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 Wang Chao, Memory of love

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coline
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MessageSujet: Wang Chao   Ven 24 Nov 2006, 21:24

Voiture de luxe Réalisé par Wang Chao.

Prix de la section Un Certain regard au Festival de Cannes.

C'est l’histoire tourmentée d’une famille divisée entre la ville et la campagne.
Un instituteur, Li Qi Ming, envoyé de force à la campagne pour actes antirévolutionnaires il y a quarante ans est proche de la retraite. Il revient dans la ville de Wuhan, où il a été étudiant. Sa femme est gravement malade et elle veut revoir son fils. Li Qi Ming vient à la ville à la recherche de ce fils dont il n'a plus de nouvelles. Ce dernier est parti après avoir reçu une gifle du père. Le noble instituteur, au regard grave et pur, rêve de recomposer sa famille.
C’est Yanhong qui l’accueille, sa fille. Elle a elle-même tout fait pour retrouver son frère. La vie est difficile à la ville et Yanhong tente tant bien que mal de cacher à son père la réalité de sa situation. Elle est entraîneuse dans un grand bar-karaoké et maîtresse du patron. Li entrevoit sa détresse, pressent un drame mais garde l’espoir et retient ses larmes.
Au cours de ses recherches, il se lie d'amitié avec le policier qui l’accompagne .Lors d’un repas, ce dernier reconnaît dans l’ami de Yanhong l'homme qu'il a arrêté dix ans plus tôt...


Voiture de luxe est le dernier volet de la trilogie de Wang Chao sur la Chine, composée de L’Orphelin d’Anyang (2001) et de Jour et nuit (2004).

"Voiture de luxe s'inscrit dans la continuité des réflexions et des critiques déjà exprimées dans mes deux premiers films, sur la réalité et les allégories historiques et politiques de la Chine contemporaine. Dans la Chine actuelle, l'écart entre riches et pauvres, la distance qui sépare le peuple du bonheur, les contradictions entre le système social hérité du passé et le poids du présent sont autant de problèmes dont moi-même, partie intégrante du peuple, je ressens le poids et l'intensité. C'est ce qui m'a décidé à tourner ce film."( Wang Chao)

"Mon style de vie précaire, l'irruption de grandes mégalopoles, ma relation distendue avec mes parents, m'ont fait penser à tous ces jeunes disparus, aux parents qui avaient perdu leurs enfants et j'ai décidé de tourner Voiture de luxe (...) Je dédie ce film de tout mon coeur à tous les parents chinois qui ont perdu un enfant et aux fantômes des jeunes disparus. Je le dédie surtout à mon père et à ma mère."

"Je m'associe au courant du "réalisme chinois" et je suis persuadé que tout réalisateur chinois a la responsabilité d'endosser et de faire face à la réalité de la Chine actuelle. Cependant, en tant que réalisateur et romancier, je ne suis pas complètement satisfait par les seules observations et mises en question du réel. Dans ma trilogie, et surtout dans son deuxième volet, Jour et nuit, j'aborde d'un point de vue oriental le côté obscur de la nature humaine et la condition absurde de l'homme. Dans L'Orphelin d'Anyang et Voiture de luxe, j'ai davantage insisté sur le poids de la misère humaine et sur l'existence éventuelle de la rédemption et de l'espoir. Il est très difficile de faire ce genre de films en Chine, le cinéma chinois se focalise sur les grandes comédies populaires. Et je ne suis pas optimiste pour le développement du cinéma chinois, mais je ne perdrai jamais confiance et continuerai mon travail."

C’est du beau cinéma, magnifiquement filmé, éclairé, coloré.

Son film est bouleversant d’humanité.
Les rapports entre le père et la fille sont basés sur une immense tendresse et gachés par les non-dits, les remords. Le père se sent coupable de la gifle donnée au fils. La fille a honte de sa vie humiliante. Le jeu est sobre. Elle n’arrête pas de dire papa, elle n’arrête pas de faire silence aussi…Chacun regarde l’autre à son insu et les visages, souvent, se tournent dans la même direction pour que les yeux ne se croisent pas.

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rotko
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MessageSujet: Re: Wang Chao, Memory of love   Dim 08 Avr 2007, 07:15

clic !



L’Orphelin d’Anyang, un film touchant sans pathos.

Un chômeur désargenté adopte l’enfant d’une prostituée, pour les deux cents yuan qu’elle lui versera par mois. Aussi le voit-on dans toutes les scènes de la vie quotidienne, soit se promenant avec l’enfant dans les bras, soit avec l’enfant dans un panier à ramasser les pommes de terre.

La Chine avec sa circulation spécifique : vélos surchargés, cyclistes en tous sens, voitures des plus riches - des malfrats, bus bondés, est présente dans les nombreuses scènes d’extérieur. On voit aussi les marchés, les minables restaurants de nouilles. Quant à l’habitat du chômeur, un sérieux coup de neuf serait indispensable.

Les couleurs, sombres et tristes, donnent une unité à ce film où le seul décor de couleur est un paravent de photographe : tromperie pour donner une illusion de bonheur possible.
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MessageSujet: Re: Wang Chao, Memory of love   Dim 08 Avr 2007, 07:18

memory of love

Wang Chao ne donne pas dans le psychologique ou le pathos : pas de gros plans, des vues sur l’égout qui traverse la ville, peu de paroles. Des plans fixes sur lesquels le regard s’attarde.

On voit souvent les personnages aux mêmes endroits : le chômeur Dagang reconverti sur la place en réparateur de vélos. On connaît les lieux et les personnages comme si nous les rencontrions régulièrement chaque matin.

Retenue des sentiments et des émotions - ce qui les rend plus visibles, ainsi une scène d’allaitement, ou une promenade des 3 personnages au marché ;

mais aussi ellipses dans l’histoire. Wang Chao ne s’attarde pas plus aux détails que les personnages aux turbulences de la vie : elles reviennent régulièrement. Inutile d’en rajouter.

voyez les photos sur cineasie. Elles rendent bien l'atmosphère de ce très grand film.
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MessageSujet: Wang Chao, Memory of love   Dim 08 Nov 2009, 07:12

"un somptueux mélodrame"

He Sizhu, femme de Li Xun, a eu un grave accident d’auto avec son amant. Ils ont été transportés dans un hôpital où, comme par un fait exprès, Li Xun est chirurgien. C’est lui qui sera chargé d’opérer son rival accidenté, pendant que son confrère et ami s’occupera de He Sizhu, plus mal en point.

Une des séquelles de l’accident de son épouse sera une amnésie partielle ; tous ses souvenirs récents ont été effacés, y compris sa relation adultérine. Li Xun s’efforce alors de reconquérir sa femme.



Citation :
L'histoire se déroule à Hangzhou, ancienne et éphémère capitale impériale sous la dynastie des Song du Sud, une dynastie remarquée par ses accomplissements artistiques, en particulier dans le domaine de la peinture et de la poésie, mais rapidement condamnée à disparaître sous l'invasion mongole. Hanzghou est sise aux bords d'un lac, dans des paysages d'une exceptionnelle beauté

dit Slate, très convaincant.

Citation :
on pense nécessairement à In the Mood for Love. Il y a dans le film de Wang Chao, comme dans celui de Wong Kar-wai, la volonté d'extirper la rencontre amoureuse d'une temporalité linéaire; de signifier à quel point l'amour est expérience d'un temps qui ne passe plus, d'un temps qui se répète ou d'un présent hanté.
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MessageSujet: Re: Wang Chao, Memory of love   Ven 06 Juil 2012, 14:23



deux jolies femmes, rivales et avides de richesses, qui se guettent du coin de l'oeil : c'est un tableau deFeng Zhengjie.
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rotko
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MessageSujet: Re: Wang Chao, Memory of love   Ven 06 Juil 2012, 14:26

Wang Chao, Au paradis de l’amour, 98 p. chez Bleu de Chine.

Si vous lisez la première page, « présentation des personnages et de l’intrigue », vous risquez d’être désarçonné. Continuez donc, sans hésiter : il y a seulement cinq personnages (le 5e est un journaliste qu‘on voit peu), 2 hommes et deux femmes, l’affaire est limpide :

- sur fond de tests du sida, les deux hommes ont monté une escroquerie juteuse, et ils tentent de se « doubler » l’un l’autre, vu que le pot aux roses risque d’être découvert…

- par ailleurs, ils sont en rivalité amoureuse pour une femme qui ne sait pas se décider si elle aime l’un ou l’autre (rire).

Au départ, on a l’impression de lire un scénario car l’histoire est vue de haut, comme si l’auteur/entomologiste examinait des comportements d’insectes nuisibles. Par la suite, le rythme ralentit, et on suit mieux les personnages.

C’est la société chinoise des nouveaux riches qui, par crapuleries, entend se procurer la richesse : entre BMW et Mercedes, il s’agit de faire fortune, le plus vite possible et par tous les moyens.

Est-ce une spécialité chinoise ? ange

Les affaires françaises du Médiator des laboratoires Servier, et des prothèses mammaires PIP au silicone frauduleux, nous rapprochent des escrocs chinois !!

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Natalia
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MessageSujet: Re: Wang Chao, Memory of love   Ven 06 Juil 2012, 14:31

Souviens toi dans Brothers de Yu Hua tout l'argent gagné grâce aux hymens refabriqués

j'ai noté la référence merci
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rotko
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MessageSujet: Re: Wang Chao, Memory of love   Ven 06 Juil 2012, 15:35

Citation :
tout l'argent gagné grâce aux hymens refabriqués

un entretien avec une historienne :

Encore aujourd'hui, la symbolique de la virginité reste très forte, que nous le voulions ou non. Ça concerne fortement les hommes, parce que la liberté des femmes les gêne toujours. Celui qui épouse ou déflore une vierge a un sentiment de domination très fort. Dans beaucoup de religions, c'est l'homme qui fait la femme. Aux yeux des hommes, c'est un pouvoir dont ils sont très fiers et dont ils ne veulent pas être dépouillés.

Le recours à l'hyménoplastie est-il aussi un signe de cette domination ?


C'est plus complexe que cela. Les théologiens musulmans font un rapprochement entre la circoncision du garçon et la défloration de la fille. La circoncision du garçon marque son corps, le fait saigner, et ça lui permet de devenir un homme, donc un père, et de contribuer avec Dieu à la procréation. De même, la défloration de la femme fait couler son sang, ce qui lui permet de collaborer à la procréation. Ce n'est pas un rapport réciproque, certes. C'est l'homme qui crée la femme et la mère. Toutefois, l'homme ne se crée pas tout seul non plus. C'est un ensemble social, toute une culture, qui oblige l'homme à la circoncision, chez les Hébreux comme chez les musulmans.

Que pensez-vous des chirurgiens qui refusent de pratiquer l'hyménoplastie ?

Sur le plan théorique et idéologique, ils ont raison, mais nous ne vivons pas dans la théorie, nous vivons dans une réalité cruelle. Je connais plusieurs chirurgiens qui m'ont dit : "Perdre la virginité, ce n'est pas une maladie, ce n'est pas une pathologie grave, je n'ai pas à opérer. Les femmes doivent comprendre qu'elles sont libres et qu'elles doivent assumer cette liberté." Je partage pleinement ce raisonnement. Mais dans le concret, quand vous rencontrez une femme qui est à bout de forces, il faut faire preuve d'une éthique de la compassion : on lui porte secours, et c'est la moindre des choses.


.l'entretien.

Yvonne Knibiehler, La virginité féminine : mythes, fantasmes, émancipation. Éd. Odile Jacob. 216 p
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