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 Baudelaire

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Amadak
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MessageSujet: Baudelaire   Lun 16 Jan 2012, 03:19

pour Layla Monroc:
fraîchement nouvelle sur GDS?
, nous sommes déjà d'accord sur Baudelaire et j'espère que sur d'autres auteurs aussi
amicalement
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Layla Monroc
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Lun 16 Jan 2012, 06:21

Au plaisir Smile
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http://layla-monroc.blogspot.com
Natalia
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Ven 20 Jan 2012, 12:32

Assommons les pauvres

Pendant quinze jours je m'étais confiné dans ma chambre, et je m'étais entouré des livres à la mode dans ce temps-là (il y a seize ou dix-sept ans); je veux parler des livres où il est traité de l'art de rendre les peuples heureux, sages et riches, en vingt-quatre heures. J'avais donc digéré, - avalé, veux-je dire, toutes les élucubrations de tous ces entrepreneurs de bonheur public, - de ceux qui conseillent à tous les pauvres de se faire esclaves, et de ceux qui leur persuadent qu'ils sont tous des rois détrônés. - On ne trouvera pas surprenant que je fusse alors dans un état d'esprit avoisinant le vertige ou la stupidité.
Il m'avait semblé seulement que je sentais, confiné au fond de mon intellect, le germe obscur d'une idée supérieure à toutes les formules de bonne femme dont j'avais récemment parcouru le dictionnaire. Mais ce n'était que l'idée d'une idée, quelque chose d'infiniment vague.
Et je sortis avec une grande soif. Car le goût passionné des mauvaises lectures engendre un besoin proportionnel du grand air et des rafraîchissants.
Comme j'allais entrer dans un cabaret, un mendiant me tendit son chapeau, avec un de ces regards inoubliables qui culbuteraient les trônes, si l'esprit remuait la matière, et si l'oeil d'un magnétiseur faisait mûrir les raisins.
En même temps, j'entendis une voix qui chuchotait à mon oreille, une voix que je reconnus bien; c'était celle d'un bon Ange, ou d'un bon Démon, qui m'accompagne partout. Puisque Socrate avait son bon Démon, pourquoi n'aurais-je pas mon bon Ange, et pourquoi n'aurais-je pas l'honneur, comme Socrate, d'obtenir mon brevet de folie, signé du subtil Lélut et du bien avisé Baillarger?
Il existe cette différence entre le Démon de Socrate et le mien, que celui de Socrate ne se manifestait à lui que pour défendre, avertir, empêcher, et que le mien daigne conseiller, suggérer, persuader. Ce pauvre Socrate n'avait qu'un Démon prohibiteur; le mien est un grand affirmateur, le mien est un Démon d'action, un Démon de combat.
Or, sa voix me chuchotait ceci: "Celui-là seul est l'égal d'un autre, qui le prouve, et celui-là seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir."
Immédiatement, je sautai sur mon mendiant. D'un seul coup de poing, je lui bouchai un oeil, qui devint, en une seconde, gros comme une balle. Je cassai un de mes ongles à lui briser deux dents, et comme je ne me sentais pas assez fort, étant né délicat et m'étant peu exercé à la boxe, pour assommer rapidement ce vieillard, je le saisis d'une main par le collet de son habit, de l'autre, je l'empoignai à la gorge, et je me mis à lui secouer vigoureusement la tête contre un mur. Je dois avouer que j'avais préalablement inspecté les environs d'un coup d'oeil, et que j'avais vérifié que dans cette banlieue déserte je me trouvais, pour un assez long temps, hors de la portée de tout agent de police.
Ayant ensuite, par un coup de pied lancé dans le dos, assez énergique pour briser les omoplates, terrassé ce sexagénaire affaibli, je me saisis d'une grosse branche d'arbre qui traînait à terre, et je le battis avec l'énergie obstinée des cuisiniers qui veulent attendrir un beefteack.
Tout à coup, - ô miracle! ô jouissance du philosophe qui vérifie l'excellence de sa théorie! - je vis cette antique carcasse se retourner, se redresser avec une énergie que je n'aurais jamais soupçonnée dans une machine si singulièrement détraquée, et, avec un regard de haine qui me parut de bon augure, le malandrin décrépit se jeta sur moi, me pocha les deux yeux, me cassa quatre dents, et avec la même branche d'arbre me battit dru comme plâtre. - Par mon énergique médication, je lui avais donc rendu l'orgueil et la vie.
Alors, je lui fis force signes pour lui faire comprendre que je considérais la discussion comme finie, et me relevant avec la satisfaction d'un sophiste du Portique, je lui dis: "Monsieur, vous êtes mon égal! veuillez me faire l'honneur de partager avec moi ma bourse; et souvenez-vous, si vous êtes réellement philanthrope, qu'il faut appliquer à tous vos confrères, quand ils vous demanderont l'aumône, la théorie que j'ai eu la douleur d'essayer sur votre dos."
Il m'a bien juré qu'il avait compris ma théorie, et qu'il obéirait à mes conseils.


Je vous mets ce titre car je l'ai découvert grâce à une de mes dernières lectures de Shumona Sinha dont le roman porte ce titre
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Ven 27 Jan 2012, 23:12

Dans la même veine, un poème en prose de Baudelaire que j'aime énormément. Poème que l'on peut rapprocher de la forme épistolaire.

Les yeux des pauvres

Ah! vous voulez savoir pourquoi je vous hais aujourd'hui. Il vous sera sans doute moins facile de le comprendre qu'à moi de vous l'expliquer; car vous êtes, je crois, le plus bel exemple d'imperméabilité féminine qui se puisse rencontrer.
Nous avions passé ensemble une longue journée qui m'avait paru courte. Nous nous étions bien promis que toutes nos pensées nous seraient communes à l'un et à l'autre, et que nos deux âmes désormais n'en feraient plus qu'une; - un rêve qui n'a rien d'original, après tout, si ce n'est que, rêvé par tous les hommes, il n'a été réalisé par aucun.
Le soir, un peu fatiguée, vous voulûtes vous asseoir devant un café neuf qui formait le coin d'un boulevard neuf, encore tout plein de gravois et montrant déjà glorieusement ses splendeurs inachevées. Le café étincelait. Le gaz lui-même y déployait toute l'ardeur d'un début, et éclairait de toutes ses forces les murs aveuglants de blancheur, les nappes éblouissantes des miroirs, les ors des baguettes et des corniches, les pages aux joues rebondies traînés par les chiens en laisse, les dames riant au faucon perché sur leur poing, les nymphes et les déesses portant sur leur tête des fruits, des pâtés et du gibier, les Hébés et les Ganymèdes présentant à bras tendu la petite amphore à bavaroises ou l'obélisque bicolore des glaces panachées; toute l'histoire et toute la mythologie mises au service de la goinfrerie.
Droit devant nous, sur la chaussée, était planté un brave homme d'une quarantaine d'années, au visage fatigué, à la barbe grisonnante, tenant d'une main un petit garçon et portant sur l'autre bras un petit être trop faible pour marcher. Il remplissait l'office de bonne et faisait prendre à ses enfants l'air du soir. Tous en guenilles. Ces trois visages étaient extraordinairement sérieux, et ces six yeux contemplaient fixement le café nouveau avec une admiration égale, mais nuancée diversement par l'âge.
Les yeux du père disaient: "Que c'est beau! que c'est beau! on dirait que tout l'or du pauvre monde est venu se porter sur ces murs." - Les yeux du petit garçon: "Que c'est beau! que c'est beau! mais c'est une maison où peuvent seuls entrer les gens qui ne sont pas comme nous." - Quant aux yeux du plus petit, ils étaient trop fascinés pour exprimer autre chose qu'une joie stupide et profonde.
Les chansonniers disent que le plaisir rend l'âme bonne et amollit le coeur. La chanson avait raison ce soir-là, relativement à moi. Non seulement j'étais attendri par cette famille d'yeux, mais je me sentais un peu honteux de nos verres et de nos carafes, plus grands que notre soif. Je tournais mes regards vers les vôtres, cher amour, pour y lire ma pensée; je plongeais dans vos yeux si beaux et si bizarrement doux, dans vos yeux verts, habités par le Caprice et inspirés par la Lune, quand vous me dites: "Ces gens-là me sont insupportables avec leurs yeux ouverts comme des portes cochères! Ne pourriez-vous pas prier le maître du café de les éloigner d'ici?"
Tant il est difficile de s'entendre, mon cher ange, et tant la pensée est incommunicable, même entre gens qui s'aiment!
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rotko
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Sam 28 Jan 2012, 11:07

jene connaissais pas ce poème en prose. Merci de l'avoir cité. je recherche depuis longtemps une nouvelle de Georges Limbour, peut-être dans cet ouvrage ? Soleils bas : suivi de poèmes de contes et de récits de chez Gallimard.

Il s'agit d'aveugles qui jouent aux billes avec leurs yeux de verre...

la notice de georges Limbour sur Wikipedia. Il fut proche des surréalistes.
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Sam 28 Jan 2012, 19:22

rotko a écrit:
jene connaissais pas ce poème en prose. Merci de l'avoir cité. je recherche depuis longtemps une nouvelle de Georges Limbour, peut-être dans cet ouvrage ? Soleils bas : suivi de poèmes de contes et de récits de chez Gallimard.

Il s'agit d'aveugles qui jouent aux billes avec leurs yeux de verre...

la notice de georges Limbour sur Wikipedia. Il fut proche des surréalistes.

Ne serait-ce pas Les yeux de verre, dans le recueil Contes et Récits. Nouvelles ? (bouquin disponible sur Abebooks). Un lien:

http://www.abebooks.fr/servlet/BookDetailsPL?bi=165485394&searchurl=an%3Dgeorges%2Blimbour%26n%3D100046162%26sortby%3D3
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rotko
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Sam 28 Jan 2012, 19:41

Certainement, merci, il a l'air d'être disponible chez Gallimard. Javais beaucoup aimé cette nouvelle, et j'ai rencontré incidemment depuis le nom de Limbour, qui paraît bien méconnu. Merci Aglaé.
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Sam 28 Jan 2012, 20:16

En effet, Limbour est peu connu et mériterait de sortir de l'ombre.
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Graciak
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Lun 08 Juil 2013, 00:11

Je suis tombé sur un poème que, je crois, je n'avais encore jamais lu, ou alors il m'avait, pour une raison inconnue, laissé indifférent :

Spleen IV :
"Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide
Ou l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement

-Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme;L'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir"


Je trouve ça formidable. Mon prof de philo, cette année, parlait beaucoup de ce rôle de l'art qui était de donner une forme sensible a des sensations abstraites et très "individuelle".

Je crois avoir déjà ressenti ce que Baudelaire décrit et je trouve ça fantastique de justesse. Le premier vers est particulièrement marquant, toute la sensation y est :L'écrasement, cette pesanteur, cette prison. Le ciel est bas, c'est un plafond pourri, la pluie "imite les barreaux". C'est incroyablement frappant :C'est exactement ça. Pas un mot qui ne convienne.




Peut-on parler ici des Paradis artificiels ? Je l'ai lu il y a quelques années et si j'avais trouvé les descriptions du haschich et de l'opium plus instructive qu'autre chose(quoi qu'un peu confuse, pour l'opium en particulier), le passage sur le vin m'avait paru fantastique. Il faudrait que je le relise, maintenant que j'ai tendance a boire pas mal. C'est un ouvrage dont on parle très peu lorsqu'on évoque Baudelaire, j'ai l'impression.
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Ysandre
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Lun 08 Juil 2013, 04:26

bonjour Graciak bye ton admiration pour ce poème de Baudelaire trouve un écho en moi. Je l'ai découvert il y a longtemps... mes études remontent à loin !Happy 
mais, comme toi, j'ai toujours ressenti, dans le premier vers, cette sensation d'écrasement, d'étouffement, ce ciel bas comme un couvercle et les barreaux de la pluie. Et c'est les jours tristes, où la mélancolie gagne que ces vers me reviennent en mémoire.
Le dernier vers me poursuit, lui aussi : "-Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme;L'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir"
comme quoi, il a su mettre des mots très justes sur son mal être ! ses métaphores sont puissantes et belles puisqu'elles nous atteignent encore à travers le temps.
Il est vrai aussi que Baudelaire trouvait souvent son inspiration dans l'opium et l'alcool. Si un psychiatre l'avait suivi, à l'époque, il aurait sans doute diagnostiqué : maniaco-dépressif à tendance suicidaire !siffle  Il s'est détruit avec beaucoup de constance... mais quelle oeuvre il nous a laissé !respect 
bonne journée à toi, et ne bois pas trop... ça détruit les facultés intellectuelles au bout du compte ! je trouve qu'en ce qui te concerne, ce serait grand dommage !
bonne journée Graciak bye 
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rotko
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Lun 08 Juil 2013, 05:12

Salut Graciak, oui, un poème dramatique qui conduit aux marges de la folie et de la perte du contrôle de soi. Tout bien transmis par des images et metaphores bien adaptées pour produire les émotions souhaitées. Interviens davantage sur ce forum où on apprécie ce que tu dis.
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Astazie
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Lun 08 Juil 2013, 08:23

Que de réflexions suscitent ce poème, merci pour ce partage !

Je me dois de remonter la pente, elle est abrupte mais j'y arriverais.

( Juste une parenthèse, je ne bois pas, juste de l'eau )
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Graciak
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Lun 08 Juil 2013, 16:15

Vos remarques me font plaisir, merci Smile.

Effectivement c'était sans doute une personnalité très particulière et torturé, mais je pense que sans ça on aurait jamais eu cette oeuvre fantastique. Il me semble qu'il y a toujours une certaine correspondance entre l'oeuvre et l'artiste lui même, il faut une sorte de puissance intérieure(puissance qui peut être une douleur, j'entends) dont on extirpe quelque chose.

Et ça me semble d'ailleurs particulièrement vrai en poésie. Les personnalités trop "simple" et heureuse ne me paraissent pas faire les meilleurs poètes. Mais c'est peut-être un peu trop tranché, comme vision.
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Ysandre
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Lun 08 Juil 2013, 16:18

non, Graciak, je pense que tu as raison pour beaucoup de poètes, ceux que l'on appelle "les poètes maudits" ! Baudelaire en fait partie.
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