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 Yann Queffelec

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marie chevalier
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MessageSujet: Yann Queffelec   Jeu 02 Avr 2009, 13:04

Je suis étonnée qu'il n'y ait pas de fil de cet auteur? j'ai du mal chercher? auquel cas Nestor pitié et remets tout en place Embarassed

L’amante Yann Queffelec

J’avais lu Osmose, Les noces barbares et quelques autres ( dont je ne me souviens plus des titres ?) de cet auteur et je n’ai jamais été déçue.

Roman d’amour, certes, mais surtout l’histoire d’un jeune homme à la recherche dans des bras de femmes, la tendresse et la douceur de sa mère, morte trop tôt, il n’avait que 17 ans.

Il reste avec une sœur aveugle et un père toujours en voyage. Il rencontre Alba, jeune infirmière dont il tombe amoureux puis la mère de celle-ci. Le problème est que Aline, cette mère encore très jeune et désirable veut un enfant de lui. Il est très jeune et fuit cette responsabilité.

Citation :
« … la première fois qu’Aline m’appela mon bébé, je n’y prêtais pas attention. Mais, à la seconde, en m’attrapant les joues en riant elle me lança à la figure : alors gros bébé ! Je sus que j’allais la quitter. Je l’ai serrée dans mes bras le plus tendrement du monde en disant :

Mais bien sûr, je suis ton gros bébé, pour toujours toi aussi…
Je l’avais échappé belle ! … »
Toujours l’enfant qui a peur de grandir, qui ne le veut pas, et toujours en quète du grand amour : C’est du Queffelec.

Il aurait fallu lire ma première femme l’amante étant une sorte de suite. Mais les deux se lisent bien séparément.
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rotko
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MessageSujet: Re: Yann Queffelec   Jeu 02 Avr 2009, 15:23

On a dû parler de lui, notamment du livre où il parle de sa mère; Est'ce l'amante ? ce doit être dans les connaissez-vous ?

tu fais bien d'ouvrir ce fil.
A vrai dire, je me méfie un peu de lui avec son attrait pour les faits divers dramatiques. J'ai entendu parler des noces barbares goncourt 1985, et de son livre Passions criminelles (2008), co-écrit avec Mireille Dumas. Je ne l'ai donc pas lu col


Dernière édition par rotko le Dim 02 Sep 2012, 14:19, édité 1 fois
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marie chevalier
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MessageSujet: Re: Yann Queffelec   Jeu 02 Avr 2009, 15:44

j'ai lu pas mal de romans de lui , mais je n'ai pas la même approche que toi des thèmes ! je suis plus morbide Happy donc j'ai bien aimé. Cela dit comme tout écrivain quand même prolixe, il doit bien y avoir du moins bon, sans doute?
non dans l'amante il cherche sa mère dans les autres femmes, mais surtout sa tendresse, et cela l'empèche de vivre son adolescence et son éveil à l'adulte de façon "normale".

je parlerai d'autres titres quand je me les serai remémorés, car je le lis depuis très longtemps mais j'oublie Embarassed
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June
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MessageSujet: Re: Yann Queffelec   Jeu 02 Avr 2009, 17:24

J'ai lu mon premier Queffelec il y a peu... La dégustation... Un roman qui traite d'une relation quasi incestueuse entre un ancien collabo cardiaque, et une minette de 19 ans au passif suicidaire. Le tout sur fond de " sommellerie" ( ça se dit ça?).
Bien entendu, on apprend au fur et à mesure que cette relation est soumise à d'autres liens ( l'ex collabo aurait livré la grand-mère durant la seconde guerre mondiale).
Bon. Pas vraiment emballée. Ni contrariée de ma lecture... Mais je pense que j'aurais du commencer par les Noces Barbares non?
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marie chevalier
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MessageSujet: Re: Yann Queffelec   Jeu 02 Avr 2009, 18:36

personnellement je trouve que c'est son meilleur roman mais ... comme toujours le choix appartient au lecteur

les noces barbares:

4 ème de couverture:

Fruit d'une alliance barbare et d'un grand amour déçu, Ludovic, enfant haï par sa trop jeune mère -

Nicole et ses grands-parents, vit ses premières années caché dans un grenier. La situation ne s'arrange guère après le mariage de Nicole avec Micho, brave et riche mécanicien qui cherche à protéger Ludovic. Hantée par ses amours brisées, sombrant dans l'alcoolisme et méprisant son mari, la jeune femme fait enfermer son fils dans une institution pour débiles légers. Mais Ludovic n'est pas l'arriéré qu'on veut faire de lui.

Il ne cesse de rêver à sa mère qu'il adore et qu'il redoute. Même une première expérience amoureuse ne parvient pas à l'en détourner. Son seul but, son unique lumière : la retrouver.

S'enfuyant un soir de Noël, il trouve refuge sur la côte bordelaise, à bord d'une épave échouée, écrit chez lui des lettres enflammées qui restent sans réponse. Et c'est là-bas, sur le bateau dont il a fait sa maison, que va se produire entre Nicole et son fils une scène poignante de re-connaissance mutuelle - qui est aussi le dernier épisode de leurs noces barbares.
voilà et de deux !
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mimi54
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MessageSujet: Re: Yann Queffelec   Jeu 10 Nov 2011, 11:01

Les noces barbares

« On ne choisit pas toujours dans la vie »
En lisant ce livre, il m’est revenu les paroles d’une chanson de Maxime Le forestier : « On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille….. »
Le moins que l’on puisse dire c’est que Ludo, "l’idiot" dans la bouche de sa mère, n’a pas choisi, mais en plus il a tiré le mauvais lot…
Né dans la souffrance, né d’une souffrance, il a grandi dans la souffrance au milieu d’une famille elle-même en souffrance.
« C’est alors qu’on l’avait enfermé là-haut. Pour ne pas ajouter le meurtre au viol. »
Comment s’étonner ensuite que ce pauvre gosse ne tourne pas mal ? Conçu sans amour, dans la haine, la violence et la terreur par "trois saloperies". Délaissé par une mère qui n’est pas en mesure d’aimer ce gamin qui lui rappelle tant de souffrances, et elle-même rabaissée par une mère et un père plus préoccupés du qu’en dira-t-on, que des états d’âme de Nicole.
Et pourtant, il l’aime tant sa mère. Il la cherche, la recherche.
« Plus le temps passait, plus Nicole évitait son fils, et plus il cherchait à la voir. »
Enfermé dans un grenier, habitant un temps en famille, puis laissé pour un demeuré dans un dépotoir pour gamins dont personne ne veut, il n’aura de cesse de se d’inventer mille et une choses pour qu’enfin l’on s’intéresse à lui, pour être aimé.
Jusqu’au bout j’ai espéré un miracle, jusqu’au bout j’ai espéré tout court. La fin est surprenante, violente, passionnelle.
Le style colle parfaitement à l’histoire. L’écriture est alerte, passionnée, chaotique, percutante. Les personnages ont tous une très forte présence. J’avais de la peine pour Ludo, qui dans un autre milieu, serait devenu quelqu’un d’autre. J’avais quelques indulgence pour Nicole qui n’a pas été aidée comme elle aurait du l’âtre. J’ai détesté ce couple de boulangers, ses parents qui portent une grosse part de responsabilité à ce désastre. Que dire des trois saloperies……si ce n’est qu’ils méritaient la corde pour les pendre…..
Peut-on parler d’un coup de cœur avec un sujet aussi lourd et douloureux ? Le mot est-il bien choisi ? Un livre qui marque, un livre coup de poing.

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Luca
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MessageSujet: Re: Yann Queffelec   Jeu 10 Nov 2011, 16:23

mimi54 a écrit:
Peut-on parler d’un coup de cœur
Je réponds oui : il m'avait bouleversée.
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Quetschup
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MessageSujet: Re: Yann Queffelec   Mer 30 Nov 2011, 20:37

Les noces barbares

Une récidive pour ma part, après avoir tenté cette lecture il y a des années lointaines…J’avais trouvé le style Queffelec un peu lourd, plombant, doublé d’envolées disertes qui ne m’avaient pas convaincue et j’avoue que je ressens toujours un peu ça.

Un phrasé pesant et emphatique, une fiction peut-être « trop cliché », pour prodiguer l’émoi qui pourtant aurait pu naitre si une écriture plus épurée avait laissé place aux silences des émotions. Seule la partie où Ludo se retrouve seul sur son épave m’est apparue intéressante du fait que les profondeurs sont exploitées véritablement pour la première fois d’une manière plus authentique, plus troublante. Malheureusement , je ne me suis pas attachée au personnage auparavant .En globalité Je n’ai pas été attendrie, ni révoltée ni transportée dans cet univers sans surprise:
Une histoire belle et cruelle, dramatique dont on veut connaitre le dénouement, certes, mais pas mirifique.

Prix Goncourt 1985, pourquoi pas, il faut aimer l’écriture de Queffelec, dans ce cas je ne doute pas que ce genre de sujet se voulant bouleversant puisse toucher une grande majorité de lecteurs.

Je ne pense pas réitérer Queffelec, pourtant, le sujet de son essai « Adieu Bugaled Breizh » m’aurait intéressée.
Si quelqu’un l’a lu et peut nous faire partager son avis…

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Quetschup
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MessageSujet: Re: Yann Queffelec   Jeu 01 Déc 2011, 03:19






Il y a naufrage éclair et probablement naufrageur... Rappelez-vous : le 15 janvier 2004, en début d'après-midi, par beau temps, le puissant chalutier Bugaled Breizh périt corps et biens au sud du cap Lizard, comme effacé par une vague scélérate ou la succion d'un maelström... Cinq hommes à bord : Yves, Pascal, Georges, Éric, Patrick.

"Je chavire" sont les derniers mots du capitaine à la VHF, puis on entend la mer s'engouffrer.

Accident naturel, aléa marin, dit la justice en 2009 après avoir beaucoup louvoyé. Accident pas naturel du tout, disent les proches constitués en parties civiles. Homicide involontaire et mensonges d'État. Le 15 janvier 2004, au sud du cap Lizard, l'OTAN entraînait ses meilleurs sous-marins à la guerre en eau peu profonde. Ils étaient officiellement anglais, allemands, hollandais, espagnols, français. Ils étaient clandestinement russes, chinois, taïwanais... Des espions parmi les espions. Ils se pourchassaient aveuglément dans la zone où le Bugaled tirait son chalut...

Sans être formellement un réquisitoire, ce livre a l'intime conviction que le Bugaled Breizh n'est pas descendu mystérieusement sous la mer, ou par étourderie. Il a fait une mauvaise rencontre inopinée ; il a croisé beaucoup plus fort que lui. Quelque part, quelqu'un n'en dort plus...

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rotko
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MessageSujet: Re: Yann Queffelec   Jeu 01 Déc 2011, 06:06

les derniers articles que j'ai lus mettaient en cause de manière probante un sousmarin, anglais, je crois.
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Sapho
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MessageSujet: Re: Yann Queffelec   Dim 02 Sep 2012, 13:12

" Le courage, petit zou, c'est toujours de partir battu " Bwana Pasteur Les sables du Jubaland

Loin de toute politique et de toute idéologie, Yann Queffélec nous amène dans un petit village au bord de mer ,dévasté par un tsunami et où il ne reste pour tout espoir que la violence, la drogue et le sexe pour survivre au jour le jour. Ce livre n'est ni complaisant, ni accusateur. Il met en scène des jeunes oubliés de tous et qui se défendent comme ils peuvent pour survivre.
J'aime ce côté " raconteur " de chaque personnage.
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rotko
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MessageSujet: Re: Yann Queffelec   Dim 02 Sep 2012, 14:27



300 p chez Plon. c'est son petit dernier , je crois ? 2010.
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Sapho
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MessageSujet: Les sables du Jubaland   Lun 03 Sep 2012, 09:58

Malgré une critique parfois négative concernant les " longueurs " dans les descriptions du livre, il s'agit aussi d'une prise de conscience de l'exploitation faite par le monde des nantis dans un pays dont les richesses sont quasi nulles.
Il faut citer notamment le dégazage des pétroliers dans les ports somaliens au vu et su de la population qui vit à cet endroit.
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Luca
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MessageSujet: Re: Yann Queffelec   Lun 03 Sep 2012, 13:12

Sapho a écrit:
Il faut citer notamment le dégazage des pétroliers dans les ports somaliens au vu et su de la population qui vit à cet endroit.
J'ai vu très récemment un intéressant reportage qui comparait les moyens déployés pour appréhender les quelques pirates sévissant au large de la Somalie avec ceux (nuls) pour lutter contre ces dégazages sauvages. Atterrant.
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Sapho
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MessageSujet: Lucas   Lun 03 Sep 2012, 13:41


Aurais-tu encore les coordonnées de cet article?

Je te remercie d'avance.

Sapho
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Luca
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MessageSujet: Re: Yann Queffelec   Lun 03 Sep 2012, 14:33

Sapho a écrit:

Aurais-tu encore les coordonnées de cet article?

Je te remercie d'avance.

Sapho
Au temps pour moi, j'ai cherché selon mes souvenirs et il s'agit en fait de déchets toxiques déversés clandestinement au large des côtes somaliennes. Ce qui est encore pire au vu de l'impact sur les somaliens. Il s'agit du documentaire Toxic Somalia, réalisé par l'excellent Paul Moreira et diffusé par Arte.

Déverser une tonne de déchets toxiques le long des côtes somaliennes ne coûte que 2,50 dollars. C'est la décharge la moins chère du monde, et une source de bénéfices confortables pour les Occidentaux. Mais ces polluants anéantissent les ressources maritimes, provoquent des malformations génétiques et des cancers chez les enfants... Afin de protéger leurs côtes et tout simplement de survivre, les Somaliens ont abandonné la pêche et se sont tournés vers la piraterie. Parallèlement, les réseaux mafieux responsables des trafics d'armes et de déchets prospèrent...

Qui déverse ces déchets ? Qui en tire profit ? Deux journalistes italiens ont déjà perdu la vie en 1994 pour avoir posé ces questions. Ce documentaire ouvre à nouveau l'enquête, qui nous emmène du côté de la mafia italienne, des pirates somaliens et des trafics entourant la gestion des déchets nucléaires. Paul Moreira s'est notamment rendu à Hobyo, une ville contrôlée par les pirates, et à Mogadiscio, où kidnappings et attentats sont fréquents. Les témoignages qu'il a recueillis sont exceptionnels.
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Sapho
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MessageSujet: Yann Queffélec ; merci Luca   Mar 04 Sep 2012, 10:03

Je te remercie de tout coeur pour les renseignements que tu m'as communiqués. J'ai regardé avec beaucoup d'attention les extraits des vidéos que tu m'as transmises.Je me passionne pour toutes les contraintes imposées par les gouvernements et les lobbys qui pourrissent la vie de tant d'individus et les soumettent à leurs lois sans qu'ils puissent se défendre.
Merci encore
Sapho
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Ysandre
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MessageSujet: Re: Yann Queffelec   Jeu 27 Déc 2012, 20:28

Vert cruel est une nouvelle d'une centaine de page.

résumé :

Un père complètement azimuté, dangereux pour les autres avec ses armes, et pour lui-même avec sa batterie de tranquillisants dont il dépasse allègrement les doses prescrites. Présentateur TV viré, il décide de se mettre au vert avec sa femme, leur ado de 15 ans et leur fille de 10 ans. On bazarde les véhicules, tout ce qui est électrique et facilite le quotidien, et on cultive des algues bleues - c'est, paraît-il, l'avenir. Ses proches admirent la beauté des lieux, certes, mais regrettent la ville, son confort et ont surtout la frousse car le paternel a la colère redoutable.

Drôle, souvent, surtout quand ce sont les enfants qui s'expriment, cette nouvelle aurait pu être un livre. J'ai eu l'impression qu'il bâclait un peu, le Queffélec !

Le père est complètement à l'ouest ! déjanté ! il assène
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Ysandre
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MessageSujet: Re: Yann Queffelec   Jeu 27 Déc 2012, 20:46

rhââââ ! j'ai fait une mauvaise manip '



je reprends :

.... il assène parfois quelques vérités bien senties, genre "la société, les enfants, elle ne sait pas où elle va. Mais du moment qu'elle y va en voiture, et de plus en plus vite, elle est aux anges. Alors écoutez bien. Nous, nous sommes pied. C'est la b onne allure pour aller au fond des choses". Les dialogues entre le père et les enfants, les enfants entre eux sont à mourir de rire, mais je suis un peu déçue par un Queffélec qui n'est pas celui des Noces barbares, il semble un peu .. déjanté lui même. Il aurait mieux fait de dévlopper davantage.

mais vous pouvez le lire quand même, heing ?!
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MessageSujet: Re: Yann Queffelec   Lun 06 Mai 2013, 05:50


Dictionnaire amoureux de la Bretagne, de Yann Queffélec, Plon, 786 p.,

on ne dit jamais bonjour, en breton, on dit au revoir, on dit kenavo, kenavo ma zad, mamm, kenavo migoned: au revoir, mon père, ma mère, au revoir, mes amis. Ce n'est pas un adieu. Le Breton veut retrouver celui dont il prend congé. Il aime avant tout.

Il haïra plus tard, s'il trouve le temps. Haïr n'est pas son fort. Il est assez folklorique, aujourd'hui, ce kenavo. Ce yamat. Cet ave chal. Ce breizh. Ce an tull al ar mor. Ils sont bons pour le kodakerien de Pierre Jakez Hélias, pour le M. Kitsch à l'appareil photo, le touriste béat devant les indigènes en sabots. (…)


d'autres extraits. et trois photos.
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MessageSujet: Re: Yann Queffelec   Lun 06 Mai 2013, 06:01

Citation :
le touriste béat devant les indigènes en sabots. (…)
oui, mais s'ils s'avisent d'en porter pour faire "couleur locale", ils ne savent même pas marcher avec !!! rire
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MessageSujet: Re: Yann Queffelec   Ven 17 Mai 2013, 05:36

A la grande librairie - France V le 16 mai, Queffelec a présenté son "dictionnaire" ; en fait un roman plus qu'une suite d'articles par ordre alphabetique ; Chaque notice se suit dans la suivante, il parle de son enfance, et se fait le defenseur de la langue bretonne.

Il a fait l'eloge du marquis de la Villemarqué - En 1839, La Villemarqué, âgé d'à peine vingt-quatre ans, publiait le Barzaz-Breiz, chants populaires de la Bretagne, et de Bernard Giraudeau, l'acteur auteur.

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MessageSujet: Re: Yann Queffelec   Sam 10 Aoû 2013, 09:58

La Bretagne de Yann Queffélec



C’est un dictionnaire, de A à Z (même si le X vous cause des soucis), alors que vous livrez un texte romanesque et autobiographique. Parce que le dictionnaire était trop formel pour un sujet qui vous est si intime ?

J’avais envie de montrer qu’on pouvait faire autre chose à l’intérieur de cette belle coquille du "Dictionnaire amoureux", idée libre mais très arrêtée. J’ai raconté mon amour de la Bretagne de manière continue, fluide et, par la suite, j’ai créé artificiellement dans cette arche narrative le découpage A, B, C… La difficulté a été de trouver la manière simple et romanesque d’écrire ce livre. Je voulais qu’il débute par une phrase qui entraînerait la suite sans difficulté, sans suée de la part de l’écrivain. Souvent, avec les "Dictionnaires amoureux", on voit qu’il y a des recherches, de l’effort, de la documentation. Je voulais au contraire une formule qui donne l’impression d’une grande légèreté, sans négliger la dimension du sujet puisque je livre une vision panoramique de la Bretagne.

"Non, je ne pourrais pas dire tout ce que j’ai sur le cœur, et le tri subjectif se fera par nécessité du choix, non par désamour ou préférence."

Je ne me souviens pas avoir écrit cette phrase, mais c’est tout à fait cela. Je me disais : de quel droit vais-je aborder tel sujet ? Je voulais quelque chose de naturel. Alors, j’ai commencé avec cette maison qui a appartenu aux Queffélec et aux Penau autrefois, aujourd’hui vendue. Je me suis dit que c’était bien de partir d’un chagrin d’amour, de cette maison qui habite en moi désormais.

"Il n’y a pas de termes exacts pour figurer ses doutes, son amour, son espoir, pas de notes bleues ni de silence idéal à quoi raccorder sa voix sur la page."

Les mots ne sont jamais dérisoires. Ils sont quelquefois, fort heureusement, en phase parfaite avec l’émotion. Il faut accepter qu’un souvenir soit inachevé ou faux. Parfois, je m’embarque dans un souvenir et aboutis à une voix sans issue. Il m’est arrivé d’imaginer la suite. J’ai joué à la fois au romancier et au mémorialiste.

"Je ne comprendrai jamais qu’un pays féru du droit des autres, soi-disant né pour faire entendre au monde une parole de fraternité, partagée selon les us et coutumes de chacun, ait pu dire à la Bretagne : motus et bouche cousue."

Je ne comprends toujours pas, d’ailleurs, c’est incompréhensible. Le pire châtiment qu’on puisse infliger à une civilisation, quand on se prend pour le vainqueur, c’est de la priver de sa langue maternelle. C’est ce qui est arrivé à la Bretagne au XIXe siècle. Et les Bretons ont fini par feindre de l’accepter, parce que leurs enfants avaient besoin de se mêler aux enfants du pays. Ils auraient été aussi pauvres que leurs aînés s’ils s’étaient obstinés à parler breton, s’exposant à toutes les humiliations. Aujourd’hui, grâce aux écoles Diwan, on se rend compte que le breton n’a pas disparu. On le parle à nouveau, sans avoir l’intention de remplacer le français. Il est une sorte de code de reconnaissance, de résistance, voulu par la jeunesse bretonne.

"Chez tous les auteurs bretons - dont l’impossible Céline -, j’ai ressenti cette attention nécessaire à la douleur d’autrui, cette fraternité d’exilé."

Ils ont toujours été conscients d’être des écrivains travaillés par la question de l’Ouest. Ils étaient de grands auteurs à portée universelle et gardant leur ancrage. La littérature française ne reconnaît pas suffisamment ce qu’elle doit à la Bretagne. Et, je dis "hélas" pour ses idées dans les temps sombres de l’occupation en France, Céline a quand même écrit entre les deux guerres ce "Voyage au bout de la nuit" qui a révolutionné la manière d’écrire un roman à l’échelle du monde entier. Ce qui d’ailleurs ne fait pas de lui le plus grand auteur du XXe siècle car il a été incapable de concevoir des personnages.

Brestois, Robbe-Grillet a, lui aussi, d’une certaine manière révolutionné le roman…

Exactement. Je ne me suis jamais dit cela comme ça. Il a mis fin à une manière de concevoir la littérature avec le Nouveau Roman. A Nice, sur une chaise longue en regardant la Méditerranée, il m’a raconté que voir la bombe atomique, voir Brest dévastée par les bombardements, les incendies, a signifié pour lui que l’homme s’était trompé sur l’homme sur toute la ligne. Sa représentation glorificatrice dans l’art était dès lors une aberration, il fallait réécrire des livres, en opposition totale avec ce qui s’était fait jusque-là. Ce qu’il a fait avec génie.

Vue de Paris, la Bretagne, c’est beaucoup de clichés…

Le mauvais temps, l’austérité, la moquerie, le plouc, Bécassine… J’ai rappelé les clichés parce qu’ils font partie du jeu, même s’il faut les combattre. Surtout, j’ai retracé l’histoire de la Bretagne, pour montrer qu’elle a été une nation très importante en Europe, la plus longue dans le temps, de 500 à 1532 et l’annexion par le royaume des Francs. Il faut connaître cette histoire pour comprendre la Bretagne et l’aimer, comme dirait Hervé Bazin.

"[…] chaque année, l’équivalent de tout un Amoco Cadiz atterrit sur les champs bretons. Quel tribunal s’en émeut ? Quelles Affaires maritimes arraisonnent M. Poubelle ou M. Porc ? Quelle Europe crie : Haro ?"

C’est typique du Breton, qui est courageux, a résisté aux intempéries, aux aléas de l’histoire, a l’habitude d’en baver et de se retrousser les manches sans se plaindre. Mais il y a quand même des choses sur lesquelles il ne transige pas : il s’est battu contre l’installation de la centrale nucléaire de Plogoff, à la Pointe du Raz. Il faut vraiment qu’on en arrive à beaucoup pour qu’il montre les dents. En revanche, s’agissant des marées noires, quand cela arrive en Bretagne, on dit que les gens là-bas sont habitués à se battre avec les éléments, que ce n’est qu’un combat de plus pour eux. On dit la même chose du deuil de la mer : c’est romantique pour le pêcheur de mourir en mer. Ce qui est absurde. J’ai voulu le dénoncer, d’autant que la moindre inondation dans le Sud de la France fait les grands titres. Dès que c’est en Bretagne, c’est moins grave.

"J’aime le vent, langage d’un monde auquel on a coupé la langue."

J’ai vécu dans une maison où on croyait être à bord d’un bateau parce qu’elle était au bord de la mer, très exposée à la rafale. J’avais une chambre au grenier, le vent me réveillait souvent, j’avais l’impression qu’il venait se mélanger à mes rêves, qu’il avait des histoires à raconter. C’est un grand baratineur, le vent. Je suis devenu écrivain grâce à lui.


(Yann Queffélec, "Dictionnaire amoureux de la Bretagne", Plon, 785 pp.,

source La Libre
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Ysandre
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MessageSujet: Re: Yann Queffelec   Sam 10 Aoû 2013, 10:14

"J’aime le vent, langage d’un monde auquel on a coupé la langue." a écrit:
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MessageSujet: Re: Yann Queffelec   Dim 18 Aoû 2013, 13:37


Ce livre représente le combat intérieur que se livre un quinquagénaire entre ses pulsions amoureuses pour une enfant de 13 ans et la répulsion qu'il éprouve envers lui-même du fait qu'il se sent prêt à commettre un acte de pédophilie ( ou de détournement de mineure    : ce qui me semble plus approprié ).

Il décrit avec beaucoup de précision les sentiments qu'éprouve cet homme et les conséquences que pourraient avoir ses actes sur sa vie future.

Beau style d'écriture même si parfois elle semble incohérente. Je pense que cela est volontaire étant donné l'état d'esprit de son héros
Ce roman est pour moi, une véritable réflexion sur l'amour et l'usure du désir dans le couple.

Ce duel intérieur est décrit avec beaucoup de finesse.
Un roman à lire car cet auteur utilise un vocabulaire riche et une écriture soignée et fluide.

J'aurais quand même aimé un peu plus de développement.  I love you I love you I love you
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