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 Prisons.

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Natalia
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MessageSujet: Prisons.   Ven 28 Jan 2011, 14:52


Loîc Waquant : Punir les pauvres.Le nouveau gouvernement de l'insécurité sociale. 364 Pages édition Agone
Chercheur au Centre de sociologie européenne, Loïc Wacquant est professeur de sociologie et d’anthropolgie à la New School for social research et à l’Université de Californie-Berkeley. Il est notamment l’auteur de Les Prisons de la misère (Raisons d’agir, 1999) et Corps et âme. Carnets ethnographiques d’un apprenti boxeur (Agone, 2000).


Excellent livre qui à partir du traitement de la précarité en Amérique établit un parallèle avec l'état de nos propres geôles. Un livre inquiétant, argumenté, et très documenté.

Un écho de lecture :
Citation :
Sécurité et répression sont les ingrédients tristement familiers des discours et des politiques depuis la fin du XXe siècle. Loïc Wacquant, sociologue, s’y attaque dans cet ouvrage en cherchant à comprendre ce qui se cache derrière cette mise en scène de la « sécurité ». Il étudie ainsi « la substitution de l’État providence par un État pénal et policier », montrant que les prouesses des gouvernants en matière sécuritaire sont à la hauteur de leur impuissance – revendiquée – en matière économique et sociale, dogme néolibéral oblige. L’auteur fait cette analyse au regard de ce qui se passe outre-Atlantique depuis le milieu des années 1970. La criminalisation des pauvres aux États-Unis a en effet été, et continue d’être, la principale réponse étatique à une misère grandissante. Cela se traduit par un secteur pénal hypertrophié : il est le troisième employeur du pays ! L’augmentation de plus de 400 % du nombre de détenus en 25 ans fait que les Américains affichent l’effrayante proportion de 710 détenus pour 100 000 habitants.

L’argumentaire, très bien documenté et chiffré, de Loïc Wacquant pointe par exemple la transformation des « services sociaux en instrument de surveillance et de contrôle ». En France, il est ainsi demandé aux travailleurs sociaux de ficher leurs interlocuteurs. Notre pays ne constitue encore qu’une pâle copie des États-Unis, mais il suit ce « modèle ». En deux ans de gouvernement Raffarin, le nombre de détenus a augmenté de 13 000 pour atteindre 60 000 personnes incarcérées (98 détenus pour 100 000 habitants). Avec tous les problèmes liés à la surpopulation des prisons qui en découlent. De nombreux rapports ont déjà dénoncé les conditions de détentions françaises, en particulier celui du Comité européen de prévention contre la torture qui, en janvier 2004, s’alarmait des « traitements inhumains et dégradants » infligés aux détenus.
Loïc Wacquant s’attache à montrer l’ineptie totale d’un système qui repose d’abord sur des mensonges, en particulier l’idée d’une violence qui serait en augmentation, qui serait anonyme et qui frapperait les plus « faibles ». En vérité, les chiffres de la violence sont en baisse, les actes violents sont généralement commis par des personnes connues de leurs victimes et ils se déroulent plus souvent sur le lieu de travail que dans la rue (13 % contre 3 %)…
Ensuite, bien que le système pénal soit omniprésent dans les discours, il n’est à l’évidence pas adapté à la petite délinquance : moins de 2 % des contentieux conduisent à une peine d’emprisonnement. Enfin, les séjours en prison – avant et/ou après le prononcé d’un jugement – sont une « école de professionnalisation criminelle » et en aucun cas une étape de réinsertion sociale : la récidive concerne plus de 75 % des détenus pour des petits délits.
Cet ouvrage passionnant explique la logique sécuritaire, sans chercher à excuser tel ou tel comportement. Proche de Bourdieu, Loïc Wacquant défend une science sociale qui permet de comprendre pour mieux agir.
M. Reinert Transrural Initiatives n°278, 08/02/2005

Agone : "Le tour résolument punitif pris par les politiques pénales lors de la dernière décennie ne relève pas du simple diptyque «crime et châtiment». Il annonce l’instauration d’un nouveau gouvernement de l’insécurité sociale visant à façonner les conduites des hommes et des femmes pris dans les turbulences de la dérégulation économique et de la reconversion de l’aide sociale en tremplin vers l’emploi précaire. Au sein de ce dispositif «libéral-paternaliste», la police et la prison retrouvent leur rôle d’origine : plier les populations indociles à l’ordre économique et moral émergent.

C’est aux États-Unis qu’a été inventée cette nouvelle politique de la précarité, dans le sillage de la réaction sociale et raciale aux mouvements progressistes des années 1960 qui sera le creuset de la révolution néolibérale. C’est pourquoi ce livre emmène le lecteur outre-Atlantique afin d’y fouiller les entrailles de cet État carcéral boulimique qui a surgi sur les ruines de l’État charitable et des grands ghettos noirs. Il démontre comment, à l’ère du travail éclaté et discontinu, la régulation des classes populaires ne passe plus par le seul bras, maternel et serviable, de l’État social mais implique aussi celui, viril et sévère, de l’État pénal.

Et pourquoi la lutte contre la délinquance de rue fait désormais pendant et écran à la nouvelle question sociale qu’est la généralisation du salariat d’insécurité et à son impact sur les espaces et les stratégies de vie du prolétariat urbain.
En découvrant les soubassements matériels et en démontant les ressorts de la « pensée unique sécuritaire » qui sévit aujourd’hui partout en Europe, et singulièrement en France, ce livre pointe les voies possibles d’une mobilisation civique visant à sortir du programme répressif qui conduit les élites politiques à se servir de la prison comme d’un aspirateur social chargé de faire disparaître les rebuts de la société de marché
."
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rotko
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MessageSujet: Re: Prisons.   Ven 28 Jan 2011, 15:08

Excellente référence qui fait réfléchir à la loi loppsi II

LOPPSI 2, le Gouvernement fait la guerre aux mal-lotis

le Gouvernement fait [...] adopter en force l'article 32 ter A de la LOPSSI 2 à l'encontre des habitants de bidonvilles, d'habitations de fortune, de campements de sans abris comme dans le bois de Vincennes, et également à l'encontre de personnes ayant choisi d'habiter caravanes, roulottes, camions, tipis, yourtes, auto et éco-constructions.

Toute construction sans permis de construire, comme il en existe beaucoup dans les DOM TOM pourrait aussi tomber sous le coup de cette procédure d'exception, car une construction sans permis est "illicite". Cette procédure menace également les squatters : le Ministère de l'Intérieur a annoncé son intention de l'étendre aux occupants de locaux lors de la deuxième lecture à l'Assemblée Nationale.


l'article.
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Natalia
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MessageSujet: Re: Prisons.   Ven 28 Jan 2011, 20:47

Tu as lu Punir les pauvres ?Si c'est le cas j'en suis heureuse car je ne connais que très peu de personnes qui l'ont lu.
La loi LOPPSI II n'est que le prolongement de ce que N.Sarkozy a entrepris sous Chirac lorsqu'il était ministre de l'intérieur.Çà a commencé avec le traitement des prostitués, qui a conduite à leur "exil" loin des grandes villes sans aucun contrôle sanitaire car les associations ce sont vu chassées. Le livre dont je parle permet de se rendre compte de ce rapprochement entre nos deux cultures induisant l'expulsion de la marginalité, du non-rentable. Jusqu'où allons-nous?Les états-unis sont ils un modèle ?
Ce qui ne rapporte pas doit être éloigné, écarté,jeté.
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Natalia
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MessageSujet: Re: Prisons.   Dim 30 Jan 2011, 17:50

Du même auteur, Loîc Wacquant aux éditions Raison d'agir : Les prisons de la misère

1999 17,5 x 11 cm, 189p.6,10 euros

Sur le site Dénonciation des « violences urbaines », quadrillage intensifié des quartiers dits sensibles, répression accrue de la délinquance des jeunes et harcèlement des sans-abri, couvre-feu et « tolérance zéro », gonflement continu de la population carcérale, surveillance punitive des allocataires d’aides : partout en Europe se fait sentir la tentation de s’appuyer sur les institutions policières et pénitentiaires pour juguler les désordres engendrés par le chômage de masse, l’imposition du salariat précaire et le rétrécissement de la protection sociale.
Cet ouvrage retrace les voies par lesquelles ce nouveau « sens commun » punitif, élaboré en Amérique par un réseau de think tanks néo-conservateurs, s’est internationalisé, à l’instar de l’idéologie économique néo-libérale dont il est la traduction en matière de « justice ». Le basculement de l’État-providence à l’État-pénitence annonce l’avènement d’un nouveau gouvernement de la misère mariant la main invisible du marché du travail déqualifié et dérégulé au poing de fer d’un appareil pénal intrusif et ominiprésent.
Les États-Unis ont clairement opté pour la criminalisation de la misère comme complément de la généralisation de l’insécurité salariale et sociale. L’Europe est aujourd’hui confrontée à une alternative historique entre la pénalisation de la pauvreté et la création d’un État social continental digne de ce nom.


Encore un bon bouquin que j'aimerai bien lire.
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Natalia
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MessageSujet: Re: Prisons.   Lun 31 Jan 2011, 10:20

Lorsque la prison remplace l’usine: La population pénale, un prolétariat au chômage et désocialisé.
Il suffit d’entrer dans une salle d’audience correctionnelle pour mesurer que la pauvreté et l’exclusion caractérisent les personnes jugées par les tribunaux, comme l’attestent le film de Depardon, “10ème chambre, instants d’audience”,tourné en 2004, ou le rapport 2004 de la Cimade de Montpellier, qui a assité pendant 4 mois aux audiences du tribunal correctionnel et au jugement de 580 affaires.
L’une des preuves que la justice pénale concerne essentiellement les pauvres est que 2/3 des condamnés bénéficient d’un avocat gratuit de l’aide juridictionnelle(accordée si les revenus mensuels sont inférieurs à 800 euros).
Outre l’appartenance aux couches les plus démunies de la population, les personnes emprisonnées cumulent les handicaps tels que l’illettrisme, l’alcoolisme, la toxicomanie, la maladie mentale, le chômage...A l’exclusion économique s’ajoute l’exclusion sociale. C’est sans doute pourquoi les béotiens du monde judiciaire ressentent tous cette impression d’être plongés dans un monde kafkaïen dès leur entrée dans une salle d’audience: L’incompréhension de la règle pénale est souvent totale de la part du prévenu, le monologue du président rend pitoyable les réponses murmurées du mis en cause,de plus en plus souvent enfermé dans une sorte de cage de verre lors des comparutions immédiates, et totalement hébété par 2 jours de garde à vue.
La logique de l’économie de survie dans certains quartiers fait alors exploser le sens du droit pénal:
Le RMIste qui achète à un copain une carte téléphonique à moitié prix se retrouve condamné en correctionnelle pour complicité d’escroquerie, la mère de famille qui achète à 30 euros chez une voisine des chaussures de sport à ses enfants comparait pour recel...Sans compter l’étranger sans papiers ou demandeur d’asile, auquel la loi interdit de travailler et qui est poursuivi pour vol de nourriture ou de vêtements.
Dostoïewsky disait que l’état d’une démocratie se mesurait à l’état de ses prisons.
Que faut il donc penser de l’état de la démocratie en France lorque 2 rapports parlementaires en 2001 et 2002, ainsi que 2 rapports 2002 et 2004 du comité européen de prévention contre la torture (ONU) ont décrit la promiscuité et la saleté des maisons d’arrêt française?. 3 détenus s’entassent dans chaque cellule de 9 m2, presque toujours issus du prolétariat désalarié, ou du salariat désocialisé...
Ceux qui, dehors, étaient sans travail, sans soins, sans formation ni qualification, ceux qui dérivaient vers la folie, la toxicomanie ou l’alcoolisme sont dans les prisons de la République. Les prisons débordent, avec pour certaines un taux d’occupation de plus de 200% (Orléans, Toulon, Loos les Lille...); l’administration pénitentiaire a même envisagé, lors d’une réunion avec les syndicats le 27 mai 2004, d’installer des ALGECO, ces préfabriqués de chantier, dans les cours,pour y entasser des détenus!
La durée moyenne des peines a doublé en 10 ans (elle est passée de 4 à 8 mois d’emprisonnement), ainsi que le nombre de mineurs incarcérés. Ces seuls chiffres montrent l’inefficacité totale de l’emprisonnement quant à la prévention de la délinquance: plus on incarcère, plus il y a de délinquants !
30% des personnes incarcérées sont des délinquants sexuels, qu’il faudrait soigner, de l’exhibitioniste au violeur. 2 personnes détenues sur 3 ont des problèmes psychiatriques et on se suicide 7 fois plus en prison qu’en liberté. Les 3/4 des 422 000 personnes condamnées chaque année pour des délits (et 3200 pour des crimes) ont moins de 45 ans, et le 1/5ème sont des étrangers.
On est frappé, lorqu’on exerce des fonctions pénales, du caractère tragique des vies des personnes jugées, avec leurs cortèges de deuils, de suicide ou d’abandon des parents, de familles disloquées, de violences physiques graves subies pendant l’enfance;Les 2/3 des détenus sont issus de famille de plus 3 enfants et un sur 7 est parti de chez lui avant 15 ans. Les 3/4 ont quitté l’école avant 18 ans.
C’est ainsi que dans une période où 10% de la population est au chômage, la prison a une fonction asilaire, mais aussi un rôle économique.
Une fonction asilaire, car elle héberge et relègue des milliers d’exclus, que les secteurs sociaux ou de soins psychiatriques ne peuvent plus prendre en charge. Une fonction économique, car cette armée de chômeurs, qui était au 19 ème siècle une armée de prolétaires employés dans l'industrie, est devenue une matière première indispensable pour
fournir des débouchés au nouveau marché de la surveillance et de la punition.

sur 362 000 condamnations en 2001, 240 000 décisions d’ aide juridictionnelle totale ou partielle

En aval, l’administration pénitentiaire est un marché considérable qui s’ouvre aux entreprises privées: Le montant des sommes engagées pour la construction de 28 nouvelles prisons d’ici 2007 s’élève à 1,3 milliards d’euros. Qu’il s’agisse de la construction de commissariats, de gendarmeries (une centaine d’ici 2007), de centres fermés pour mineurs (600 places) ou de prisons, les lois de programmation pour la sécurité intérieure et pour la justice prévoient des dérogations aux procédures d’appels d’offres des marchés publics, qui permettront aux grands groupes de travaux publics d’investir dans l’industrie carcérale.
Il est certain que toutes les nouvelles infractions de la loi Sarkozy de mars 2003, stigmatisant les comportements “dérangeants”, ne pourront que remplir encore plus les prisons de la misère, selon l’expression de Loïc Wacquant
Aux Etats-Unis,le secteur pénitentiaire est le 3ème employeur du pays(700 000 salariés), après les deux géants du travail temporaire, Manpower et Kelly services7... Si dans le pays minier du Kentucky de l’Est de l’Amérique, les prisons remplacent l’exploitation déficitaire du charbon, certaines villes du Nord de la France pourraient bien, elles aussi,
substituer des emplois de contention aux anciens carreaux de mines


L'intégralité de l'article d' Evelyne Sire-Marin, magistrat, présidente d’honneur de la Fondation Copernic Fondation Copernic
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Natalia
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MessageSujet: Re: Prisons.   Dim 20 Fév 2011, 11:47

Deux livres à lire même s'ils " datent " A bas les prisons, toutes les prisons" et "Extermination à la française " d'Alexandre Jacob aux éditions L'insomniaque

Extermination à la française

A bas les prisons toutes les prisons


je vous mettrai des citations dès que je le peux
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Natalia
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MessageSujet: A bas les prisons , toutes les prisons Alexandre Jacob    Dim 20 Fév 2011, 12:04

A bas les prisons , toutes les prisons Alexandre Jacob Editions L'insomniaque, collection A couteaux tirés :


Aujourd'hui, comme hier, la logique de l'enfermement et son corollaire la destruction mentale perdure dans le coeur glacial des magistrats qui jouent avec des peines de plus en plus longues, jusqu'à des trente ans incompressibles. Coeur aussi glacial que les murs des mitards, des quartiers d'isolement qui fourmillent d'insoumis et qui ne sont que l'aboutissement de cette longue pratique de destruction de l'individu.
Lettre à Georges Arnaud 1954
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MessageSujet: Re: Prisons.   Dim 20 Fév 2011, 12:32

Plus de trente ans passés dans le milieu judiciaire me font abonder dans le sens d'Evelyne Sire-Martin. Tant que la politique néolibérale tendra à dissocier une élite, respectueuse de la légalité ou capable de savamment brouiller les pistes, de la masse de ceux moins aptes à se défendre tant sur le plan économique que du point de vue judiciaire, nous en resterons là. Quant aux prisons, il suffit à un légaliste d'être allé en visite dans certains établissements pour être dissuadé à jamais d'y séjourner plus longtemps.

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MessageSujet: Re: Prisons.   Mer 23 Mar 2011, 08:43

A regarder ce soir, mercredi 23 mars 2011 -20H50 sur Canal + - "A l'ombre de la République", reportage sur les prisons et hopitaux psychiatriques.

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MessageSujet: Re: Prisons.   Sam 19 Jan 2013, 06:25



Didier Cros : "Il y a en France une volonté de dissimuler la réalité carcérale"

Après La Gueule de l'emploi, documentaire très remarqué consacré à une session de recrutement pour une compagnie d'assurances, le réalisateur a pu – fait unique – circuler librement, pendant un an, dans le centre de détention de Châteaudun (Eure-et-Loir).

Il en a tiré deux films : Sous surveillance, diffusé sur France 2 en juin2012, primé au Festival international des programmes audiovisuels de Biarritz, et Parloirs, programmé sur la même chaîne, mardi 22 janvier à 22 h 15, dans "Infrarouge".


Citation :
Une chose qu'on oublie souvent : le bruit. C'est incroyablement bruyant, une prison. Les matériaux sont souvent de très mauvaise qualité, tout résonne : les portes qui se ferment, les clés, les pas. Toutes les télés – l'autre drogue du monde carcéral – ont leur volume à fond. Bien souvent les détenus hurlent pour se parler

in le Monde.
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MessageSujet: Re: Prisons.   Mer 20 Mar 2013, 13:39

la lecture dans les prisons au Brésil permettrait de libérer plus rapidement les détenus.

Pour favoriser la réinsertion et vider les prisons, les autorités brésiliennes proposent aux détenus de rédiger des fiches de lecture contre une remise de peine de 48 jours maximum.

Les autorités brésiliennes vont proposer à certains détenus sélectionnés une remise de peine de quatre jours pour chaque livre qu'ils liront. Les prisonniers des quatre prisons fédérales du pays, dans lesquelles sont incarcérés quelques-uns des plus célèbres criminels brésiliens, pourront étudier une douzaine d'œuvres littéraires, philosophiques, scientifiques ou classiques et réduire ainsi leur peine de 48 jours maximum par année.

Ils disposeront de quatre semaines pour lire chaque livre et devront rédiger une dissertation «respectant l'usage des paragraphes, de l'orthographe, des marges et lisiblement présentée», indique le Journal officiel brésilien. Une commission spéciale sélectionnera les participants à ce programme baptisé «La rédemption par la lecture». «Tout détenu peut sortir de prison plus éclairé et avec une vision plus grande du monde», a assuré Andre Kehdi, avocat à Sao Paulo, favorable à ce programme.

Des conditions de vie exécrables dans les prisons brésiliennes
L'initiative vise autant à préparer les détenus à leur réinsertion qu'à vider les prisons surpeuplées. Les conditions de vie des détenus brésiliens sont régulièrement dénoncées par la presse, les prisonniers eux-mêmes et les instances internationales comme l'Organisation mondiale de lutte contre la torture (OMCT) ou Amnesty International. Des mutineries éclatent régulièrement, jusqu'à causer la mort de détenus: en 2010, dix-huit prisonniers ont perdu la vie dans une révolte dans le nord-est du pays.

En France, un système de remise de peine incitant à la culture existe aussi: il s'agit des réductions de peine supplémentaires. Un détenu non récidiviste qui suit des études ou obtient un diplôme en prison peut demander auprès du juge d'application des peines une remise de peine de 3 mois maximum.

Pour Milko Paris, président de l'association Ban Public (Association pour la communication sur les prisons en Europe) et ancien détenu, la remise de peine proposée par le Brésil est scandaleuse. «Je trouve cette nouvelle loi brésilienne complètement surréaliste», explique-t-il au Figaro. «En effet, la lecture m'a permis de sortir de la spirale de la violence et d'aller vers les autres. Mais c'est notamment grâce aux visiteuses qui ont fait le geste de venir vers moi, de me confier des livres, des revues d'art. Ce sont ces dons qui m'ont permis de me tourner vers les autres. Ce n'est pas que la lecture qui m'a aidé, c'est aussi le fait d'être encouragé. Alors une politique de la carotte comme celle mise en place au Brésil restera à mon avis sans effet.»
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MessageSujet: Re: Prisons.   Mar 14 Mai 2013, 17:37

Des droits rabotés

La prison en Belgique est une zone de moindres droits qui abrite, certes des criminels dangereux, mais aussi des présumés innocents (les « préventifs », qui forment jusqu’à 40% de la population carcérale), hébergés déjà dans des conditions moyenâgeuses, disposant parfois d’un simple seau dans une cellule suroccupée pour satisfaire leurs besoins naturels. On pourrait épiloguer sur la surpopulation, sur la vétusté des bâtiments, sur le manque de moyens qui oppose à l’administration pénitentiaire et ses agents à une « mission impossible » en regard de ce que l’incarcération d’un condamné (sans parler des préventifs) représente : assurer sa réinsertion sociale et non le transformer en un zombie déshumanisé, drogué (30% des détenus entrants le deviennent en prison) ou encore contraint de fréquenter de vraies crapules.
La réforme de la loi Dupont risque d’enfoncer encore, à défaut d’avoir voulu être appliquée depuis sa promulgation en 2005, risque encore d’accroître la pression sur les plus faibles que sont la plupart des détenus. Favoriser les « fouilles au corps », même à l’égard de détenus réputés « sans problèmes », est un recul de l’humanité à laquelle même les privés de liberté ont droit . Statuer dans une loi que le travail en prison (fourni par des entreprises privées ou l’administration elle-même) ne relève pas du droit social est une atteinte aux droits les plus élémentaires. Faciliter le régime disciplinaire au profit des gardiens et des directeurs de prison est un recul du droit, même si dans ces univers clos il est difficile à appliquer.

La prison est le miroir inversé de toute société. Le traitement des détenus est le reflet de la considération qu’a un Etat pour ceux qui ne se trouvent pas en prison, à bon ou mauvais droit. Diminuer des droits, c’est diminuer la justice. Les détenus ne sont pas un troupeau. Il appartient à l’Etat de leur assurer le respect de l’essentiel. Et même de l’accessoire. Et de ne pas perpétuer pour des raisons budgétaires ou imaginaires ces enfers que sont nos prisons. Entrer en prison n’a d’autre intérêt que d’en sortir. Apaisé, revalidé, guéri, grandi…
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Ysandre
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MessageSujet: Re: Prisons.   Mar 14 Mai 2013, 19:55

p'^tre bien qu'il vaut mieux faire en sorte de ne pas y aller. J'ai pas envie .... Rolling Eyes
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rotko
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MessageSujet: Re: Prisons.   Mar 21 Mai 2013, 04:49



Après avoir passé dix ans auprès des prisonniers à enseigner les Lettres, Aude Siméon a voulu faire partager son expérience au grand public.

Avec Prof chez les taulards (éditions Glyphe, 200 pages,), elle en vient à décrypter toute la complexité des relations qui se nouent entre un prof et des élèves au parcours quelque peu chaotique

Les jeunes m'ont apporté leur fraîcheur, leur vitalité, leur joie de vivre, leur idéal; les détenus m'ont offert leur expérience de la vie, leur curiosité pour la 'culture', leur reconnaissance, leurs souffrances: une leçon de vie souvent forte et émouvante. Les difficultés rencontrées avec les lycéens relèvent du manque de motivation (ils sont forcés d'aller en classe) ou de maturité (les œuvres littéraires supposent un vécu pour les apprécier qu'ils n'ont pas encore).

Celles rencontrées avec les détenus ne relèvent pas tant de leur absence totale de bagage 'scolaire' que de leur équilibre psychologique souvent très fragile. Enfin le nombre limité d'étudiants en milieu carcéral favorise les échanges personnalisés, souvent passionnants.


tout l'entretien.
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