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 Les "fous"

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rotko
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MessageSujet: Les "fous"   Mer 20 Fév 2008, 12:47

Un fil qui peut s'ouvrir à toutes les considérations : traitement des folies, questions sur les maladies mentales, les fous en littérature ...
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Mer 20 Fév 2008, 12:50

Au-delà du conscient; ou histoire illustrée de la psychiatrie et de la psychanalyse, par Pierre Morel et Elisabeth Roudinesco :

un livre grand format, avec d multiples illustrations et des précisions à vous faire dresser les cheveux sur la tête quand on parle des traitements réservés aux « fous » avant le 19 e siècle

La folie, considérée successivement comme surnaturelle, d’origine diabolique puis consécutive d’un dérèglement des organes était traitée avec des « méthodes de cheval ».

Pour contenir le forcené, on utilisait le fer rouge, les chaînes d’acier, on pratiquait la saignée de la veine frontale, la trépanation.

Que penser de « la machine rotatoire » ou à « pirouettement », sorte de centrifugeuse censée remettre les idées en place. Le grand père de Darwin en était l’inventeur.

Il y avait aussi l’hydrothérapie, avec « bain de surprise » ou « bain de terreur » qui consistait à basculer sans avertissement le malade, les yeux bandés, dans l’eau froide.

Nombreuses illustrations.

Toutes ces pratiques cela étaient théorisées, et François Leuret, médecin à Bicêtre enlevait tous les scrupules par ses judicieux conseils :

Citation :
« N’employez pas les consolations avec les malades, car elles sont inutiles ; n’ayez pas recours aux raisonnements car ils ne persuadent pas […] beaucoup de sang froid, et quand cela devient nécessaire, de la sévérité […] une seule corde vibre encore chez eux, celles des douleurs, ayez assez de courage pour la toucher. »

Fragments psychologiques de la folie, Crochard, 1834.
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Mar 26 Fév 2008, 12:40

la représentation du fou ou de l’aliéné au sens large sert bien, notamment dans les romans.
Dans Jane Eyre, la protagoniste principale sent bien une présence inquiétante dans la maison et dans le passé de Rochester.

D’où l’interêt de cette « folle » pour la psychologie de Jane, pour une intrigue qui requiert le mystère, nécessite des éclaircissements, et fournit des excuses faciles à Rochester qui apparaît comme une victime.

C’est aussi pratique pour le dénouement : la « folle » peut agir n’importe quand et faire n’importe quoi. La vraisemblance sera toujours sauvegardée.

il est remarquable que cette « folle » soit étrangère, venue des îles (on sent la sorcellerie primitive) foncièrement nuisible et animée de mauvais instincts : on n’a donc pas à la plaindre d’être constamment enfermée : elle est réduite à un personnage déclencheur

le "serial killer" sur lequel on se pose peu de questions, rend bien service aussi au romancier, non ?
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Ven 29 Fév 2008, 07:19

Soutine, la folle (1919)


clic !


Citation :
Le peintre active le contraste du visage et des mains déformées avec le fond et le vêtement quasi monochrome -accord dominant bleu et vert- et leur ombre inquiétante. on pense à Gericaiult, au Maupassant du horla, à Munch et à Kokoscka

Un des maîtres aussi de Soutine : Courbet.
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Lun 10 Mar 2008, 06:26


clic !


Soutine, grotesque (1922/3)
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Lun 10 Mar 2008, 09:58

j'emprunte ce passage au blog d'Amaryllis, fertile en découvertes.

Citation :
LA FOLLE

"Même Dieu a un métier, seulement nous ne savons pas lequel,
dit la folle.

Il faut poser un morceau de décembre
sur ce dans quoi il n'a pas neigé, dit la folle

Oui, je perds la vue, mais ne me parlez pas
de grandes et de petites lettres,
je vois bien, j'ai une grosse voix,
dit la folle.

Ne pensez pas que je rie seulement
parce que j'ai de belles dents... il s'agit d'une vision vocale,
dit la folle.

Les cheveux sur l'épaule de la nuit et la foudre d'une coquille
dévoileront la finesse des circonvolutions cérébrales de la noix,
dit la folle.

Tiens, tout cet espace rempli par l'absence lubrique
d'un voleur de cimetière ! Moi, je force le destin en douceur,
dit la folle.

Et voici que je l'aperçois, cette amie à moi qui m'a trahie,
bien qu'elle se soit de temps en temps chaussée avec mes chapeaux,
dit la folle.

La camisole de force, ce n'est rien qu'une robe de mariée pour la mairie
et une autre pour l'église,
dit la folle.

Pourquoi m'ont-ils mis ces lunettes noires ? Je vois très bien sans elles
les élans cosmiques du cubisme!
Je suis instruite! dit la folle...

Et j'en aurais sûrement dit davantage
si vous m'aviez donné un rocher où m'asseoir,
plutôt qu'un moment d'éveil,
dit cette folle..."

Vladimir Holan, Douleur, Ed. Oswald, 1967, pages 211-212
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Le mouton sauvage
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Lun 10 Mar 2008, 15:22

On va quand même pas laisser Rotko alimenter ce "post" tout seul !
Alors j'y vais de mon petit grain :

Citation :
Du temps d’avant les médicaments, certains services n’étaient que de grandes salles où les malades circulaient tout nus. On n’avait pas le droit d’accrocher des tableaux aux murs, ni d’avoir des fleurs sur les appuis des fenêtres, car on pensait que les malades mangeraient les fleurs et se tabasseraient avec les tableaux.

On voyait les internés nus aux fenêtres. Ils se tenaient aux barreaux et tiraient la langue. Derrière eux, il y avait des murs nus et des sols brunâtres, à peu près de la couleur des excréments qu’ils excrétaient.

Ces gens-là ne sortaient jamais à l’air libre, non plus qu’ils ne se lavaient, se peignaient ou se brossaient les dents. Les savonnettes étaient rares et les brosses à dents n’existaient pas. Lorsqu’on prêta attention à ces conditions déplorables et au fait que ce type d’enfermement et d’isolement était injustifiable, on rappela, entre autres, qu’il existait des règlements obligeant les fermiers à faire prendre l’air à leurs bêtes.

Les malades avaient-ils moins de droits que le bétail ? Valait-il mieux pour eux qu’on n’en entende plus jamais parler ?

C'était il n'y a pas si longtemps, à quelques lieues d'ici. Mais ici ou ailleurs, les fous n'ont eu que très récemment des droits.

Pour la citation, elle est extraite du roman de Einar Már Gudmundsson : "Les Anges de l'Univers". Avec un tel nom, vous l'aurez certainement compris, que nous sommes chez les fous d'Islande.
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rotko
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Mar 11 Mar 2008, 18:13

Merci, mouton sauvage Smile

les crises de delirium de Coupeau dans l'Assommoir de Zola

Citation :
La cellule était matelassée du haut en bas ; par terre, il y avait deux paillassons, l'un sur l'autre ; et, dans un coin, s'allongeaient un matelas et un traversin, pas davantage. Là dedans, Coupeau dansait et gueulait. Un vrai chienlit de la Courtille, avec sa blouse en lambeaux et ses membres qui battaient l'air


Citation :
Coupeau était fou furieux, un échappé de Charenton ! Il se démenait au milieu de la cellule, envoyant les mains partout, sur lui, sur les murs, par terre, culbutant, tapant dans le vide ; et il voulait ouvrir la fenêtre, et il se cachait, se défendait, appelait, répondait, tout seul pour faire ce sabbat, de l'air exaspéré d'un homme cauchemardé par une flopée de monde. Puis, Gervaise comprit qu'il s'imaginait être sur un toit, en train de poser des plaques de zinc. Il faisait le soufflet avec sa bouche, il remuait des fers dans le réchaud, se mettait à genoux, pour passer le pouce sur les bords du paillasson, en croyant qu'il le soudait. Oui, son métier lui revenait, au moment de crever ; et s'il gueulait si fort, s'il se crochait sur son toit, c'était que des mufes l'empêchaient d'exécuter proprement son travail.

voir le chapitre XIII

télécharger tout l'Assommoir.
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soussou
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Jeu 13 Mar 2008, 12:12



"Saturne dévorant les enfants"



L'œuvre de Goya, dont le style devint plus fougueux et sa palette plus sombre, se peupla de monstres, de personnages grotesques et de scènes de supplices qui firent de lui un visionnaire considérant le monde comme un enfer et un peintre révolutionnaire appliquant les premiers principes de l'Impressionnisme comme dans « La procession des Flagellants », « La Maison des fous » ou « La Scène d'Inquisition ».

Sur un fond sombre, preque irréel, dans la solitude de leur délire, les personnages de ses tableaux ont-ils les yeux écarquillés, la bouches ouverte. Ce ne sont plus des êtres civilisés: dévorés par l'angoisse, incapable de donner un sens à leur existence, ils semblent avoir perdu le contrôle de leurs sentiments et de leurs gestes. On assiste alors, sidéré, à une remontée du non-humain dans l'humain.






"La maison des fous" de Fransisco Goya.
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Utopie
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Jeu 13 Mar 2008, 13:23

Merci Soussou pour ce petit bout de Goya très intéressant, je n'ai pas encore eu le temps de lire le fil (il me fait frémir aussi) mais là les images m'ont sauté aux yeux !
On pourrait le copier aussi sur le fil de Goya ? peut-être pas col
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Anharmo
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Jeu 27 Mar 2008, 14:46

http://www.scienceshumaines.com/index.php?lg=fr&id_article=13093

Michel Foucault dans Histoire de la folie à l'âge classique
(1961, rééd. Gallimard, coll. « Tel », 1997) dresse un portrait du fou, de l'évolution de la perception qu'on a pu - que l'on peut ? - avoir de lui, des institutions l'ayant pris en charge. Vision philosophique, historique, sociologique, littéraire, d'un être tantôt craint (Isolé durant toute une période dans d'anciennes léproseries), tantôt ridiculisé et mis en scène dans une cage à la grande joie du public, cet ouvrage en dresse un vaste panorama.

Je ne l'ai pas encore lu mais je l'ai approché plusieurs fois, et malgré qu'on y ai pu relevé certaines erreurs concernant entre autre les datations, et son abord massif, il est je pense une bonne base de réflexion sur l'image du fou et de l'institution psychiatrique (et des erreurs à ne plus commettre...).

Je ne pourrai pas le lire dans l'immédiat mais je fais assez confiance à ceux qui me l'ont conseillé pour faire de même avec vous.
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Monique Rannou
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Mar 22 Avr 2008, 20:11

Un incontournable :
"4.48 psychose" de sarah kane,
monologue qui annonçait son suicide.
C'est pas le genre de lecture qui détend...
un grande violence contre elle même,
contre les psychiatres et les médicaments
qui ne lui apportaient pas de repis.
La parole et l'écriture comme dernier secours...
et puis... rien...

Et dire que j'ai raté le representation avec Isabelle Huppert
sur scène...
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Monique Rannou
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Mar 22 Avr 2008, 20:13

Dans un autre registre "Vaincue par la brousse" de Doris Lessing
décrit très bien la depression qui tend vers la folie...
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Seb
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Mar 22 Avr 2008, 20:55

Il y a aussi Histoire de la folie à l'âge classique, de Michel Foucault, où il décrit comment l'attitude de la société à évolué au cours des siècles, pour en venir progressivement à les isoler du corps social (ce qui réjoint une autre de ses oeuvres, Surveiller et punir).

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rotko
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Mer 23 Avr 2008, 05:17

Cet isolement qu'on voit dans je vais bien ne t'en fais pas et dans Petite me choque et je doute que cette thérapie pour une dépression et une anorexie soit le seul remède.

C'est Charcot qui a lancé cette idée de couper totalement le lien social, et ce fut fait de façon empirique, comme le raconte Caroline Eliacheff.

Cela introduit un lien de dépendance entre les prisonniers et les geoliers.

Cela se pratique-t-il encore actuellement sous cette forme brutale ?

N'est ce pas ce qui se faisait au XIXe siecle pour sevrer les drogués ?
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Monique Rannou
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Mer 23 Avr 2008, 08:40

rotko a écrit:
Cet isolement qu'on voit dans je vais bien ne t'en fais pas et dans Petite me choque et je doute que cette thérapie pour une dépression et une anorexie soit le seul remède.
Au bout d'un moment, la perfusion (même placée de force)
est la seule façon de sauver la personne.
C'est par ailleurs, un soulagement pour les proches,
ils ne sont plus directement responsables de la santé de cet individu.

Pour la depression, idem. C'est dur à vivre, pour le patient comme pour la famille, mais au bout d'un moment, il faut reprendre les choses en main...
J'ai fortement insisté une personne a demander la prise en charge totale dans un clinique psychiatrique (en gros, la forcer de demander cela de son plein gré, pour plus de facilités administratives, oui, je suis une ordure). Ca n'a pas été facile,
je n'en suis pas fière. Mais je ne regrette rien. Parceque au bout de 2 semaine de nuits blanches, de cris, de stress, on avait vraiment besoin de se décharger, pour ne pas tous être entraînés avec.
Par ailleurs, les médicaments ont des effets secondaires assez surprenants, une fois encore, on est rassuré de savoir que le personnel médical est, 24h/24, a côté du malade, qu'ils gèrent le dosage des medocs au jour le jour.
Ces quelques semaines laissent le temps de se reconstruire, et d'anticiper les conséquences (la depression fait peur, peu de gens de l'entourage sont prêts à mettre les 2 mains dans la merde).

Mais ... à l'heure actuelle les places sont rares... il faut s'entendre dire que si la personne n'a ni des tendances suicidaires, ni fait des ménaces de mort, elle n'est pas prioritaire... et vu l'état de la santé en France, ça ne va pas aller en s'améliorant.

SiC !
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Mer 23 Avr 2008, 11:20

Monique Rannou a écrit:

Au bout d'un moment, la perfusion (même placée de force)
est la seule façon de sauver la personne.
C'est par ailleurs, un soulagement pour les proches,
ils ne sont plus directement responsables de la santé de cet individu.

Oui, je comprends bien sauf que dans les deux cas que je cite, cet enfermement se fait contre la volonté des deux parties, le "malade" et son entourage (famille et amis).

je me documente et je reviens Razz
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Mer 23 Avr 2008, 12:04

rotko a écrit:
je me documente et je reviens Razz

attention, Rotko ! y en a qui étaient juste allés se documenter et à qui on a passé la camisole...

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Monique Rannou
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Mer 23 Avr 2008, 13:06

rotko a écrit:

Oui, je comprends bien sauf que dans les deux cas que je cite, cet enfermement se fait contre la volonté des deux parties, le "malade" et son entourage (famille et amis).
je me documente et je reviens Razz

Oui.. le malade n'a parfois plus assez de recul pour prendre les décisions.

Pour ce genre de maladies, faut savoir resister au chantage/manipulation de la personne en question,
c'est très difficile quand on est impliqué affectivement.
La plupart du temps, une relation de chantage s'instaure,
de compromis bidons... c'est extremement dur d'être ferme
avec une personne qu'on aime. On perd le recul necessaire.
On se sent coupable de notre impuissance et de l'absence
de progression.

La dame de fer qui sommeille en moi est à présent convaincue
qu'aimer quelqu'un, malgré sa maladie, ce n'est surtout pas agir toujours en fonction de ce qu'elle dit.
Tant pis pour la deception
qu'on engendre.

Personne n'imaginerait de soigner une appendicite en famille
chez soi, et de refuser l'hospitalisation (si, en fait, mais c'est pas le débat)... et pourtant, pour certaines maladies, les gens ont
du mal à reconnaître qu'il n'ont pas les compétences
pour soigner leur proche !
Je pense qu'il faut arrêter de mettre les maladies psychiatriques
à part, de les stigmatiser de cette façon. Il faut reconnaitre que dans certains cas, un suivi permanent est indispensable.
Que non, ça ne passe pas tout seul, malgré toute la bonne volonté qu'on peut avoir..
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Seb
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Mer 23 Avr 2008, 13:23

Monique Rannou a écrit:
Pour ce genre de maladies, faut savoir resister au chantage/manipulation de la personne en question,
c'est très difficile quand on est impliqué affectivement. La plupart du temps, une relation de chantage s'instaure, de compromis bidons... c'est extremement dur d'être ferme avec une personne qu'on aime. On perd le recul necessaire. On se sent coupable de notre impuissance et de l'absence de progression.
Même si je reconnais qu'il y a beaucoup de vrai là-dedans, je pense qu'il faut distinguer entre les maladies lourdes (psychose, schizophrénie, etc.) où effectivement, l'hospitalisation s'impose, et ce mal du siècle qu'est la dépression (sans parler de la vieillesse et des maladies associées), qui a tout de même beaucoup à voir avec la solitude et le manque de communication.
Il me semble que c'est le caractère de plus en plus individualiste de nos sociétés occidentales qui nous fait soudain dire que c'est trop lourd à gérer, qu'il faut confier l'affaire à des professionnels, etc. La surmédicalisation et la surdramatisation de ces problèmes n'est pas anodine; des maladies comme Alzheimer ou Parkinson ne revêtaient pas le caractère tragique qu'elles ont aujourd'hui, parce qu'elles étaient accueillies normalement au sein de la famille et de la société.
Or, cet accueil n'était pas moins éprouvant pour l'entourage et les proches qu'il ne l'est aujourd'hui, c'est simplement nous qui sommes devenus plus égoïstes et moins disposés à payer de notre personne ou de notre confort.

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MessageSujet: Re: Les "fous"   Mer 23 Avr 2008, 13:24

Seb a écrit:

attention, Rotko ! y en a qui étaient juste allés se documenter et à qui on a passé la camisole...

ma foi, tu vises peut-être juste, car si dans la description des maladies on est souvent tenté de se reconnaître, je trouve effectivement des tendances personnelles dans la description des anorexiques, ou leurs mobiles, ou leurs réactions.

J'en trouve aussi dans mon entourage, Razz si bien que si on me passait la camisole, je resterais quand même un animal social, vu que je pourrais "dénoncer" quelques proches, notamment des gens soucieux de performances sportives, et nettement obsédés par leur poids.

Où est le normal, où est le pathologique ?

la frontière est parfois floue. Mais quand j'entends parler de séjours prolongés dans l'eau froide, à seule fin de perdre des kilos prétendûment excédentaires, je dresse l'oreille et j'ouvre l'oeil.
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Mer 23 Avr 2008, 13:49

rotko a écrit:
Où est le normal, où est le pathologique ? la frontière est parfois floue. Mais quand j'entends parler de séjours prolongés dans l'eau froide,

Tu penses aux Belges qui se baignent à Ostende en plein mois de février? Bon, je m'enfuis avant que le lobby belge de GdS* ne me tombe dessus !:go:

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MessageSujet: Re: Les "fous"   Mer 23 Avr 2008, 15:46

je connais des voisins qui font de même dans l'Atlantique, tous les premiers dimanches du mois : ils s'appellent eux mêmes les canards givrés et ils avaient même voulu m'entraîner dans leurs expeditions, plus comme "givré" que comme "canard", sans doute Razz

Certains d'entre eux ne se baignent qu'en hiver, l'été, ils utilisent les douches locales cheese
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traversine
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Mer 23 Avr 2008, 19:15

Connaissez-vous Spider, de Patrick MacGarth ? C'est le journal intime fictionnel d'un schizophrène, dans les cauchemars duquel le lecteur se retrouve entraîné... Il y a des pages qui rejoignent à la fois Irving Welsh et son Trainspotting, et Bram Stoker avec son fabuleux personnage de Reinfield, dans Dracula...
Quand on sait que le père de McGarth était directeur d'un hôpital psychiatrique, ça donne encore une dimension différente au roman.

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Anharmo
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MessageSujet: Re: Les "fous"   Mer 23 Avr 2008, 19:25

Concernant la névrose et la dépression, Alain Ehrenberg dans La Fatigue d'être soit posait comme deux hypothèses se rejoignant :
la névrose correspond à une époque de notre société durant laquelle le contrôle social, très fort, "castre" les volontés individuelles (ou collectives d'ailleurs), la dépression découlant elle d'un sentiment d'insuffisance.
Il décrit ce sentiment d'insuffisance comme résultat du manque de reconnaissance, d'une demande de performance toujours accru puisque perçue comme inépuisable, de cette - fausse ? - liberté où il demandé à chacun de toujours mieux faire...sans qu'on leur demande.
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