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 Gérard Mordillat

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IzaBzh
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MessageSujet: Gérard Mordillat   Jeu 20 Jan 2011, 12:36



Né à Paris, dans le quartier de Belleville, d’un père serrurier à la SNCF, Gérard Mordillat s’intéresse très vite à la littérature et au cinéma.
Il publie des poèmes, travaille avec Roberto Rossellini (grâce à la caissière de la Cinémathèque), réalise un documentaire sur les patrons, devient responsable des pages littéraires du journal Libération, qu’il quitte dès la publication de son premier roman, Vive la sociale !, en 1981. Et après l’adaptation de son livre au cinéma, il enchaîne romans, essais, fictions et documentaires pour petit et grand écran.
Il est, avec Patrick Besnier, Henri Cueco, Jacques Jouet, Hervé Le Tellier, Lucas Fournier et d’autres, l'un des « papous » de l’émission de France-Culture Des Papous dans la tête, fondée par Bertrand Jérôme et animée par Françoise Treussard.
(source : Wikipédia)
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MessageSujet: Re: Gérard Mordillat   Jeu 20 Jan 2011, 12:54



"Des vivants et des morts", Calmann-Lévy, 2004

"Lui, c'est Rudi. Il n'a pas trente ans. Elle, c'est Dallas. Bien malin qui pourrait dire pourquoi tout le monde l'appelle comme ça. Même elle a oublié son nom de baptême... Rudi et Dallas travaillent à la Kos, une usine de fibre plastique. Le jour où l'usine ferme, c'est leur vie qui vole en éclats, alors que tout s'embrase autour d'eux. A travers l'épopée d'une cinquantaine de personnages, Les Vivants et les Morts est le roman d'amour d'un jeune couple emporté dans le torrent de l'histoire contemporaine. Entre passion et insurrection, les tourments, la révolte, les secrets de Rudi et de Dallas sont aussi ceux d'une ville où la lutte pour la survie dresse les uns contre les autres, ravage les familles, brise les règles intimes, sociales, politiques. Dans ce monde où la raison financière l'emporte sur le souci des hommes, qui doit mourir ? Qui peut vivre ?"

Lorsque j'ai commencé ce roman, j'ai pris un peu de distance avec l'écriture scénaristique, ça me gênait après avoir lu Katherine Mosby dont le style est complètement différent.
Par contre, une fois habituée, il m'a été très difficile de lâcher ce gros bouquin de 647 pages dont le sujet est toujours d'une actualité brûlante. Quelques personnages m'ont paru assez caricaturaux voire superflus, mais à part ça, je me suis laissée emporter par l'histoire de ces ouvriers luttant pour leur dignité même si l'issue de leur combat est prévisible. En arrivant à la manifestation finale, entre dormir et finir le livre, j'ai préféré lire, pas possible de le reposer avant de savoir comment tout ça se terminait ! Par certains côtés, ce roman a presque les traits d'un documentaire. En tout cas, il est passionnant et m'a donné envie de découvrir d'autres écrits de Mordillat.

Ce livre a été adapté par Gérard Mordillat lui-même pour la télévision. Je ne l'ai pas vu (je n'ai pas la télé), mais je vous ai trouvé un mini-reportage sur le sujet :
clic.

Un extrait qui me parle beaucoup :
« L’autre jour, il m’a traité d’esclave et cela m’a mis très en colère. Comment pouvait-il me traiter d’esclave ? Comment pouvais-je être un esclave ? J’ai du travail ; mais c’est vrai que ce travail me permet seulement d’assurer ma survie pour que je puisse continuer à travailler ; je suis propriétaire de ma maison ; mais c’est vrai que je ne le suis qu’en apparence, en réalité, c’est la banque qui l’est ; je suis libre d’aller où bon me semble ; mais ça, ce n’est vrai qu’en théorie car j’ai pas un sou vaillant pour me déplacer ; j’ai la liberté d’expression, mais chacun sait que s’exprimer publiquement sur l’entreprise qui vous emploie c’est ouvrir soi-même la porte d’où on vous poussera dehors. Lorquin avait raison. Tout ce qu’il disait était vrai : j’étais un esclave, je suis un esclave, nous sommes des esclaves. »


Dernière édition par IzaBzh le Jeu 20 Jan 2011, 13:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Gérard Mordillat   Jeu 20 Jan 2011, 13:20

Mordillat çà me disait bien quelque chose aussi. J'avais entendu parler Des vivants et des morts. J'apprécie beaucoup Robinson Stevenin. Ce que tu en dis me suggère une lecture attentive qui m'interpelle surtout avec l'extrait que tu cites. Ne nous posons nous pas régulièrement cette question et sa triste conclusionTout ce qu’il disait était vrai : j’étais un esclave, je suis un esclave, nous sommes des esclaves. » pour ceux qui n'ont pas la possibilité de choisir ? Heureusement qu'il peut y avoir de la résistance quotidienne.

Un livre disponible à ma médiathèque et que je place tout en haut de mes prochaines lectures.

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IzaBzh
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MessageSujet: Re: Gérard Mordillat   Jeu 20 Jan 2011, 13:24

Tant mieux Wink Je viens de rajouter "Vive la sociale" à ma (déjà longue) liste de livres à lire.
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MessageSujet: Re: Gérard Mordillat   Ven 21 Jan 2011, 15:44

Et voici un petit article du Monde sur Mordillat et la fin de sa trilogie avec "Rouge dans la brume". Dans quelques jours cet article passera aux archives.

Aujourd'hui, un nouveau pas a été franchi dans cette dématérialisation du travail et des êtres.

Le personnel n'est plus considéré comme une ressource mais seulement comme une donnée abstraite, une variable d'ajustement. De même, dans les médias, on ne parle plus de salaire mais de coût, comme si celui-ci était une charge, donc implicitement ne rapportait rien.


Remarque pertinente qui montre le point de vue adopté : si on parle abstraitement de réduire le "coût du travail" - qu'on prononce Coutte, ça fait bien mieux !, vous le sentirez sur votre bulletin de paie.

D'ailleurs qu'avez-vous à redire ? vous appartenez à la "masse salariale" et le rôle des ministères est de réguler le"stock" (comprenez le personnel), au besoin de "dégraisser", s'il y a trop de "postes" (mot impersonnel pour le "personnel"). Embarassed

Disons que c'est une chronique de langage Smile
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MessageSujet: Re: Gérard Mordillat   Lun 07 Fév 2011, 13:11

Alors voilà je l'ai fini, j'ai adoré le style, et l'histoire même si hélas on se doute bien de la façon dont la lutte finira.
Les personnages sont bien campés mais comme toi Iza certains m'ont paru superflus. Mordillat a un regard précis sur le monde du travail, l'exploitation de l'homme par l'homme. Même si nous connaissons les magouilles politiciennes, les petits arrangements entre " amis" cette histoire bouleverse, met en colère...il y a certains personnages que l'on souhaiterait " baffer".
Je ne sais pas pour toi Iza mais moi çà m'a fait sourire les syndicats..il y en a surtout un qui sort du lot mais dan la vie aujourd'hui on se demande bien où il va hesit
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MessageSujet: Re: Gérard Mordillat   Mar 08 Fév 2011, 14:56

Pour les Nantais, Mordillat sera le vendredi 18 février à La très petite librairie de Clisson à 20 h 30
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MessageSujet: Re: Gérard Mordillat   Mer 09 Fév 2011, 09:03

Tu as de la chance que çà se passe au sein d'un comité d'établissement, de quel genre si çà n'est pas indiscret ?
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MessageSujet: Re: Gérard Mordillat   Mer 09 Fév 2011, 11:54

les comités d'établissements se sont regroupés pour avoir une action culturelle commune,

si bien que la navale côtoie l'aerospatiale, que le personnel municipal et ceux qui luttent contre les incendies sont dans le même convoi.
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MessageSujet: Re: Gérard Mordillat   Mer 09 Fév 2011, 12:17

Chouette, çà fait très "convergence " Wink Et çà fait environ combien de personnes ? Parce que de mon côté, je me dis que La très petite librairie portant bien son nom, je ne pourrai peut-être pas y entrer.

Je vous parlerai de Rouge dans la brume que je vais essayer de lire avant d'aller à sa rencontre.
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MessageSujet: Re: Gérard Mordillat   Mer 09 Fév 2011, 13:24

Natalia a écrit:

Je vous parlerai de Rouge dans la brume que je vais essayer de lire avant d'aller à sa rencontre.

Bien volontiers !

Citation :
je ne pourrai peut-être pas entrer

pour entrer, il faut au préalable être inscrit et s'inscrire pour l'évenement, si tu vois ce que je veux dire.
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MessageSujet: Re: Gérard Mordillat   Lun 14 Fév 2011, 16:12


Çà y est je l'ai commencé. C'est amusant parce qu'il débute sous la flotte comme Les Vivants et Les Morts. Pour l'instant je trouve que Mordillat va encore plus vite dans le vif du sujet.
Carvin travaille à la Méka, équipementier automobile, forcément lié à des sous-traiteurs. Son siège social est à Détroit.
Comme l'on peut s'y attendre le syndicalisme est représenté et pas forcément sous son meilleur jour.
Carvin est marié à Chantal et son couple semble mal parti, sa femme en a assez :
Spoiler:
 

Pour l'instant Carvin devient le porte parole chargé des relations avec les médias ...forcément il en sera question. Sa devise ne rien céder, ne pas entrer dans les négociations dictées par les pontes

A plus tard pour la suite bye
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MessageSujet: Re: Gérard Mordillat   Mar 15 Fév 2011, 07:32

Bonne lecture jusqu'à présent

J'ai marqué quelques passages page 61

- Tu t'appelles comment ?

- Sidot

- T'es dans quel atelier ?

- Au 6 à la peinture. Pourquoi ?

- Parce que Sidot du 6, tant que les patrons auront des animaux domestiques comme toi, ils pourront dormir tranquilles.

- Je t'emmerde.

- C'est pas vrai ce que je dis ?

Sidot se redresse d'un bond.

- Tu me cherches ?

- Je ne te cherche pas, je t'ai trouvé. Tu ne penses pas plus loin que le bout de ta prime. Tu ne penses pas, d'ailleurs. Ou, plutôt si, tu ne penses qu'à toi. T'as entendu Corda. C'est çà, la plus grande victoire du patronat, de la droite, des libéraux, appelle-les comme tu veux! Fourrer dans la tête des ouvriers qu'ils ne doivent penser qu'à eux, à leur famille et se foutre des autres



Page 73 Carvin et Djuna

Je me souviens d'un tract qui disait : " Tu acceptes de perdre un tiers de ton temps en travaillant et de gâcher les deux tiers restants à t'en remettre". C'et çà se perdre ! C'est accepter çà.

- Qu'est-ce que je devrais dire! Moi, je fais la même chose tous les jours, toutes les semaines, d'un an sur l'autre.Trois ans à faire des devis, des devis, des devis...

- Et qu'est ce que tu gagnes ?

Djuna grimace, Carvin l'a menée où il voulait. Elle doit reconnaitre :

- Je gagne des devis et je perds ma vie.....
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MessageSujet: Re: Gérard Mordillat   Mer 16 Fév 2011, 12:24

Je poursuis ma lecture qui sera terminée pour ce vendredi...ce qui sera tout de même mieux pour discuter avec Mordillat.

A certains moments Mordillat fait quelques piqûres de rappel, bien utiles et édifiantes. Ces encarts s'appellent Paroles de dirigeants

Je ne résiste pas et vous copie un morceau choisi d'un monsieur qui est connu et se dit Libéral Libertaire ( vous connaissez çà vous ? est ce que çà a seulement un sens ....)

Citation :
Daniel Cohn-Bendit ( député européen) : " Je suis pour le capitalisme et l'économie de marché. Si Renault peut produire moins cher en Espagne, ce n'est pas scandaleux que Renault choisisse de créer des emplois plutôt en Espagne, où, ne l'oublions pas, il y a plus de 20 % de chômage."

Suspect
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MessageSujet: Re: Gérard Mordillat   Jeu 17 Fév 2011, 09:19

La suite nous la connaissons tous, c'est encore une fois l'échec pour les ouvriers. Pourtant un espoir persiste et si " la convergence des luttes " est la solution ? On pense bien sûr à ceux que l'on a appelés Les Contis, à ce soi-disant terrorisme dont ils auraient fait preuve, on pense à tous ces travailleurs n'ayant plus comme choix que de résister en s'appropriant leur outils de travail puisque le patronat les enfonce dans le brouillard, la pauvreté , le pôle emploi, et renie leur savoir-faire

Ce roman est " plus radical " que Les Vivants et les Morts et c'est sans doute pourquoi je l'ai mieux apprécié . Mordillat parle bien de ces personnages même si parfois c'est un peu " caricatural". J'aime moins quand il fait vivre des histoires d'amour à ces personnages mais c'est un avis qui n'engage que moi ...

Le syndicalisme est bien sûr au coeur du sujet mais en " extension" car il s'agit bien dans ce roman de convergence, de solidarité, de colère " constructive " et de foi en l'avenir

Et que dire encore une fois des médias ?
Spoiler:
 


Paroles de dirigeants ( p 335 )

Citation :
Xavier Darcos ( ministre de l'éducation ) : " J'ai envie de dire à ceux qui font la grève qu'il faut qu'ils fassent attention parce que le monde, la France avancent plus vite que les cortèges. La casse du Service Public, le manque de moyens, la colère des personnels, le ministre qui n'entend pas, le mépris. Combien de fois avons-nous entendu cela depuis une trentaine d'années ? La grève, c'est démodé."
affraid

Vivement demain soir à la Très petite librairie de Clisson. Smile
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MessageSujet: Re: Gérard Mordillat   Jeu 17 Fév 2011, 16:28

Mordillat est un excellent agitateur d'idées.

Il reprend les analyses de LQR - La Propagande Du Quotidien d'Eric Hazan chez Raisons d'Agir pour dénoncer les discours officiels qui dépersonnalisent le monde : on ne parle plus du personnel mais de « ressources humaines« , puis des « variables d’ajustement » , dénominations symptomatiques de l’idéologie ambiante.

Les syndicats eux-mêmes qui parlent de « coût du travail » ou de « charges sociales », expressions de l’économie libérale à la place de « salaires », ne jouent pas leur rôle en France. S’ils peuvent jouer la carte de la co-gestion en Allemagne - où ils représentent plus de 80% des travailleurs, ils ne sont pas représentatifs en France.

C’est le rôle des artistes (cinéastes, romanciers) de refuser la « voix de l’adversaire » et de faire vivre les personnes, comme le firent Sillitoe, Richardson et Pinter sous Mrs Thatcher.

Montrer que le travailleur a un savoir et une culture, une personnalité, et non cette image dévalorisée répandue par les medias qui les transforment en téléspectateurs asservis.

Le pouvoir et les groupes financiers ont fait main basse sur les medias où le monde du travail est très peu représenté, tant dans les infos que dans les téléfilms ou les émissions. Il suffit de voir comment ont été représentées les grèves contre la reforme des retraites sur TF1 : tambours, merguez et slogans humoristiques, en occultant les vraies raisons humaines du conflit.
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MessageSujet: Re: Gérard Mordillat   Ven 18 Fév 2011, 06:48

rouge dans la brume, que je lirai bientôt, est présenté ici par l'Express.

Mordillat, qui se revendique de john Dos Passos, est un ardent défenseur du dialogue dans les romans : il permet l'echange entre les personnages et correspond à la pratique ouvrière, dit-il.

Il aime aussi le présent, de manière à ancrer ses personnages dans le milieu et l'instant.

Pour avoir écouté des vieux travailleurs, je sais que ces derniers regrettent l'instauration des horaires variables qui ont mis fin à une vie collective, au profit des commodités de chacun (germe, disent-ils, de l'individualisme).
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MessageSujet: Re: Gérard Mordillat   Ven 18 Fév 2011, 07:07

Que çà soit des Les Vivants et les Morts ou dans Rouge dans la brume le personnage "central" est érudit.

Intéressante aussi l'analyse faite sur le syndicalisme et je suis d'accord avec toi Rotko quand les syndicats utilisent les mêmes artifices de langage que les politiques ils ne peuvent plus et ne sont plus porteurs d'espoir ni crédibles d'où le chiffre en baisse des syndiqués. Mais c'est surtout à l'échelle du national que çà pêche et Mordillat pointe bien ce côté du problème. Là aussi la (o)pression médiatique est plus forte que la représentation de " ceux qui sont sur le terrain"

Ce qui ne veut pas dire que les luttes ne continuent pas d'autant plus que Mordillat rappelle fort justement le rôle des CE.

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MessageSujet: Re: Gérard Mordillat   Sam 19 Fév 2011, 20:03

La soirée s'est bien déroulée mais j'ai quelques regrets
Je vous en parlerai mieux lundi, pour l'instant je squatte l'ordi de mon compagnon pendant qu'il essaye de " réparer " le mien

Je peux quand même dire que Mr Mordillat est sympa Wink
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MessageSujet: Re: Gérard Mordillat   Sam 19 Fév 2011, 20:06

Natalia a écrit:
Au fait ce que tu dis Rotko résulte de sa venue hier au comité d'entreprise ?

oui.
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MessageSujet: Re: Gérard Mordillat   Lun 21 Fév 2011, 06:17

je ne retrouve plus sur GDS* les impressions des grains sur le film les origines du Christianisme diffusée sur ARTE où Gérard Mordillat et Jérôme Prieur racontent la naissance du christianisme.

Jusqu’à la moitié du second siècle, le « christianisme « (même si le mot est encore largement anachronique) est une forme de judaïsme. Un pas décisif sera fait vers 150, quand les chrétiens revendiquent d’être le « véritable Israël ». A ce moment là, on peut dire que le divorce est prononcé même si, dans les faits, il faudra attendre le Vème siècle (au moins !) pour qu’il soit effectif.

- Quelles vont être les conséquences de ce divorce ?

Au regard de l’histoire de l’Occident : terribles. A partir du moment où le christianisme devient la religion officielle de l’empire, on passe d’un débat entre juifs (les premiers temps du christianisme) à un débat contre les juifs puis à la désignation des juifs – en tant que tels – comme la figure éternelle du Mal avec les conséquences que l’on connaît. De l’anti-judaïsme, on passe à l’antisémitisme.


un film qui avait fait grand bruit : un entretien sur Arte magazine : mordillat et jérôme Prieur. Préparation, 5 ans.
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MessageSujet: Re: Gérard Mordillat   Lun 21 Fév 2011, 10:37

C'était vendredi 18 février à La très petite librairie de Clisson ( loire atlantique) que Gérard Mordillat est venu présenter sont dernier livre " Rouge dans la brume " et aussi répondre à des questions portant sur d'autres de ces livres ( que j'avoue ne pas connaître )

Il devait y avoir une trentaine de personnes, de tous âges ( çà c'est chouette Smile )

En fait, je n'ai pas tant apprécié que çà... non pas à cause de Mordillat lui-même, mais par le" procédé interview" qui a tendance à me " gonfler" . A chaque fois (çà ne loupe pas...sauf quand j'ai rencontré Serge Halimi ) j'ai l'impression de me retrouver à l'école avec le bureau du prof et nous les élèves assis bien sagement à boire les paroles. En un mot trop guindé pour mon caractère.

Ceci étant dit Gérard Mordillat a répondu aux réflexions, questions que lui faisait la libraire, dame qui a une très bonne élocution et qui connaît le domaine ( çà se ressent ).

Finalement je n'ai pas grand chose à ajouter aux propos de Rotko que je cite ci-dessous ( en l'allégeant un peu )
rotko a écrit:
Mordillat est un excellent agitateur d'idées.

Les syndicats eux-mêmes qui parlent de « coût du travail » ou de « charges sociales », expressions de l’économie libérale à la place de « salaires », ne jouent pas leur rôle en France. S’ils peuvent jouer la carte de la co-gestion en Allemagne - où ils représentent plus de 80% des travailleurs, ils ne sont pas représentatifs en France.

C’est le rôle des artistes (cinéastes, romanciers) de refuser la « voix de l’adversaire » et de faire vivre les personnes, comme le firent Sillitoe, Richardson et Pinter sous Mrs Thatcher.

Montrer que le travailleur a un savoir et une culture, une personnalité, et non cette image dévalorisée répandue par les medias qui les transforment en téléspectateurs asservis.

J'ajouterai que les femmes tiennent un rôle très important puisque leur amour, leur ténacité face aux ennuis de toutes sortes est porteur d'espoir. Elles se battent, défendent leurs idées aux côtés des hommes, sur un même pied d'égalité.

J'avoue que dès le début je me suis un tantinet " énervée" quand la dame a parlé de la violence dans le livre. Je ne vois pas où est la violence dans la légitime défense dont sont obligés de faire preuve les ouvriers ( d'autant plus qu'ils ne font pas n'importe comment malgré la toxicité des produits qu'ils ont à disposition dans les réserves) Souvenons nous des Conti taxés de violence parce qu'ils avaient détruits des ordis et du mobilier ( une scène un peu similaire est relatée dans Rouge dans la brume )

Finalement, lors de la séance de dédicace, moi qui me sentais au total un peu bête d'avoir réagi vivement je me suis sentie ( ré )confortée par Gérard Mordillat qui m'a dit que j'avais complètement raison. ( mon compagnon a toujours un peu peur de se faire remarquer avec moi quand nous participons à ce genre de soirées ...sauf quand ce sont des chanteurs.... allez savoir pourquoi cheese )

Nous n'avons pu rester plus longtemps, donc regrets à ce niveau parce que je pense que la conversation aurait pu être bien plus déliée et moins cadrée et sûrment plus intéressante

Une dame a parlé de Corpus Christi, je n'ai rien compris et sa question m'a paru assez " catho bobo " mais çà vient sans doute de moi

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MessageSujet: Re: Gérard Mordillat   Mer 02 Mar 2011, 14:31

Rouge dans la brume, chez Calmann-Lévy
1/2

Citation :
« Heureusement les grévistes sont des gens raisonnables ! »
Socko, directeur de L’usine Méka en grève.(p.213).

Mordillat connaît son affaire. Il raconte la grève de l’usine comme un thriller avec des montages-alternés entre les protagonistes : les masse des ouvriers et le clan patronal, engagés dans un bras de fer.

Les chapitres, courts, situent dans un lieu précis les actions en cours, qu’il s’agisse des faits privés ou des évènements publics. Les deux étroitement liés, car perdre son emploi, c’est aussi accumuler les difficultés de vie, de couples, entrer dans une zone de turbulences où nul n’est à l’abri.

Ce feuilleton haletant fait prendre conscience des stratégies adoptées par les parties en présence, et par là il renseigne sur le monde contemporain. On pourrait pinailler sur des à-côtés, dire que le syndicaliste Carvin occupe trop aisément la première place, ou que les relations hommes-femmes relèvent parfois de la facilité.

Ce serait oublier que le livre a du souffle et ménage un suspens sans faille tout en nourrissant la réflexion.

Mordillat est un « écrivain du réel » avec une bonne connaissance des milieux et des enjeux concernés, servie par une écriture dynamique et des dialogues percutants.

(à suivre) je suis à la moitié du livre. C'est du bon miam
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MessageSujet: Re: Gérard Mordillat   Jeu 03 Mar 2011, 16:38

Rouge dans la brume,(1) chez Calmann-Lévy
2/2

« Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour que justice nous soit rendue ? » Carvin, p. 418.

De péripétie en péripétie, puis d’un conflit à l’autre , les protagonistes de la Meka élaborent leur stratégie fondée sur l’imagination pour faire plier l’adversaire : or celui-ci est invisible, ce sont les fonds de pension américains, le capitalisme vu comme «  une sphère infinie, dont le centre est partout, la circonférence nulle part ».(Pascal ! Wink  )

On passe du conflit localisé à la notion de conflits étendus, forme de guerre économique que les auteurs de polars ont déjà mis en fiction : Pascale Fonteneau avec jour de gloire , puisque des femmes licenciées racolent un tueur pour se venger de leur ancien patron, ou Donald Westlake dans le couperet qui situe la recherche d’un emploi dans l’élimination systématique des concurrents.

Parfois le récit s’envole vers une épopée tragi-comique où les adversaires font les frais de l’imagination créatrice des grévistes, sans que pour autant se relâche la tension du récit .

On voit nettement où Gérard Mordillat veut en venir, en incorporant à son intrigue divers faits divers révoltants servis par l’actualité, comme l’emploi de nervis ou le déménagement de machines par « des patrons voyous ».

Ce feuilleton ne sera pas adapté à la télévision, car trop lesté du poids de la réalité, et susceptible d’avoir « une mauvaise influence » sur des mains d’œuvres victimes de plans sociaux.

Tel quel, il demeure, avec les codes du thriller social, une histoire mouvementée et intéressante qui interpelle le lecteur sur le droit au travail dans un monde férocement libéral.

(1) expression qui désigne en dernière page la chaîne des Pyrenées Smile
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MessageSujet: Re: Gérard Mordillat   Ven 04 Mar 2011, 18:53

ce site est finalement moins favorable que le Monde et l'Express.

Cela vient d'une comparaison entre Les Vivants et les Morts 1er volet du triptyque et Rouge dans la brume3e volet.

je n'ai pas lu le 1er volet.

Citation :
les structures du récit (y compris dans Notre part des ténèbres) sont les mêmes : les sous-parties sont introduites par un surtitre, un mot-clé comme « Réu », « Restaurant », « Fièvre », « AG », etc. Cette structuration à l’identique participe grandement à l’impression de déjà-vu

J'aime bien au contraire cette localisation des chapitres qui les transforme en séquences quasi visuelles, à ceci près que Mordillat, à la fois auteur et cinéaste, précise que pour l'adaptation de ses textes à l'écran, il doit tout réagencer, et notamment resserrer le système des personnages.
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