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 Julien Gracq

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rotko
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MessageSujet: Julien Gracq   Lun 07 Aoû 2006, 18:36

clic !





Julien Gracq et le quant-à-soi

Je commence doucement un balcon en forêt de Julien Gracq, c’est-à-dire que je le reprends, après avoir senti qu’ il me fallait pour ce livre un esprit dispos et pas pressé.
Julien Gracq, auteur discret, ne fait pas d’effets de manche et indique, me semble-t-il, la route à suivre quand il parle du quant-à-soi.

Un petit coup d'oeil sur "le trésor de la langue française" :

Citation :
Quant-à-soi
Attitude réservée, domaine personnel intime que chaque personne désire préserver (notamment pensée intime, sentiments)
Garder son quant(-)à(-)soi, rester dans/sur son quant-à-soi. Garder ses distances.

Or cette expression, Gracq l'emploie pour définir son personnage de grange dans un balcon

Citation :
Embarqué dans cette guerre qui tournait à petit bruit, au point mort, Grange ne songeait pas à rechigner à la besogne possible mais il n e participait pas d’instinct, chaque fois qu'il pouvait, il gardait son quant-à-soi et prenait du recul.
p.14

il apprécie la même qualité chez ses deux compagnons "dans cette maisonnette de mère grand perdue au fond de la forêt" p.22

Citation :
Tous deux plaisaient à Grange, à cause de leur vie de plein air qui faisait bonne mesure à sa solitude et aussi par leur quant-à-soi et leurs manières discrètes et silencieuses de coureurs des bois et de batteurs d’estrade, habitués à vivre la bouche close et l’oreille au guet, et peu enclins à s’ouvrir de leurs petites affaires.
P.27

N'est-ce pas donner-là, à demi-mots, une conduite de lecture pour ce livre et pour connaître Julien Gracq ?


Dernière édition par le Jeu 15 Fév 2007, 18:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Julien Gracq   Dim 13 Aoû 2006, 07:34

Au début de la guerre, le lieutenant Grange devient le gradé chargé d’une maison forte en pleine forêt ardennaise. Seuls quelques hommes discrets et silencieux occupent le blockhaus.

Grange trouve du plaisir à cet isolement qu’accentue la neige. Il retrouve le domaine de l’enfance dans cette « maisonnette de mère-grand au fond de la forêt » , avec « une armée au bois dormant » et la compagnie d’une enfant-fée avec qui il fait de la luge.

Certes des pressentiments inquiètent, mais la peur elle-même se rattache aux anciennes lectures.

Citation :
« C’était une peur un peu merveilleuse, presque attirante qui remontait à Grange au fond de l’enfance et des contes : la peur des enfants perdus dans la forêt crépusculaire, écoutant craquer au loin le tronc des chênes sous le talon formidable des bottes de sept lieues »
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MessageSujet: Re: Julien Gracq   Dim 13 Aoû 2006, 07:38

Un balcon en forêt est un roman du silence et de l’attente : de la forêt émanent en continu des sensations diffuses : odeurs de sous bois, écharpes de brumes, craquements de brindilles. Au loin, d’inquiétants ronflements de moteurs.

Dans cet univers, Grange goûte le temps qui s’écoule : le vin râcle la gorge, la cigarette nourrit la pensée vague.

« Pendant de minutes entières, on n’entendait plus rien ; le monde semblait se rendormir après s’être secoué de l’homme d’un tour d’épaules paresseux ».

Grange faisait sauter une à une les amarres, éprouvant ce sentiment de délestage et de légèreté profonde qui lui faisait bondir le cœur et qui était celui du lâchez tout ».

Un livre à lire sans se presser, pour être disponible au recueillement.
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MessageSujet: Re: Julien Gracq   Mar 13 Fév 2007, 17:39

Le charme de Julien Gracq.

Gracq est un auteur dont on savoure la lecture des pages, et une fois la confiance instaurée avec son lecteur, dépassant sa discrétion première, il livre parfois une confidence inattendue :

Citation :
J’ai toujours aimé depuis mon enfance, sentir autour de moi une maison s’enfoncer toute close dans le crépuscule- toujours goûté le sentiment trouble des eaux basses, la petite mort qui rôde un moment dans les pièces vides avant qu’on allume les lampes
.

Le roi Cophétua, in La presqu'île chez José Corti.

Pour entrer dans son univers, point n’est besoin d’un texte long, La Route -in La presqu'île, fera l’affaire avec ses trente et une pages.

Tout débute en douceur et comme en pays connu :

Citation :
« ce fut si je me souviens bien, dix jours après avoir franchi la Crète que nous atteignîmes l’entrée du Perré ; l’étroit chemin pavé qui conduisait sur des centaines d lieues à la lisière des Marches aux passes du Mont-Habré la dernière ligne droite de vie, vingt fois tronçonnée et ressoudée qui joignait encore par intervalles le Royaume à La Montagne cernée et lointaine. »

J’ai beau chercher à localiser précisément l"histoire, je ne trouve aucun nom de lieu, sinon cette définition, Perré , Mur incliné, en pierres maçonnées ou non. On parle aussi de perré de flottaison

Matériellement, je trouve en effet dans le récit une route de pierres et de dalles dont la création remonte loin dans le passé historique : une route romaine, une route fossile , mais qui mène aussi à un passé personnel : une trace dans ma mémoire ou une cicatrice.

Gracq aime l’entre-deux, le concret et l’imaginaire, il prépare son lecteur à une conjugaison du connu et l‘imprévu.

La Route tient du solide et du liquide, et comme son perré le laissait entendre :, on suit la route comme  on s’embarque sur la mer . Car cette route terrestre est  une digue ,  un gué .

Mais elle ressemblait aux rivières , avec son  lit caillouteux. On parle même d’un  lit de torrent à sec , d’une  mauvaise coulée caillouteuse.

On prend la route quand la lumière est  entre chien et loup , qu’elle progresse  entre les berges de la nuit

Citation :
« laissant couler en nous à mesure les songes vagues et envahissants du grand chemin, les odeurs de plantes et les bruits de bêtes, laissant les branches mouillées nous fouetter le visage ».

De l’obscurité à la rêverie, le passage se fait insensiblement et naturellement.

Risque-t-on de se perdre entre la lumière et la pénombre, et de se laisser égarer dans la rêverie ? Gracq ne sombre pas dans le flou, rien n’est laissé au hasard ;

Intellectuellement, le tracé reste net, la Route est une ligne droite « comme un rai de diamant sur une vitre ou un  coup d’ongle de trace claire  avec une netteté sèche.

Ainsi on embarque de manière concertée pour un voyage onirique, entre le rêve et les incertitudes du souvenir, dans l’univers de Julien Gracq.

Citation :
la Route indéfiniment s’enfonçait vaguement amicale et fée, filtrant à travers le sous bois sa lumière calme et rassurante d’éclaircie pas à pas écartant devant nous comme une main le rideau des branches.

N’est-ce pas un embarquement magique en douceur ?
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MessageSujet: Re: Julien Gracq   Jeu 15 Fév 2007, 18:46

le rapport du lecteur au livre selon Julien Gracq

Citation :
Mais le tête-à-tête avec le livre appelle [quelques] réflexions. Elles concernent l’insigne faculté de dilution, d’émiettement et de fragmentation – sans perte réelle de présence, ni d’efficacité – qui est la sienne.

Disloqué, démembré, par les trous, les distractions, les « absences », brèves ou prolongées qui sont celles du lecteur, on dirait que le livre repousse dans l’esprit (ainsi font les articles endommagés de certains insectes) et tend à reformer opiniâtrement son unité et son intégrité. Il est doué d’une aptitude insolite, à se rassembler dans l’esprit aussitôt autour d’un simple fragment, à recomposer sa figure intégrale à partir de ses éléments isolés.

De même qu’il n’est guère possible d’évoquer quelque détail physique d’une personne qui vous est familière, sans qu’elle reprenne vie sympathiquement et se réanime toute dans le souvenir, de même la faculté d’évocation caractéristique de la fiction écrite, ne s’exerce pas seulement sur les images et les souvenirs extérieurs à elle, mais s’exerce aussi de chacune de ses parties, même infimes, sur sa propre totalité.

Si je reviens à une page d’un livre qui m’est familier, c’est le livre entier : sous ces espèces (comme on dit) qui vient me repeupler. La mémoire des livres est une mémoire bourgeonnante, étrangement multipliée parce que chacun de ses éléments est lui-même un petit monde toujours en puissance d’éclosion.

Elle est consultable, et elle est un peu (ce n’est pas la mémoire d’une pièce musicale ou d’un tableau) monnayable, susceptible d’être introduite et de circuler – fragmentée, mais en fragments à son effigie – dans des milieux qui lui sont organiquement étrangers.

l'article entier.
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MessageSujet: Re: Julien Gracq   Jeu 19 Juil 2007, 09:45

Voyages, lectures, réflexions diverses sur les peintres et les écrivains, les carnets du grand chemin est un livre à goûter, à petites bouchées, au hasard des pages.

Citation :
Il est des femmes que, du fait des circonstances, on ne rencontre que de temps en temps, et de qui on souhaiterait s’éprendre, tant leur charme, discret au point d’en être un peu effacé, marqué de réserve délicate, est prometteur de quiétude et de calmes plaisirs. Mais on ne les voit pas assez fréquemment pour que d’une rencontre à l’autre, ce charme un peu froid, un peu frêle, ne s’évente et ne se volatilise dans le souvenir, et on se fatigue, jusqu’à renoncer, de devoir recommencer chaque fois à en devenir amoureux.

Julien Gracq, Carnets du grand chemin, José Corti.
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MessageSujet: Re: Julien Gracq   Dim 22 Juil 2007, 09:08

Le château d’Argol (1938) premier roman de Julien Gracq est-il d’un accès difficile ?

On pourrait le croire à première vue, sauf que l’auteur de ce roman dit "surréaliste", n’abandonne pas son lecteur : il balise sa route avec des mots en italique, importants puisqu’ils caractérisent l’essence des choses et non ses accidents, comme pourrait le dire Albert , premier personnage de ce livre, attiré par la philosophie, cherchant
Citation :
à résoudre les énigmes du monde des sens et de lapensée.

D’autre part, le récit est agencé en 10 épisodes inférieurs à 20 pages, qui permettent une lecture fragmentée. Faute de quoi, on se perdrait.
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MessageSujet: Re: Julien Gracq   Dim 22 Juil 2007, 09:11

Il faut savoir attendre et regarder, car le récit de Gracq m’a paru très visuel :

Citation :
Le château se dressait à l’extrémité de l’éperon rocheux que venait de côtoyer Albert. Un sentier tortueux y conduisait - impraticable à toute voiture- et s’embranchait à gauche de la route. Il serpentait quelque temps dans une étroite prairie marécageuse […] D’épaisses masses de fougères bordaient le sentier à hauteur d’homme […] Des bois touffus enserraient le chemin dans ses détours les plus capricieux […] Depuis le pied des murailles la forêt s’étendit en demi-cercle jusqu’aux limites extrêmes de la vue ; c’était une forêt triste et sauvage, un bois dormant, dont la tranquillité étreignait l’âme avec violence. Elle enserrait le château comme les anneaux d’un serpent pesamment immobile, dont la peau marbrée eût été alors assez bien figurée par les taches sombres des nuages qui couraient sur sa façade ridée.

Tel est l’itinéraire labyrinthique et difficile que doit suivre Albert avant d’atteindre le château et d’ y retrouver un ami capable « d’entrer dans un rôle que lui-même dessinait à chaque minute dans ses moindres replis ».

Autant dire que le lecteur doit abandonner la ligne droite et suivre Albert dans sa progression lente et prudente d’approche des lieux et des êtres.
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MessageSujet: Re: Julien Gracq   Dim 22 Juil 2007, 17:00

Les vues se succèdent horizontales ou verticales, toujours inattendues, en plongée ou contre-plongée :

Citation :
Il abaissa ses yeux vers le sol, et vit alors Herminien et Heide quitter le château et s’enfoncer dans la forêt

Citation :
La mer n’offrait à l’œil qui balayait en un instant son immense étendue, ni un oiseau ni une voile , lui paraissait insupportable par sa mortelle vacuité, car demeurant tout entière d’un blanc grisâtre et terne sous un ciel éclatant, sa surface parfaitement bombée, dont la vue suivait malgré elle les courbes, imposait irrésistiblement à l’esprit l’image d’un œil révulsé dont la pupille eût chaviré en arrière…
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MessageSujet: Re: Julien Gracq   Lun 23 Juil 2007, 09:53

Parfois les images se juxtaposent , s’inversent et se brouillent :

Citation :
Il avait découvert le sens réel de cet inconcevable paysage, qu’il n’avait jusqu'alors considéré qu’à l’envers. Du fond de cet abîme, dont le froid mortel mordit sa peau, monta le visage tremblant et humide du soleil, les colonnades réfléchies des arbres s’ordonnèrent comme de lourdes tours, lisses et lustrées comme le cuivre et, du centre de ce péristyle renversé à la régularité solennelle, la face du ciel vint sous ses yeux et sous ses lèvres comme un gouffre miséricordieux et désormais immédiatement ouvert, où l’homme pût enfin plonger sans retour [...]
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MessageSujet: Re: Julien Gracq   Mar 24 Juil 2007, 06:24

A mon avis l’intérêt pour l’histoire proprement dite faiblit après l’ inoubliable épisode du bain.

Je laisse donc à chacun le loisir d’en juger, pour relever un moment où la mémoire fait un travail difficile de recomposition à partir d’ éléments divers:

Citation :
« Il lui parut qu’un travail obscur commençât à se faire au fond de sa mémoire, sans que son esprit, prostré et entièrement inactif, y apportât encore le moindre concours. Dans la masse de ses souvenirs, des décrochements, des déplacements légers et presque moléculaires semblèrent se faire sous la pression d’une énorme profondeur, et comme la limaille de fer orientée sur une feuille par un aimant invisible, parurent s’ordonner, et s’ordonnèrent enfin, selon ce que semblait dès maintenant une figure interprétable, mais dont sa raison enfiévrée, frappée d’une rageuse impuissance, faisait le tour sans succès et, comme sous l’effet d’un charme, reconnaissait les lignes clairement orientées sans en pénétrer encore par l’intuition la signification brusquement éblouissante. »
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MessageSujet: Re: Julien Gracq   Mar 24 Juil 2007, 18:46

Très beaux paysages bretons dans le chateau d'Argol

La forêt, les landes, mais aussi les paysages marins :

Citation :
La grève mouillée était mangée par de longs bancs de brume blanches que la mer plate, et qui réfléchissait les rayons presqu' horizontaux du soleil, éclairait par dessous d'un poudroiement lumineux, et les écharpes lisses du brouillard se distinguaient à peine pour l'oeil surpris des flaques d'eau et des étendues de sable humide - comme si l'oeil enchanté, au matin de la création, eût pu voir se dérouler le mystère naïf de la séparation des éléments.
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MessageSujet: Re: Julien Gracq   Lun 30 Juil 2007, 18:18

Rendez-vous à Bray est un film franco-belge d'André Delvaux sorti en 1971, inspiré de la nouvelle Le Roi Cophetua de Julien Gracq.
Anna Karina : Elle, la servante, Bulle Ogier : Odile.

Mathieu Carrière joue le rôle de Julien Eschenbach. Ce jeune pianiste luxembourgeois, reçoit un jour un télégramme de son ami Jacques, pilote de guerre français, qui l’invite pour le week-end dans sa maison de famille à Bray. Julien y est accueilli par une jeune servante mystérieuse. Son ami se fait attendre...

La presqu'île que j'ai vu aussi en film, tourné dans des lieux que je connais bien, ne figure nulle part. bizarre ! il présentait de grandes ressemblances avec Rendez-vous à Bray

par contre je n'ai pas vu Un balcon en forêt film de Michel Mitrani.

Mon meilleur souvenir de Julien Gracq, c'est le rivage des Syrtes que j'ai écouté adapté pour la radio, et la lecture récente d' un balcon en forêt.
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MessageSujet: Re: Julien Gracq   Mar 31 Juil 2007, 12:14

Au château d'Argol...
Très étrange ce livre, une ambiance pesante, une sorte de huis clos entre trois personnages : Albert, qui a acheté le château d'Argol, Herminien, et Heide.
Je comprends mieux l'article du Magazine littéraire qui situait le roman dan sun un univers romantique et gothique; le château correspond parfaitement à cette description, ainsi que les nombreux topos romantiques que l'on retrouve durant la lecture : la nature, le plus souvent inquiétante (une lande battue par le vent et la pluie), ou encore le temps qui passe, les dix coups sonnés par l'horloge, qui ne cessent de revenir.

Comme comme tu l'as dit, rotko, la scène du bain est magnifique et inoubliable : j'ai ressenti la présence de la mer comme formant un lieu à part, où les trois personnages peuvent oublier le monde qui les entoure. Ils essayent de survivre dans cet élément liquide, mais malheureusement, le monde terrestre les rattrape; au terme de ce bain, on trouve l'expression "un charme s'était brisé".
Idée que l'adolescence peut tout se permettre...

J'aime aussi beaucoup l'espèce de métamorphose de Heide, au tout début de la scène de la baignade; on sent bien le passage de l'adolescence à l'âge adulte grâce à la description de son corps en mouvement.
Peut-être aussi faut-il y voir une sorte de renaissance, l'eau étant riche en symboles...

Je poursuis ma lecture, je suis rendu au chapitre "la chapelle des abîmes", et je continue à lire tes commentaires précédents, rotko, que j'apprécie beaucoup Wink
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MessageSujet: Re: Julien Gracq   Mer 01 Aoû 2007, 10:49

Rotko, quand tu citais "Chaque fois qu´il pouvait, il gardait son quant-à-soi et prenait du recul " Gracq parlait de Grange. personnage du "Balcon dans la forêt", et ce doit être aussi une attitude chère à l´écrivain.
J´ai trouvé cette parenthèse exposée par l´auteur lui-même, au cours d´un interview ( écrit) et concedé au Magazine Littéraire sur ce que Gracq appelle" La bulle de l´écrivain".

Une des particularités de l’écrivain, et qui conditionne profondément son oeuvre, me semble être -s’il n’est pas un polygraphe plus ou moins assujetti à la commande des éditeurs- qu’il secrète de bonne heure autour de lui une bulle, liée à ses goûts, à sa culture, à son climat intérieur, à ses lectures et rêveries familières, et qui promène partout avec lui, autour de lui, une pièce à vivre, un “intérieur” façonné à sa mesure souvent dès la vingtième année, où il a ses repères, ses idoles familières, ses dieux du foyer, où son for intérieur se sent protégé contre les intempéries et à l’aise. Sans l’existence de cette bulle protectrice, deux choses demeurent mal explicables. D’abord que l’oeuvre d’un écrivain reste dans son ensemble cohérente et articulée au milieu d’un monde déchaîné-le XXème siècle pour ma génération- qui n’a souvent été que catastrophes, renversements brutaux, guerres d’extermination et mutation accélérée de toutes ses structures sociales, comme de son environnement technique. Et sans cette “bulle”, il est difficile aussi de comprendre une certaine indifférence de l’écrivain aux vicissitudes de la vie littéraire à laquelle il se trouve mêlé. Il n’est en général ni un grand découvreur de talents nouveaux, ni un lecteur boulimique de ses contemporains. Il se nourrit de son temps, mais il se protège aussi de ses agressions. Il nous semble, à distance, avoir traversé son époque comme le capitaine Nemo dans Jules Verne traverse les océans, passionné par le spectacle, mais toujours derrière la vitre à l’abri de laquelle il a son orgue et sa bibliothèque, et qu’il ne quitte que pour de brèves incursions et descentes dans les abîmes extérieurs. La cohésion de l’oeuvre de l’écrivain est à ce prix; vers la fin de sa vie sa dominante, en fait de lecture, devient souvent la relecture, signature ultime d’une vie intérieure toujours sur la défensive, qui s’est arc-boutée contre les événements qui le menaçaient dans sa continuité organique, tout autant qu’elle en a nourri, une fois filtrés, sa substance littéraire”.
(J´adore l´image du Capitaine Nemo choisie par Gracq! cheese )
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MessageSujet: Re: Julien Gracq   Mer 01 Aoû 2007, 11:03

Swallow
Citation :
où son for intérieur se sent protégé contre les intempéries et à l’aise.

Ah ! merci beaucoup, Swallow, pour cette très belle citation cheers

Certains diraient que "la maison forte de la forêt ardennaise" est une métaphore du for(t) intérieur.
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Sana Turia
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MessageSujet: Re: Julien Gracq   Mer 28 Nov 2007, 09:02

Je garde un excellent souvenir du Château d'Argol. D'ailleurs l'éditeur en a fait un très bel objet que je regarde souvent dans ma bibliothèque.

Une phrase dont je me souviens : "ils se dévêtirent parmi les tombes"... Oui, il y a du gothique, un envoûtement permanent et que dire des lieux...

Pour répondre à la question est-ce difficile d'accès ? Non, je ne pense pas. On se laisse très facilement porter.
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rotko
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MessageSujet: Re: Julien Gracq   Dim 23 Déc 2007, 11:37

disparition d'un auteur talentueux et discret.

Citation :
Julien Gracq est mort, samedi, à l'âge de 97 ans. Rétif aux honneurs, il avait refusé le prix Goncourt en 1951. Il avait cependant accepté d'entrer en 1989 dans la prestigieuse collection de Gallimard, la Pléiade

lemonde.
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swallow
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MessageSujet: Re: Julien Gracq   Mer 09 Jan 2008, 12:17

"Depuis que son train avait passé les faubourgs et les fumées de Charleville, il semblait à l’aspirant Grange que la laideur du monde se dissipait : il s’aperçut qu’il n’y avait plus en vue qu’une seule maison. Le train, qui suivait la rivière lente, s’était enfoncé d’abord entre de médiocres épaulements de collines couverts de fougères et d’ajoncs. Puis, à chaque coude de la rivière, la vallée s’était creusée, pendant que le ferraillement du train dans la solitude rebondissait contre les falaises, et qu’un vent cru, déjà coupant dans la fin d’après-midi d’automne, lui lavait le visage quand il passait la tête par la portière."

Julien Gracq, Un balcon en forêt, éditions José Corti, 1958

Ce que j´aurais aimé l´avoir comme prof de géographie!!! merci
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Amadak
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MessageSujet: pour rotko et les grainsde sel   Dim 03 Fév 2008, 13:23

rotko, j'étais perdue comme dans la fòret que tu décris si bien je pense que l'on devrait le lire.Dieu merci je suis de nouveau avec vous,j'ai du faire une nouvelle connection et tout s'est arrangé
maintenant je suis soulagée et très contente, vous me manquez je vous admire tous
Amadak Louba
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MessageSujet: Re: Julien Gracq   Jeu 30 Oct 2008, 05:50

Jacques Boislève indiquait recemment dans une conférence sur Julien Gracq deux manières d'aborder cet auteur :

Selon Julien Gracq, "commencer par le commencement", ie lire ses livres dans l'ordre de parution.

J. Boislève, lui, conseille de lire ses "fragments", c'est-à dire, les letttrines, les carnets du grand chemin et poursuivre avec un balcon en forêt pour entrer dans l'oeuvre romanesque.

l'article de wikipedia m'a paru très complet.

Pourquoi ce nom de Julien Gracq alors qu'il s'appelait Louis Poirier ?

Julien, sans doute à cuse du Rouge et le noir, une de ses premières lectures marquantes . Quant à Gracq ? allusion aux frères Gracques, de l'antiquité romaine ? Il voulait un pseudo court et des sonorités qui lui plaisent.
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MessageSujet: Re: Julien Gracq   Mer 01 Avr 2009, 08:53

Un auteur que j'adore et que j'ai découvert il y a peu , voilà deux avis de lecture:

La Presqu'île:


Ce recueil est composé de trois récits: La route / La presqu'île / Le roi Cophetua.
Je ne parlerai ici que du récit "central" La Presqu'île.

Résumé:
Simon attend sa bien-aimée Irmgard qui doit le rejoindre dans sa Bretagne natale. Mais, elle n'est pas à l'arrivée du train du matin... S'ensuit alors un vagabondage sur les routes de Bretagne, " en attendant", non pas Godot, mais Irmgard...

Mon avis:
Gracq est un écrivain exceptionnel. Son style, sa manière de gérer le récit, sont absolument novateurs et d'une richesse à couper le souffle...
De quoi nous parle donc La Presqu'île? D'une errance... D'un " vagabondage sans sécurité" comme le définit lui-même Simon, à travers une Bretagne aux noms imaginaires mais aux consonnances évocatrices ( Kergrit, Brévenay, Pont-Réau...), à la recherche d'une communion avec la nature, et ses paysages de théâtre, vers la mer-mère ( à propos de la dualité terre-mer, Simon se fera la réflexion suivante: " Je suis né deux fois"), à la recherche du temps, non pas perdu, mais trouvé ( "(...) pour un moment il n'était que cette heure").
Au départ: l'absence d'Irmgard... et la reconstruction de la relation amoureuse qui va, de ce fait, sous-tendre tout le récit... ( "(...) en ce moment, il se suffisait à tous deux"), reconstruction par l'absence et l'imaginaire ("(...) border partout et de si prés son absence qu'elle en deviendrait plus vivante qu'elle").
L'absence donc, vectrice de deux voyages: l'un dans l'imaginaire, à la recherche d'Irmgard, mais aussi de l'enfance, l'autre réel, qui se déroulera au fil de la route, ou des routes ( l'auteur jouant d'ailleurs sur le sens propre et figuré du mot route " la bonne route"), vers la mer... comme une attraction subie, irrésistible ( "Je n'aime pas tellement la mer (...) simplement je n'y résiste pas") et absurde ( " (...)roulant absurdement", "(...) vers la mer-sans savoir pourquoi")
L'absence, créatrice de temps, d'un temps voulu, désiré, créatrice d'une vacuité et d'une solitude qui confinent à l'angoisse, mais nécessaires... car c'est dans l'attente que réside, pour Simon l'évidence qu'il recherche, qui s'impose à lui, l'attente, " l'avant"...
Le temps est donc appréhendé comme une ligne de fuite dont le point d'arrivée serait constamment repoussé, avec, en filigrane, la thématique de l'éternel recommencement: " Il n'y a eu que des départs dans ma vie, je n'ai jamais aimé arriver..."
Repousser les limites du temps, avoir le temps, crée chez Simon, la possibilité, le détour, et ce sont ces éloignements qui constituent son ancrage dans le temps: en réfléchissant au fait qu'il ne cesse de quitter la route, Simon pense " J'ai besoin de jeter ces ancres".
Au final, le lecteur finit par se demander si Irmgard existe réellement, ou si elle n'est qu'une construction mentale, prétexte à la fuite, et prétexte donc au récit... : " Il soupçonna qu'Irmgard n'était peut-être que le nom de passage qu'il donnait ce soir à cette glissade panique"...
Mais les heures passent, et malgré la confrontation permanente et concrète avec les aiguilles de sa montre, Simon pense, qu'il a encore le temps...
Fuite, mais fuite de quoi? " J'ai peur-se dit-il. Non pas peur qu'elle ne soit pas là, mais peur de rejoindre" ( on notera au passage, l'absence du " la"). Cette peur est-elle celle de l'issue, du terme, la peur d'arriver? La pensée que sans doute personne ne vous attend jamais ( on se demande parfois si ce que cherche Simon n'est pas d'attendre d'être attendu , sensation qu'il définirait comme " défendue") crée alors un "non-espoir paisible"...
Et puis, le train arrive, " Je n'ai pas le temps"... Le terme du voyage est là, dans son évidence aussi... Au vagabondage sans sécurité succède alors " un sentiment de sécurité neutre et un peu abstraite qui était, sans doute, le bonheur de retrouver Irmgard".
Enfin, la dernière pensée de Simon, essayant d'escalader la barrière pour la retrouver sur le quai " Comment la rejoindre?, pensait-il, désorienté", apparaît peut-être comme un dernier prétexte... pour gagner du temps, pour fuir, pour ne pas arriver...

Un récit d'une qualité hors norme. Une langue d'une richesse et d'une beauté ciselée et calibrée. Pour moi le plus grand écrivain français du XXIème siècle.
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June
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MessageSujet: Re: Julien Gracq   Mer 01 Avr 2009, 08:56

Un balcon en forêt:


Résumé:
"L'action" ( ou sa négation) se situe durant la guerre 39-45.
L'aspirant Grange est affecté à la maison-forte des Falizes... Il découvre alors, une sorte de "mastaba", isolé, en pleine forêt, haut-perché... où il prend ses quartiers, en attendant la guerre. Durant cette attente, il rencontrera Mona, la jeune veuve de conte de fées, avec laquelle il vivra une histoire sensuelle et idyllique... jusqu'à ce que la guerre, enfin, survienne, et les sépare... lâchant Grange et ses compagnons sur les routes, en pleine débâcle...

Mon avis:
Il est toujours difficile de résumer un récit de Gracq... L'exercice s'avère presque impossible, tant l'intrigue et le statut du personnage sont malmenés et étirés jusqu'à une déréalisation parfaitement poétique.
Contrairement cependant à La Presqu'île, Un balcon en forêt situe son " histoire" durant une période historique précise et définie, devenant, par là-même, pour Gracq lui-même, un récit " réaliste":
" Je n'avais pas besoin d'imaginer un sujet puisque l'histoire s'était trouvée un moment ressembler à la situation dans laquelle je me trouve de préférence en imagination. Alors ce récit est réaliste".
Cependant, il ne faut pas voir ici une transposition simple d'un vécu historique, mais plutôt une transposition symbolique de ce vécu...
L'Histoire, est le cadre, la fenêtre qu'observe Grange, par où " quelque chose doit arriver"... Car on retrouve dans ce récit, comme dans La Presqu'île, le thème, omniprésent de l'attente... et du lâcher-prise qu'elle opère par rapport au réel... Ainsi, la forêt, merveilleuse, magique, " qui ne rassure pas tout à fait ", l'aspect insulaire induit par l'architecture du blockhaus, le quotidien sécurisant, les habitudes, contribuent à sans cesse égarer Grange et le lecteur quant à la nature concrète de ce qui se trame, de ce qui est attendu...
La guerre apparaît alors, dans la plongée de Grange au sein de son " intimité retrouvée" ou "trouvée" comme un prétexte, une entité abstraite, presque métaphysique... Cette intimité émergeant du contact permanent avec la nature, la forêt maternelle, protectrice, rassurante ( " Je suis dans la forêt"), mais aussi au contact de Mona, la femme-fée, seule capable d'incarner le moment présent ( " Quelle densité, se disait-il, prend le moment présent, à son ombre."), seule capable, " pleine et ronde comme un petit caillou", de rendre charnelle l'appréhension du temps, délitée par cette improbable marche des évènements ...
"Improbable", l'adjectif est d'ailleurs constamment utilisé par Gracq, au sens de " douteux"... Ce que provoque cette guerre, cet isolement temporel, spatial et sans doute personnel, crée un désengagement de Grange par rapport à la réalité mais c'est paradoxalement dans cet état de " rupture" que Grange sent sa vie " battante et tiède"... au point de ne plus envisager la probable offensive que comme douteuse, au point de remettre en question son engagement : " Pour la première fois peut-être, se disait Grange, me voici mobilisé dans une armée rêveuse..."
Pour en finir avec ce thème de l'attente, tout comme dans La Presqu'île, c'est dans l'idée qu'il n'y a plus rien à attendre que réside la paix, la sérénité : " Mais maintenant je touche le fond, se dit-il avec une espèce de sécurité. Il n'y a rien à attendre de plus. Rien d'autre. Je suis revenu". Et c'est en renonçant une dernière fois à comprendre ce que signifiait cette guerre, que Grange, blessé, en fuite, plongera dans un profond sommeil, enfantin, originel, comme la seule réponse possible au monde " prégnant"...

Un mot sur l'écriture gracquienne... Conçus comme des " enceintes fermées", les récits de Gracq ( pour Gracq, il ne s'agit pas ici de romans, il réfute la notion même de construction romanesque) sont des lieux clôts où circulent dans un immense foisonnement, les images, les énergies, les ondes, créées par le récit lui-même: ce qui est à l'oeuvre est une réflexivité de l'écriture, conditionnée par la clôture narrative... Gracq parle de chimie, de " cohésion nucléaire", pour lui les mots sont doués d'un pouvoir extraordinaire d'aimantation, et c'est ainsi qu'il faut comprendre l'utilisation récurrente des italiques: comme une façon de rendre aux mots leur pouvoir d'irradiation, d'électrisation, en dehors de leur signification...
On atteint donc les limites du narratif oui, pour toucher à quelque chose de plus essentiel et de plus souverain: la poésie.
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rotko
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MessageSujet: Re: Julien Gracq   Mer 01 Avr 2009, 09:29

Où Gracq me surprend, c'est dans son interêt pour les falaises de marbre d'Ernst Junger.

Tous deux se sont rencontrés, et il y avait de la part de Jûnger une veritable admiration et un désir d'amitié pour Gracq.

On a d'eux une photographie devant l'abbatiale de Guérande, mais il semblerait bien que Gracq n'ait jamais été très intime avec Junger : celui-ci lui avait rendu visite dans son appartement à Paris, en amenant pour l'épouse de Gracq un immense bouquet. Or Gracq était célibataire.

Anecdote dira-t-on, certes, mais leurs positions sur la guerre semblent quand même les mettre sur des chemins différents.
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June
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MessageSujet: Re: Julien Gracq   Mer 01 Avr 2009, 10:07

Oui, le parallèle est souvent fait c'est vrai, je n'ai jamais lu Jünger... Mais je m'étais promis de le faire à la lecture d'un Balcon.
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