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 Eric Faye

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Alessandro
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MessageSujet: Eric Faye   Sam 30 Jan 2010, 18:06

Quelques nouvelles de l’homme

Parmi elles, pour vous donner une idée :

Un homme gagne un aller simple pour le paradis terrestre, la seule condition est de s’y rendre seul ...
Nul ne sort du labyrinthe des coïncidences. Elle, peut-être ?
Prendre une chambre d’hôtel avec vue plongeante sur sa vie ...
Un des mots les plus courants est porté disparu.
Un horloger tue le temps, la mort dans l’âme.
En cas de vague à l’âme, soumettez-vous à une greffe de temps.
Dieu fait un rêve ahurissant : l’homme est devenu bon.
...
Les nouvelles de Faye s’inscrivent dans un univers onirique subtilement décalé, entre passé et futur, où s'exprime la solitude de l'homme et son insatisfaction face à nos sociétés post-modernes.

Beaucoup d'imagination, entre la gravité, la poésie et le rire, l’équilibre est précaire dans même si le pessimisme l'emporte bien souvent devant l'absurdité de la vie.

J'ai particulièrement apprécié la nouvelle dans laquelle un homme a perdu l’usage d’un mot vital, un mot, pourtant, que ni sa compagne ni ses lectures ne lui permettent de recouvrer…

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Alessandro
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MessageSujet: Eric Faye   Jeu 11 Nov 2010, 23:42

Nagasaki – Eric Faye – Stock – 110 pages

Un court et étrange roman basé sur un fait réel : celui d’une chômeuse en fin de droits au Japon qui squatte discrètement le placard de la chambre d’ami d’un météorologue, un cinquantenaire célibataire à la vie sans aspérités ni éclats. Celui-ci ne la remarqua pas pendant toute une année avant que la disparition d’aliments et le déplacement d’objets n’éveillent son attention et qu’il se munisse d’une caméra pour surprendre l’intruse dans sa cuisine et la faire arrêter.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là …

Un vrai art d’écrire mais une petite déception sur une certaine superficialité des personnages et une frustration sur la non-exploitation du côté du fantastique car le sujet le permettait.

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joce22
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MessageSujet: Re: Eric Faye   Mer 17 Nov 2010, 09:46

Eric Faye a reçu le grand prix du roman de l'Académie française pour Nagasaki. Faye est un auteur discret, ami de Kadaré, fin connaisseur de Kafka, qui mérite d'être lu.
Nagasaki, tiré d'un fait divers japonais, raconte à deux voix l'histoire d'un salaryman dont la maison de banlieue a été squattée pendant presque un an par une sans domicile fixe. Ce sont de tout petits riens qui alertent le quinquagénaire, célibataire aux habitudes gravées dans le marbre : un peu de jus d'orange en moins dans une bouteille, un objet déplacé de quelques millimètres... Il installe une webcam et de son bureau surveille sa maison.
J'ai aimé l'écriture légère du roman, tout en nuances, retenue. Un contrepoint au thème, lourd, développé dans le livre : le chaos vers lequel nous mène la mondialisation. Superbe (petit) bouquin que je conseille à chacun.
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daisybraille
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MessageSujet: Bonjour les fayophiles !   Mer 08 Aoû 2012, 11:06

Hier à la bibliothèque, nous avons lu un extrait de Nagasaki, et personnellement, j'ai été séduite par ce petit texte, tout en douceur, subtilité toute japonaise... Eric Faye connaît vraisemblablement bien la littérature et le style japonais, comme les haiku, tout en finesse et en douceur.
Traiter positivement un sujet qui, mine de rien, fait réfléchir sur la société actuelle... Très bon, très bon !
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Luca
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MessageSujet: Re: Eric Faye   Mer 08 Aoû 2012, 11:58

J'avais dévoré Je suis le gardien du phare, grand petit recueil de nouvelles !


Les neufs récits réunis dans ce recueil tentent de répondre par le fantastique à une question simple : l'homme de la fin de XXe siècle peut-il encore se retrancher du monde, fuir le pluriel au profit du singulier et devenir un électron libre ?
Chaque antihéros de ces textes fait ou a fait « l'éloge de la fuite », que ce soit dans un train, sur une improbable frontière, dans un monastère, dans une ville rayée de la carte ou au sommet d'un phare. Mais chacun, peu à peu, est contraint de répondre par la négative. Le for intérieur a été anéanti. C'est vers de nouvelles formes de solitude que l'homme doit se tourner.
Éric Faye écrit en jouant avec le temps, loin des conventions du naturalisme, et parvient à créer d'étonnants univers où la réalité bascule.


« Un paléontologue de mes amis, ivrogne peu recommandable aux dames de moins de 40 000 ans, me dit un jour que nous descendions tous du poisson, il ne me donna aucune précision - mérou, barracuda. Qu'importe, là réside peut-être la réponse à ma quête : je vis au milieu des miens, mes ancêtres ou leurs descendants, des cousins en somme, éloignés, des cousins au 346e degré et nous avons peu de chose à nous dire, je ne le nie pas. On choisit ses amis, mais sa famille... »

« Je vais revoir tous ces gens. Tout va reprendre son cours, les uns m'aimeront, les autres non. Je vais les retrouver égaux à eux-mêmes, scindés comme toujours en deux clans, les uns et les autres. Le plus dur, si je me souviens bien, était de savoir qui appartenait aux uns, qui appartenait aux autres. À l'époque, la nuance était fine. Personnellement, je n'ai jamais su vers quel camp pencher. De là peut-être ma fuite, c'est vrai qu'ici... Les jours maussades, je me dis que tout bien pesé, les uns ne valent guère mieux que les autres. Un philosophe de ma bibliothèque est pourtant catégorique : l'Enfer, c'est les autres. Je ne serai pour ma part pas aussi affirmatif, les uns ne sont pas sans reproche. »


J'avais ensuite été déçue par Les cendres de mon avenir et n'avais plus rien lu de cet auteur. Une erreur...
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rotko
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MessageSujet: Re: Eric Faye   Mer 08 Aoû 2012, 12:29

On devrait s'interesser davantage à lui, et j'en avais de bonnes raisons, mais peu suivies d'effets. Il avait participé activement à la querelle sur Heidegger, mais là, beaucoup d'arguments me sont passés au-dessus de la tête.

Les nouvelles me tenteraient bien, surtout d'un gardien de phare, marqué comme je l'ai été par J.P. Abraham. Ce titre est dans ma mediathèque.

la notice de josé Corti sur Eric Faye.

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daisybraille
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MessageSujet: Ah ! Les gardiens de phare !   Jeu 09 Aoû 2012, 06:37

J'ai toujours rêvé de correspondre avec un gardien de phare ! Malheureusement, ce corps de métier n'existe plus, ou quasi plus aujourd'hui, car les phares ont été électrifiés... Je pense souvent à ce vieux gardien dont parle Pierre-Jacquez Helias dans "L'herbe d'or", et le faisceau de son phare qui, tel un pinceau, balayait ce petit village de Bretagne...
Si je trouve un jour en sonore ces nouvelles de Faye, je saute dessus !
J'aimerais bien partager un moment avec une personne comme lui, tiens !
Bonne journée !
DB
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rotko
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MessageSujet: Re: Eric Faye   Ven 10 Aoû 2012, 12:49

rotko a écrit:
On devrait s'interesser davantage à lui, et j'en avais de bonnes raisons, mais peu suivies d'effets. Il avait participé activement à la querelle sur Heidegger, mais là, beaucoup d'arguments me sont passés au-dessus de la tête.

Honte à moi ! j'ai confondu Eric Faye et jean-Pierre Faye ; à lire le premier, j'ai compris mon erreur sur le second dont je donne la notice.

bref, une erreur qui me fait connaître des textes bien écrits par Eric Faye, que je trouve attentif au cours de l'existence (Tandis que je roule le train) et soucieux de bien exprimer l'attente (Hivernage).

Deux textes courts qui accompagnent le gardien du phare. Je poursuis mon exploration de ce titre publié chez Corti (une référence, soit-dit en passant !).
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MessageSujet: Re: Eric Faye   Sam 11 Aoû 2012, 05:30


Des silhouettes solitaires, un temps immobile, et des lieux déserts caractérisent les « récits fantastiques » de je suis le gardien du phare. La plus frappante est le récit d’un voyageur dans le transbaïkalien.

Souvent les personnages d’Eric Faye apparaissent comme des voyageurs, en transit, avec des rencontres entrevues, et une destination ignorée. C’est impressionnant.

in le vent de six-heures dix-huit.

L’arrêt à Taka-Maklan n’existe plus, une erreur technique des programmes ferroviaires a transformé Takla-Maklan en ville fantôme.

« Regardez ce bâtiment, là-bas. Autrefois, c‘était l‘université. On l‘a rebaptisé Institut de l‘oubli. C‘est là que jeunes, adultes et vieillards se rendent pour suivre des cours du soir. Ils s‘emploient à désapprendre, à se détromper. Ici les gens poursuivent leurs désuétudes. Les désétudiants reçoivent un diplôme quand il parviennent à se délester de l‘essentiel. Nous avons des docteurs en oubli comme vous en avez en sciences.. »
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daisybraille
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MessageSujet: Salut !   Sam 11 Aoû 2012, 14:44

Parfois, en entendant ces petits extraits, je pense à Adamek, notre auteur belge décédé il y a peu.
Un monde décomposé et reconstruit autrement, des mots qui s'opposent, des phrases "bicolores"... Comment décrire ? Dur-dur ! Mais sympa ! (sympathique ! Pardon pour les puristes !).
DB
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rotko
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MessageSujet: Re: Eric Faye   Sam 11 Aoû 2012, 15:24

je pense choisir une nouvelle courte, et la proposer aux grains demandeurs.¨Pour l'instant c'est

le vent de six-heures dix-huit qui a ma préférence.

Dans certaines nouvelles, plus courtes, comme Hivernage, 3 pages, je crois, je retrouve une atmosphère à la Julien Gracq : attente dans un endroit isolé, souvenirs personnels, temps qui passe inutilement ou figé, comme dans un balcon en forêt.

Gracq est publié aussi chez Corti.
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MessageSujet: Re: Eric Faye   Dim 12 Aoû 2012, 18:09

je peux faire parvenir à qui en fait la demande ( MP + courriel) Tandis que roule le train, le texte liminaire du recueil Je suis le gardien du phare. (un seul envoi, 4 feuilles, donc très court).
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MessageSujet: Re: Eric Faye   Dim 12 Aoû 2012, 19:52

rotko a écrit:
je peux faire parvenir à qui en fait la demande ( MP + courriel) Tandis que roule le train, le texte liminaire du recueil Je suis le gardien du phare. (un seul envoi, 4 feuilles, donc très court).
J'ai le recueil de nouvelles tout entier. Et je les relirai volontiers (lorsque je serai rentrée chez moi... et que j'aurai fini Belle du). Smile
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rotko
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MessageSujet: Re: Eric Faye   Lun 13 Aoû 2012, 13:40

Lire de juin 2012 consacre les pages 74-75 à Eric Faye :

- rappel de son interêt pour Ismail Kadaré (entretiens avec lui dans promethée porte-feu 171p chez Corti, puis le général Solitude),

- mention de recueils de nouvelles, mes trains, le syndicat des pauvres types, Mystère des trois frontières, Devenir immortel puis mourir 208 p chez Corti, toujours.

Eric Faye réussit toujours à donner une dimension théorique à chacun de ses fables sans véritable morale, et à brosser le portrait de d'hommes passant à côté d eleur vie, et perdant tout repère de temps.

Citation :
je suis toujours gêné quand quelqu'un me dit qu'il a aimé mon livre et l'a lu en une heure. C'est parfois le temps que j'ai passé à peaufiner une seule malheureuse phrase...

Merci à Daisybraille pour avoir suscité de manière efficace notre intérêt pour Eric Faye.

Rappel
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Eric Faye   Mer 15 Aoû 2012, 14:46

Tandis que roule le train, la jolie voix d'un écrivain - à l'aide d'un style simple et d'une langue belle et efficace - métamorphose en allégorie de la vie une locomotive qui transporte un homme mystérieux vers une destination inconnue.

On est touché par ce voyageur immobile dont le flou qui l'entoure permet de faire passer le sens. On se demande bien vers où roule le passager. Un quai de gare accueillant? Le néant? Que l'écrivain suggère le bémol ou non d'une insatisfaction, il soumet le voyage à la morale pascalienne "nous sommes embarqués".

L'imagerie autour de la vitre et la contemplation des autres trains qui passent m'ont personnellement fait penser à Sartre et son injonction à réagir et à se dépasser. En tant que passagère d'un autre wagon, j'aurais eu envie de griffonner à cet homme sur les ardoises "le monde est le miroir de ta liberté".

Très beau texte qui m'a permis de découvrir Faye (je lis trop peu de littérature française contemporaine). J'invite vivement les autres membres à se manifester, il y'a une charmante découverte en perspective.
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MessageSujet: Re: Eric Faye   Ven 17 Aoû 2012, 11:37

Pas d'autre commentaire sur cette jolie nouvelle que Rotko nous a envoyée? C'est dommage col
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nicyrle
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MessageSujet: Re: Eric Faye   Sam 01 Sep 2012, 20:52

Prise par de multipes occupations, j'ai différé jusqu'à aujourd'hui la lecture de cette nouvelle, Tandis que roule le train : une belle et subtile découverte d'un auteur que je ne connaissais pas.
Ce texte écrit dans une langue fluide a un côté envoûtant. On se laisse emporter par ce voyage comme si on était soi-même à bord de ce train sans trop savoir comment on s'y trouve ni pourquoi. Cette métaphore de la vie offre tous les ingrédients du fantastique dans ce qu'il a de plus séduisant puisque nous nous reconnaissons au passage ou nous reconnaissons nos semblables et des situations familières, des fantasmes aussi comme celui de l'amour impossible personnifié par Andiona.
J'aime beaucoup la chute sur le mot "vide", l'idée du "précipice" vers lequel fonce le train mais ce n'est peut-être qu'une "légende"...
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Ysandre
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MessageSujet: Re: Eric Faye   Sam 01 Sep 2012, 21:22

Citation :
je peux faire parvenir à qui en fait la demande ( MP + courriel) Tandis que roule le train, le texte liminaire du recueil Je suis le gardien du phare. (un seul envoi, 4 feuilles, donc très court).
je veux bien que tu me l'envoies Rotko, je n'étais pas là quand tu l'as proposée. Dis moi si c'est encore possible. bye
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rotko
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MessageSujet: Re: Eric Faye   Dim 02 Sep 2012, 04:49

c'est parti, on en parlera de compagnie. Merci Ysandre.
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Ysandre
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MessageSujet: Re: Eric Faye   Dim 02 Sep 2012, 07:08

je viens de lire ce que tu m'as envoyé, ton Excellence. D'abord, merci merci mais j'ai eu envie de lire la suite. Cet extrait m'a un peu bouleversée.
C'est la vie, n'est ce pas ? et comme le dit Aglaé "nous sommes embarqués". Mais cette allégorie m'angoisse, alors que je sais que nous subissons les évènements, que nous sommes souvent coincés (comme dans un train qui roule sans s'arrêter), qu'il n'y a pas d'échappatoire, sauf celui que nous donne notre esprit, notre imagination, notre liberté intérieure qui n'est que subjective. Arriver ? oui mais où ?
Aglaé dit "le monde est le miroir de ta liberté", pour la plupart des humains, le monde s'arrête au quotidien, dans un espace restreint, parce qu'aller plus loin, chercher une gare d'arrivée, accueillante et fleurie, est-ce une fin en soit ? on s'y retrouve soit même, et les autres ? oui. Mais l'incommunicabilité et ce qui nous attend après...... ?
La vie est ce train qui ne va nulle part, peut-être parce qu'il n'y a nulle part où aller, que l'on ne peut sauter en marche, que la mort est toujours au bout et que la seule richesse que nous ayons est la vue du monde qui nous entoure et la liberté que nous portons en nous, si nous en sommes conscient, si nous prenons le parti de rêver.
lémurien en forme de point d'interrogation.
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MessageSujet: Re: Eric Faye   Dim 02 Sep 2012, 07:21

Ysandre a écrit:
La vie est ce train qui ne va nulle part, peut-être parce qu'il n'y a nulle part où aller, que l'on ne peut sauter en marche, que la mort est toujours au bout et que la seule richesse que nous ayons est la vue du monde qui nous entoure et la liberté que nous portons en nous, si nous en sommes conscient, si nous prenons le parti de rêver.
Peut-être que l'auteur nous conte cette histoire non pour que nous la prenions à la lettre de façon définitive, mais pour nous faire réfléchir. J'opte pour la deuxième option au regard des autres textes du recueil. Non, la vie n'est pas un train sur des rails fabriqués par d'autres ; il y a mille trains, mille voies ferrées, mille aiguillages qui nous sont plus accessibles que nous le pensons. Les rails sont peut-être simplement nos peurs. Qu'on s'autorise à entrer en gare (et à descendre du train pour en tenter un autre ou pour choisir la marche à pied et on réalise alors que oui, tout cela n'est que « légende ». Il n'y a pas de destin.

« Quand tout cela a-t-il commencé ? Personne ne le sait vraiment. À mesure que nous nous éloignons de ce jour, son souvenir se ramifie en un delta de nuances, de versions différentes, il acquiert peu à peu un statut de légende. Nous, les jeunes, ne savons plus ce qui relève du mythe ou de la réalité. Nous douterons bientôt de l'existence de ce jour tout comme, déjà, nous doutons de celle d'une gare. »
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MessageSujet: Re: Eric Faye   Dim 02 Sep 2012, 07:39

je n'ai pas pris "à la lettre", Luca, j'ai fait un parallèle entre ce train qui ne s'arrête pas et la vie. Pour moi, nos peurs, ce ne sont pas les rails, mais l'enfermement, l'impossibilité de sauter en marche, la crainte de ce que nous pouvons trouver ailleurs. Le destin ? je n'y crois pas. Chacun de nous peut décider de rester ou partir. Ces rails, ce train, je me fiche qu'il soit fabriqué par d'autres, je n'y pense même pas. Il représente la vie qui nous emmène nulle part si nous n'avons pas la force de décider d'aller où nous le décidons.
A subir, à toujours dire oui à tout, à se laisser enfermer dans "le moule", nous sommes dans le train qui ne s'arrête pas. Mais ce que j'ai ressenti à cette lecture, c'est que nous avons la faculté d'être libre dans notre tête et peut-être de ne pas le prendre ce train.... parce que nous avons rêvé d'autre chose, ou parce que notre personnalité n'incline pas à se laisser faire.
Mais d'un autre côté, je pense (et ça n'engage que moi) que où que nous allions, nous nous retrouvons nous-même, et les autres, que le bonheur n'est pas obligatoirement au rendez-vous, et que la mort est quand même au bout du chemin.
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MessageSujet: Re: Eric Faye   Dim 02 Sep 2012, 07:49

Ysandre a écrit:
Pour moi, nos peurs, ce ne sont pas les rails, mais l'enfermement, l'impossibilité de sauter en marche, la crainte de ce que nous pouvons trouver ailleurs.
Pas la peur, mais la crainte... me fait sourire tendrement, ne m'en veux pas. Wink

Ce que tu dis de la mort me fait penser à Lorette Nobécourt (il faut vraiment que j'ouvre un fil) :

Citation :
« La mort porte des chemises blanches transparentes laissant deviner ses deux petits seins de jeune fille, elle est à nous, à nous la mort, parce que tout est perdu, et c’est bien parce que tout est perdu qu’il faut tenter l’impossible, c’est évident. Puisque le premier cri est déjà le dernier cri, puisque la vie n’est que ce cri, cet échec en partance, cette élaboration du rien, poignée d’osselets jetés à la face du néant, puisque tout est foutu depuis le premier souffle, depuis le premier souffle jusqu’au souffle dernier, puisqu’il n’y a pas de miracle mais seulement l’inachevé, nous sommes vivants et libres de façonner ce rien et nous-mêmes, cet autre rien… »

Lorette Nobécourt, L'Équarrissage.
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MessageSujet: Re: Eric Faye   Dim 02 Sep 2012, 08:24

bien sur que je ne t'en veux pas, d'autant plus que "tu souris tendrement". Bah oui, pour moi, la crainte, c'est moins que la peur. La crainte c'est une espèce d'angoisse devant l'inconnu. La peur, c'est quand je suis totalement paniquée et tétanisée ou que je coure comme une dératée ! affraid
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Ysandre
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MessageSujet: Re: Eric Faye   Dim 02 Sep 2012, 08:27

Citation :
Citation:
« La mort porte des chemises blanches transparentes laissant deviner ses deux petits seins de jeune fille, elle est à nous, à nous la mort, parce que tout est perdu, et c’est bien parce que tout est perdu qu’il faut tenter l’impossible, c’est évident. Puisque le premier cri est déjà le dernier cri, puisque la vie n’est que ce cri, cet échec en partance, cette élaboration du rien, poignée d’osselets jetés à la face du néant, puisque tout est foutu depuis le premier souffle, depuis le premier souffle jusqu’au souffle dernier, puisqu’il n’y a pas de miracle mais seulement l’inachevé, nous sommes vivants et libres de façonner ce rien et nous-mêmes, cet autre rien… »

Lorette Nobécourt, L'Équarrissage.
oui, ouvre un fil, parce que je pense depuis longtemps que le premier cri que nous poussons en naissant n'est que le début d'un autre et qu'entre les deux, nous n'arrêtons guère !
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