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 Poème du jour

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Ysandre
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MessageSujet: Re: Poème du jour   Mer 20 Nov 2013, 08:06

pourquoi n'a-t-il pas "center" ? rhooooooooo !col

Merci Nestor !
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nicyrle
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MessageSujet: Re: Poème du jour   Mer 20 Nov 2013, 09:43

merci  Merci, Ysandre de nous remettre en mémoire ce poème empreint de tristesse. Il voisine avec beaucoup d'autres dans le recueil Toute la lyre qu'on connaît souvent moins que d'autres...
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Sapho
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MessageSujet: Re: Poème du jour   Mer 20 Nov 2013, 11:02


PAUVRE RUTEBEUF

Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L'amour est morte
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta
Avec le temps qu'arbre défeuille
Quand il ne reste en branche feuille
Qui n'aille à terre
Avec pauvreté qui m'atterre
Qui de partout me fait la guerre
Oh vent d'hiver
Ne convient pas que vous raconte
Comment je me suis mis à honte
En quelle manière

Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L'amour est morte
Le mal ne sait pas seul venir
Tout ce qui m'était à venir
M'est avenu

Pauvre sens et pauvre mémoire
M'a Dieu donné le Roi de gloire
Et pauvre rente
Et droit sur moi quand bise vente
Le vent me vient
Le vent m'évente
L'amour est morte
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta
Les emporta..
.



Il doit probablement son nom au surnom « Rudebœuf » (bœuf vigoureux), qu'il utilise lui-même dans son œuvre. On ne sait quasiment rien de sa vie sauf qu'il était probablement un jongleur avec une formation de clerc (il connaissait le latin). Il serait originaire de Champagne (il a décrit les conflits à Troyes en 1249), mais a vécu adulte à Paris. Son œuvre, très diversifiée, qui rompit avec la tradition de la poésie courtoise des trouvères, comprend des hagiographies (Vie de Sainte Helysabel), du théâtre (Miracle de Théophile), des poèmes polémiques et satiriques (Renart le Bestourné ou Dit de l'Herberie) envers les puissants de son temps. Rutebeuf est aussi un poète « personnel », l'un des premiers à nous parler de ses misères et des difficultés de la vie. Parmi ses vers les plus célèbres on trouve certainement ceux issus des Poèmes de l’infortune : « Que sont mes amis devenus, que j’avais de si près tenus, et tant aimés… »

Les poèmes de Rutebeuf ont inspiré Léo Ferré qui en a fait une chanson qu'il a intitulée Pauvre Rutebeuf. Plusieurs interprétations de cette chanson existent, entre autres : Léo Ferré (1955 en studio, 1958, 1984 et 1986 en récitals), Catherine Sauvage (1956), Germaine Montero (1956), Cora Vaucaire (1957), Jacques Douai (1957), Marc et André (1961), Joan Baez (1965), Hugues Aufray (1967), Nana Mouskouri (1970), Hélène Martin (1975), Claude Dubois (1987), Petru Guelfucci (1988), James Ollivier (1988), Philippe Léotard (1994), Renée Claude (1994), Marc Ogeret (1999), Didier Barbelivien (2003), Alain Barrière (2007) et Dani Klein (Vaya Con Dios) (2009), Jan De Wilde (2010)2.
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Ysandre
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MessageSujet: Re: Poème du jour   Mer 20 Nov 2013, 11:07

Nestor a écrit:
Merci Nestor !
Merci Nestor content biz 
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Ysandre
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MessageSujet: Re: Poème du jour   Mer 20 Nov 2013, 11:10

Nicyrle a écrit:
merci Merci, Ysandre de nous remettre en mémoire ce poème empreint de tristesse. Il voisine avec beaucoup d'autres dans le recueil Toute la lyre qu'on connaît souvent moins que d'autres...
oui... je le remets de temps en temps. Il y a longtemps que je l'aime (ce poème)
jamais je ne l'oublierai.
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nicyrle
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MessageSujet: Re: Poème du jour   Mer 20 Nov 2013, 11:19

merci  merci Sapho... J'ai dans l'oreille l'interprétation de Joan Baez qui est celle que je préfère mais aussi celle de Jacques Douai, chanteur que j'ai toujours apprécié.
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Sapho
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MessageSujet: Re: Poème du jour   Sam 23 Nov 2013, 14:43



LA PRINCESSE ET LE CROQUE-NOTES

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nicyrle
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MessageSujet: Re: Poème du jour   Sam 23 Nov 2013, 22:33

Une jolie lecture avant d'aller au dodo, merci Sapho merci
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Sapho
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MessageSujet: Re: Poème du jour   Lun 02 Déc 2013, 15:06


L'HIVER



C'est l'hiver sans parfum ni chants...
Dans le pré, les brins de verdure
Percent de leurs jets fléchissants
La neige étincelante et dure.

Quelques buissons gardent encor
Des feuilles jaunes et cassantes
Que le vent âpre et rude mord
Comme font les chèvres grimpantes.

Et les arbres silencieux
Que toute cette neige isole
Ont cessé de se faire entre eux
Leurs confidences bénévoles...

— Bois feuillus qui, pendant l'été,
Au chaud des feuilles cotonneuses
Avez connu les voluptés
Et les cris des huppes chanteuses,

Vous qui, dans la douce saison,
Respiriez la senteur des gommes,
Vous frissonnez à l'horizon
Avec des gestes qu'ont les hommes.

Vous êtes las, vous êtes nus,
Plus rien dans l'air ne vous protège,
Et vos coeurs tendres ou chenus
Se désespèrent sur la neige.

— Et près de vous, frère orgueilleux,
Le sapin où le soleil brille
Balance les fruits écailleux
Qui luisent entre ses aiguilles...



Anna de Noailles.
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galysse
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MessageSujet: Re: Poème du jour   Mar 03 Déc 2013, 16:22

Ce matin j'ai vue la lune se lever,
elle a fait peur a la nuit, elle s'est enfuie.

Alors j'ai arrêter le camion sans même penser,
dehors la fatigue me suis, dedans c'est comme un bruit.

Aube moité de crépuscule
où filtre une lumière d'opercule,

La haut un oiseau rame
sur la frénétique trame
de son futur sans virgule.

Et tout la bas, loin
sous le feux des nuages
vacille la lumière sage
d'une neige bleuté de mirage
par la transe d'un derviche sans main.

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Suzanne
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MessageSujet: Re: Poème du jour   Mer 04 Déc 2013, 11:19

De comment j'en vins à accepter ma propre folie

Une petite araignée
s'était impunément logée
chez moi, dans quelque recoin,
la coquine, elle savait bien
qu'à chiffons, plumeaux et balais
je n'étais guère abonnée.

Mais voilà qu'un beau matin,
j'enfilai mon tablier,
qui au placard s'ennuyait,
et soudain d'humeur joyeuse,
je me mis en train.

Quand je m'approchais du logis
de ma petite squatteuse,
à la toile très en ordre,
mais, voila, ça fait désordre,
elle me dit, toute affolée,
au bout de son petit fil,
au secours, je demande asile!
Politique!

Politique je rêve,
depuis quand les araignées
seraient elles pourchassées,
ou menacées de prison
pour leur opinions,
ou leur appartenance
à quel ethnie sans défense?

Sans pitié, mon chiffon se levait
sur la soi-disant réfugiée.
Au secours, je demande trêve!
Sous mon petit foulard noué,
je me grattai alors la tête,
devant une telle obstination.
Va-t-elle donc pas se mettre en grève,
ou faire sa révolution?
Et allons bon, depuis quand
les araignées ont-elles droit
de hisser le drapeau blanc?

Bon, je suis par nature
ou par culture, je ne sais,
encline à la compassion.
Animée par la clémence,
je lui donnai une chance,
j'ouvris les négociations.

Que dis-tu, asile politique,
mais tu es un nuisible,
comme les poux, les puces, les tiques.


Non, je jure, je ne fais
aucun mal,
mais nous, pauvres araignées,
sommes pour toujours victimes,
comme héritage d'un vieux crime,
de l'antique malédiction,
araignée du matin, chagrin,
araignée du soir, espoir...

Et comme les ménagères
n'ont plus trop la main légère,
quand s'en vient la nuit tombée,
et ne briquent qu'en matinée,
nous sommes pour toujours condamnées.
Idées reçues, et préjugés!

Écoute, petite bête
à huit pattes, il n'y a pas que ça.
Mais je trouve que vue de près,
tu n'es pas belle à regarder.
Délit de sale gueule! On aura tout vu!
C'est pire que d'habiter la rue!

Là je fus un peu gênée,
moi qui, du temps de mon jeune âge,
avais écrit mes opinions,
et toutes mes contestations,
sur les murs comme sur des pages,
et qui lisais Libération!

Peut-être que j'avais vieilli,
peut-être avais-je toqué
ma bombe à marquer mes idées
contre celle de la Fée du logis,
achetée en supermarché?


Je continuai, néanmoins,
conditionnée, comme chacune,
araignée du matin, chagrin.
Je lui dis, oui, mais toi, tu piques!
Attention, il y a amalgame
me répond la petite dame,
je n'ai rien des veuves noires,
ni de toutes ces histoires,
et... regarde mes fils d'argent,
au soleil, comme ils sont brillants!

J'étais à court d'arguments.
Et comme je n'ai rien en moi
de cruel, du moins je le crois,
ni du méchant loup de la fable,
pour qui la force fait le droit...

Alors n'ayant pas de solution,
je l'ai gardée...
dans mon plafond!

Marie PROUVOT
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Ysandre
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MessageSujet: Re: Poème du jour   Mer 04 Déc 2013, 11:27

merci Suzanne !cheers 
ce poème est adorable et bien à double sens !
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Sapho
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MessageSujet: Re: Poème du jour   Mer 04 Déc 2013, 14:34

Ton poème m'a beaucoup plu SUZON, il est tendre, poétique et sensible. Moi non plus, je ne tue jamais les araignées; ce sont des insectes utiles  merci merci
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Ysandre
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MessageSujet: Re: Poème du jour   Jeu 05 Déc 2013, 06:29

Sapho a écrit:
Ton poème m'a beaucoup plu SUZON, il est tendre, poétique et sensible. Moi non plus, je ne tue jamais les araignées; ce sont des insectes utiles

oui, ma Sapho ! j'ai une petite boite pour les ramasser, je ferme le couvercle et je les mets dehors ! et j'ai peur des grosses, velues, toutes noires, les pattes poilues aussi ! celles-là, je les pourchasse au balai !Embarassed avec ma manie de l'aération, elles rentrent dans la maison l'automne venu !affraid Dans le jardin, il m'arrive de regarder longtemps une épeire fabriquer sa toile, c'est fascinant !
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Suzanne
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MessageSujet: Re: Poème du jour   Jeu 05 Déc 2013, 08:47

Je l'aime bien aussi ce petit poème !
Et j'ai très peur des araignées que j'évite de tuer?
Astucieux ta boite, mais pareil les grosses je ne risque pas de les faire rentrer dans une boite brrrrrr!
C'est vrai que les araignées dehors sont fascinante avec leurs toiles !
Ce n'est surement pas là qu'il faut mettre cette animation sur comment l'araignée tisse sa toile
http://www.espace-sciences.org/explorer/animations-en-ligne/comment-l-araignee-construit-elle-sa-toile
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Sapho
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MessageSujet: Re: Poème du jour   Jeu 05 Déc 2013, 08:55

Très instructif SUZON ; quelle formidable bâtisseuse !! En final, c'est si joli, on dirait de la dentelle super super 

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Sapho
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MessageSujet: Re: Poème du jour   Jeu 05 Déc 2013, 09:09










L'ETRANGERE






Il existe près des écluses
Un bas quartier de bohémiens
Dont la belle jeunesse s’use
À démêler le tien du mien
En bande on s’y rend en voiture,
Ordinairement au mois d’août,
Ils disent la bonne aventure
Pour des piments et du vin doux

On passe la nuit claire à boire
On danse en frappant dans ses mains,
On n’a pas le temps de le croire
Il fait grand jour et c’est demain.
On revient d’une seule traite
Gais, sans un sou, vaguement gris,
Avec des fleurs plein les charrettes
Son destin dans la paume écrit.

J’ai pris la main d’une éphémère
Qui m’a suivi dans ma maison
Elle avait des yeux d’outremer
Elle en montrait la déraison.
Elle avait la marche légère
Et de longues jambes de faon,
J’aimais déjà les étrangères
Quand j’étais un petit enfant !

Celle-ci parla vite vite
De l’odeur des magnolias,
Sa robe tomba tout de suite
Quand ma hâte la délia.
En ce temps-là, j’étais crédule
Un mot m’était promission,
Et je prenais les campanules
Pour des fleurs de la passion

À chaque fois tout recommence
Toute musique me saisit,
Et la plus banale romance
M’est éternelle poésie
Nous avions joué de notre âme
Un long jour, une courte nuit,
Puis au matin : “Bonsoir madame”
L’amour s’achève avec la pluie.

Louis Aragon, Le Roman inachevé
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Suzanne
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MessageSujet: Re: Poème du jour   Jeu 05 Déc 2013, 09:26

Que c'est beau !
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Sapho
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MessageSujet: Re: Poème du jour   Lun 09 Déc 2013, 18:07

MOURIR LENTEMENT


Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux.

Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l'habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur
de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu

Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d'émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les coeurs blessés

Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu'il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n'a fui les conseils sensés.

Vis maintenant !

Risque-toi aujourd'hui !

Agis tout de suite!

Ne te laisse pas mourir lentement !

Ne te prive pas d'être heureux !


Pablo Neruda


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nicyrle
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MessageSujet: Re: Poème du jour   Lun 09 Déc 2013, 18:11

Merveilleux Neruda... merci, Sapho  merci 
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Ysandre
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MessageSujet: Re: Poème du jour   Mar 10 Déc 2013, 06:47

L’albatros



Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

Charles Baudelaire

je ne les ai vu qu'en vol ..... je ne veux pas les voir au sol.
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Suzanne
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MessageSujet: Re: Poème du jour   Mar 10 Déc 2013, 10:41

Je ne sais même pas si j'en ai vu en vol.
Ce poème est magnifique, je suis contente parce que je le connaissais. Je me sens moins inculte !
Par contre celui de Neruda, magnifique aussi, je ne le connaissais pas !
Merci Yssandre et Sapho
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Sapho
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MessageSujet: Re: Poème du jour   Ven 20 Déc 2013, 14:50





Les mains d’Elsa

Donne-moi tes mains pour l’inquiétude
Donne-moi tes mains dont j’ai tant rêvé
Dont j’ai tant rêvé dans ma solitude
Donne-moi tes mains que je sois sauvé
Lorsque je les prends à mon propre piège
De paume et de peur de hâte et d’émoi
Lorsque je les prends comme une eau de neige
Qui fuit de partout dans mes mains à moi
Sauras-tu jamais ce qui me traverse
Qui me bouleverse et qui m’envahit
Sauras-tu jamais ce qui me transperce
Ce que j’ai trahi quand j’ai tressailli
Ce que dit ainsi le profond langage
Ce parler muet de sens animaux
Sans bouche et sans yeux miroir sans image
Ce frémir d’aimer qui n’a pas de mots
Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent
D’une proie entre eux un instant tenue
Sauras-tu jamais ce que leur silence
Un éclair aura connu d’inconnu
Donne-moi tes mains que mon coeur s’y forme
S’y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
Que mon âme y dorme éternellement …

Louis Aragon, Fou d’Elsa
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Ysandre
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MessageSujet: Re: Poème du jour   Sam 21 Déc 2013, 06:51

Les Mains de Jeanne-Marie

Jeanne-Marie a des mains fortes,
Mains sombres que l'été tanna,
Mains pâles comme des mains mortes.
— Sont-ce des mains de Juana ?

Ont-elles pris les crèmes brunes
Sur les mares des voluptés ?
Ont-elles trempé dans les lunes
Aux étangs de sérénités ?

Ont-elles bu des cieux barbares,
Calmes sur les genoux charmants ?
Ont-elles roulé des cigares
Ou trafiqué des diamants ?

Sur les pieds ardents des Madones
Ont-elles fané des fleurs d'or ?
C'est le sang noir des belladones
Qui dans leur paume éclate et dort.

Mains chasseresses des diptères
Dont bombinent les bleuisons
Aurorales, vers les nectaires ?
Mains décanteuses de poisons ?

Oh ! quel Rêve les a saisies
Dans les pandiculations ?
Un rêve inouï des Asies,
Des Khenghavars ou des Sions ?

— Ces mains n'ont pas vendu d'oranges,
Ni bruni sur les pieds des dieux :
Ces mains n'ont pas lavé les langes
Des lourds petits enfants sans yeux.

Ce ne sont pas mains de cousine
Ni d'ouvrières aux gros fronts
Que brûle, aux bois puant l'usine,
Un soleil ivre de goudrons.

Ce sont des ployeuses d'échines,
Des mains qui ne font jamais mal,
Plus fatales que des machines,
Plus fortes que tout un cheval !

Remuant comme des fournaises,
Et secouant tous ses frissons,
Leur chair chante des Marseillaises
Et jamais les Eleisons !

Ça serrerait vos cous, ô femmes
Mauvaises, ça broierait vos mains,
Femmes nobles, vos mains infâmes
Pleines de blancs et de carmins.

L'éclat de ces mains amoureuses
Tourne le crâne des brebis !
Dans leurs phalanges savoureuses
Le grand soleil met un rubis !

Une tache de populace
Les brunit comme un sein d'hier ;
Le dos de ces Mains est la place
Qu'en baisa tout Révolté fier !

Elles ont pâli, merveilleuses,
Au grand soleil d'amour chargé,
Sur le bronze des mitrailleuses
À travers Paris insurgé !

Ah ! quelquefois, ô Mains sacrées,
À vos poings, Mains où tremblent nos
Lèvres jamais désenivrées,
Crie une chaîne aux clairs anneaux !

Et c'est un soubresaut étrange
Dans nos êtres, quand, quelquefois,
On veut vous déhâler, Mains d'ange,
En vous faisant saigner les doigts !

Arthur Raimbaud
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nicyrle
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MessageSujet: Re: Poème du jour   Sam 21 Déc 2013, 09:10

Un beau texte à lire à voix haute, pas toujours simple à déchiffrer, merci Ysandre  merci Cette révoltée de la Commune, femme libre, a été magnifiquement chantée par le poète voyant.
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MessageSujet: Re: Poème du jour   

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