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 L'esclavage

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rotko
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MessageSujet: Re: L'esclavage   Mer 24 Mai 2006, 19:38

Esclavage moderne
Aujourd’hui, selon l'Organisation Internationale du Travail (O I T), il y aurait 200 à 250 millions d'esclaves à travers le monde. Certains seront sceptiques quant à la réalité des faits.

Pourtant, il faut savoir que :
Citation :
« Aujourd'hui en France et en Europe, des hommes et des femmes travaillent jusqu'à 20 heures par jour, subissent la faim et les mauvais traitements, sont enfermés par leurs maîtres, n'ont en général ni salaire ni papiers officiels leur permettant de faire valoir leurs droits. »

http://www.fraternet.com/magazine/dos1009.htm
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MessageSujet: Re: L'esclavage   Jeu 25 Mai 2006, 06:24

Quelques affaires récentes :
balayons devant notre porte...

Citation :
Les faits : arrivée à l'âge de 15 ans en France, amenée par une compatriote qui promettait à sa famille une scolarisation contre un travail domestique pour rembourser son billet d'avion, Melle Siliadin s'était retrouvée "prêtée" à Aminata Bardet, un "prêt" devenu définitif. Elle restera chez le couple au total trois ans, s'occupant du ménage et des enfants, sept jours sur sept, 15 heures par jour, sans toucher le moindre salaire, sans autre liberté que de se rendre parfois à l'église le dimanche matin. Condamnés en première instance en juin 1999, les époux Bardet sont relaxés en appel et condamnés à une simple amende pour emploi d'étranger en situation irrégulière

http://www.esclavagemoderne.org/actujuridique.php?id=32

26 07 2005 : La France condamnée par la cour européenne des droits de el'homme.

Citation :
La Cour estime que la situation vécue par Melle Siliadin au domicile des époux Bardet est constitutive d'un cas de servitude au sens de l'article 4 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme. […]

Dans cette affaire, si les tribunaux français ont par la suite condamné les époux Bardet à verser des dommages et intérêts et des rappels de salaires à la requérante, les tribunaux français ne sont pas revenus sur la décision de non culpabilité intervenue en 2000.

http://www.esclavagemoderne.org/index.php
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MessageSujet: Re: L'esclavage   Jeu 25 Mai 2006, 16:16

Autre affaire : 01 05 2006 : ZORA J.

Mme Maidene, 48 ans, a été condamnée le jeudi 18 mai à six mois de prison avec sursis et 6.000 euros de dommages-intérêts pour avoir employé à son domicile bordelais, sans rétribution pendant 6 ans, une jeune Marocaine. Cette peine est conforme aux réquisitions de la procureure lors de l'audience du 6 avril.

Le tribunal a cependant abandonné deux des trois chefs de poursuite, les violences et les conditions d'hébergements indignes.

Voir aussi http://www.esclavagemoderne.org/actujuridique.php?id=54
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MessageSujet: Re: L'esclavage   Ven 26 Mai 2006, 09:18

Le voyage des esclaves.

Marqués au fer - étampage), souvent entravés et enchaînés, dans une atmosphère de haine et de peur, ils sont à fond de cale dans une promiscuité humide et nauséeuse.

«
Citation :
vomissures et déjections débordaient des baquets, empuantissant tout, et permettant le développement de maladies comme la dysenterie, la fièvre jaune et la variole. L’hygiène corporelle consistait à laver les esclaves sur le pont deux fois par jour, et la danse obligatoire sur le pont jouait le rôle d’exercice physique.

La nécessité d’une nourriture satisfaisante finit par être reconnue comme nécessaire par les marchands et équipages des navires. Riz, fèves et manioc en constituaient les éléments permanent servis deux fois par jour. Les captifs recevaient à boire trois fois par jour »



Source :
Jean Boudriot, Traite et Navire Negrier l'Aurore, 1784.
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MessageSujet: Re: L'esclavage   Lun 29 Mai 2006, 14:52

Marquages

Sur le bateau, le chirurgien chauffait une mince lame d’argent portant les initiales des armateurs du navire, frottait avec du suif l’endroit du corps qu’il voulait marquer (poitrine, cuisse ou épaule), posait dessus du papier graissé et y appliquait la marque.

Le capitaine touchait la prime royale pour chaque esclave arrivant dans les colonies..
Il fallait réussir la vente : les captifs étaient nettoyés, nourris et enduits d’huile de palme pour paraître à leur avantage.

Puis la vente du « nègre » était négociée, souvent payée en denrées coloniales : café, sucre, coton, indigo.
Le captif devenait alors un esclave étampé.

Citation :
« Étamper un nègre, c’est le marquer avec un fer chaud pour reconnaître à qui il appartient. Les habitants français de l île de Saint Domingue ont coutume d’étamper leur s Nègres aussitôt qu’ils les sont achetés ; mais l’estampe se fait avec une lame d’argent très mince, tournée en façon qu’elle forme leurs chiffres… A chaque vente et revente d’un nègre, le nouveau maître y met son estampe, de sorte que qu’il y en a qui en paraissent comme tout couverts »

Dictionnaire universel du commerce de Savary, 1723.
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MessageSujet: Re: L'esclavage   Lun 29 Mai 2006, 14:58

l'étampage se dit en anglais branding. Les femmes et les enfants attendent leur tour.



William O. Blake, The History of Slavery and the Slave Trade (Columbus, Ohio, 1857).
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MessageSujet: Re: L'esclavage   Lun 29 Mai 2006, 16:53

roudita a écrit:
En parlant de cela, est-ce que le monsieur qui est conservateur du musée de l'Ile de Gorée n'a pas récemment écrit un livre à son propos ?

oui ! je l'ai trouvé finalement ! ’il vient de publier aux éditions Michel Lafon un livre intitulé Il fut un jour à Gorée. L’esclavage raconté à nos enfants.
voir sur le blog d'alain mabanckou ici
http://www.congopage.com/article.php3?id_article=3633#comments
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MessageSujet: Re: L'esclavage   Ven 09 Juin 2006, 15:25

La vie des esclaves dans les Antilles puis en Louisiane est gérée par le code noir de 1685 puis pour les îles de France (île Maurice) et de Bourbon ( la Réunion) par l édit de 1723.

Le Code dit noir (avec ses 60 articles), est un ensemble de dispositions gérant, au profit des maîtres, la condition des Noirs d'Afrique déportés par millions au-delà de l'Atlantique jusqu'en avril 1848, sous Arago et Victor Schoelcher, au début de l'éphémère IIe République.

la seconde version du Code Noir, édictée en 1724 pour la Louisiane, parle des « esclaves nègres  »  au service « des Blancs » .
.
Article 35 :
Citation :
« l ‘esclave qui aura été en fuite pendant un mois à compter du jour que son maître l’aura dénoncé en justice aura les oreilles coupées et sera marqué d’une fleur de lys sur une épaule; et s’il récidive une autre fois, à compter pareillement du jour de la dénonciation aura le jarret coupé et il sera marqué d’un fleur de lys sur l’autre épaule, et la troisième fois, il sera puni de mort »
 

Texte intégral du code noir
http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/amsudant/guyanefr1685.htm


Dernière édition par le Ven 09 Juin 2006, 16:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'esclavage   Ven 09 Juin 2006, 15:33



source :
John Gabriel Stedman, Narrative, of a Five Years' Expedition, against the revolted Negroes of Surinam . . . from the year 1772, to 1777 (London, 1796).

Cette illustration repose sur un témoignage de 1773. Un trou était pratiqué dans les côtes de l'esclave et on y fixait un crochet. La victime pouvait rester vivante 3 jours.
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MessageSujet: Re: L'esclavage   Ven 09 Juin 2006, 15:43

Autres chatiments :

[...] mettre un masque de fer blanc interdisant de manger de la canne, mettre des chaînes, castrer, couper les bras et les jambes, enterrer jusqu'au cou [...]



Source
Thomas Branagan, The Penitential Tyrant; or, slave trader reformed (New York, 1807), p. 271
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MessageSujet: Re: L'esclavage   Jeu 02 Nov 2006, 06:58

Bonjour,

N'oublions pas non plus qu'après la fin (officielle) de la colonisation sur l'île de la Réunion, qui est entrée en vigueur le 20 décembre 1848, les colons se sont rabattus sur l'engagisme, qui n'était ni plus ni moins qu'un esclavage "amélioré". Ils étaient censés être rémunérés pour leur travail, avoir des horaires fixes, ce qui n'était pas le cas la plupart du temps, et surtout ils étaient libres, mais comment être libre quand on est à des milliers de kilomètres de chez soi, qu'on ne parle pas la langue du pays et qu'on a une famille à nourrir ? En 1937, il y avait encore quelques engagés sur l'île, même si l'immigration malgache et Africaine ont été interdites en 1859 et que l'Angleterre a interdit en 1882 le recrutement sur ses territoires. C'est dire si les mentalités ont mis du temps à évoluer. Au total ce sont des dizaines et des dizaines de milliers d'Indiens principalement, de Malgaches et d'Africains qui ont quitté leur pays dans l'espoir d'une vie meilleure et qui ont en fait trouvé une vie déplorable.
A lire : Sudel Fuma, De l'Inde du sud à la Réunion, Graphica, 1999.
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MessageSujet: Re: L'esclavage   Sam 25 Nov 2006, 22:13

L’esclavage est bien pire qu’une simple exploitation, il déshumanise. L’esclave n’est pas considéré comme un être humain dont on tire profit mais comme une marchandise ayant un but utilitaire.
Décrire les esclaves comme marchandise humaine parait à la limite du lapsus pour un esclavagiste ; une piètre tentative de contrecarrer son inconscient ou d’y céder à moitié ?

Comment lutter efficacement contre l’esclavagisme ?
En le rendant très coûteux ! Ce qu’il n’est pas à l’heure actuelle.
Evidemment, quand la cible est l’esclave (le clandestin ou la prostituée par exemple) l’esclavagiste rigole et passe cela en perte ou profit…
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rotko
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MessageSujet: Re: L'esclavage   Jeu 07 Déc 2006, 05:52

«C'est à ce prix que vous mangez du sucre...»
«Etonnants classiques»
Les discours sur l'esclavage d'Aristote à Césaire
chez Flammarion.
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MessageSujet: Re: L'esclavage   Jeu 07 Déc 2006, 14:34

Quelques textes du XVIIIe sur l'esclavage, d'abord Condorcet:
Citation :
Épître dédicatoire aux nègres esclaves
Condorcet, 1781

Mes amis,

Quoique je ne sois pas de la même couleur que vous, je vous ai toujours regardés comme mes frères. La nature vous a formés pour avoir le même esprit, la même raison, les mêmes vertus que les Blancs. Je ne parle ici que de ceux d’Europe, car pour les Blancs des colonies, je ne vous fais pas l’injure de les comparer à vous ; je sais combien de fois votre fidélité, votre probité, votre courage ont fait rougir vos maîtres. Si on allait chercher un homme dans les îles de l’Amérique, ce ne serait point parmi les gens de chair blanche qu’on le trouverait.

Votre suffrage ne procure point de place dans les colonies ; votre protection ne fait point obtenir de pensions ; vous n’avez pas de quoi soudoyer des avocats : il n’est donc pas étonnant que vos maîtres trouvent plus de gens qui se déshonorent en défendant leur cause, que vous n’en avez trouvés qui se soient honorés en défendant la vôtre. Il y a même des pays où ceux qui voudraient écrire en votre faveur n’en auraient point la liberté.

Tous ceux qui se sont enrichis dans les îles aux dépens de vos travaux et de vos souffrances, ont, à leur retour, le droit de vous insulter dans des libelles calomnieux ; mais il n’est point permis de leur répondre. Telle est l’idée que vos maîtres ont de la bonté de leur droit ; telle est la conscience qu’ils ont de leur humanité à votre égard. Mais cette injustice n’a été pour moi qu’une raison de plus pour prendre, dans un pays libre, la défense de la liberté des hommes. Je sais que vous ne connaîtrez jamais cet ouvrage, et que la douceur d’être béni par vous me sera toujours refusée. Mais j’aurai satisfait mon cœur déchiré par le spectacle de vos maux, soulevé par l’insolence absurde des sophismes de vos tyrans. Je n’emploierai point l’éloquence, mais la raison ; je parlerai, non des intérêts du commerce, mais des lois de la justice.

Vos tyrans me reprocheront de ne dire que des choses communes et de n’avoir que des idées chimériques : en effet, rien n’est plus commun que les maximes de l’humanité et la justice ; rien n’est plus chimérique que de proposer aux hommes d’y conformer leur conduite.
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MessageSujet: Re: L'esclavage   Jeu 07 Déc 2006, 16:42

un autre de Condorcet:

Citation :
Chapitre II : « Raisons dont on se sert pour excuser l’esclavage des Nègres »

On dit, pour excuser l’esclavage des Nègres achetés en Afrique, que ces malheureux sont ou des criminels condamnés au dernier supplice, ou des prisonniers de guerre, qui seraient mis à mort s’ils n’étaient pas achetés par les Européens.
D’après ce raisonnement, quelques écrivains nous présentent la traite des Nègres comme étant presque un acte d’humanité. Mais nous observerons :
1. Que ce fait n’est pas prouvé, et n’est pas même vraisemblable. Quoi ! Avant que les Européens achetassent des Nègres, les Africains égorgeaient tous leurs prisonniers ! Ils tuaient non seulement les femmes mariées, comme c’était dit-on, autrefois l’usage chez une horde de voleurs orientaux, mais même les filles non mariées ; ce qui n’a jamais été rapporté d’aucun peuple. Quoi ! Si nous n’allions pas chercher des Nègres en Afrique, les Africains tueraient les esclaves qu’ils destinent maintenant à être vendus ! Chacun des deux partis aimerait mieux assommer ses prisonniers que de les échanger ! Pour croire des faits invraisemblables, il faut des témoignages imposants, et nous n’avons ici que ceux des gens employés au commerce des Nègres. Je n’ai jamais eu l’occasion de les fréquenter ; mais il y avait chez les Romains des hommes livrés au même commerce, et leur nom est encore une injure.
2. En supposant qu’on sauve la vie du Nègre qu’on achète, on ne commet pas moins un crime en l’achetant, si c’est pour le revendre ou le réduire en esclavage. C’est précisément l’action d’un homme qui, après avoir sauvé un malheureux poursuivi par des assassins, le volerait. Ou bien, si on suppose que les Européens ont déterminé les Africains à ne plus tuer leurs prisonniers, ce serait l’action d’un homme qui serait parvenu à dégoûter des brigands d’assassiner les passants, et les aurait engagés à se contenter de les voler avec lui. Dirait-on dans l’une ou dans l’autre de ces suppositions, que cet homme n’est pas un voleur ? Un homme qui, pour en sauver un autre de la mort, donnerait de son nécessaire, serait sans doute en droit d’exiger un dédommagement ; il pourrait acquérir un droit sur le bien et même sur le travail de celui qu’il a sauvé, en prélevant cependant ce qui est nécessaire à la subsistance de l’obligé : mais il ne pourrait sans injustice le réduire à l’esclavage. On peut acquérir des droits sur la propriété future d’un autre homme, mais jamais sur sa personne. Un homme peut avoir le droit d’en forcer un autre à travailler pour lui, mais non pas de le forcer à lui obéir.
3. L’excuse alléguée est d’autant moins légitime, que c’est au contraire l’infâme commerce des brigands d’Europe, qui fait naître entre les Africains des guerres presque continuelles, dont l’unique motif est le désir de faire des prisonniers pour les vendre. Souvent les Européens eux-mêmes fomentent ces guerres par leur argent ou par leurs intrigues ; en sorte qu’ils sont coupables, non seulement du crime de réduire des hommes en esclavage, mais encore de tous les meurtres commis en Afrique pour préparer ce crime. Ils ont l’art perfide d’exciter la cupidité et les passions des Africains, d’engager le père à livrer ses enfants, le frère à trahir son frère, le prince à vendre ses sujets. Ils ont donné à ce malheureux peuple le goût destructeur des liqueurs fortes. Ils lui ont communiqué ce poison, qui, caché dans les forêts de l’Amérique, est devenu, grâce à l’active avidité des Européens, un des fléaux du globe : et ils osent encore parler d’humanité !
Quand bien même l’excuse que nous venons d’alléguer disculperait le premier acheteur, elle ne pourrait excuser ni le second acheteur ni le colon qui garde le Nègre ; car ils n’ont pas le motif présent d’enlever à la mort l’esclave qu’ils achètent : ils sont, par rapport au crime de réduire en esclavage, ce qu’est, par rapport à un vol, celui qui partage avec le voleur, ou plutôt celui qui charge un autre d’un vol, et qui en partage avec lui le produit. La loi peur avoir des motifs pour traiter différemment le voleur et son complice, ou son instigateur ; mais en morale, le délit est le même.
Enfin, cette excuse est absolument nulle pour les Nègres nés dans l’habitation. Le maître qui les élève pour les laisser dans l’esclavage est criminel, parce que le soin qu’il a pu prendre d’eux dans l’enfance, ne peut lui donner sur eux aucune apparence de droit. En effet, pourquoi ont-ils eu besoin de lui ? C’est parce qu’il a ravi à leurs parents, avec la liberté, la faculté de soigner leur enfant. Ce serait donc prétendre qu’un premier crime peut donner le droit d’en commettre un second. D’ailleurs, supposons même l’enfant nègre abandonné librement de ses parents ; le droit d’un homme sur un enfant abandonné, qu’il a élevé, peut-il être de le tenir dans la servitude ? Une action d’humanité donnerait-elle le droit de commettre un crime ?
L’esclavage des criminels légalement condamnés n’est pas même légitime. En effet, une des conditions nécessaires pour que la peine soit juste, c’est qu’elle soit déterminée par la loi, et quant à sa durée, et quant à sa forme. Ainsi, la loi peut condamner à des travaux publics, parce que la durée du travail, la nourriture, les punitions en cas de paresse ou de révolte, peuvent être déterminées par la loi ; mais la loi ne peut jamais prononcer contre un homme la peine d’être esclave d’un autre homme en particulier, parce que la peine dépendant alors absolument du caprice du maître, elle est nécessairement indéterminée. D’ailleurs, il est aussi absurde qu’atroce d’oser avancer que la plupart des malheureux achetés en Afrique sont de criminel. A-t-on peur qu’on n’ait pas assez de mépris pour eux, qu’on ne les traite pas avec assez de dureté ? Et comment suppose-t-on qu’il existe un pays où il se commette tant de crimes, et où cependant il se fasse une si exacte justice ?
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MessageSujet: Re: L'esclavage   Jeu 07 Déc 2006, 16:43

Un de Jaucourt:
Citation :
Jaucourt, extrait de l’article « traite des nègres » de l’Encyclopédie, 1766


C’est l’achat des nègres que font les Européens sur les côtes d’Afrique, pour employer ces malheureux dans leurs colonies en qualité d’esclaves. Cet achat de nègres, pour les réduire en esclavage, est un négoce qui viole la religion, la morale, les lois naturelles, et tous les droits de la nature humaine.
Les nègres, dit un Anglais moderne plein de lumières et d’humanité, ne sont point devenus esclaves par le droit de la guerre ; ils ne se dévouent pas non plus volontairement eux-mêmes à la servitude, et par conséquent leurs enfants ne naissent point esclaves. Personne n’ignore qu’on les achète de leurs princes, qui prétendent avoir droit de disposer de leur liberté, et que les négociants les font transporter de la même manière que leurs autres marchandises, soit dans leurs colonies, soit en Amérique où ils les exposent en vente.
Si un commerce de ce genre peut être justifié par un principe de morale, il n’y a point de crime, quelque atroce qu’il soit, qu’on ne puisse légitimer. Les rois, les princes, les magistrats ne sont point les propriétaires de leurs sujets, ils ne sont donc pas en droit de disposer de leur liberté, et de les vendre pour esclaves.
D’un autre côté, aucun homme n’a droit de les acheter ou de s’en rendre le maître ; les hommes et leur liberté ne sont point un objet de commerce ; ils ne peuvent être ni vendus, ni achetés, ni payés à aucun prix. Il faut conclure de-là qu’un homme dont l’esclave prend la fuite, ne doit s’en prendre qu’à lui-même, puisqu’il avait acquis à prix d’argent une marchandise illicite, et dont l’acquisition lui était interdite par toutes les lois de l’humanité et de l’équité.
Il n’y a donc pas un seul de ces infortunés que l’on prétend n’être que des esclaves, qui n’ait droit d’être déclaré libre, puisqu’il n’a jamais perdu la liberté ; qu’il ne pouvait pas la perdre ; et que son prince, son père, et qui que ce soit dans le monde n’avait le pouvoir d’en disposer ; par conséquent la vente qui en a été faite est nulle en elle-même : ce nègre ne se dépouille, et ne peut pas même se dépouiller jamais de son droit naturel ; il le porte partout avec lui, et il peut exiger partout qu’on l’en laisse jouir. C’est donc une inhumanité manifeste de la part des juges de pays libres où il est transporté, de ne pas l’affranchir à l’instant en le déclarant libre, puisque c’est leur semblable, ayant une âme comme eux.
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MessageSujet: Re: L'esclavage   Jeu 07 Déc 2006, 16:43

Un autre de Diderot:

Citation :
Denis Diderot, Contribution à l’Histoire des deux Indes de l’abbé Raynal (1780)


Hommes ou démons, qui que vous soyez, oserez-vous justifier les attentats contre ma liberté naturelle par le droit du plus fort ? Quoi ! celui qui veut me rendre esclave n’est point coupable ? Il use de ses droits ? Où sont-ils ces droits ? Qui leur a donné un caractère assez sacré pour faire taire les miens ? Je tiens de la nature le droit de me défendre ; elle ne t’a donc pas donné celui de m’attaquer. Si tu te crois autorisé à m’opprimer, parce que tu es plus fort et plus adroit que moi, ne te plains donc pas quand mon bras vigoureux ouvrira ton sein pour y chercher ton cœur ; ne te plains pas, lorsque, dans tes entrailles déchirées, tu sentiras la mort que j’y aurai fait passer avec tes aliments. Je suis plus fort ou plus adroit que toi ; sois à ton tour victime ; expie maintenant le crime d’avoir été oppresseur.
Mais, dit-on, dans toutes les régions ou dans tous les siècles, l’esclavage s’est plus ou moins généralement établi.
Je le veux : mais qu’importe ce que les autres peuples ont fait dans les autres âges ? Est-ce aux usages du temps ou à sa conscience qu’il faut en appeler ? Est-ce l’intérêt, l’aveuglement, la barbarie ou la raison et la justice qu’il faut écouter ? Si l’universalité d’une pratique en prouvait l’innocence, l’apologie des usurpations, des conquêtes, de toutes les sortes d’oppressions serait achevée.
Mais les anciens peuples se croyaient, dit-on, maîtres de la vie de leurs esclaves ; et nous, devenus humains, nous ne disposons plus que de leur liberté, de leur travail.
Il est vrai. Tous les codes, sans exception, se sont armés pour la conservation de l’homme même qui languit dans la servitude. Ils ont voulu que son existence fût sous la protection du magistrat, que les tribunaux seuls en pussent précipiter le terme. Mais cette loi, la plus sacrée des institutions sociales, a-t-elle jamais eu quelque force ? L’Amérique n’est-elle pas peuplée de colons atroces, qui usurpant insolemment les droits souverains, font expier par le fer ou la flamme les infortunées victimes de leur avarice ? Je vous défie, vous, le défenseur ou le panégyriste de notre humanité et de notre justice, je vous défie de me nommer un des assassins, un seul qui ait porté sa tête sur un échafaud.
Supposons, je le veux bien, l’observation rigoureuse de ces règlements qui à votre gré honorent si fort notre âge. L’esclave sera-t-il beaucoup moins à plaindre ? Eh quoi ! le maître qui dispose de l’emploi de mes forces ne dispose-t-il pas de mes jours qui dépendent de l’usage volontaire et modéré de mes facultés ? Qu’est-ce que l’existence pour celui qui n’en a pas la propriété ? On dirait que les lois ne protègent l’esclave contre une mort prompte que pour laisser à ma cruauté le droit de le faire mourir tous les jours. Dans la vérité, le droit d’esclavage est celui de commettre toutes sortes de crimes.
Je hais, je fuis l’espèce humaine, composée de victimes et de bourreaux ; et si elle ne doit pas devenir meilleure, puisse-t-elle s’anéantir !

Voltaire fait donc pâle figure à côté
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MessageSujet: Re: L'esclavage   Mar 10 Avr 2007, 17:49

Pour Clmemont qui aime bien la vie dans l'antiquité, un livre


commenté dans le détail par un historien , avec de s mises au point indispensables, comme celle-ci :

Citation :
Les esclaves révoltés ne luttaient jamais pour supprimer l’esclavage mais pour devenir maîtres à leur tour et asservir les autres.
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MessageSujet: Re: L'esclavage   Mar 10 Avr 2007, 17:59

puisqu'on parle de bibliographie, pensons à Nelly schmidt directeur de recherche au CNRS dont les livres font autorité :

L'abolition de l'esclavage : Cinq siècles de combats (XVIe-XXe siècle) (Fayard, 2005)

Histoire du métissage (La Martinière, 2003)

Abolitionnistes de l'esclavage et réformateurs des colonies (Karthala, 2001)

L'Engrenage de la liberté. Caraïbes-XIXe siècle (Université de Provence, 1995)

Victor Schoelcher (Fayard, 1994)

Citation :
Nul lieu du Monde ne peut s'accommoder du moindre oubli d'un crime, de la moindre ombre portée.

Nous demandons que les non-dits de nos histoires soient conjurés pour que nous entrions tous ensemble et libérés dans le Tout-Monde.

Ensemble encore, nommons la traite et l'esclavage perpétrés dans les Amériques crime contre l'humanité.


Edouard Glissant, Patrick Chamoiseau, Wole Soyinka
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MessageSujet: Re: L'esclavage   Dim 29 Avr 2007, 10:16

un film relie l'esclavage historique et l'esclavage moderne, c'est

La Femme seule de Brahim Fritah
Production Films Sauvages (Les)

Ce film est basé sur le témoignage d’Akosse Legba, le pseudonyme d’une jeune Togolaise de 32 ans qui a été victime d’esclavage moderne, en France. Il s’agit d’une mémoire en reconstruction. Des bribes de souvenirs du Togo, de sa jeunesse à son arrivée en France. Des papiers confisqués, un appartement, une identité niée au quotidien et le désir de se reconstruire, à travers une parole.

Ce témoignage raconte sa trajectoire, celle d’une femme qui aussi loin qu’elle s’en souvienne à toujours été seule.

Prix spécial du jury au festival de Clermont-Ferrand en 2005.

pour visionner un extrait
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MessageSujet: Re: L'esclavage   Ven 04 Mai 2007, 15:50

J'emprunte au Festival "Regards sur l'esclavage" du 9-13 mai 2007 au musée Dapper, la liste des films projetés :

Tropiques amers
Premiers épisodes, 95 et 104 min
Fiction, France, 2006.
Un film de Jean-Claude Flamand Barny, Avec Fatou N’Diaye, Jean-Michel Martial,
la série Tropiques amers est une grande fresque romanesque et historique sur l’esclavage aux Antilles françaises au XVIIe siècle. Elle se déroule à la Martinique, dans une plantation de cannes à sucre, entre 1785 et 1810.

Le Cri des neg mawon
Documentaire, 20 min, Guadeloupe, 1992
Un court-métrage de Tony Coco-Viloin

La descente aux enfers d’une femme qui vient de perdre son fils assassiné. Traquée par des voix sorties d’outre-tombe, elle revit la naissance de son fils…

Nightjohn
Un film de Charles Burnett
Fiction, 86 min, États-Unis, 1996
Avec Carl Lumbly, Alisson Jones, Beau Bridges.

Dans une plantation du Sud des États-Unis, quelques années après la déclaration d’indépendance (1776), la vie d’une jeune esclave change à jamais lorsqu’un autre esclave, Night John, lui apprend secrètement à lire et à écrire.

Testament
Fiction, 80 min, 1988, Grande-Bretagne
Un film de John Akomfrah, Avec Tania Rogers, Evans Hunter, Frank Parkes.

Le portrait lyrique d’une jeune présentatrice de télévision anglaise d’origine ghanéenne qui retourne dans son pays natal en 1988, après vingt-deux ans d’exil...

Nat Turner : A Troublesome Property
Fiction, 58 min, États-Unis, 2003
Un film de Charles Burnett
Avec Herbert Aptheker, Ossie Davis, Shaun DePriest,

La vie de Nat Turner pendant les années 1830-1831, lors de sa violente rébellion. C’est la première véritable révolte importante dans l’histoire de l’esclavage américain

Toussaint Louverture
Un film de Claude Moreau
Spectacle vivant filmé, 58 min, France, 1989
Avec Gérard Essomba, Jean-Claude Brialy, Daniel Mesguisch

l’histoire de François Dominique Toussaint, né à Saint-Domingue en 1743. Il travaille comme domestique dans une plantation de l’île. Affranchi en 1776. Il devient une figure de proue du pouvoir noir, et s’engage dans l’indépendance de son île.
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MessageSujet: Re: L'esclavage   Mar 08 Mai 2007, 07:21

C'est donc le 10 mai la journée commémorative de l'esclavage.

On voit des initiatives locales comme à Saint-Jean-du-Gard (30) à 20 km d'Alès, avec l'exposition paroles d'esclaves, des conférences, des chants (Gospels et negro spirituals) et la projection du film,

"Amistad" de Steven Spielberg, avec Morgan Freeman, Anthony Hopkins, Djimon Hounsou et Matthew Mc Conayghey.

Citation :
En 1839, "l'Amistad", navire espagnol transportant des esclaves africains, est pris dans une violente tempête au large de Cuba. Une cinquantaine de prisonniers réussissent à se libérer de leurs chaînes et se retournent contre leurs bourreaux

Destino negro de Cesaria Evora.
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MessageSujet: Re: L'esclavage   Jeu 10 Mai 2007, 05:12

1ere édition du festival de Gorée qui a choisi d'evoquer les esclavages plutôt que l'esclavage.

Conteurs, chanteurs, musiciens, danseurs et hommes de lettres alterneront ainsi leurs spectacles en plusieurs endroits de l'île "pour rendre hommage aux générations victimes de ces esclavages" de manière ludique, festive.

Citation :
"Ce n'est pas une façon de nier le côté triste de l'esclavage et de la traite des Noirs, C'est une façon de les aborder dans une perspective de mémoire positive, et non de mémoire punitive
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MessageSujet: Re: L'esclavage   Ven 18 Mai 2007, 17:06

lemonde des livres du 18 mai 2007 signale deux ouvrages fondamentaux,
de la traite et de l'esclavage des noirs de l'abbé Grégoire chez Arlea poche,

Esclavage et colonisation de Victor Schoelcher, Puf Quadrige.

L'auteur de l'article fait remarquer que dans la prose de Schoelcher
Citation :
"les esclaves restent muets, lointains, comme exclus du débat par lequel on va leur accorder l'émancipation. jamais on ne recueille leur parole"
.

Nul n'est parfait, ni Schoelcher ni l'abbé Gregoire, et à ce dernier on pourrait reprocher son intolérance face aux langues régionales françaises (occitan, breton etc.).
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MessageSujet: Re: L'esclavage   Mar 27 Nov 2007, 05:41

le 2 décembre sera la journée de commemoration de l'esclavage.

Un livre fait par un docteur en histoire, spécialiste de la Reunion.


clic !
.

Cet ouvrage évoque les différents aspects de l’histoire des anciennes colonies françaises soumises à l’esclavage (Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion et Saint-Domingue / Haïti).

Ce qui permet de comprendre que cette histoire partagée fait partie intégrante de l’histoire nationale.

Gilles Gauvin, Abecedaire de l'esclavage des noirs édition Dapper. (librairie du musée)

L’iconographie abondante et diversifiée sollicite l’imaginaire et constitue un support pédagogique de première qualité. Cet Abécédaire de l’esclavage des Noirs est un ouvrage de sensibilisation indispensable.
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