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 Don Delillo

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rotko
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MessageSujet: Don Delillo   Sam 05 Avr 2008, 07:36

Don Delillo, Mao II, Actes Sud.

Perplexités

"Au yankee stadium" présente l'ahurissant tableau du mariage collectif organisé par la secte Moon. D'autant plus ahurissant que présenté par les protagonistes eux-mêmes, heureux et consentants.

Puis dans la première partie, on suit les déambulations urbaines de Scott qui conduit une photographe auprès de son patron, l'écrivain Bill, qui vit en reclus.

Les foules donnent l'impression d'un agglomérat anonyme que reflète la succession de tableaux urbains standards : c'est le règne de la dépersonnalisation à grande échelle, inexorable, et qui se traduit par des images répétitives, à la manière d'Andy Warhol.

Chez l'écrivain Bill, je trouverais sans doute un univers authentique ? hélas, plates conversations avec la photographe - l'image envahit décidément tout, et la succession des propos, banals à mes yeux, m'a ennuyé.

Ai-je perdu le fil ? sans doute, mais aussi l'interêt de la lecture, si bien que j'abandonne p 129 , au seuil de la seconde partie.
Je m'attends à être lapidé :-)
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rotko
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MessageSujet: Re: Don Delillo   Sam 05 Avr 2008, 07:41

Lemonde des livres du 4 avril 2008 rend compte de
L'HOMME QUI TOMBE (FALLING MAN) de Don DeLillo.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Marianne Véron. Actes Sud

quelques extraits :

Citation :
En cette matinée du 11 septembre 2001, Keith Neudecker émerge de l'enfer. Il a du verre dans le crâne et du sang sur le visage. Il sait qu'il doit fuir le plus loin possible. Fuir les débris qui tombent autour de lui et la tour nord qui s'écroule derrière.

Mais pourquoi est-ce chez Lianne Glenn, son ex-femme, qu'il se réfugie instinctivement ? Pourquoi chez elle plutôt qu'aux urgences de l'hôpital ? Ils ont divorcé et ont un fils, Justin, 7 ans : peut-être pourra-t-il retrouver là de rassurantes habitudes ?[...]

Dans la tête de Keith comme sous la plume de DeLillo, tous les repères se brouillent : temps, mémoire, langage...

La phrase très particulière de Don Delillo, souvent chaotique ou coupée en plein vol vient encore ajouter à cette impression d'un monde désorienté et désorientant, vacillant sur ses bases.
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Le mouton sauvage
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MessageSujet: Re: Don Delillo   Sam 05 Avr 2008, 08:15

En tout cas, ce n'est pas moi qui te lapiderai...

Cosmopolis

Présentation de l'éditeur

New York, avril 2000. Bloqué dans sa somptueuse limousine par un embouteillage géant qui paralyse Manhattan, Eric Packer, golden boy de vingt-huit ans, assiste au crépuscule du système qui a porté sa compagnie au firmament de la galaxie Wall Street. Les yeux rivés sur les cours d'une monnaie dont il a parié la chute et qui remonte contre toute attente, tétanisé par l'irruption dans son monde virtuel d'un réel ensauvagé qui embrase les rues de la ville, Packer accède, en vingt-quatre heures d'une initiation spectaculaire, aux codes qui détiennent le secret de son assassinat annoncé. Concentrant dans un espace littéraire superbement inédit tous les langages où se profère l'inquiétant scénario global du monde contemporain, Cosmopolis fait du présent une fable, du futur une histoire et de l'archaïque, peut-être, notre étrange avenir.

Présentation du mouton sauvage

J'ai tenu bon jusqu'au bout, même si j'ai eu du mal à suivre cette histoire d'un golden boy obnubilé par sa prostate. Et au final, que reste t-il ? un grand vide, l'impression d'être passé à coté du roman, de ne pas avoir tout saisi. Le sentiment d'un échec prédomine lorsque j'ai refermé la dernière page du roman. Echec, vis-à-vis du lecteur que je suis et non pas de l'écrivain que Don Delillo est... seulement, il n'a pas réussi à me toucher. col
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Le mouton sauvage
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MessageSujet: Re: Don Delillo   Sam 05 Avr 2008, 08:25

Incontestablement l'une des figures capitales de la littérature américaine, Don DeLillo a reçu les plus prestigieuses distinctions dont le National Book Award, le PEN / Faulkner Award et le Jérusalem Prize.

Je n'ai pas pu rester sur l'échec précédent. J'ai donc poursui ma quête pour découvrir le DeLillo qui me conviendrait. J'ai donc enchaîné avec Body Art...

Et là encore, ma lecture s'achève avec une certaine crainte et un drôle de désespoir : une fois de plus, je pense ne pas avoir tout compris... Nouvel échec... Mad Dur et difficile à croire alors qu'il est encensé par la critique, qu'il reçoit les plus grands prix et qu'il n'arrive si peu à me toucher... col

Est-ce dramatique ? peut-être pas, il y a d'autres auteurs où je suis peut-être plus sensibles à leurs proses... mais dois-je persévérer ? au risque de perdre mon temps et au risque de passer à coté d'un autre auteur...
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Loïc
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MessageSujet: Re: Don Delillo   Jeu 12 Juin 2008, 19:22

Le Monde disait à propos de l'homme qui tombe (lu plus haut):

La phrase très particulière de Don Delillo, souvent chaotique ou coupée en plein vol vient encore ajouter à cette impression d'un monde désorienté et désorientant, vacillant sur ses bases.

Je suis dans la lecture de Cosmopolis..et je ressens exactement la même chose. C'est une lecture transcendante. Le style est particulier. Mais au bout du compte, bien que touchant la fin, j'ai l'impression d'être au début du roman et que tout est à venir. Je n'arrive pas à me passionner pour l'histoire de ce golden boy enfermé dans sa limousine. Et pourtant il y a tous les ingrédients qui font un roman qui peut me marquer.
Je cherche à savoir ce qui ne va pas et je vous tiens au courant.
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Loïc
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MessageSujet: Re: Don Delillo   Jeu 12 Juin 2008, 21:18

J'ai renoncé à l'idée de lire de Virginia Woolf ou James Joyce..mais Don Delillo, je vais lui laisser une seconde chance.
Puisque Cosmopolis, en fait, me démontre quelque part tout le potentiel de l'écrivain, son talent, son génie..c'est plutôt le héros qui me dérange. C'est étouffant que de devoir suivre ce type d'un cynisme sans égal.
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maïa
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MessageSujet: Re: Don Delillo   Ven 13 Juin 2008, 08:46

Je viens de lire L'Homme qui tombe.

Je l'ai dévoré (entre deux Virginia Woolf, oui oui lol ) et l'ai trouvé bien meilleur que, sur le même thème de l'après 11 septembre, La belle vie de Jay McInerney.

Mais c'est mon premier De Lillo.
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rotko
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MessageSujet: Re: Don Delillo   Ven 13 Juin 2008, 10:44

Citation :
Je l'ai dévoré

Ca veut dire que tu es enthousiaste ?

qu'est ce qui t'a plu ? l'écriture, le thème, la virtuosité de l'intrigue, la consistance des personnages, ou l'odeur du papier et le format du volume ?

question naïve : est-il facile à lire ? Wink
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maïa
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MessageSujet: Re: Don Delillo   Ven 13 Juin 2008, 15:17


En fait, je n'aime pas trop le format des romans Actes Sud, pas faciles à tenir quand on lit au lit (lioli, j'adore down ) et comme ils ne s'ouvrent pas bien, si on insiste, les pages se détachent ...

C'est la réponse que tu attendais ? toc
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Loïc
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MessageSujet: Re: Don Delillo   Ven 13 Juin 2008, 16:42

Je suis d'accord avec maïa concernant le format Actes Sud.
C'est important que les livres soient pratiques, où qu'on les lise.
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MessageSujet: Re: Don Delillo   Ven 13 Juin 2008, 17:27

moi, j'aime bien le format d'*actes sud !

j'essaierai body art de Don deLillo.

Maia garde son impertinence, c'est bon signe evil
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Loïc
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MessageSujet: Re: Don Delillo   Ven 13 Juin 2008, 20:55

Par contre, j'aime bcp la collection Babel chez Actes Sud. Le papier est légèrement jauni et le format est très compact. Ce sont des poches qui ont une vraie personnalité.
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MessageSujet: Re: Don Delillo   Sam 14 Juin 2008, 05:08

Igitur a écrit:
Par contre, j'aime bcp la collection Babel chez Actes Sud. le format est très compact.

Il me semble aussi que le texte est très serré. Or j'aime le texte aéré, d'une lecture plus agréable.
Difficile d'avoir du recul pour relever la tête, le temps d'une reflexion quand on se perd dans le texte.
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MessageSujet: Re: Don Delillo   Ven 20 Juin 2008, 14:47

Body art, de Don Delillo, chez Actes Sud.


Je verrais bien l’histoire en quatre tableaux :

- d’abord la vie commune de Lauren Hartke avec Rey Robles, dans une scène familière où chacun semble perdu dans son monde intérieur.

- une séquence où Lauren, praticienne de Body Art rencontre, fabule et fantasme, sur un personnage qui possède la voix de l’époux disparu et lui rappelle leurs conversations communes,

- une performance théâtrale qui serait l’épanouissement de la séquence précédente, la transformation d’un épisode vécu en représentation.

- La résolution finale.
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MessageSujet: Re: Don Delillo   Ven 20 Juin 2008, 14:48

Le récit est donc bien construit, même s’il déroute dans son déroulement. J’aurais plus vu la scène inaugurale en pièce de théâtre que racontée, avec des personnages proches physiquement, mais distants car ils ne s’écoutent pas.

Le second épisode m’ intrigué sans me convaincre : le personnage mystérieux n’est il pas une invention de Lauren ? Est-il bien crédible ? on en fait ce qu’on veut.

Quant à la performance théâtrale, elle reprend le récit de manière ingénieuse, bien dans la lignée de performances/improvisations actuellement en vogue.
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MessageSujet: Re: Don Delillo   Ven 20 Juin 2008, 14:51

J’aurais bien aimé que l’auteur insiste sur le travail corporel de Lauren. Or on n’a droit qu’à un court passage :

 
Citation :
son travail corporel rendait tout transparent. Elle voyait et pensait clairement ce qui pouvait simplement signifier qu’il n’y avait pas grand-chose qui mérite d’être vu ou qu’on y pense.

Mais peut-être que ça allait plus loin les poses qu’elle prenait et tenait pendant des périodes prolongées, les exagérations tournoyantes, formes de serpent et courburs de fleurs, les étirements suppliants de la respiration systématique, la vie vécue irréductiblement comme respiration pure. D’abord respirer, puis palpiter, puis haleter.

Ca la rendait tendue avec les yeux en soucoupes et les artères dilatées dans le cou, ces heures de respiration tellement impérieuse et absurde qu’elle en émergeait fin dans une sorte de lumière originelle, ressentant ce qu’être en vie voulait dire.
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MessageSujet: Re: Don Delillo   Ven 20 Juin 2008, 14:53

Or tout au long du récit on reste à distance du personnage et de son itinéraire intérieur, comme une de ses amies devant son spectacle :

Citation :
Le spectacle de Lauren Hartke s’ouvre sur une vieille femme japonaise sur une scène nue, qui fait des gestes stylisés à la manière du théâtre nô, et s’achève soixante-quinze minutes plus tard sur un homme nu, émaié et aphasique, qui essaie désespérément de nous dire quelque chose.

[…] pendant la majeure partie du spectacle il y a un accompagnement sonore, la voix robotique anonyme d’un répondeur téléphonique délivrant une annonce standard. La bande passe en boucle et commence à s’entrelacer à la texture visuelle du spectacle.

Qu’en penser ?

On note les images récurrentes, le cheminement de la veuve, mais à mes yeux, le récit, bien construit, reste froid.
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Le mouton sauvage
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MessageSujet: Re: Don Delillo   Ven 20 Juin 2008, 16:55

rotko a écrit:
J’aurais bien aimé que l’auteur insiste sur le travail corporel de Lauren. Or on n’a droit qu’à un court passage

Idem, j'aurais bien voulu en savoir un peu plus sur le Body Art... Cette discipline qui donne le nom au roman aurait mérité un traitement un peu plus important... Mais peut-être que Don Delillo ne voulait pas écrire un roman spécialement pour Rotko et le mouton savage, donc a-t-il du édulcorer son texte et par la même occasion cette pratique...
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MessageSujet: Re: Don Delillo   Ven 20 Juin 2008, 17:47

L'art corporel, en anglais body art, est un ensemble de pratiques artistiques issues des premières performances qui est apparu vers 1970. Voici quelques exemples récents de Body Art.

des peintures corporelles

il s'agit ici de mouvements d'expression corporelle et de choregraphie.

Le livre fait 124 pages, donc très rapide à lire.
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MessageSujet: Re: Don Delillo   Mer 15 Juil 2009, 15:32

Je suis en train de lire Les noms.
C'est dense mais on se rend compte tout de suite de l'immense envergure de l'auteur !

C'est pas un nabot des Lettres !

Je reviendrai en parler quand j'aurai assimilé ses phrases quasi conceptuelles, ses personnages compliqués, ses descriptions totalement personnelles, bref, son unicité.

Ce gars là écrit comme personne.

Il vient juste après Pynchon pour la difficulté.

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MessageSujet: Re: Don Delillo   Lun 27 Juil 2009, 06:37

Citation :
Don Delillo a signé avec Cosmopolis une oeuvre frénétique et visuelle dans une unité de temps et de lieu, 24h à New York.

Eric, Golden Boy de 28 ans, a fait de sa vie un microcosme obsessionnel et violent du monde d'aujourd'hui ; ce monde hanté par un spectre qui aurait « divinisé la matière ».

le film sera réalisé par David Cronenberg à Toronto et à New-York.
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MessageSujet: Re: Don Delillo   Mer 02 Sep 2009, 19:01

Les bouquins de Don Delillo sont complexes mais fascinants. Je viens de commencer "Libra", c'est le quatrième de lui que je lis (après "Chien galeux", "Outremonde" et "Joueurs"). Il brasse des thèmes qui m'intéressent énormément (les secrets, les complots qui se trament derrière nos petites vies par les "grands" de ce monde). Ce que j'aime chez lui, c'est qu'il nous permet, au détour de quelques phrases, d'entr'apercevoir la "profondeur" du monde : c'est vertigineux! Ses dialogues sont aussi étonnants : chacun semble se parler sans s'écouter, on a parfois l'impression d'avoir deux monologues qui se superposent. Plus difficile mais tout aussi intéressant (même si pas nouveau), on se retrouve, parfois, plongé dans la conscience de ses personnages, ce qui fait que l'on peut passer du coq à l'âne en une ligne. Ce qui m'a marqué enfin, c'est la "froideur" de ses personnages, qui semblent ne plus ressentir aucune émotion dans un monde qui va trop vite pour eux et dans lequel ils sont très vite dépassés (y compris ceux qui semblent tirer les ficelles).

Ses bouquins sont effectivement ardus et ne se lisent pas en un après-midi. De mon côté, je suis toujours parvenu à m'immerger complètement dans ses livres (alors que d'autres écrivains considérés comme plus "faciles" me causent plus de problèmes), peut-être parce ses obsessions, ses thèmes de prédilections m'intéressent beaucoup.
Paradoxalement, si je devais conseiller une porte d'entrée dans son oeuvre, je choisirais ses gros romans : "Outremonde" (qui contient des pages incroyables sur le comique Lenny Bruce au moment de la crise des missiles à Cuba ou sur le directeur nauséabond de la CIA Edgar Hoover) ou "Libra". C'est certes dense mais la trame reste relativement facile à suivre, beaucoup plus que le très court "Joueurs" par exemple (dans lequel Don Delillo, en visionnaire qu'il est, imagine, en 1977, un attentat contre les tours du World Trade Center).
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MessageSujet: Re: Don Delillo   Jeu 03 Sep 2009, 12:10

Dans Les noms, j'ai été vivement impressionnée par sa description de la Grèce.

Rarement, j'avais la sensation d'y être.

C'était une immersion totale.

Rien à voir avec quelques lignes hâtives sur la chaleur ou l'architecture du pays.

Il en a capté l'essence.

Cela donne effectivement le vertige mais aussi toute la mesure (comme diraient les hommes politiques !) de son incroyable talent.
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shepp
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MessageSujet: Re: Don Delillo   Dim 06 Sep 2009, 18:48

Je possède "Les noms" mais ne l'ai pas encore lu. Tu me donnes bien envie. Par contre il ne faudra pas que j'enchaîne ça directement à "Libra". Deux ou trois lectures plus "légères" entre les deux ne feront pas de mal je pense.
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MessageSujet: Re: Don Delillo   Lun 29 Mar 2010, 20:18

Bonjour, je suis un petit nouveau sur le forum.

Je suis en train de lire Outremonde (ou du moins, devrais-je dire, j'essaie de terminer Outremonde) et je suis vraiment surpris qu'un livre puisse être aussi passionnant qu'ennuyeux que celui-là. Le prologue, par exemple, où Delillo décrit un match de Base ball est un monument. C'est absolument grandiose et ça fait partie sans nul doute des meilleurs moments de lecture que j'ai eu. Ensuite arrive le premier chapitre, et alors là, c'est la claque. Alors que j'étais sûr d'être tombé sur l'un des chefs d'oeuvre de ma vie, je me retrouve face au livre le plus ennuyeux et prétentieux que j'ai pu lire. J'insiste en me disant que le prologue ne pouvait pas être uniquement le fruit du hasard et le chapitre 2 me convainc parfaitement. Mais ensuite, l'ennui revient et ainsi de suite. Bref, j'ai l'impression qu'on ne fait pas plus inégal comme livre qu'Outremonde.
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