui du Prophète ;
S'il arrive qu'un Noir Esprit de blanc se vète,
Il n'est point malaisé de percer son faux air :
Il peut bien faire arcer le poil, mais pas la chair.
Laisse, laisse quêter ma main buissonnière
Par-dessus, par-dessous, entre, devant, derrière !
Terre-Neuve ! Amérique ! ô ma possession,
Qu'un seul homme garnit mieux qu'une garnison !
Ma mine de pierres précieuses, mon Empire,
Dont l'exploration m'est bienheureux délire !
A qui entre ces noeuds liberté point ne faut : Donc où j'ai mis la main j'apposerai mon sceau.
Totale nudité, toutes joies te sont dues !
Il n'est qu'âmes sans chair et que chairs dévêtues
Pour jouir pleinement, femmes, vos affiquets
Sont pommes d'Atalante, offertes aux benêts,
Dont les yeux allumés de terrestre appétence,
Convoitant l'attribut, négligent la substance.
Tableau, libre profane et richement relié.
De la Femme tel est l'aspect séculier.
Mais en Livre Mystique elle ne doit paraître,
Faire honneur de la grâce imputée à son être,
Qu'à nous seuls. Aussi bien, pour mon enseignement,
Comme à la sage-femme, offre-toi, largement.
Ote, ôte ce lin candide ! La pénitence
Ici n'est pas de mise, encor moins l'inoncence.
Regarde, je suis nu. Je ne vois pas pourquoi
Tu te voudrais couvrir d'autre chose que moi.


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MessageSujet: Re: L'amour, la poésie   Ven 24 Fév 2006, 11:43

To wait an Hour - is long -
If Love be just beyond -
To wait Eternity - is short -
If Love reward the end -

Emily Dickinson

Je vous propose la traduction de Claire Malroux, dans l'édition bilingue Poésie/Gallimard, des Quatrains de l'auteur :

Attendre une Heure - est long -
Si l'amour est en vue -
Attendre l'Eternité - est bref -
Si l'Amour est au bout -
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MessageSujet: Re: L'amour, la poésie   Ven 24 Fév 2006, 13:26

Toujours l'amour

Sous les lueurs des plantes rares
les joues roses des cerisiers
les diamants de la distance
Et les perles dont elle se pare
Sous les lustres des flaques tièdes
A travers la campagne hachée
A traverse les sommeil tranchés
A travers l'eau et les ornières
les pelouses des cimetières
A travers toi
Au bout du monde
Le monde couru pas à pas
Ton amour sous la roue du soir
A peine la force de ce geste de désespoir
A peine l'eau ridée sur le cours de ton sein
Contre le parapet fragile du destin
J'aime ces flocons blancs de la pensée perdue
dans le vent de l'hiver et le printemps mordu
Mon esprit délivré de ces chaînes anciennes
Et que la rouille a dénouées
Pour me serrer plus fort aujourd'hui dans les tiennes.

Pierre Reverdy - Sources du Vent (Poésie/Gallimard)
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rotko
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MessageSujet: Re: L'amour, la poésie   Sam 25 Fév 2006, 11:02

J'ai tant rêvé de toi

J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant
Et de baiser sur cette bouche la naissance
De la voix qui m'est chère?

J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués
En étreignant ton ombre
A se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas
Au contour de ton corps, peut-être.
Et que, devant l'apparence réelle de ce qui me hante
Et me gouverne depuis des jours et des années,
Je deviendrais une ombre sans doute.
O balances sentimentales.

J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps
Sans doute que je m'éveille.
Je dors debout, le corps exposé
A toutes les apparences de la vie
Et de l'amour et toi, la seule
qui compte aujourd'hui pour moi,
Je pourrais moins toucher ton front
Et tes lèvres que les premières lèvres
et le premier front venu.

J'ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé,
Couché avec ton fantôme
Qu'il ne me reste plus peut-être,
Et pourtant, qu'a être fantôme
Parmi les fantômes et plus ombre
Cent fois que l'ombre qui se promène
Et se promènera allègrement
Sur le cadran solaire de ta vie.


Robert Desnos, "Corps et biens".
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MessageSujet: Re: L'amour, la poésie   Mar 28 Fév 2006, 10:16

Provence a écrit:
Elégie XIX : Going to bed
(je préfère le titre original

oui, oui, le titre original ! I love you
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MessageSujet: Re: L'amour, la poésie   Mar 28 Fév 2006, 10:17

Ballade du dernier amour de Charles Cros

Amours heureux ou malheureux,
Lourds regrets, satiété pire,
Yeux noirs veloutés, clairs yeux bleus,
Aux regards qu'on ne peut pas dire,
Cheveux noyant le démêloir
Couleur d'or, d'ébène ou de cuivre,
J'ai voulu tout voir, tout avoir
Je me suis trop hâté de vivre.

Je suis las. Plus d'amour. Je veux
Vivre seul, pour moi seul d'écrire
Jusqu'à l'odeur de tes cheveux,
Jusqu'à l'éclair de ton sourire,
Dire ton royal nonchaloir,
T'évoquer entière en un livre
Pur et vrai comme ton miroir,
Je me suis trop hâté de vivre.

En tes bras j'espérais pouvoir
Attendre l'heure qui délivre ;
Tu m'as pris mon tour. Au revoir.
Je me suis trop hâté de vivre.
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MessageSujet: Re: L'amour, la poésie   Jeu 30 Mar 2006, 22:00

Oui, j'en connais un que semble avoir repris en partie Lavilliers, le chanteur:


Le passé qui survit


Je laisserai le lit comme elle l'a laissé, défait et rompu, les draps emmêlés, *afin que la forme de son corps reste empreinte à côté du mien.

Jusqu'à demain, je n'irai plus au bain, je ne porterai pas de vêtements et je ne peignerai pas mes cheveux, de peur d'effacer les caresses.

Ce matin, je ne mangerai pas, ni ce soir, et sur mes lèvres, je ne mettrai ni rouge ni poudre, afin que son baiser demeure.

Je laisserai les volets clos et je n'ouvrirai pas la porte, de peur que le souvenir resté ne s'en aille avec le vent.


LVII La Chanson de Bilitis Pierre Louÿs


ps: reprise Lavilliers:
"Je laisserai le lit comme elle l'a laissé, défait et rompu, les draps emmêlés
Afin que la lumière retienne
Son ombre nue dans les persiennes..."

Jolie mystification cette Bilitis, un personnage tout de go inventé par un Pierre Louÿs de 24 ans et qui a fait croire que la jeune grecque avait rééllement vécu.
A dire vrai, à part les niaiseries érotico-saphiques que pouvait photographier David Hamilton il y a de cela 30 ans (ces jeunes grâces toutes blondes et longilignes saisies dans une sensualité brumeuse), je ne m'étais jamais penchée sur cet ouvrage. J'ai donc commencé aujourd'hui.
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MessageSujet: Re: L'amour, la poésie   Ven 31 Mar 2006, 11:15

De pierre Louys, il ya aussi les aventures du roi pausole, conte libertin mis en musique par Honegger.

On chuchote dans les milieux informés que le grand Eunuque aurait eu pour modèle André Gide....
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MessageSujet: Re: L'amour, la poésie   Ven 19 Mai 2006, 11:23

Il n'y a pas d'amour heureux

--------------------------------------------------------------------------------

Rien n'est jamais acquis à l'homme Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce


Il n'y a pas d'amour heureux

Sa vie Elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu'on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qu'on retrouve au soir désoeuvrés incertains
Dites ces mots Ma vie Et retenez vos larmes


Il n'y a pas d'amour heureux

Mon bel amour mon cher amour ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi les mots que j'ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent


Il n'y a pas d'amour heureux

Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson
Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare


Il n'y a pas d'amour heureux

Il n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit flétri
Et pas plus que de toi l'amour de la patrie
Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs


Il n'y a pas d'amour heureux
Mais c'est notre amour à tous les deux


Louis Aragon (La Diane Francaise, Seghers 1946)
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MessageSujet: Re: L'amour, la poésie   Ven 19 Mai 2006, 11:59

Tu es arrivée dans ma famine, tu as posé
ton corps dans le chant de mes mains,
couverte d'une ombre que j'ai saisie à flanc
là, où depuis des années j'attendais.
Mon apparence se dénouait,
c'était un jour comme les autres,
mais la lumière était plus pure.
Le livre que tu as ouvert n'est pas encore écrit.
Dans la chambre, ton dos a laissé
une empreinte que je nefface jamais.
Je ne fais plus le lit, son désordre me reçoit,
à découvert, comme une bête craintive
dans l'inachevé de ton dieu clair.

Dominique Sampiero
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MessageSujet: Re: L'amour, la poésie   Ven 19 Mai 2006, 12:02

J'ai le coeur

J'ai le coeur si plein de joie
Qu'il transmue Nature ;
Le gel me semble fleur blanche,
vermeille et dorée.
Avec le vent et la pluie
Mon bonheur s'accroît ;
C'est pourquoi mon Prix s'exalte
Et mon chant s'épure.
J'ai tant d'amour au coeur
De joie et de douceur
Que frimas est une fleur
et neige, verdure.

Bernard de ventadour (XIIème siècle)
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MessageSujet: Re: L'amour, la poésie   Ven 19 Mai 2006, 12:08

A ANNE POUR BAISER

Anne je vous en supplie, à baiser aprennez,
A baiser aprennez, Anne, je vous supplie,
Car parmi les plaisirs qu'en amour on publie,
Les baisers sont divins quand ils sont bien donnez.

Je suis, et comme moi plusieurs sont étonnez,
Ayant ainsi la bouche en beautés acomplie,
Et de si bonne odeur l'ayant ainsi remplie,
Qu'à baiser un peu mieux vous ne vous adonnez.

Ce n'est pas tout que d'être ensemble bec à bec,
Les lèvres se pressant d'un baiser toujours sec,
Il faut que l'une langue avec l'autre s'assemble,

Ores à son ami doucement la donnant,
Ores de son ami doucement la prenant,
La suçant, étreignant, et mordant tout ensemble.

Olivier de Magny (1529-1561)

Les trois poèmes ci-dessus sont extraits de la revue Poésie 1/Vagabondages, n° 2, juin 1995.
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MessageSujet: Re: L'amour, la poésie   Ven 19 Mai 2006, 17:40

Provence, le poète que tu viens de poster me fait repenser à celui-ci, de Pierre de Ronsard:

Quand au temple nous serons

Quand au temple nous serons
Agenouillés, nous ferons
Les dévots selon la guise
De ceux qui pour louer Dieu
Humbles se courbent au lieu
Le plus secret de l'église.

Mais quand au lit nous serons
Entrelacés, nous ferons
Les lascifs selon les guises
Des amants qui librement
Pratiquent folâtrement
Dans les draps cent mignardises.

Pourquoi donque, quand je veux
Ou mordre tes beaux cheveux,
Ou baiser ta bouche aimée,
Ou toucher à ton beau sein,
Contrefais-tu la nonnain
Dedans un cloître enfermée ?

Pour qui gardes-tu tes yeux
Et ton sein délicieux,
Ta joue et ta bouche belle ?
En veux-tu baiser Pluton
Là-bas, après que Charon
T'aura mise en sa nacelle ?

Après ton dernier trépas,
Grêle, tu n'auras là-bas
Qu'une bouchette blêmie ;
Et quand mort, je te verrais
Aux Ombres je n'avouerais
Que jadis tu fus m'amie.

Ton teint n'aura plus de peau,
Ni ton visage si beau
N'aura veines ni artères :
Tu n'auras plus que les dents
Telles qu'on les voit dedans
Les têtes des cimetieres.

Donque, tandis que tu vis,
Change, maîtresse, d'avis,
Et ne m'épargne ta bouche :
Incontinent tu mourras,
Lors tu te repentiras
De m'avoir été farouche.

Ah, je meurs ! Ah, baise-moi !
Ah, maîtresse, approche-toi !
Tu fuis comme faon qui tremble.
Au moins souffre que ma main
S'ébatte un peu dans ton sein,
Ou plus bas, si bon te semble.

Ce poème a été mis en musique et chanté par Guy Béart.
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rotko
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MessageSujet: Re: L'amour, la poésie   Mar 23 Mai 2006, 06:31

PARLEZ-MOI D'AMOUR


" Afin que vif et mort ton corps ne soit que roses. "
Pierre DE RONSARD



Je la vis pour la première fois en quatre-vingt-trois.
Marie-Jeanne, c'était son nom,
et elle raffolait de parfums.
Elle habitait avec un mainate,
imitateur magistral de sa sonnette,
possédait un poisson dans un bocal
et rien d'autre : sinon des parfums.
Une fois la trentaine venue, il lui arriva de croire,
généralement le premier dimanche du mois,
qu'elle puait au dedans, d'une puanteur pernicieuse,
comme si son âme était moisie.
Alors, elle s'envoyait une petite gorgée.

Elle était si maigre, la peau sur les os,
mais voulait régner jusque dans sa carcasse
et embaumer de la tête aux pieds,
bien qu'uniquement dans son intériorité.
Elle se lavait à peine,
et sa chambre de quatre sur cinq, de même :
ça faisait un bail qu'elle ne l'astiquait plus.
Le dehors n'en valait pas la chandelle.

Elle buvait de préférence Paloma Picasso,
car ça faisait chic, vachement chic.
Civilisée, elle l'était, Marie-Jeanne :
elle avait lu Rousseau, et Voltaire,
toute sa jeunesse absolument convaincue
que chacun est bon par nature
dans le meilleur des mondes possibles.

Naturellement, il y avait eu des amants,
des mecs le plus souvent ne valant pas tripette,
mais un surtout dont un bête petit portrait
ornait encore son buffet.
C'était Joey à la casquette
de base-ball, qui l'avait affreusement empaumée,
l'un ou l'autre dimanche infect,
avec l'une ou l'autre poule tout aussi infecte.

Voici comment elle avait rencontré Joey. Un soûlot
avait d'un jet puissant et de sa plus belle écriture
pissé dans la neige les lettres Aï luv you,
juste devant sa porte. Pissé, oui monsieur !
Et c'était Joey à la casquette de base-ball.

Une voisine, plus tard, la tenait à l'œil.
Le plus souvent ce premier dimanche, au crépuscule,
les sirènes venaient, l'emmenaient
- sirènes de la mer, comme elle disait -
sur l'autre rive de La Lys nauséabonde :
vers cette clinique où c'était toujours dimanche,
toute la semaine, pour Marie-Jeanne,
madone du dimanche.

C'était fin quatre-vingt-trois, je me souviens,
parce que je suis assez fou pour retenir
qui meurt, où et quand :
cette année-là mon père, ma mère, et quelque part à Paris
- le jour de la Saint-Nicolas - Lucienne Boyer
autrefois adulée pour Parlez-moi d'amour.
Alors, dans un hall de jeux, je vis Marie-Jeanne,
hurlant des injures délirantes au jackpot.
Elle portait une jupe trop ample,
une blouse à travers laquelle on pouvait reluquer
d'un œil impie des nichons trop longtemps
et trop égoïstement suçotés.
Un regard du genre L'amour ? Ne m'en parlez pas.

Mai pourtant revint, moins de six mois plus tard,
la plupart des lys n'étaient pas encore en fleurs,
et j'apportai des fleurs à la clinique.
Mais elle ? Elle trouvait que les fleurs sentent mauvais,
surtout les lys, oui même les gens, surtout les hommes.
Moi aussi par conséquent. Elle ne m'aimait pas,
mais, peu après, réussit pourtant toujours à me trouver.

Elle avait tout juste trente ans, Marie-Jeanne,
lorsqu'elle avala sa première petite gorgée.
Elle y prit aussitôt plaisir.

Quatre-vingt-cinq, quatre-vingt-six, quatre-vingt-huit
et pendant toutes ces années je ne la vis plus.
Mais soudain, en l'an quatre-vingt-dix :
elle était là, de nouveau devant ce louche Jack,
madone débraillée avec un mégot,
tiraillant furieusement une manette
comme si le louche Jack était son Joey.
Foutez-moi la paix, nom de Dieu,
je fais de moi ce que je veux.
Il n'était plus question d'embaumer.
Tout le possible, elle l'avait eu
et rien de ce qu'elle avait voulu :
rien qu'un mainate dans une cage,
rien qu'un poisson dans un bocal,
un fantôme, captif dans une bouteille. S'échapper,

voilà ce qu'elle voulait, et apprendre à voler,
s'extirper de sa carcasse, libre
sur des ailes immaculées.
Elle mit sa plus belle robe d'été
bien qu'on fût au cœur de l'hiver,
et sortit avec un flacon de Paloma Picasso.

Non pas qu'elle voulût mourir déjà, à tout prix,
elle ne voulait pas savoir ce qu'elle devait devenir,
simplement s'ôter d'elle-même :
une petite tache sur une robe impeccable.
Et si elle ne pouvait pas voler : nager.
Et si elle ne pouvait pas nager : flotter.

Des témoins à l'âme poétique dirent :
elle flottait sur l'eau tel un lys,
toute gonflée et pourtant légère comme une plume
sur cette eau nauséabonde de La Lys.
Un original prétendit qu'elle planait.
Ah, Marie-Jeanne, madone du dimanche,
j'en suis sûr et certain : elle embaumait à nouveau.

Je ne suis plus allé la voir, là où elle repose à présent,
mais une seule fois, par une nuit abominable,
passablement éméché, juste devant la maison
où était autrefois sa chambre,
dans la neige j'ai pissé Aï luv you.
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rotko
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MessageSujet: Re: L'amour, la poésie   Mar 23 Mai 2006, 06:36

Le poème ci-dessus vient de

http://www.francisdannemark.be/livre.php?id=81

Luuk Gruwez, Poèmes dissolus, poèmes (édition bilingue), Le Castor Astral, coll. " Escales du Nord ", traduits par Marnix Vincent, septembre 2005.

Dans son œuvre, Luuk Gruwez ne craint pas les grands sentiments : sa poésie est un plaidoyer pour la sensualité, pour le courage d'être extravagant, pour le culot émotionnel, pour le lyrisme.

Poèmes dissolus propose, en édition bilingue, une sélection des meilleurs poèmes de Luuk Gruwez.

et un autre poème SPEECH, dont je donne que le debut

Citation :
C'est le néerlandais qui m'a pillé
et qui - entre déchets, débris et gravats -
m'a piétiné, torturé et broyé, jusqu'à
me faire oublier lequel de mes moi j'étais
.

la suite est ici
http://www.chemindemots.be/page3/page3.html
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loupiote
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MessageSujet: UN GRAND AMOUR   Mer 24 Mai 2006, 16:17

puisque tu aimes les poètes belges dans leurs déclarations d'amour, rotko, je t'en donne un autre :

Je te dis merde ma chérie
ma précieuse
mon amour
mon épouse
mon éponge
ma dulcinée

Je te dis merde mon espionne
mon infirmière
ma salaupe
ma déesse
mon moustique

Je te dis merde mon Egérie
mon élégie
ma compagne de déréliction
ma soeur en diable
ma chère incomparable
ainsi qu'à toutes les métamorphoses

Je te dis merde en vingt langues étrangères
je te dis merde dans le jeu
en poésie
en rêverie
en ma philosophie

Je te dis merde dans ma solitude
en inquiétude
en aventure
en mes luxures

Je te dis merde dans mes maladies
en mes vieux jours
en ma fidélité
en état de malédiction

Je te dis merde à toute épreuve
à pied et en hélicoptère
je te dis merde au nom de l'anarchie
je te dis merde à cheval et en patins à glace
je te dis merde et ça porte bonheur
je te dis merde puisque ça me délivre
puisque contre toutes les apparences
il m'en est advenu de t'aimer sans espoir
du fond d'un gouffre noir
loin des sentiers battus et des maigres devoirs.

Achille CHAVEE - 10 janv.1969


mais celui-ci est un poète belge francophone Smile
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MessageSujet: Re: L'amour, la poésie   Mer 24 Mai 2006, 19:58

salut Loupiote, et bienvenue sur ce forum "d'expression française" où le flamand est aussi bien compris.

De toute façon, nous avons les dictionnaires pour tous les poetes belges..

http://www.lexilogos.com/flamand_langue_dictionnaires.htm
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