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 Nina Bouraoui

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Lîlâ
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MessageSujet: Nina Bouraoui   Lun 03 Mai 2010, 21:44

N'ayant pas trouvé de sujet sur cette femme, née à Rennes en 1967 d'un père d'origine algérien et d'une mère bretonne, je me permets d'en créer un pour vous faire part d'une lecture récente et quelque peu troublante...

Nina Bouraoui, plus connue pour avoir écrit La Voyeuse interdite en 1991 ou Mes mauvaises pensées en 2005 (prix Renaudot), a publié en 1998 L'Age blessé.

J'ai terminé il y a peu la lecture de ce livre. Je dois avouer que le style est si dense que la lecture n'est pas évidente. Un peu comme pour la poésie, cela a demandé pour ma part que je sectionne la lecture de cet ouvrage pourtant bref en une multitude d'instants.

L'histoire, si on peut parler ainsi, est celle d'une vieille femme vivant dans la forêt, prise pour une sorcière par les villageois qu'elle effraie par son apparence, sa différence. A travers un long et tortueux monologue, la narratrice nous livre ses souvenirs d'enfant, des bribes de sa vie sauvage, les violences qui l'ont menée à se réfugier dans les bois profonds.

Cette oeuvre a une forte tonalité poétique. Empreinte de folie et de visions, elle présente l'essence d'une femme dans ce qu'elle a de plus primaire et de plus évanescent.

L'un de vous l'a-t-il lue ?
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Seb
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MessageSujet: Re: Nina Bouraoui   Mar 04 Mai 2010, 05:24

Merci Lîla,
Non, je n'ai pas lu celui-là, apparemment il est assez différent par son thème de ses autres livres. J'avais lu La voyeuse interdite et Mes mauvaises pensées, c'est en tout cas une voix assez originale dans la littérature française.
Elle est aussi très aimée dans les milieux gay depuis qu'elle a revendiqué son homosexualité.

_________________
"Les écrivains brefs – phrases courtes, livres minces – ont aujourd’hui les faveurs du public qui, à n'en pas douter, les aimerait davantage encore s’ils n’écrivaient vraiment rien." (Eric Chevillard)
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Lîlâ
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MessageSujet: Re: Nina Bouraoui   Mar 04 Mai 2010, 05:58

Tu m'apprends quelque chose, Seb, merci. Dans mon infinie naïveté et du fond de mon antre, j'ignorais son homosexualité. Cela éclaircit quelques aspects du livre que j'en ai lu, sur le rapport au corps féminin.

J'ai la Voyeuse interdite dans ma bibliothèque depuis des années. Il faudrait que je m'y mette, pour comparer.
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rotko
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MessageSujet: Re: Nina Bouraoui   Ven 07 Mai 2010, 07:00

"Nos baisers sont des adieux", ce livre que Nina Bouraoui qualifie de "répertoire amoureux", est composé de portraits, de 1972 à nos jours où la narratrice se remémore ses rencontres et liaisons d'Alger, à Paris en passant par, Berlin, Zurich...).

elle déclare au magazine transfuge

Citation :
"Je commence à trouver les mots [de l'érotisme] dans "Nos baisers sont des adieux". Parce qu'il y a non seulement la pudeur, mais aussi la technique qui rend l'érotisme difficile. Je trouve qu'il est très compliqué d'écrire des scènes sensuelles ou sexuelles. J'arrive très bien à décrire le corps des garçons, leur force, leur peau- sans doute parce que je suis moins impliquée.
Ecrire sur deux femmes c'est un juste dosage - il faut éviter la vulgarité ou ce qui, à mon avis, est la pire chose au monde, une espèce de romantisme tiédasse. La solution consiste peut-être à adopter une position un peu virile. Et dans le cas de Nos baisers sont des adieux, pour employer un mot que je déteste, si on dit que c'est un livre "sexy", je serai contente. C'est un livre qui doit être sexy, qui doit donner envie de faire l'amour -sans que nul ne soit choqué."

Citation :
J'ai mis du temps à me défaire de mes complexes, à pouvoir écrire sur la sensualité et la sexualité. Et à assumer mon homosexualité, pas dans ma vie mais dans mes livres. Parce qu'on reste prisonnier de son image et c'est très dur à déconstruire."
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MessageSujet: Re: Nina Bouraoui   Ven 07 Mai 2010, 07:01

Citation :
"Couchée sur le ventre, le soleil contre la nuque, je regardais Diana au travers d'une tige transparente, surgissant en stries, derrière la baie vitrée de son salon. Elle était encore plus belle, comme derrière un filtre, cela me faisait penser à une feuille de papier calque glissée entre nous deux, me protégeant ainsi des larmes."

"Nous glissions l'une sur l'autre sans tomber, notre équilibre était parfait. Nos nuits étaient des aubes, nos jours des soirées, nous vivions à l'envers du temps."

in "Nos baisers sont des adieux",
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sarabennada
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MessageSujet: Nina Bouraoui   Ven 10 Sep 2010, 09:34


bonjour,
Nina Bouraoui, écrivain français d’origine Algérienne se distingue par un combat identitaire complexe.
Entre deux culture .son écriture reflète un une imbrication de l’imagination et du vécu ou on lui témoigne
des prises de position courageuses (osée pour ses origines). Elle relate les étapes de sa vie intérieure d’une manière fictionnelle ou ça ressemble à des confessions, a des récits de rêves, a une évasion occulte comme
si elle fuit son monde réel.
La plume de Nina est particulière, rebelle.. J’ai suivi bcp d’interview et tout ce qui relève de sa façon d’écrire. Je vous parlerai plus tard de son livre « mes mauvaises pensées » qui donne l’impression d’une tornade sans fin. Pour le moment je suis a la recherche du « garçon manqué » je le commenterai pour vous dés que possible.
(ma façon de voir les chose peut ne pas être partagée mais ça c'est Moi). merci

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rotko
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MessageSujet: Re: Nina Bouraoui   Ven 10 Sep 2010, 09:41


T'inquiète pas, on te lira avec plaisir car Nina Bouraoui est bien appréciée en général, je ne la connais pas.
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MessageSujet: Re: Nina Bouraoui   Ven 10 Sep 2010, 09:46

merci, cela m'encourage.
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MessageSujet: Re: Nina Bouraoui   Ven 10 Sep 2010, 10:59

Rappel

La voyeuse interdite, qui fut couronné du prix du Livre Inter 1991, Le jour du séisme, Garçon manqué, La vie heureuse, Mes mauvaises pensées (prix Renaudot 2005), Poupée Bella, Avant les hommes et Appelez-moi par mon prénom parus chez Stock..

j'ai mis en relief les prix reçus.
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MessageSujet: suite   Ven 10 Sep 2010, 11:57

J’ai une idée de toute sa bibliographie, merci de m’avoir parlé de tous ces prix.
Ma foi, elle les méritait.
L’écriture soulage et apporte de la compassion. Nina est un être qui a été ravagé par un bouillonnement d’idées, de questionnement et de recherche de soi.
La pression d’un passé agité, le regard « pas gentil » de ses paires, l’énergie débordante dont elle a été dotée, ont fait d’elle un être pas comme les autres.
L’écriture est devenue pour elle un abri, une voie pour se délivrer de temps à autre de ses peines et de ses angoisses qui ne la quittent jamais.
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rotko
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MessageSujet: Re: Nina Bouraoui   Lun 09 Mai 2011, 06:17



chez : Stock

Le dernier roman de Nina Bouraoui (Prix Renaudot 2005 pour Mes mauvaises pensées) a des airs de texte d'anticipation [...]

Une ambiance fin de siècle ou, tout du moins, de décennie, plane sur l'Algérie, cette terre "qui monte vers le ciel [...] où l'on a conscience de tout et même de la rotation des astres". La vie d'Alya ne tourne plus rond, désormais, car Sami - ce garçon peut-être trop proche de sa mère - a disparu - on ne sait pas trop dans quel sens il faut d'ailleurs entendre ce mot. Tous les deux, on les prenait "pour des frère et soeur". Il y avait de l'amour, entre eux. Enfin, "un amour choisi [...]. Et puis, en fait, il n'y a pas le désir."

Chronique familiale, récit sentimental, réflexion sur la peur et portrait acéré d'une société en mutation, le dernier roman de Nina Bouraoui surprend car, en pointillé, il conjugue subtilement mélancolie et métaphysique, réalité concrète et abstraction.

C'est dans l''Express.
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Merwyn
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MessageSujet: Re: Nina Bouraoui   Lun 09 Mai 2011, 06:49

L'écriture (son style d'écriture) est un peu sa marque qui la différencie des autres écrivains. Elle brise les codes au risque de parfois perdre son lecteur...
En somme, on doit être en pleine possession de ses facultés mentales pour bien en suivre tous les liens avec des flashbacks récurrents...

Appelez-moi par mon prénom est celui que je préfère, plus doux, tendre, limpide et cohérent que Mes Mauvaises Pensées (qui sonne comme une auto-psychanalyse chaotique mais tellement réaliste puisque l'esprit l'est tout autant).

Je n'ai pas osé en lire un 3ème car il faut être très concentré pour suivre toutes les imbrications d'histoires en partie auto-biographiques, en partie romancées, où les mots se délient comme le préconscient accouchant d'instants de révélations au milieu d'une routine alors brièvement bouleversée.

En quelques mots, l'écriture est souvent belle, les images suggestives, les histoires tournées vers les tréfonds de l'être qui oscille entre raison, passion et aliénation mais le passage de la sève de l'âme vers l'encre des pages se fait avec un minimum de mise en confort pour le lecteur qui doit alors batailler pour ne pas perdre le fil (ou plutôt les fils), ce qui, toutefois, n'est pas plus mal....
ange

Et une petite photo de l'écrivain:



_________________
Dum spiro, spero (Cicéron, Epistulae ad Atticum)
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rotko
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MessageSujet: Re: Nina Bouraoui   Jeu 13 Oct 2011, 15:37


Citation :

Appelez-moi par mon prénom
est celui que je préfère, doux, tendre, limpide et cohérent

c'est le roman d'amour d'une femme qui n'ose pas dévoiler ses sentiments.
A mon avis elle a tort Wink
toutes ses occupations et pensées se ressentent de ce sentiment non révélé, ce qui donne au texte une grande densité et une sensualité certaine.

En le lisant je me sentais plus proche de son écriture et de sa façon d'éprouver que d'Annie Ernaux dans Passion simple.
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MessageSujet: Re: Nina Bouraoui   Jeu 27 Oct 2011, 20:24

La voyeuse interdite Gallimard-1991


Citation :
Dans les rues d'Alger, les hommes s'étreignent. Derrière leurs portes closes, les femmes s'ennuient. Séparée de la ville par un rectangle de verre, une jeune fille observe. Un mur sale, un trolley bondé, une enfant imprudente lui donnent les mots d'une nouvelle histoire. Elle invente. Elle s'invente. Elle est pubère, son père ne lui parle pas depuis deux ans. La mère prépare l'intrigue, les sœurs se taisent. L'ennui ronge la capitale. Personne n'y échappe. Pas même le soleil !
Les hommes attendent. Ils l'attendent. L'amour et l'espoir n'existent pas. Les pensées se cognent contre un espace amputé de son temps.
Cachée derrière sa fenêtre, avide de savoir, la voyeuse force sur la réalité. Un voile s'éloigne, une petite fille meurt sous les pneus d'un camion. Les trous de serrure s'élargissent, la voyeuse dérobe la vie des autres. Le rêve s'impose. La mort guette. Toutes deux se convoitent, s'invitent, se rejettent. Le sang se faufile entre les mots et les maux.

« Le corps est le pire des traitres, sans demander l’avis de l’intéressé, il livre bêtement à des yeux étrangers des indices irréfutables : âge, sexe, féconde pas féconde ? Pubère, il m »a rendue inapprochable, dans le royaume des hommes je suis la souillure, sur l’échiquier des dames, le pion en attente caché derrière une reine hautaine qui choisira seule le bon moment de se déplacer. »
« Nous, filles, étions sa douleur, nos visages, nos corps lui rappelaient sa faiblesse, notre sexe, son sexe amputé, et si elle avait toujours l’air triste c’est parce qu’elle savait l’absurdité de notre existence à part qui nous éloignait un peu plus des hommes et de nos semblables »

Elle est enfermée, n’a que pour horizon la rue, juste devant sa fenêtre. Elle est pubère depuis peu de temps, doit garder intact son trésor pour celui que son père lui aura choisi. Nous sommes à Alger, début des années 70…
Quelle plume, quelle force, quelle rage, quelle violence …..
Une langue imagée, incisive, colorée, expressive, charnelle
J’ai été saisie , emportée, par cette écriture hachée, saccadée, irrégulière, rythmée par les pensées de cette jeune fille que j’aurais voulu pouvoir empoigner fermement et la tirer de cette sordide baraque où personne ne considère personne. Le père viole la mère, la rabaisse faute d’avoir eu le mâle tant désiré, et qui vaut tout, alors que les filles ne valent rien. La mère violente la fille. Comment respecter sa fille quand on est soi-même considérée comme un tas de chair ?
Un père qui n’adresse plus la parole à dans fille depuis qu’elle est « mariable ».
L’enfermement, le rejet, le désespoir, l’implacable destin des filles….tout cela explose dans ce livre court mais lourd de révolte.
La révolte hurlée tout au long de ses pages.
La révolte étouffée
La femme engrillagée, emmurée
La femme prisonnière des siens, prisonnière de sa culture, de ses coutumes….
Et aujourd’hui ? Ouvrons les yeux…..
Par décence pour cette jeune fille qui aurait pu être moi, si j’avais eu la malchance de naître sous d’autres cieux, c’est un coup de cœur qui ne dira pas son nom.
Un livre coup de gueule qui donne envie de l’ouvrir encore plus grande quoi qu’il puisse en coûter.
« Il roulait, il rebondissait, se cognait contre les formes qu’il avait lui-même rendues inhumaines, sa tête enfouie sous une aisselle où pendait une dentelle rousse, s’inventait un corps plus désirable et moins fatigant. Plein d’envies inassouvies, il se vengeait sur le ventre de ma mère en lui administrant des coups violents et réguliers avec une arme cachée dont il était le seul détenteur. »

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MessageSujet: Re: Nina Bouraoui   Ven 19 Oct 2012, 14:40



La couverture du livre illustre bien le thème : une identité sexuelle en cause, une vie double, celle des enfants mixtes nés d un père algérien et d’une mère française, héritière d’une langue double, pratiquée avec plus ou moins d’aisance, toujours en exil là où elle est, comme dans Ava Inouva d’Idir., souvent citée dans le récit.

Une enfance vécue comme un secret, avec des déguisements, y compris dans les prénoms,
Yasmina > Nina > Ahmed > Brio, de la fille au garçon, fille ou garçon ?

Cette existence entre deux sols, entre deux cultures, entre deux peurs, Nina Bouraoui l’exprime par des phrases courtes et denses, petits cailloux recrachés d’une fureur interne. Il faut avouer que ses formules font mouche :

Je porte la souffrance de ma famille algérienne. Je porte le refus de ma famille française. Je porte ces transmissions-là.

Ici je suis une étrangère. Ici je ne suis rien. La France m’oublie. L’Algérie ne me reconnaît pas. Ici l’identité se fait. Elle est double et brisée.


Les refus respectifs des deux communautés, elle les a vécus ; D’un côté la peur des visites en l’absence du père, par les gens de l’OAS, de l’autre, des humiliations, des coups de fils menaçants et des cadeaux empoisonnés.

Là le danger, ailleurs l’insécurité au quotidien.

Est-ce bien un hasard si la page 62 est chargée d’histoire ?

Citation :
Ma sœur naît en 1962. Au temps du crime. L’année du massacre des femmes algériennes de la Résidence. L’année du massacre de l’OAS. Leur dernier massacre. Leur esprit de vengeance.

Tout prend sens, et l’écriture de Nina Bouraoui surprend par sa densité et des traits bien ajustés.

En même temps une sensualité diffuse parcourt le récit, les rencontres avec Amine, les regards qui hésitent sur un corps encore indécis, qu’elle dissimule pour abuser les regards et se protéger d’autrui.
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Luca
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MessageSujet: Re: Nina Bouraoui   Ven 19 Oct 2012, 16:34

rotko a écrit:
Ici je suis une étrangère. Ici je ne suis rien. La France m’oublie. L’Algérie ne me reconnaît pas. Ici l’identité se fait. Elle est double et brisée.[/i]

Les refus respectifs des deux communautés, elle les a vécus ; D’un côté la peur des visites en l’absence du père, par les gens de l’OAS, de l’autre, des humiliations, des coups de fils menaçants et des cadeaux empoisonnés.
On retrouve ça sous la plume de Salim Bachi, dans Moi, Khaled Kelkal, avec ce terrible mot : les immigris.
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MessageSujet: Re: Nina Bouraoui   Ven 19 Oct 2012, 17:12

oui, la plaisanterie sur le "raton laveur", répétée à deux fois.

Citation :
"des familles rencontrées par hasard...Leurs sentences. Les Arabes dehors. Dans leur impossibilité à aimer vraiment ce qui est étranger [...] c'est de l'inhumanité de ces familles-là que viendra ma haine d'une certaine France."


Yasmina découvre que sa grand mère a appelé le teckel "yasmine". C'est si affectueux !

j'aime chez Nina Bouraoui, le ton d'ironie sarcastique, le trait acéré, la remarque mordante sur le détail révélateur.

Garçon manqué est paru en 2000. Il faudra que je demande quand il a été acheté. L'exemplaire me paraît neuf.
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MessageSujet: Re: Nina Bouraoui   Sam 20 Oct 2012, 11:09

Luca a écrit:

On retrouve ça sous la plume de Salim Bachi, dans Moi, Khaled Kelkal, avec ce terrible mot : les immigris.

Nina Bouraoui parle aussi de
Citation :
« Ces petites flèches; Ces petits venins. Comme tous ces petits crachats des enfants algériens dans la chevelure blonde de ma mère. »

Pour qui vient de l’Algérie en guerre, avec des images dans la tête de femmes éventrées, d’enfants massacrés, d’hommes décapités, les vacances d’été en France paraissent à "côté de la plaque" ; Le « garçon manqué » jette sur ce petit monde un regard sarcastique.

« Leur petit torse. Leurs petites côtes. Leurs petits genoux découverts. Des tricots, des bermudas, des chemisettes, disent-ils. Leurs mots très français […] ils ont tous les mêmes mots. Les mêmes images. Les plages. Les clubs mickey. Les promenades sur la digue. La gaufre du soir. Au chocolat ou au sucre glace; […] cette petite vie bien organisée. »

D’autant que l’opinion ambiante est nourrie d’un racisme qui blesse, de mots qui font mal, parce que si courants, si intégrés au langage :

« Les familles françaises Leurs grandes discussions. Leurs famille politiques Ces gens. Qui disent. Sans penser. Sans le faire exprès, soi-disant. Raton, youpin, négro, pédé, melon. Ça part tout seul. C’est une mécanique d mots Intégrée au langage. Ces gens que je ne connais pas et qui disent toujours, après : ce n’est pas de toi qu’il s’agit. »

La force du récit : dans ces petites phrases rageuses qui règlent des comptes, en réponse à des blessures encore vives.
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MessageSujet: Re: Nina Bouraoui   Ven 17 Jan 2014, 06:22

le petit dernier :




Standard de Nina Bouraoui éditeur : Flammarion

Bruno Kerjen avait la certitude que "le monde réel était fait d’hommes et de femmes à son image, qui pouvaient être remplacés sans que personne remarque la différence de l’un, l’absence de l’autre". Employéd’une entreprise de composants électroniques, cet homme de 35 ans n’attendait rien de la vie.

À l’occasion d’un week-end passé chez sa mère près de Saint-Malo,il recroise Marlène. La toxique Marlène de ses années de lycée. Bruno Kerjen, qui s’était comme protégé jusque-là d’éprouver tout sentiment, a désormais un rêve : Marlène. Portrait d’un antihéros de notre temps, d’un homme sans qualités replié sur lui-même, mû uniquement par la peur, Standard est aussi un roman tragique : un homme va chuter, inéluctablement et sous nos yeux, parce qu’il s’est décidé à aimer


réécouter l'émisssion sur France Inter avec l'auteur et frédéric Mitterrand c'est là !
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MessageSujet: Re: Nina Bouraoui   Lun 10 Fév 2014, 06:05






Standard de Nina Bouraoui éditeur : Flammarion

On ne s'attendait guère à un roman aux accents si houellebecquiens de la part de Nina Bouraoui, auteur de La Vie heureuse.
Difficile de ne pas se faire happer d'emblée par son phrasé prosaïque, pressé, insistant, qui dit crûment le mal-être de cet antihéros symptomatique d'une société en crise et de ses "standards", comme lui explique Gilles, le pote fumeur de joints :

Citation :
"Des middle, des mecs qu'on voit sans voir, qu'on fréquente sans aimer, des mecs comme il y a tant dans le paysage, des types qui ne manquent à personne mais dont on ne peut pas se passer parce que ça fait ressortir les autres, les têtes de vainqueurs."


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