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 Les métiers de la santé mentale

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Luca
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MessageSujet: Re: Les métiers de la santé mentale   Mer 16 Nov 2011, 16:43

Albert a écrit:
je suis plutôt favorable au bien être des personnes en souffrance, mais il arrive parfois que le bien être en question soit surtout celui de l'entourage, je souligne bien parfois, parce qu'effectivement pouvoir retrouver de la capacité à communiquer est réellement du mieux être.
C'est un problème quasi inextricable, avec des impacts bidirectionnels. Une personne en souffrance crée de la souffrance dans son entourage et un entourage en souffrance renvoie de la souffrance à la personne.

C'est d'ailleurs pour cela que pour certaines pathologies (dépression, anorexie...), une mesure d'isolement est souvent nécessaire, même si elle est très souvent mal comprise, et ce avant tout pour le patient. Il est alors essentiel que la famille non seulement accepte d'être éloignée de la personne souffrante, mais aussi qu'elle ne stigmatise pas le mode de soin.

Si on se place du point de vue de la personne souffrante, on constate souvent les ravages dus au sentiment d'être un poids pour ses proches. Poids dû au handicap subi mais aussi à l'image qu'elle pense renvoyer aux autres en allant chez un psychiatre ou dans un établissement de soin. Elle entre alors dans un cercle vicieux : elle veut guérir le plus vite possible pour sortir de cette culpabilité mais cet empressement l'empêche de prendre le temps de guérir. J'ai souvent constaté cela chez les personnes dépressives : elles s'interdisent de guérir par le fait même qu'elles veulent continuer coûte que coûte à assurer leur rôle et à maintenir une image positive (de père, mère, enfant parfait...).

On prend peu en compte la souffrance de l'entourage car elle ne se dit pas. Et puis, l'entourage, c'est un ensemble perçu comme stable, non vivant. Alors que c'est un système très complexe constitué par des individus, qui ont tous leurs fragilités, mais aussi par toutes les interactions entre les individus. Plus vivant que ça...

Pour les pathologies lourdes, comme les psychoses ou l'autisme, je crois qu'on sous-estime beaucoup les difficultés de l'entourage. Comment chacun d'entre nous se sortirait d'une telle situation ? Pourtant, elles devraient faire partie intégrante des soins apportés à la personne malade. Les proches devraient s'autoriser à être en colère, à se moquer, à haïr parfois... toutes ces émotions humaines qui deviennent des tabous absolus face au handicap. Je pense ici au très joli livre de Jean-Louis Fournier, Où on va, papa ? : "Je n'ai pas été un très bon père. Souvent, je ne vous supportais pas, vous étiez difficiles à aimer. Avec vous, il fallait une patience d'ange, et je ne suis pas un ange". Où les familles peuvent-elles exprimer ce genre de sentiments terribles et pourtant tellement "normaux" ?

En aidant réellement les familles, on pourrait permettre aux enfants autistes de vivre avec leurs proches. On prend actuellement plutôt le chemin inverse, sous l'influence de l'hyper-psychiatrisation nord-américaine : normalisation, rentabilité, une efficience fantasmée au prix d'une possible efficacité.
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Ysandre
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MessageSujet: une prise de sang pour détecter la trisomie 21   Ven 10 Mai 2013, 08:44




une prise de sang pour détecter la trisomie 21

je ne sais pas si c'est sur ce fil que je peux mettre cet édito de Ouest-France de ce matin. Nestor, mon bon, tu pourrais me le déplacer si ça ne convient pas ?
Citation :

Une simple prise de sang ?

vendredi 10 mai 2013

Le dépistage de la trisomie 21 vient de franchir une nouvelle étape, avec la mise au point d'un test génétique foetal sur sang maternel. Jusqu'alors, c'est-à-dire depuis 2009 où il fut proposé à toutes les femmes enceintes, sa mise en oeuvre supposait une intervention invasive sur le corps en vue d'un prélèvement. Désormais, il suffit d'une simple prise de sang au cours des douze premières semaines de la grossesse. L'objectif reste toujours, selon le Comité national d'éthique qui vient de rendre un important avis à ce sujet, de « donner aux futurs parents la possibilité d'un choix libre ».


Précisément, du point de vue éthique, est-ce un changement significatif ? En apparence, non. En réalité, oui. Et le Directeur général de la santé ne s'y est pas trompé puisqu'en saisissant ce comité, il a souligné que « de telles avancées alimentent les questions tenant au risque possible de dérive eugéniste ».

Inventé à la fin du XIXe siècle, le mot « eugénisme » fait figure de spectre hantant notre horizon depuis la Seconde Guerre mondiale. On se souvient qu'au nom de « l'amélioration de la race », le régime hitlérien avait définitivement stérilisé plus de 300 000 handicapés et euthanasié 200 000, par « miséricorde », dixit Hitler. À la même époque, Alexis Carrel préconisait, dans L'homme, cet inconnu, la construction d'un « établissement euthanatique pourvu de gaz appropriés » à l'intention des éléments dangereux de la société. Et cet eugénisme « négatif » par élimination se doublait d'un autre dit « positif » consistant dans la sélection par croisement des meilleurs spécimens dans les Lebensborn (fontaines de vie). Comme le bétail.

Quel rapport avec le test foetal ? La réponse appelle prudence et tact. On peut vertueusement tenir toute élimination d'un embryon ou foetus pour une forme de « néo-eugénisme ». Il faut aussi comprendre le choix d'une femme, d'un couple qui décident d'interrompre une grossesse après révélation de la trisomie. C'est le cas neuf fois sur dix. Que ferions-nous à leur place ?

La vraie inquiétude se situe au-delà du seul test, mais en lien avec lui. Elle résulte d'abord de ce qu'il sera, sous peu, plus simple de décrypter l'ensemble du message génétique du foetus que de sélectionner les régions concernées. Et si l'on découvre la certitude ou la probabilité de maladie graves sans être incurables, que se passera-t-il ?

Le Comité d'éthique mesure le risque et rappelle que « le contexte technologique plus favorable n'autorise pas à utiliser ces outils sans considération des questionnements éthiques très importants qui en découlent ». Cela d'autant plus que s'observe une tendance à souhaiter l'élargissement des cas de recours au diagnostic pré-implantatoire qui permet le tri des embryons dans des situations très exceptionnelles. Avec le risque corrélatif d'une « stigmatisation du handicap », tout handicap devenant intolérable.

Souvenons-nous, avec J. Bowman, que si la « normalité » avait naguère imposé sa loi, « les épileptiques Dostoïevski et Jules César, les utilisateurs de drogue comme Poe et Rimbaud, les psychotiques Newton et Van Gogh, l'aveugle Milton, le sourd et fils d'alcoolique Beethoven, les handicapés comme Guillaume II et Byron, l'indigent Mozart, les tuberculeux Schubert, Chopin, Stevenson, le syphilitique et lépreux Gauguin, le difforme Toulouse-Lautrec... auraient été classifiés parmi les indésirables ».

Jacques Le Goff

une découverte qui fait se poser questions !
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rotko
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MessageSujet: Re: Les métiers de la santé mentale   Ven 10 Mai 2013, 09:23

je profite du post d'Ysandre pour indiquer des liens :

celui de Grimbert à propos d'un enfant singulier et celui de l'autisme.

Comme tout fil sur GDS*, il n'entend pas affirmer des vérités mais s'ouvre aux questionnements et aux réponses avancées par des gens avertis.
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Ysandre
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MessageSujet: Re: Les métiers de la santé mentale   Sam 11 Mai 2013, 04:34

je note ce titre qui m'intéresse beaucoup. Merci merci
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MessageSujet: Re: Les métiers de la santé mentale   

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