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 Jean-Luc Godard

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Moon
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MessageSujet: Jean-Luc Godard   Sam 20 Fév 2010, 13:16

J'étais la première à dire : Godard c'est chiant et prétentieux... Mais peut-on juger un réalisateur après avoir vu deux de ses films ? Surtout lorsque celui-ci a réalisé plus d'une cinquante de films en cinquante ans ?
Alors certes je me suis royalement emmerdée pendant Le Mépris (où seul le look de Brigitte Bardot a retenu mon attention), certes A bout de souffle ne m'a pas marqué plus que cela mais...Pierrot le fou c'est une autre histoire !


Citation :
Pierrot le Fou c'est un petit soldat qui découvre avec mépris qu'il faut vivre sa vie, qu'une femme est une femme, et que dans un monde nouveau, il faut faire bande à part pour ne pas se retrouver à bout de souffle. Jean-Luc Godard

Pierrot le fou, c'est un intellectuel blasé : Ferdinand (hommage au Voyage au bout de la nuit sans doute), marié à une riche italienne. Revenu d'une soirée mondaine chez ses beaux-parents, il décide de tout plaquer pour partir avec la Baby-sitter (une ancienne amante), vers le sud de la France, l'Italie peut-être...

Godard étant Godard, on ne comprend pas grand chose. Mais l'on observe avec fascination les deux personnages se perdre, se déchirer, s'aimer. Le film est éclatant, les références fusent, les plans sont justes, l'histoire nous prend aux tripes. Ce qui fait la force de ce film, c'est son jeu poétique permanent : entre citations littéraires, humour grinçant, amertume, regards et échappées. Ferdinand et Marianne ne savent pas pourquoi ils vivent mais ils foncent... et s'effondrent... Anna Karina et Belmondo crèvent l'écran...



Citation :
Ferdinand : - Un poète qui s'appelle revolver...
Marianne : - Robert Browning
Ferdinand : - Pour échapper
Marianne : - Jamais
Ferdinand : - Bien aimé
Marianne : - Tant que je serais moi
Ferdinand : - Et que tu seras toi
Marianne : - Aussi longtemps que nous vivrons tous les deux
Ferdinand : - Moi qui t'aime
Marianne : - Et toi qui me repousses
Ferdinand : - Tant que l'un voudra fuir
Marianne : - Cela ressemble trop à la fatalité

La bande-annonce est une petite merveille, à regarder de toute urgence : http://www.youtube.com/watch?v=QHke018mMUE


Dernière édition par Moon le Ven 11 Fév 2011, 18:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Jean-Luc Godard   Sam 20 Fév 2010, 15:22

Moi aussi, j'avais bien aimé le film, et maintenant j'aime bien ton commentaire Smile

Dans une femme est une femme on a droit à un beau petit dialogue de couple, par titres de "série noire" interposés.

un exemple, sans intention moqueuse,


Clic !
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Constance
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MessageSujet: Re: Jean-Luc Godard   Sam 20 Fév 2010, 16:07

Voici un texte écrit par Louis Aragon ("Les lettres françaises, n°1096, 9-15 Septembre 1965), à propos de "Pierrot le fou" et de l'art de Godard , qui pourrait t'intéresser, Moon ... Wink



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Moon
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MessageSujet: Re: Jean-Luc Godard   Sam 20 Fév 2010, 17:42

Merci pour cet article d'Aragon... il est tellement dense que je vais devoir le relire. Son enthousiasme me plaît et son humour acéré aussi (oui oui).

Citation :
Je ne voyais qu'une chose, une seule, et c'est que c'était beau. D'une beauté surhumaine. Physique jusque dans l'âme et l'imagination. Ce qu'on voit pendant deux heures est de cette beauté qui se suffit mal du mot beauté pour se définir : il faudrait dire de ce défilé d'images qu'il est, qu'elles sont simplement sublimes. Mais le lecteur d'aujourd'hui supporte mal le superlatif. Tant pis. je pense de ce film qu'il est d'une beauté sublime.
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MessageSujet: Re: Jean-Luc Godard   Jeu 04 Mar 2010, 12:13

80 ans d'histoire du cinéma car Godard est le cinéma. Il en incarne la quintessence. Des Cahiers à son dernier film, Socialisme, qui sortira cette année, Antoine de Baecque traque l'impossible Godard qui toujours échappe

Antoine de Baecque, in Godard, Grasset, 935 p

y a de quoi lire !

tout l'article du Figaro.
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MessageSujet: Re: Jean-Luc Godard   Mar 30 Mar 2010, 05:46

Masculin féminin 1966 de Jean-Luc Godard
Avec Jean-Pierre Léaud (Paul), Chantal Goya (Madeleine), Marlène Jobert (Elisabeth),

Ben, disons que je n'ai pas été convaincu !

Leaud parle comme dans un livre ou un demi-sommeil, on bavarde beaucoup sans "conclure", et ces personnages des années soixante n'ont pas beaucoup de chair.

Un article devenu célèbre du Monde annonçait, avant 68, "La France s'ennuie". J'ai pensé que le film de Godard traduisait bien cette atmosphère, mais aux dépens du spectateur.

Pour un avis détaillé, voir le cine-club de Caen
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Jean-Luc Godard   Mar 18 Mai 2010, 13:06

Le dernier film de Jean-Luc Godard présenté à Cannes.


(article sur Lemonde.fr)

Citation :
C'est ce qu'il a annoncé. Et s'il en était ainsi, ce long métrage, qu'il présente à Cannes dans la section Un certain regard sans se déplacer sur la Croisette pour le défendre ("Je ne ferai pas un pas de plus", a-t-il écrit pour expliquer sa décision), prendrait valeur de testament.

Comme dans ses œuvres récentes, il s'agit d'un patchwork de saynètes brèves, elliptiques, relevant de l'essai poétique, du traité historique, de l'oraison mélancolique, de la réflexion philosophique. Images recoloriées à l'électronique, citations empruntées ici et là. A chacun de s'y laisser fasciner, ou irriter, d'y comprendre quelque chose ou d'y inventer sa propre interprétation. Dans ce film, qui sort sur les écrans mercredi 19 mai, on retrouve les thèmes et les idées autour desquels il tourne et retourne depuis des années.

La famille, par exemple. Ce qu'il figure ici, via la famille Martin, renvoie à ce qui a obsédé le cinéaste de tout temps : retrouver un clan après avoir été exclu du sien, renouer avec une tribu après avoir été honni chez les Godard, après avoir vu s'effilocher la fraternité de la Nouvelle Vague. Le petit garçon qui se mime en chef d'orchestre pourrait bien être l'enfant Godard amoureux de musique classique. Et la manière dont il campe les Martin est symptomatique de sa façon de procéder, par associations d'idées.

Godard fonctionne par enchaînements d'images. Les liens ne sont pas évidents, mais ils permettent de rebondir d'une notion à une autre, jusqu'à l'aboutissement d'une logique. D'où ce choix d'abriter cette "sainte famille" dans un garage (comme dans Je vous salue Marie, en 1985), d'y flanquer un âne (celui de la crèche). On y lit Les Illusions perdues de Balzac, titre se référant aux déceptions de toute une vie, qu'elles soient privées, politiques, historiques.

Autre thème récurrent : le plaidoyer pour la géométrie (ici illustré par une conférence du philosophe Alain Badiou sur Husserl). Ce cinéaste à la recherche du théorème perdu (ce fut sa définition de son exposition au Centre Pompidou "Voyage(s) en utopie", en 2006) se lamente de vivre à une époque où l'on pense algèbre (c'est-à-dire bibles, scénarios) plutôt que géométrie (c'est-à-dire images).

Le thème central de Film Socialisme est l'Europe, ce continent dont il dit qu'il ne veut pas mourir sans l'avoir revu heureux, comme il prie de voir à nouveau associés "Russie" et "bonheur".

L'Europe est l'une de ses déceptions, "pauvre Europe corrompue par la souffrance, non pas exaltée mais humiliée par la liberté reconquise". Cette Europe que "les Américains ont libérée en la rendant dépendante", dit-il en citant l'écrivain Curzio Malaparte. Et qui a laissé tomber l'Afrique.

La première partie du film se déroule sur un paquebot en croisière sur la Méditerranée. On y guinche comme sur un volcan. Souvenirs amers, diagnostics désenchantés, constat d'une solitude. Haine de l'argent qui "a été inventé pour que les hommes se parlent sans se regarder dans les yeux". Désespoir de constater qu'"aujourd'hui, les salauds sont sincères". Disjonction: "Le rêve de l'Etat, c'est d'être seul, le rêve des individus, c'est d'être deux."

Il revient à ce propos sur ce qu'il considère comme la tache originelle de l'Europe : avoir abandonné la Palestine. Godard emprunte à Agnès Varda l'image de deux trapézistes, symbole d'une harmonie possible entre deux peuples, sur double fond sonore : une voix de fille chantant le Talmud, une voix de fille chantant le Coran. "Les idées nous séparent, les rêves nous rapprochent."

Et puis, ce sentiment d'être incompris. Quand Ulysse revint à Ithaque, raconte-t-il, "le seul à le reconnaître sous son déguisement fut son chien".

http://www.lemonde.fr/cinema/article/2010/05/18/film-socialisme-jean-luc-godard-decu-d-une-europe-qu-il-voudrait-revoir-heureuse_1353205_3476.html
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MessageSujet: Re: Jean-Luc Godard   Mer 19 Mai 2010, 16:05

Interview complètement décalée de Godard par les Inrocks.

Citation :

Le cinéaste nous a reçus chez lui en Suisse pour un entretien provocant et intime. Bienvenue à Rolle.

Rolle n’est pas vraiment le centre du monde. Juste une petite ville un peu morne sur le lac Léman, à 40 kilomètres de Genève. Mais c’est aussi un éden pour milliardaires en quête de défiscalisation. Pour le sympathique chauffeur de taxi qui nous a pris à la gare de Genève, cette géographie du people peu imposé n’a aucun secret : “Vous voyez la maison sur le côté en bas de la colline, c’est celle de Michael Schumacher. Et là vivait Peter Ustinov. Phil Collins, c’est là-bas…”

Et Jean-Luc Godard, alors ? “Une fois, un Japonais est monté dans ma voiture, reprend le chauffeur, et m’a demandé si je savais où habitait monsieur Godard. Je lui ai dit oui, je l’ai emmené, il m’a dit : “Attendez- moi une minute”, a fait trois photos, est remonté dans le taxi et m’a demandé de le ramener à la gare. Il est connu jusqu’au Japon, monsieur Godard !” S’il est peut-être l’habitant vaudois le plus mythique “jusqu’au Japon”, monsieur Godard ne vit pas à Rolle pour la même raison que son voisinage people.

Domicilié en France, il y paie ses impôts. Il vit en Suisse parce qu’il y est né, parce qu’il ne peut se passer de “certains paysages”, nous dira-t-il dans un entretien, comme toujours avec lui, très panoramique. Pendant quatre heures, dans son bureau un peu fruste, très fonctionnel, juste à côté de sa salle de travail avec sa demi-douzaine d’écrans plats et ses étagères remplies d’innombrables VHS ou DVD d’où il extrait ses citations, nous avons parlé d’histoire, de politique, de la Grèce, de la propriété intellectuelle, de cinéma bien sûr, mais aussi de choses plus intimes, comme la santé ou le rapport à la mort.

J.-M. L

Pourquoi le titre, Film Socialisme ?

Jean-Luc Godard – J’ai toujours des titres d’avance, qui me donnent une indication sur des films que je pourrais tourner.

Un titre précédant toute idée de film, c’est un peu comme un la en musique. J’en ai toute une liste. Comme des titres de noblesse ou des titres de banque. Plutôt des titres de banque. J’ai commencé avec Socialisme, mais au fur et à mesure qu’avançait le film, ça me semblait de moins en moins satisfaisant. Le film aurait aussi bien pu s’appeler Communisme ou Capitalisme. Mais il s’est produit un hasard amusant : en lisant une petite brochure de présentation que je lui avais fait parvenir, où le nom de la production Vega Film précédait le titre, Jean-Paul Curnier (philosophe – ndlr) a lu “Film Socialisme” et a cru que c’était le titre. Il m’a écrit une lettre de douze pages pour me dire à quel point ça lui plaisait. Je me suis dit qu’il devait avoir raison et j’ai décidé de garder Film devant Socialisme. Ça déniaisait un peu le mot.

D’où vient cette idée de croisière en Méditerranée ? D’Homère ?

Au début je pensais à une autre histoire qui se passerait en Serbie mais ça n’allait pas. Alors j’ai eu l’idée d’une famille dans un garage, la famille Martin. Mais ça ne tenait pas sur un long métrage, parce que sinon les gens seraient devenus des personnages et ce qu’il s’y passe serait devenu un récit. L’histoire d’une mère et de ses enfants, un film comme on peut en faire en France, avec des dialogues, des états d’âme.

Justement, les membres de cette famille ressemblent presque aux personnages d’une fiction ordinaire. Ça n’était pas arrivé à votre cinéma depuis très longtemps…

Oui, peut-être… Pas tout à fait quand même. Les scènes s’interrompent avant qu’ils ne deviennent des personnages. Ce sont plutôt des statues. Des statues qui parlent. Si on parle de statues, on se dit “ça vient d’autrefois”. Et si on dit “autrefois”, alors on part en voyage, on s’embarque sur la Méditerranée. D’où la croisière. J’avais lu un livre de Léon Daudet, le polémiste du début du siècle, qui s’appelait Le Voyage de Shakespeare. On y suivait le trajet en bateau sur la Méditerranée du jeune Shakespeare, qui n’avait rien encore écrit. Tout ça vient petit à petit.

Comment procédez-vous pour agencer tout ça ?

Il n’y a pas de règles. Ça tient de la poésie, ou de la peinture, ou des mathématiques. De la géométrie à l’ancienne surtout. L’envie de composer des figures, de mettre un cercle autour d’un carré, de tracer une tangente. C’est de la géométrie élémentaire. Si c’est élémentaire, il y a des éléments. Alors je montre la mer… Voilà, ce n’est pas vraiment descriptible, ce sont des associations. Et si on dit association, on peut dire socialisme. Si on dit socialisme, on peut parler de politique.

Par exemple de la loi Hadopi, de la question du téléchargement pénalisé, de la propriété des images…

Je suis contre Hadopi, bien sûr. Il n’y a pas de propriété intellectuelle. Je suis contre l’héritage, par exemple. Que les enfants d’un artiste puissent bénéficier des droits de l’oeuvre de leurs parents, pourquoi pas jusqu’à leur majorité… Mais après, je ne trouve pas ça évident que les enfants de Ravel touchent des droits sur le Boléro…

Vous ne réclamez aucun droit à des artistes qui prélèvent des images de vos films ?

Bien sûr que non. D’ailleurs, des gens le font, mettent ça sur internet et en général c’est pas très bon… Mais je n’ai pas le sentiment qu’ils me prennent quelque chose. Moi je n’ai pas internet. Anne-Marie (Miéville, sa compagne et cinéaste – ndlr) l’utilise. Mais dans mon film, il y a des images qui viennent d’internet, comme ces images de deux chats ensemble.

Pour vous, il n’y a pas de différence de statut entre ces images anonymes de chats qui circulent sur internet et le plan des Cheyennes de John Ford que vous utilisez aussi dans Film Socialisme ?

Statutairement, je ne vois pas pourquoi je ferais une différence. Si je devais plaider légalement contre les accusations de pillage d’images dans mes films, j’engagerais deux avocats avec deux systèmes différents. L’un défendrait le droit de citation, qui n’existe quasiment pas en cinéma. En littérature, on peut citer largement. Dans le Miller (Vie et débauche, voyage dans l’oeuvre de Henry Miller – ndlr) de Norman Mailer, il y a 80 % de Henry Miller et 20 % de Norman Mailer. En sciences, aucun scientifique ne paie des droits pour utiliser une formule établie par un confrère. Ça, c’est la citation et le cinéma ne l’autorise pas. J’ai lu le livre de Marie Darrieussecq, Rapport de police, et je le trouve très bien parce qu’elle fait un historique de cette question. Le droit d’auteur, vraiment c’est pas possible. Un auteur n’a aucun droit. Je n’ai aucun droit. Je n’ai que des devoirs. Et puis dans mon film, il y a un autre type d’emprunts, pas des citations mais simplement des extraits. Comme une piqûre lorsqu’on prend un échantillon de sang pour l’analyser. Ça serait la plaidoirie de mon second avocat. Il défendrait par exemple l’usage que je fais des plans des trapézistes issus des Plages d’Agnès. Ce plan n’est pas une citation, je ne cite pas le film d’Agnès Varda : je bénéficie de son travail. C’est un extrait que je prends, que j’incorpore ailleurs pour qu’il prenne un autre sens, en l’occurrence symboliser la paix entre Israël et Palestine. Ce plan, je ne l’ai pas payé. Mais si Agnès me demandait de l’argent, j’estime qu’on pourrait la payer au juste prix. C’est-à- dire en rapport avec l’économie du film, le nombre de spectateurs qu’il touche…

Pour exprimer la paix au Moyen-Orient par une métaphore, pourquoi préférez- vous détourner une image d’Agnès Varda plutôt qu’en tourner une ?

Je trouvais la métaphore très bien dans le film d’Agnès.

Mais elle n’y est pas…

Non, bien sûr. C’est moi qui la construis en déplaçant l’image. Je ne pense pas faire du tort à l’image. Je la trouvais parfaite pour ce que je voulais dire. Si les Palestiniens et les Israéliens montaient un cirque et faisaient un numéro de trapèze ensemble, les choses seraient différentes au Moyen- Orient. Cette image montre pour moi un accord parfait, exactement ce que je voulais exprimer. Alors je prends l’image, puisqu’elle existe. Le socialisme du film consiste à saper l’idée de propriété, à commencer par celle des oeuvres… Il ne devrait pas y avoir de propriété des oeuvres. Beaumarchais voulait seulement bénéficier d’une partie des recettes du Mariage de Figaro. Il pouvait dire “Figaro, c’est moi qui l’ai écrit”. Mais je ne crois pas qu’il aurait dit “Figaro, c’est à moi”. Ce sentiment de propriété des oeuvres est venu plus tard. Aujourd’hui, un type pose des éclairages sur la tour Eiffel, il a été payé pour ça, mais si on filme la tour Eiffel on doit encore lui payer quelque chose.

Votre film sera mis en ligne sur FilmoTV en même temps qu’on pourra le découvrir en salle…

L’idée n’est pas de moi. Lorsqu’on a fait les films-annonces, c’est-à-dire tout le film mais en accéléré, j’ai proposé qu’on les mette sur YouTube parce que c’est un bon moyen de faire circuler les choses. La mise en ligne est l’idée du distributeur. Ils ont donné de l’argent pour le film, donc je fais ce qu’ils me demandent. Si ça ne tenait qu’à moi, je ne l’aurais pas sorti en salle de cette façon. On a mis quatre ans à faire ce film. En termes de production, il est très atypique. On l’a tourné à quatre, avec Battaggia, Arragno, Grivas, à égalité. Chacun partait de son côté et ramenait des images. Grivas est parti seul en Egypte et a ramené des heures de pellicule… On s’est donné beaucoup de temps. Je pense que le film aurait dû bénéficier d’un même rapport à la durée quant à sa distribution.

Ça veut dire quoi concrètement ?


J’aurais bien aimé qu’on engage un garçon et une fille, un couple qui ait envie de montrer des choses, qui soit lié un peu au cinéma, le genre de jeunes gens qu’on peut rencontrer dans des petits festivals. On leur donne une copie DVD du film puis on leur demande de suivre une formation de parachutiste. Ensuite, on pointe au hasard des lieux sur une carte de France et on les parachute dans ces endroits. Ils doivent montrer le film là où ils atterrissent. Dans un café, un hôtel… ils se débrouillent. Ils font payer la séance 3 ou 4 euros, pas plus. Ils peuvent filmer cette aventure et vendre ça ensuite. Grâce à eux, vous enquêtez sur ce que c’est que de distribuer ce film-là. Après seulement vous pouvez prendre des décisions, pour savoir si oui ou non on peut le projeter dans des salles normales. Mais pas avant d’avoir fait une enquête d’un ou deux ans là-dessus. Parce qu’avant, vous êtes comme moi : vous ne savez pas ce que c’est que ce film, vous ne savez pas qui peut s’y intéresser. Vous avez un peu déserté l’espace médiatique.

[...]

http://blogs.lesinrocks.com/cannes2010/index.php/rencontres/le-droit-dauteur-un-auteur-na-que-des-devoirs-jean-luc-godard-00551
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MessageSujet: Re: Jean-Luc Godard   Jeu 27 Mai 2010, 05:26

Film socialisme, de Jean- Luc Godard. Avec Patti Smith, Alain Badiou, Bernard Maris, Cathy Tanvier

Film Socialisme, fascinant et barbant

Son premier plan sur les eaux de la Méditerranée est d'une beauté plastique envoûtante. Et, tout au long de ce puzzle aux pièces rarement mises aux places prévues, on se délecte devant ses éclairs de génie et son rapport quasi charnel avec la matière cinématographique.

Pour autant, ce film a du mal à susciter une quelconque empathie tant Godard a depuis longtemps cessé de chercher toute connivence avec le public.


l'article de l'Express.
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MessageSujet: Re: Jean-Luc Godard   Mer 11 Juil 2012, 21:48

Rotko étant un admirateur de cette façon de travailler de Jean-Luc Godard je n'ai pas le même recul par rapport à l'empathie que tu sembles ne pas lui accorder. J'avoue me délecter de ce cinéma poétique et vrai. Quant à la connivence avec le public je ne vois pas où elle est moindre que dans un film poussif et surligné des Dardenne. Je n'ai guère vu celui dont tu parles mais j'en connais un bout sur son cinéma. On peut le taxer d'intellectuelle ou de abscons, moi je le trouve tout simplement poétique et beau. A l'image de "Je vous salue Marie" que je viens de revoir avec mes filles. Non seulement ce film est une variation sur la foi mais aussi sur la nativité et la féminité. Il y a sans doute énormément de raisons pour lesquelles je préfère ce cinéma là à un autre mais je me retrouve dedans, je retrouve mes aspirations d'artiste et d'homme ainsi que mes questionnements sur non seulement le monde mais aussi sur l'essence même de l'art que j’exerce.

L'interview plus haut me donne envie de relire la bible que les Cahiers avaient sortis en son temps: "JLG par JLG"
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MessageSujet: Re: Jean-Luc Godard   Jeu 12 Juil 2012, 05:35

la remarque sur l'empathie vient du texte de l'express.

Moi j'ai vu plusieurs films de lui que j'ai bien aimés. il me reste à voir le mepris que j'ai enregistré.
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MessageSujet: Re: Jean-Luc Godard   Jeu 12 Juil 2012, 08:19

Ok Rotko, autant pour moi. J'avoue ne jamais lire les articles de presse préférant les écrits des auteurs eux-même.
J'ai vu "Le mépris" en son temps, on dit de ce film qu'il est le plus classique du réalisateur suisse. Perso il m'a ennuyé, pas autant que "la Chinoise" (que je trouve d'une platitude sans mesure).
C'est justement la dernière période, la plus hermétique, qui me plait le plus. J'ai l'impression de regarder des toiles de Robert Rauschenberg.

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MessageSujet: Re: Jean-Luc Godard   Dim 15 Juil 2012, 07:49



J’ai vu pour la première fois le mépris, de jean-luc Godard adaptation sans doute très libre d’un roman de Moravia.

Au départ, un projet de film sur L’Odyssée, mythe selon lequel, dit un personnage, l’homme affronterait les Dieux. On voit effectivement les statues toutes puissantes d’Athéna, l’alliée d’Ulysse, mais surtout les poses menaçantes de Neptune, hostile au voyageur.

Si cette histoire met en relief l’amour fidèle de Pénélope, tissant sa toile pour faire la nique aux prétendants, le metteur en scène comme le scénariste s’interrogent sur l’amour dans l’œuvre ; Ulysse ne serait pas parti s’il avait été amoureux de Pénélope, et celle-ci serait-elle restée fidèle pendant dix ans ?

En fait, les deux personnages principaux du film, le scénariste et sa femme (Piccoli- Bardot), unis au début du film voient leur amour se détricoter à la suite de manoeuvres douteuses du scénariste au profit du metteur en scène américain. De nos jours c’est l’argent qui crée les Dieux du cinéma.

Godard démystifie « l’usine à rêves », il en révise les acteurs comme les formes.

Ainsi le générique est-il « dit » plutôt que lu, les dialogues, volontairement plats, filmés comme la balle de tennis dans M. Hulot, par un va-et-vient de caméra, l’amour vu d’un oeil froid, la femme comme boudeuse, le dénouement, banal comme un accident de voiture.

Quant aux acteurs, le réalisateur du film, sacralisé par l’argent, règne sur la mer comme Neptune, par cette maison-vaisseau juchée sur un rocher, Il « joue aussi son Roméo, grâce à son Alfa.R… »

Le scénariste est un "auteur de polars" dont la femme est une "dactylo de 28 ans" : tous deux de mauvaise foi dans ce film de désamour banalisé.

On est bien loin d’Ulysse et de Pénélope, du destin (« c’est la vie » dit B.B), d’Homère (le réalisateur choisit une Nausicaa, vulgaire et maladroite au possible).

S’il s’agissait de s’en prendre aux mythes, celui du cinéma actuel est dans ce film particulièrement écorné par un Godard, démystificateur.

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MessageSujet: Re: Jean-Luc Godard   Dim 15 Juil 2012, 07:55


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MessageSujet: ptit avis   Sam 28 Juil 2012, 01:11

le mépris? un bon film classique Smile

pierrot le fou? génie a l'etat pur.....inégalé/inégalable ange
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MessageSujet: Re: Jean-Luc Godard   Sam 28 Juil 2012, 09:45

Classique, si l'on veut. je ne l'avais pas vu, et il reste un peu déroutant par rapport aux films habituels.

oui Godard est démystificateur. Brigitte Bardot passe son temps à porter une serviette autour du corps. Elle est donc prise à contre emploi. Les dialogues, banals à souhait, ne sont pas donnés avec le ton habituel. Godard passe le film au moule du roman photo.
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MessageSujet: Re: Jean-Luc Godard   Sam 28 Juil 2012, 11:38

Pierrot le fou restera pour moi un choc, une révélation, un apogée. Découvert pour la première fois au premier rang d'une petite salle lyonnaise bondée, à l'occasion du Festival Lumières, il n'a pas cessé de me poursuivre ensuite. J'en suis encore, quelques années plus tard, à transcrire une nouvelle fois le script à la machine à écrire cheers

Le "reste" de l'oeuvre de Godard est intéressant (le Mépris, A bout de souffle notamment) mais pour moi PLF est définitivement à part.
(Merci Constance pour l'article d'Aragon !)
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Lliam7
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MessageSujet: Re: Jean-Luc Godard   Sam 28 Juil 2012, 14:32

J'ai aussi vu "Pierrot le Fou", c'est vrai que c'est un film à part dans le 7° art mais pas dans l'oeuvre de Godard. Ce ton décalé et plein d'humour se retrouve dans d'autres films moins connus comme "Alphaville" par exemple.
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Dorkyminch
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MessageSujet: Re: Jean-Luc Godard   Sam 28 Juil 2012, 20:10

Lliam7 a écrit:
J'ai aussi vu "Pierrot le Fou", c'est vrai que c'est un film à part dans le 7° art mais pas dans l'oeuvre de Godard. Ce ton décalé et plein d'humour se retrouve dans d'autres films moins connus comme "Alphaville" par exemple.

Le ton décalé et plein d'humour est présent dans de nombreux films de Godard en effet. Cet espèce de détachement aussi, si l'on parle de la même chose.
C'est plutôt la noirceur sous-jacente immense, le tragique qui me semble porté à son paroxysme dans PLF, sans renoncer à ce qui précède, qui en fait à mon sens sa spécificité. Mais je suis loin de connaitre toute l'étendue de son oeuvre, je parle donc en amateur plus ou moins éclairé.
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rotko
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MessageSujet: Re: Jean-Luc Godard   Lun 18 Fév 2013, 08:15

A bout de souffle

Voilà un « mauvais garçon » « beau gosse » qui conquiert la sympathie du public, la protection et l’amour des filles. Pire ! Ce cavaleur serait un amoureux proche du désespoir du moins à la fin du film.

Il semblerait que Godard joue du masque, comme l’indique ce tableau de Picasso où, le masque enlevé, transparaît le vrai visage. L’arnaqueur en tout domaine, devenu tueur par les circonstances, est donc un individu joueur qui voit dans la vie un espace ludique : on fait une affaire, louche bien entendu, on prend une belle voiture, volée c’est entendu, et on part en Italie avec une jolie fille, à la recherche d’un bonheur éphémère, car rien n’est éternel.

Cette fugacité de l’instant, on la voit dans les demandes de Michel, et le spectateur lui trouvera un caractère plus poignant à voir le filet se resserrer autour du cet homme désinvolte qui, sous des dehors décontractés, joue sa peau.

Godard transforme donc le thème de la traque mortelle en comédie sentimentale, de plus en plus grave, et met au premier plan ce qui importe dans le choix de l’individu Michel.


De même, le réalisateur cède la place aux acteurs à qui il confie son film : Belmondo regarde dans les yeux Humphrey Bogart, comme une nouvelle génération devant la précédente, et dans une affiche il lit le nom de jean Seberg qui interprète ici Patricia, vendeuse du Herald Tribune.

Tel quel, le film se regarde avec plaisir, mais on trouvera peut-être qu’il vieillit mal, car par moments, le film n’avance pas, s’attardant sur un « marivaudage » sentimental qui faisait son originalité, à l’époque.

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MessageSujet: Re: Jean-Luc Godard   Mar 19 Fév 2013, 05:18


Des airs de jazz contribuent à donner une allure désinvolte à Belmondo, il déambule dans un Paris représenté le jour, la nuit, avec des lieux qu'on reconnaît aisément.

"Si je m'analyse aujourd'hui, je vois que j'ai toujours voulu au fond, faire un film de recherche sous forme de spectacle. Le côté documentaire c'est : un homme dans telle situation. Le côté spectacle vient lorsqu'on fait de cet homme un gangster ou un agent secret". Ainsi même ici, où le documentaire semble cèder du terrain face au spectacle du gangster en cavale, la scène dans la chambre d'hôtel de Patricia, scène de théâtre, scène d'amour, scène de ménage, est le prototype de toutes les confrontations amoureuses emblématiques des films de Godard.

L'analyse du ciné-club.
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MessageSujet: Re: Jean-Luc Godard   Mar 19 Fév 2013, 15:41

A bout de souffle était-il un film pour déplaire à la majorité des spectateurs, allait-il à contre courant du cinéma français de l'époque? Godard s'en explique ici.

http://youtu.be/uuNAUmqJd1Q

Un petit court metrage qui illustre bien la pensée de Godard, l'obscurantisme, l'absence de la pensée.

http://youtu.be/Wx37fO25k-4

Le vrai cinéma ne serait-ce pas vivre sa vie, sans passer par Cannes?

Il me semble que c'est là son message.
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MessageSujet: Re: Jean-Luc Godard   Mar 19 Fév 2013, 15:55



Citation :
Le film totalisa 259 000 entrées en sept semaines d'exploitation parisienne : ce fut le seul succès commercial de Jean Luc Godard

Avec Belmondo, ce ne pouvait être qu'un succès, non ? ce qui n'enlève rien au mérite du film !
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MessageSujet: Re: Jean-Luc Godard   Mar 26 Fév 2013, 17:29

Éloge de l'Amour film de 2001

Godard ne veut pas rentrer dans le schéma d’un scénario traditionnel : ses acteurs ne jouent pas, ils disent leur texte sans tomber dans la recherche d’ intonations. D’ailleurs les bruits extérieurs interviennent, sonneries de téléphone, conversations simultanées. Régulièrement, l’écran revient au noir, avec des intertitres, on ne saurait mieux casser la fiction.

Citation :
« les choses sont là, pourquoi les inventer ? »

Le ciné-club justifiera le titre. Éloge de l'amour raconte l'histoire de trois couples, celle des jeunes Églantine et Perceval, celle des adultes, Edgar et La Femme, et celle du couple âgé des Bayard. Godard compose cette ligne mélodique sur les ruines du film imaginé par Edgar.

En contrepoint de cette pensée qui traverse les âges de la vie, Godard brode des "éloges de l'amour de quelque chose", ce quelque chose étant alternativement le cinéma, la littérature, la peinture et l'histoire ou même la magie et les voitures de sport.


Je m’intéresse à d’autres axes :

La Ville : Godard filme un paris quotidien, celui des foyers d’hébergement, des gares où l’on travaille la nuit, des cafés à l’heure de la fermeture. Sur les bancs dorment des clochards, images de la solitude et de la non disponibilité à l’amour, pourra-t-on penser.

Pour les adultes, le passé constitue aussi un handicap, et les cicatrices de la guerre, (Résistance, Drancy) constituent des obstacles à un avenir commun. D’ailleurs le passé se vit à retardement.

Le Cinéma : l’emprise des Américains (du Nord, le terme « Américain » signifie les États-Unis, rejetant dans l’ombre le Canada, l’Amérique centrale et du Sud !) a commercialisé toute production, thème déjà abordé dans le Mépris.

Nombreuses sont les références littéraires dans ce film qui dit refuser les « phrases ».

analyse très fouillée du cine-club qui, pour autant, n'explique pas tout.
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MessageSujet: Re: Jean-Luc Godard   Mar 05 Mar 2013, 16:26

Notre musique

le film qui débute sur des images de guerre, d'exécutions, d'enfant mutilés, s'interroge avec Bergounioux, Mahmoud Darwich ,et quelques autres sur le rôle de l'ecrivain, la place de la littérature et de l'image face aux conflits ; la vérité qu'ils restituent.

Godard déroute parce qu'il jongle avec les époques et les lieux, au cours de conversations entre initiés.
l'article du ciné-club de Caen
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