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 Milos Forman

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rotko
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MessageSujet: Milos Forman   Lun 27 Juin 2011, 08:01


Vol au-dessus d'un nid de coucou

Pour échapper à la prison, Randle McMurphy (Jack Nicholson) est prêt à tout… même à se faire passer pour un malade mental. Interné dans un hôpital psychiatrique, il découvre, au-delà de leur folie, des êtres fragiles et attachants, soumis à l'autorité oppressive de l'infirmière Ratched.

S'insurgeant alors contre les règles établies, il décide de révolutionner ce petit monde...


je le regarde ce soir sur ARTE 20h 30.
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MessageSujet: Re: Milos Forman   Lun 27 Juin 2011, 08:02

rappel de sa filmographie

1963 : L'As de pique (cs:Černý Petr)
1965 : Les Amours d'une blonde (cs:Lásky jedné plavovlásky)
1967 : Au feu, les pompiers ! (cs:Hoří, má panenko)

1971 : Taking Off
1975 : Vol au-dessus d'un nid de coucou (en:One Flew Over the Cuckoo's Nest)

1979 : Hair
1981 : Ragtime

1984 : Amadeus
1989 : Valmont
1996 : Larry Flynt

1999 : Man on the Moon
2006 : Les Fantômes de Goya (Goya's Ghosts
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MessageSujet: Re: Milos Forman   Mar 28 Juin 2011, 05:08

Vol au-dessus d’un nid de coucou

On s’interroge comme les psychiatres : Mac Murphy est-il un cinglé ou un simulateur, et ce n’est pas le jeu de Nicholson qui donne la réponse. Comédien, joueur, il met dans sa poche les internés comme les spectateurs, à tous il est sympathique car il parle à chacun selon son langage. Et il obtient des résultats puisqu’on prend son parti, que les « figés » deviennent mobiles et que parlent les mutiques.

Les visages et attitudes sont bien ceux de malades mentaux, mais mac Murphy par ses saillies les ouvre à d’autres horizons. Quelles escapades ! On en rit et on frémit.

Le milieu d’enfermement fait froid dans le dos, on en repère vite les techniques et les serrures, mais le pire est sans doute d’être prisonnier de soi-même, d’avoir intégré en soi la prison On ne peut que penser avec le visage impassible de Miss Ratched à un univers concentrationnaire.

Citation :
« on comprend à quel point la tentative de McMurphy de lutter contre la logique carcérale de l’institution recoupe l’histoire personnelle de Forman, qui a connu, en Tchécoslovaquie, la violence de l’appareil communiste »,

écrit Libération, et la fin du film, terrifiante, (un univers à la Shutter Island ) ne propose qu’une issue : la fuite - si elle est possible.

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MessageSujet: Re: Milos Forman   Mar 28 Juin 2011, 07:31

Revu avec toujours le même intérêt. Une nouveauté cependant pour moi, à laquelle je n'avais encore jamais porté attention : l'instant où McMurphy peut s'enfuir et ce gros plan sur son visage passant plusieurs fois du sourire à la gravité. Comme s'il était soudain incapable de prendre la décision de partir définitivement. La suite n'est-elle pas finalement qu'un prétexte pour ne pas décider ? Cette fois, j'ai eu l'impression que McMurphy ne voulait pas - ne pouvait pas - se sauver...

Ratched, un univers concentrationnaire ? Je ne sais pas... J'y vois plutôt un masque suffisamment neutre pour que ces hommes - je n'oublie pas qu'ils souffrent de pathologies mentales - projettent sur elle tout ce qui les effraie ou qu'ils haïssent. Elle leur offre peut-être la possibilité de ressentir des sentiments habituellement réprouvés, et ce en toute sécurité - un milieu fermé et contrôlé, n'est-ce pas ce que la plupart viennent chercher. Et c'est bien lorsqu'elle perd cette neutralité, face à son incapacité à rester de marbre face à McMurphy, que le drame arrive.
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MessageSujet: Re: Milos Forman   Mar 28 Juin 2011, 08:55

Peu de gros plans sur les visages, mais des vues partielles, légèrement de guingois qui créent le malaise.

Oui, McMurphy aurait pu s’échapper à plusieurs reprises : le voulait-il, en fin de course le pouvait-il ? Sa trajectoire est à l’inverse du chef indien. Ce dernier conquiert une liberté à laquelle l’autre finit par renoncer. Au départ très observateur de tous, Milos Forman a travaillé à la fois ses personnages et ses prises de vue.

La fermeté de Ratched face au jeune pris en flagrant délit de fornication amène un dialogue surprenant menaçant, puisqu’il est question de « tout dire à sa mère », amie proche de l’infirmière. L’idée d’un internement abusif pour complaire à la famille m’a traversé l’esprit.

Il aurait été facile de charger la barque de l’hôpital psy avec des vues sur des seringues, l’abus de piqûres (comme dans les romans de Robin Cook l’Américain), des facilités refusées. Il y a quand même l’électrochoc, et la référence à une trépanation subie par McMurphy dont on voit des rides cicatricielles.

Peu de gros plans sur les visages, mais des vues partielles, légèrement de guingois qui créent le malaise.

Oui, McMurphy aurait pu s’échapper à plusieurs reprises : le voulait-il, en fin de course le pouvait-il ? Sa trajectoire est à l’inverse du chef indien. Ce dernier conquiert une liberté à laquelle l’autre finit par renoncer. Au départ très observateur de tous, McMurphy n’est-il pas aspiré dans ce milieu ?

La traduction a laissé tomber beaucoup de jeux de mots à connotation sexuelle, qu’on subodorait.
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MessageSujet: Re: Milos Forman   Ven 20 Juil 2012, 03:02

"Les Amours d'une blonde" de 1965 et toujours d'actualité...

---Une ville industrieuse, une usine de chaussures tenue par le Maire, un homme bon et chagriné par la misère relationnelle de ses jeunes ouvrières, la plupart vivant en foyer. Dans le village il manque d'hommes, le maire a une idée lumineuse : faire installer une base militaire avec de jeunes soldats..Les jeunes filles les attendent au train et nous voyons débarquer une armée de réservistes, qu'à cela ne tienne Mr le Maire organise un grand bal, occasion aussi de caser sa propre fille. Nous découvrons un film tout en dérision, humour, et rêves de jeunes filles confrontés à la réalité pas tres reluisante de l'existence. Un film en noir et blanc, et en gros plans sur des visages expressifs.
---Un film qui n'a pas vieilli d'un pouce...

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MessageSujet: Re: Milos Forman   Ven 20 Juil 2012, 09:30



Une comedie douce amère dans mon souvenir, car cette evocation d'une ville endormie où tout le monde s'ennuie n'est pas réjouissante.

Toutefois certaines scènes ne manquent pas de sel : ainsi cette alliance que le soldat retire à son doigt, et dont on suit le parcours sous la table...
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MessageSujet: Re: Milos Forman   Ven 20 Juil 2012, 10:41

oui la ville et la vie promise à ces jeunes femmes ne l'est pas en effet, il ne leur reste plus que le rêve pour s'en évader....

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MessageSujet: Re: Milos Forman   Ven 20 Juil 2012, 11:34

Désolée mais Luca m'a donné l'envie de regarder un film de Breillat col
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MessageSujet: Re: Milos Forman   Sam 11 Aoû 2012, 04:48

Hair (1979)

Forman, avait décidé de faire un film après avoir vu la comédie initiale à Broadway. Un jeune rural de l'Oaklahoma part à New York pour meubler deux jours avant son conseil de révision et le départ pour le Vietnam. Sa rencontre avec des hippies (peace and love) meuble ses loisirs et change son état d'esprit.

De la comédie initiale, Forman garde l'amour des chansons bien enlevées et des chorégraphies qui en font un spectacle agréable. Rares sont les temps morts, et le spectateur apprécie ce film original.

C'est l'aspect subversif qui caractérise ce film ; première image : brûler le livret militaire ! Ensuite les valeurs d'ordre de la société américaine sont mises à mal. La maternité, le mariage, le conseil de révision, les réceptions mondaines donnent lieu à des scènes réelles ou rêvées où tout est tourné en dérision, mais en musique et en douceur.

Le film est un hymne à la liberté, et à la nature, au refus des codes et des embrigadements.

Pour moi l'image la plus marquante est la marche des soldats qui s'engouffrent dans l'avion, à destination du Vietnam. C'est une image mythique monstrueuse. L'image finale d'un cimetière en souligne la portée tragique.

Il est vrai que le film paraît après la guerre (1964-1975). Forman réussit avec Hair un film qui prend le spectateur dans le sens du poil, au rebours des conditionnements militaro-religieux conservateurs..

.
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MessageSujet: Re: Milos Forman   Dim 12 Aoû 2012, 05:05

man on the moon

je publie l'avis et la critique de télérama


Enfant, dans les années 50, Andy Kaufman animait déjà des émissions imaginaires, pour son seul plaisir. Devenu adulte, il entreprend d'imiter Elvis dans un cabaret, tout en se faisant passer pour un réfugié d'Europe de l'Est. Contacté par l'agent George Shapiro, il abandonne son apparente modestie pour confesser sa plus chère ambition : conquérir le monde, ni plus ni moins. Après avoir chanté, sans trop convaincre, sur le plateau du célèbre show «Saturday Night Live», il s'impose dans la série comique «Taxi», où il incarne, il est vrai, son personnage fétiche de petit immigré. Ayant monté sa propre émission, il recrute un chanteur sans classe, Tony Clifton...


LA CRITIQUE TV DE TELERAMA DU 29/10/2011

Comique extrêmement populaire aux Etats-Unis, Andy Kaufman a connu une carrière fulgurante : révélé en 1975, il meurt d'un cancer en 1984, à l'âge de 35 ans. Mort précoce. Mais pouvait-il en être autrement ? Le doute est permis lorsqu'on voit défiler son existence de forçat du rire. Agitateur pataphysique, farceur conceptuel, terroriste médiatique, Kaufman révolutionne le spectacle en jouant « contre » le public. En l'agressant, en refusant de lui offrir ce qu'il attend. Répéter un gag qui a marché est contraire à ses principes. Chaque prestation est un quitte ou double dramatique. Projet suicidaire pour cet homme qui se disait avant tout « sérieux ». Ce sérieux allait lui nuire. Après la grandeur vient le déclin, lorsque Kaufman voit peu à peu ses émissions supprimées.

Man on the Moon brûle sciemment les étapes, n'hésite pas à se montrer lacunaire sur la vie de ce bonhomme protéiforme. Le film montre Kaufman comme une énigme, une machine humaine qui s'emballe et prolifère. L'incapacité de se trouver, le sentiment d'imposture, l'imminence de la mort sont toujours en filigrane... Jim Carrey, grand admirateur de Kaufman, impressionne ici par sa capacité à changer de registre, de ton, d'accent dans la même phrase. Grâce à lui, Forman réalise un truc constamment sur le fil, ébouriffant sans chercher à être efficace, joyeux et morbide, transgressif et tranquille. On assiste à un mégashow holly­woodien totalement ravagé de l'intérieur


je n'ai pas vu le film en entier (3/4 d'heure).

Toute l'ambiguité de l'acteur vient de ses prestations : il est censé faire rire, alors qu'il se prend au sérieux et qu'il veut faire son chemin hors des sentiers du rire convenu. On aboutit ainsi à une parodie de comique, assez lourde, avec des spectateurs qui semblent avoir décidé de s'amuser de ce qu'ils ne comprennent pas. Milos Forman joue donc sur la corde raide. je trouve Telerama bien complaisant.
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MessageSujet: Re: Milos Forman   Dim 12 Aoû 2012, 12:54

rotko a écrit:
je n'ai pas vu le film en entier (3/4 d'heure).
Tu as arrêté car il ne te plaisait pas ? Ce que tu en dis ne donne pas envie de le voir (ça tombe bien, il n'est pas disponible à la bibliothèque).
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MessageSujet: Re: Milos Forman   Dim 12 Aoû 2012, 15:46

oui, il ne me plaisait pas, et disons le mot, j'ai trouvé le film raté. En général dans un film nous avons des indices qui permettent d'orienter le spectateur. Ainsi le realisateur jette une regard ironique sur des personnages, ou joue de la zique en contrepoint pour désavouer ou dédramatiser etc.

Ici au début du film, l'acteur comique 1) refuse d'être comique, et 2) le public le refuse en tant qu'acteur comique en ne riant pas. C'est porquoi il est viré.

Par la suite, l'acteur comique joue contre le comique, désarçonne son agent, et le public rit à contre temps ou par complaisance.

Ou le comique traditionnel est nié, ou, au contraire, il est grossi, tombe dans la grossièreté et le balourd.

le malaise du personnage n'est compris par personne puisque l'agent, le public dans les boîtes americaines, et nous-mêmes devant l'écran, ne savons plus à quel saint nous vouer, le réalisateur n'intervient pas du tout.

Si ce n'avait pas été un Forman, j'aurais arrêté plus tôt, vu que dans le générique, l'acteur est repetitif, prend le spectateur à contre-pied en disant qu'il n'a pas besoin de lui, puis dit qu'il a voulu se débarrasser de "gêneurs"... et que maintenant le vrai film va commencer, pour des gens vraiment interessés.

Ajoute à cela que les données historiques du personnage m'étaient totalement inconnues, et que le comique gouté par les spectateurs americains de l'époque n'est pas vraiment le mien.

Pour rire, il faut une connivence, "être de la paroisse" dit Bergson : or je ne connais pas du tout le contexte, et je n'ai aucune complicité avec qui que ce soit dans le film.

l'article de Télérama me paraît juste dans ses observations, mais se raccroche à une branche au seul nom de Milos Forman :

Grâce à lui, Forman réalise un truc constamment sur le fil, ébouriffant sans chercher à être efficace, joyeux et morbide, transgressif et tranquille. On assiste à un mégashow holly­woodien totalement ravagé de l'intérieur

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MessageSujet: Re: Milos Forman   Lun 13 Aoû 2012, 12:29



Pour en savoir plus sur l'"antihumour du showman" d'Andy kaufman, voir ce lien.
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MessageSujet: Re: Milos Forman   Mer 22 Aoû 2012, 15:43

Les fantômes de Goya.
Grosse déception. Tout d'abord, le titre est trompeur : Goya n'est qu'un bien pâle figurant.
Ensuite, comment peut-on faire un film aussi tiède sur deux sujets aussi forts (Goya et l'inquisition) ?
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MessageSujet: Re: Milos Forman   Jeu 06 Sep 2012, 13:35


C’est un plaisir de revoir Amadeus que j’avais déjà vu au cinéma.

L’idée géniale de Forman : avoir eu recours à Salieri, compositeur de second ordre, mais connaisseur en beauté musicale, jaloux de Mozart, mais qui ,dans ce contexte d’intrigues et de soumission obligée aux Princes ou aux Évêques, n’ai rien d’invraisemblable ni de caricatural.

Autre idée, celle de n’avoir point fait du compositeur un être compassé ou méditatif, mais un être de chair et de sang, expressif en diable, parcouru par toutes les passions humaines, y compris avec son rire communicatif et bruyant, son impatience et son toupet bien compréhensibles.

La réalisation est remarquable : décors, musique, acteurs, on est ébloui devant les mises en scène de l’enlèvement au sérail ou de Don Giovanni.

Les personnages de l’époque ainsi que leurs sentiments sont très convaincants, : on comprend leur admiration devant le génie de Mozart, mais aussi ces griefs stupides alimentés par les mesquineries sociales : « trop de notes ! » chez Mozart ! Forman n’a pas forcé la sienne, de note : à voir les mises en scènes pour les musiques de l’époque, le contraste est grand avec les nouveautés de Mozart, dont le choix du sujet avec le mariage de Figaro n’allait pas de soi.

Vraiment un très grand film et qui prend de la profondeur avec le masque du Père, amené progressivement au cours du film.

Une splendeur pour les yeux et les oreilles, mais aussi des analyses musicales subtiles distillées dans les dialogues . Un film à voir pour goûter Forman et Mozart, tous deux ici excellents.

Suite du film ce soir.
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MessageSujet: Re: Milos Forman   Jeu 06 Sep 2012, 13:38

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MessageSujet: Re: Milos Forman   Ven 07 Sep 2012, 05:51

la deuxième partie d' Amadeus est plus grave, avec la commande du requiem dont on entend plusieurs extraits, ainsi qu'une analyse improvisée par le compositeur en cours de création ; La flûte enchantée fait contraste avec l'humeur sombre qui accompagne le requiem.

belles séquences sur les "pièces à machines", toujours surprenantes et inventives.

on aura beau dire que Forman se permet des libertés avec la vie de Mozart, son film permet de bien saisir le personnage et de mieux apprécier sa musique.

quel livre conseillera-t-on ?

Wolfgang Amadeus Mozart, édition augmentée de Jean Massin et Brigitte Massin 1294 p. chez Fayard,

ou

Mystérieux Mozart de Philippe Sollers 317 p. chez Folio.
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MessageSujet: Re: Milos Forman   Ven 07 Sep 2012, 07:57

rotko a écrit:
Amadeus
Grand souvenir, grand film. Avec Les fantômes de Goya, on est à mille lieues de cette flamboyance. Perdue en route ? col
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MessageSujet: forman   Jeu 13 Sep 2012, 05:35

hé non ! les fantômes de Goya m'a un peu déçue. Les premiers rôles étant pris par Lorenzo, le moine du St Office de l'inquisition, opportuniste et lubrique, et Inès, la fille d'un riche marchand, accusée à tort de judaïsme alors qu'elle est chrétienne, et soumise à la question où, bien sûr elle avoue ce qu'elle n'est pas pour se soustraire à la souffrance.
Goya n'a qu'un rôle secondaire, celui du témoin de cette époque de décadence et de fureur ! L'histoire est malmenée : confusion entre la Révolution Française et l'arrivée des troupes napoléoniennes en Espagne pour mettre sur le trône l'un des frères de Napoléon.
Humour grinçant garanti, pourtant. Le metteur en scène qui nous avait ébloui avec Amadeus signe un film où Goya peint avec brio, avec sincérité : la scène où il présente le tableau de la reine, à cheval, est trop proche de la vérité : la reine est laide ! et le couple royal est suffoqué. Ce moment est drôlatique.
Les eaux-fortes du Maître fustigent l'Inquisition et inquiètent le St Office, mais le peintre a de puissants appuis. Autre moment d'excellence, celui où le père d'Jnès reçoit le moine Lorenzo et lui démontre, en le pendant à un lustre, que l'on peut raconter n'importe quoi lorsque l'on est soumis à la torture.
Il n'en reste pas moins que ce film, beau par les tableaux présentés, le traitement des couleurs, reste un mélo.
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MessageSujet: Re: Milos Forman   Jeu 13 Sep 2012, 05:42


Spoiler:
 

2006 : Les Fantômes de Goya (Goya's Ghosts)

L'époque est tourmentée : guerres napoléoniennes avec des violences qui laisseront en Espagne une tenace rancune, l'inquisition et ses manoeuvres souterraines (on pense au puits et au pendule d' Edgar Poe), arrivée des Anglais, retournements politiques de tous ordres, massacres, exécutions, misères diverses. Goya en est le témoin regardeur, sans occuper la place centrale du film. On le voit dans son atelier, auprès des Grands qui forment sa clientèle, parfois un cahier de croquis à la main, mais c'est bien fugitif.

Les oeuvres encadrent le film, dessins en avant-goût, tableaux en conclusion, ce qui n'est sans doute pas la meilleure façon de lier un artiste à ses oeuvres. Parfois, au cours du film, un visage à la manière de Goya, soit tableau officiel, soit visage d'un vieillard devenu sénile ou d'une mère taraudée par le chagrin.

Le film se regarde sans ennui, mais sans passion excessive. Il est vrai que sur un petit écran... j'ai eu l'impression que l'acteur Goya se faisait voler la vedette par Lorenzo-Bardem. Et vous ?
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MessageSujet: Re: Milos Forman   Jeu 13 Sep 2012, 06:40

rotko a écrit:
'ai eu l'impression que l'acteur Goya se faisait voler la vedette par Lorenzo-Bardem. Et vous ?
Au début oui, car après, je l'avais trouvé bien trop caricatural.

Goya était-il en réalité aussi falot ?
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MessageSujet: Re: Milos Forman   Jeu 13 Sep 2012, 06:45

Citation :
Lorenzo, le moine du St Office de l'inquisition, opportuniste et lubrique

L'hypocrisie religieuse apparaît bien entre les plafonds peints avec des anges, et les caves où sont relégués des condamnés. Le ciel et l'enfer en quelque sorte, sauf que l'enfer est la réalité, et le ciel, un mirage trompeur. Les "prières" de Lorenzo avec Inès n'ont rien de religieux, et le Saint-Office est présenté comme une institution où l'amour du pouvoir est la règle, avec application de la peine de mort pour les rivaux/adversaires.

On voit un profond décalage entre la France et l'Espagne à cette époque (un peu étirée, il est vrai), à ceci près que les partisans des droits du citoyen et des peuples excellent dans la répression brutale.

Forman a la main lourde en mettant dans la bouche de Lorenzo des paroles de Saint-Just ("pas de liberté pour les ennemis de la liberté etc.), et j'ai même cru reconnaître des accents de Malraux dans une célébration...
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Natalia
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MessageSujet: Re: Milos Forman   Jeu 13 Sep 2012, 09:48

Les fantômes de Goya

Je n'ai pas été déçue par ce film contrairement à certains d'entre vous car si l'on tient compte du titre, il n'était pas question ici d'établir une " biographie de Goya " mais bien de faire connaître les différents tiraillements qui l'ont habité : les commandes royales ( c'était un artiste de commandes) , l'inquisition ( dès le début avec ses eaux-fortes....dont Forman montre l'exécution et qui étaient à cette époque inédite par le procédé ) , l'invasion des troupes napoléoniennes et surtout le début de sa maladie.

Voilà selon moi les fantômes de Goya et n'oublions pas Ines qui est en fait son égérie Doña Francisca Sabasa García.


A partir de la fin du film finalement Goya peindra les Peintures noires

Pour moi le rôle de Goya sert de spectateur à une époque.

Auto-portrait ( 1794 )

je trouve que l'acteur a une certaine ressemblance avec lui pas vous ?
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MessageSujet: Re: Milos Forman   Jeu 13 Sep 2012, 10:18

Juste pour donner un avis contraire sur Man on the moon.

Man on the moon est un film incroyable, d'une poésie rare. Forman a réussi l'exploit de me faire apprécier Jim Carrey. Ce film est d'une profondeur stupéfiante, la réflexion sur le rire y est d'une justesse remarquable ("Quel est le secret du rire, demande Carrey à un sage bouddhiste, l'autre réfléchit, puis finit par répondre "le silence". Je ne dis rien de la conclusion que tire Carrey/Kauffman de cet enseignement, mais il faut le voir !). La scène finale est une apothéose digne de Boulgakov !
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